TEST BLU-RAY : Sans soleil


Sans soleil Potemkine

B Blu-ray 1080p 1.66:1 - Panoramique AVC-MPEG4 DI - 2K

Version Française DTS HD Master Audio 2.0 1.7 Mb/s

Autres pistes Audio Description Français
Sous-titres Français
Sortie Blu-ray 01/12/2020
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Le test

Une très jolie restauration 2K...

Sans Soleil n'avait pas fait l'objet de ré-édition vidéo en France depuis le DVD Arte 2003, c'est chose faite grâce à Potemkine qui édite le film en coffret collector Blu-ray/DVD + livre. Le film est ici présenté à partir d'une restauration 2K effectuée en 2013 par Eclair à partir du négatif original. Criterion avaient édité le film en Blu-ray en 2012, mais à partir d'une restauration HD plus ancienne et faite à partir d'un interpositif 35mm.

Le résultat, comme on le voit sur les captures, offrent un upgrade net par rapport au Blu-ray Criterion, qui était lui-même déjà un upgrade assez large sur le DVD Arte. Si le film conserve un rendu plutôt épais qu'on croirait tiré d'un film tourné en 16mm, l'aspect du Blu-ray est très organique et filmique, avec un grain argentique naturellement retranscrit et un rendu général très plaisant. On trouve une belle netteté et un niveau de détails largement satisfaisant (captures 9 et 21 par exemple), éliminant l'aspect typiquement épais du Blu-ray Criterion (captures 1 vs 2). Si la photo du film n'est pas forcément la plus à même d'offrir un rendu de compétition, il n'empêche que cette nouvelle restauration permet d'obtenir un aspect beaucoup plus frais et moins daté, pour un confort de visionnage indéniable.

De même, on retrouve cette fraicheur au niveau de la propreté et de la stabilité du film, bien meilleures que sur les précédentes éditions, qui montraient encore de nombreuses poussières et surtout un tremblotement récurrent du cadre. Tout cela a ici été corrigé (même si le panneau technique introductif précise que le nettoyage s'est fait de manière conservatrice afin de ne pas éliminer des défauts historiques du film).

Enfin, côté étalonnage, il est intéressant de voir les tendances de la nouvelle restauration. On trouve en effet un côté assez froid, un peu bleu-vert, sur les séquences japonaises et un côté jaune beaucoup plus marqué sur les séquences guinéennes (et américaines). Au-delà de ce qui ressemble parfois à une légère incarnation de la signature du laboratoire français, cela reste cependant assez neutre tout en démarquant nettement les lieux à travers une sorte de code couleur plus visible qu'auparavant. Dans le même temps, revoir le disque Criterion a permis de se souvenir que celui-ci possédait un aspect tout de même très neutre et avec une touche de magenta, probablement plus typique des habitudes en restauration à l'époque que du film lui-même. C'est d'autant plus visible que le nouvel étalonnage reste plutôt neutre et permet d'avoir une palette de couleurs certes parfois un peu typée (captures 3 et 7) mais sinon plutôt dynamique et convaincante (captures 9 et 17). Seuls quelques plans ont des soucis de contraste assez net, avec un rendu franchement voilé (capture 5), mais ils sont rares.

Enfin, malgré le rendu très granuleux du film, l'encodage se débrouille particulièrement bien.

NB : les couples de captures comparatives 1 à 28 montrent systématiquement en 1er le disque Français Potemkine puis le disque US Criterion. Les captures 29 à 31 sont tirées de la version anglaise du disque Potemkine.

...et une piste française assez satisfaisante.

La version française du film est proposée à travers une piste dans l'ensemble plutôt satisfaisante. Certains passages sont parfois plus limités, avec un rendu plus étouffé et voilé, mais la majorité du film est au contraire plutôt agréable à écouter. La voix de Florence Delay se détache notamment très bien et est toujours claire et propre. Quant aux scènes musicales du film, elles sont parfois un peu chargées et cacophoniques mais il est fort probable que ce soit d'origine.

La version anglaise (non sous-titrée, comme le voulait Marker) du film est ici présentée en bonus, sur un fichier vidéo complètement à part et bien plus compressé que celui de la version française (comparez les captures 1, 3 et 7 aux captures 29, 30 et 31). Un choix curieux car du point de vue visuel, les deux versions ne diffèrent (à notre connaissance) que par leurs 50 1eres secondes (panneau technique en anglais et citation de TS Eliot pour la version anglaise, panneau technique en français et citation de Racine pour la version française) et leurs génériques de fin (traduit en anglais pour la version anglaise). Un cas de figure qui paraissait très adapté à un authoring en seamless branching, qui aurait permis de profiter des deux versions avec la même qualité visuelle.

Quoiqu'il en soit, acoustiquement, la version anglaise sonne de façon assez proche de la version française, même si la voix parait un peu plus sourde, là où celle de la VF se détache plus nettement et clairement.

Suppléments

Pour cette édition de Sans Soleil, Potemkine a fait le choix d'une édition plus onéreuse que la moyenne du marché (39.99€) mais au tarif justifié par un contenu éditorial Premium, avec notamment un gros livre de 224 pages en plus des bonus vidéo, dans le but de remettre en avant le travail de Chris Marker.

Sur le Blu-ray d'abord, outre la version anglaise présentée séparément, on trouve 3 suppléments vidéo :

  • Une nouvelle analyse du film par Florence Delay (16 min 17, 1080p)
  • Le labyrinthe d'herbes de Shuji Terayama, dans sa version française écrite par Chris Marker et narrée par Florence Delay (1979, 38 min 25, 1080i upscalé). Difficile de dire non à un court-métrage de Shuji Terayama (ici celui originellement inclut dans le programme anthologique Collections privées, qui contenait aussi un court de Walerian Borowczyk et Just Jaeckin), artiste avant-gardiste majeur du Japon des 70s mais dont l'œuvre reste peu visible en Occident.
  • Tokyo Days de Chris Marker (1988, 20 min 06, 1080i upscalée). Court-métrage créé pour une installation multimédia conçue par Chris Marker pour le Centre Georges Pompidou vers la fin des 80s.

Peu de bonus vidéo analytiques sur le film, mais 2 raretés plus que bienvenues, élargissant effectivement la visibilité du travail de l'artiste, même de façon un peu indirecte.

Le gros morceau de cette édition reste cependant l'épais livre de 224 pages l'accompagnant, et contenant :

  • La réimpression du livre Le dépays, de Chris Marker, paru en 1982 et depuis assez longtemps difficilement trouvable (80 pages)
  • 5 nouveaux textes plutôt analytiques de Christophe Chazalon, où il revient sur le film, sa genèse, ses principales thématiques, ses références culturelles et sa réception critique (50 pages)
  • Le dossier de presse du film (11 pages)
  • Lettre à Theresa de Chris Marker (7 pages)
  • 6 poèmes d'Arseny Golenischev-Kutuzov mis en musique par Modeste Moussorgski (5 pages)
  • Le texte intégral de la voix off de Sans Soleil (25 pages)
  • 1 page de présentation du Labyrinthe d'herbes et 1 page de présentation de Tokyo Days

Ainsi, là où les bonus vidéo complètent plutôt l'œuvre de Marker, c'est le livre qui permet d'approfondir plus directement Sans Soleil lui-même, notamment à travers l'analyse de Christophe Chazalon, plutôt complète et efficace.

Au final, un gros boulot éditorial autour de Chris Marker et du film pour un ensemble Disques + Livre très complet et formant un tout peu redondant, pour un prix paraissant plutôt bien ajusté au contenu.

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Française 9.5 9.5 / 12 10.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
20 / 24 Le Nirvana Un très bon moment en perspective.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

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