TEST BLU-RAY : Claude Chabrol - Suspense au féminin


Claude Chabrol - Suspense au féminin Carlotta Films

B Blu-ray 1080p 1.66:1 - Panoramique AVC-MPEG4 DI - 4K

Version Française DTS HD Master Audio 2.0 2.1 Mb/s

Version Française DTS HD Master Audio 5.1 4.2 Mb/s

Autres pistes Audio Description Français
Sous-titres Français sourds et malentendants
Sortie Blu-ray 02/12/2020
Awards Must Have

Le test

5 belles restaurations 4K, mais attention à la signature Eclair...

Ce coffret Chabrol édité par Carlotta (en partenariat avec MK2) exploite 5 films récemment restaurés en 4K à partir de leurs négatifs originaux : L'enfer, La cérémonie et Rien ne va plus ont été restaurés par Eclair tandis que Merci pour le chocolat et La fleur du mal ont été restaurés par Hiventy. Les 5 films sont au format 1.66.

Côté texture et précision, les 5 films sont particulièrement bien lotis. Il y a quelques petites différences d'un film à l'autre : Merci pour le chocolat parait un peu plus doux que les autres films par exemple, là où La cérémonie possède des fondus enchaînés avec une perte de définition un peu plus visible, mais au-delà de ces points, le niveau technique est d'assez haute volée. Le confort de visionnage est indéniable et l'upgrade par rapport aux DVDs MK2 plus que notable (et même, à première vue, par rapport aux Blu-rays parus chez les Américains de Cohen en 2017 et qui utilisaient des masters HD plus anciens). Sur l'ensemble des 5 films, les images sont ciselées, nettes, propres avec un rendu naturel et filmique très agréable. Les restaurations ont été faites sans filtrage numérique inutile et cela ressort très positivement sur le rendu général, dans les plans serrés (captures 11, 17, 26, 44 et 51) comme plus larges (captures 4, 23, 32, 38 ou 52). La texture argentique est respectée et le confort de visionnage instantanément palpable.

Pour les étalonnages, on peut regrouper les 5 films en 2 groupes selon le laboratoire de restauration. Très clairement, le travail d'Eclair et son étalonneur habituel Bruno Patin est (comme trop souvent) instantanément reconnaissable, jusque sur le logo MK2 introductif. Si La cérémonie subit cette signature de façon un peu plus légère et a une palette un peu plus neutre (captures 15 et 20) (et légèrement plus voilée aussi par ailleurs - captures 13 et 15), les habitudes du laboratoire dans la gestion des couleurs, en particulier les jaunes (captures 4, 18 et 23) et surtout les bleus et reflets bleutés (captures 5, 7, 9, 11, 17, 24, 26, 28, 29, 30 et 33), prennent le dessus pour leurs 3 films et il devient, de façon problématique, plus facile de deviner qui a étalonné le film que de retrouver le directeur de la photographie. Rien ne va plus, en particulier, est un véritable festival sur ce point, que ce soit ce plan enneigé totalement bleu-métal à la 30ème minute (capture 29) ou toute la séquence en intérieur avec Jean-François Balmer vers la fin du film (capture 33), au traitement typiquement Eclair-ien. S'il est quasi-certain que les anciennes éditions vidéo des films (y compris les Blu-rays US, aux teintes rosées plus typiques de ce qu'on faisait en restauration il y a 10-15 ans que des intentions originelles des films) n'étaient pas fidèles à la photographie originale des films et qu'il ne s'agit pas ici de les regretter, ces nouvelles restaurations 4K sont 3 nouvelles restaurations aux couleurs uniformisées par Eclair. Une uniformisation d'autant plus questionnable que ces sorties vidéo interviennent quelques mois après celles de plusieurs films de Pialat : pourquoi Rien ne va plus a une palette maintenant plus similaire à celle de L'enfance nue ou Passe ton bac d'abord, tournés par un réalisateur différent avec des directeurs de la photo différents 20 à 30 ans plus tôt, qu'à celle de La fleur du mal, tourné par le même réalisateur et le même directeur de la photo seulement 6 ans plus tard ? On a beau chercher, le seul point commun que nous trouvons, c'est le laboratoire derrière ces nouveaux étalonnages.

C'est dommage car au-delà de cet aspect très spécifique, ces nouveaux étalonnages corrigent beaucoup de choses, en particulier dans leur gestion du couple contraste / luminosité, malmené faute de finesse par le passé et bien mieux ajusté ici. Et puis (heureusement), tous les plans ne s'y prêtant pas échappent à cette uniformisation et offrent une colorimétrie ravivée, avec des couleurs pimpantes et un aspect réellement rafraichi.

Cette uniformisation des couleurs est par ailleurs d'autant plus visible que les 2 autres films n'ont pas été restaurés et étalonnés par Eclair mais par Hiventy... et que sans surprise, on ne retrouve pas du tout les mêmes colorimétries... ce qui est d'autant plus intéressant que cette fois-ci, les 2 films sont proches chronologiquement des 3 autres et que La fleur du mal et Rien ne va plus partagent le même directeur de la photographie. Adieu donc la signature colorimétrie d'Eclair, ses reflets bleutés froids, ses jaunes saturés, et bonjour une palette de couleurs plus naturelles et dynamiques, moins typées bien que parfois peut-être très neutres (surtout sur La fleur du mal, qui a dans les scènes d'intérieur un aspect téléfilmesque plat dans ses couleurs). On retrouve là aussi un aspect colorimétrique plus frais et un couple contraste / luminosité finement ajusté, qui permet de ressentir la cure de jouvence apportée aux films (pourtant récents).

Enfin, hormis quelques légères fluctuation de densité sur La fleur du mal, les 5 films ont été profondément nettoyés et stabilisés, et les encodages ne montrent aucune faiblesse.

Au final, hormis le fait que nous espérons de plus en plus pouvoir visiter les laboratoires Eclair afin de discuter de la procédure de travail de Bruno Patin et comprendre comment une telle uniformisation peut se produire, les restaurations 4K offrent des prestations visuelles indéniables pour des films qui en méritaient au moins autant. Le positif l'emporte donc nettement sur les réserves qu'on peut avoir sur les couleurs, et nul doute qu'il serait dommage de se priver.

NB : les captures 1 à 12 sont tirées de L'enfer, 13 à 24 de La cérémonie, 25 à 36 de Rien ne va plus, 37 à 48 de Merci pour le chocolat et 49 à 60 de La fleur du mal.

...et des pistes son plutôt efficaces quoique classiques.

Il y a moins de choses à dire sur la partie sonore, plus classique dans son rendu. Globalement, plus on avance dans le temps et plus les pistes ont un aspect rond dont les éléments se détachent plus facilement. Même si le film "le plus ancien", L'enfer, offre une piste son confortable et agréable, on entend que les dialogues sont un chouia plus voilés et plats. Cela s'améliore progressivement pour disparaître dès Rien ne va plus. Les bases des 5 films sont cependant très bonnes, avec des mixages équilibrés et des pistes très propres aux sonorités rajeunies.

Les 2 derniers films du coffret, Merci pour le chocolat et La fleur du mal, sont en 5.1 là où les 3 autres sont en 2.0. En pratique, ces pistes 5.1 restent très frontales, même si les passages musicaux de Merci pour le chocolat profitent des canaux supplémentaires.

Suppléments

Le coffret est fort bien achalandé, chaque disque embarquant son lot de suppléments dédiés, en grande partie issus des anciens DVDs MK2 (2002-2003) mais aussi 3 nouveaux entretiens réalisés pour cette ressortie. Si nous ne sommes pas face à l'avalanche gargantuesque de contenu du coffret Ozu, il est difficile de ne pas sortir enthousiasmé de ce coffret avec lequel Carlotta clôture son année 2020.

L'enfer :

  • Présentation du film par Joël Magny (3 min 07, 1080i upscalé)
  • 3 scènes commentées par Claude Chabrol (37 min 47, 1080i upscalé)
  • A propos de Clouzot (11 min 14, 1080i) : interview de Chabrol sur le réalisateur à l'origine du script L'enfer
  • Nouvelle interview de Marin Karmitz (24 min 45, 1080i)
  • Bande-annonce originale du film (1 min 16, 1080i upscalé)

La cérémonie :

  • Présentation du film par Joël Magny (2 min 27, 1080i upscalé)
  • 4 scènes commentées par Claude Chabrol (27 min 49, 1080i upscalé)
  • Making of d'époque du film (18 min 33, 1080i upscalé)
  • Entretien avec la co-scénariste Caroline Eliacheff (9 min 20, 1080i upscalé)
  • Nouvelle interview de Sandrine Bonnaire (12 min 02, 1080i)
  • Bande-annonce originale du film (58 sec, 1080i upscalé)

Rien ne va plus :

  • Présentation du film par Joël Magny (2 min 19, 1080i upscalé)
  • 3 scènes commentées par Claude Chabrol (23 min 14, 1080i upscalé)
  • Making of d'époque du film (8 min 21, 1080i upscalé)
  • Nouvelle interview de Isabelle Huppert (25 min 37, 1080i)
  • Bande-annonce originale du film (1 min 39, 1080i upscalé)

Merci pour le chocolat :

  • Présentation du film par Joël Magny (3 min 01, 1080i upscalé)
  • 4 scènes commentées par Claude Chabrol (42 min 00, 1080i upscalé)
  • Making of d'époque du film (26 min 01, 1080i upscalé)
  • Interview d'époque de Isabelle Huppert (7 min 08, 1080i upscalé)
  • Une demi-heure avec Dutronc (31 min 59, 1080i upscalé) : interview d'époque avec Jacques Dutronc sur son travail avec Chabrol
  • Bouts d'essai d'Anna Mouglalis (10 min 30, 1080i upscalé)
  • Bande-annonce originale du film (1 min 33, 1080i upscalé)

La fleur du mal :

  • Présentation du film par Joël Magny (3 min 19, 1080i upscalé)
  • 6 scènes commentées par Claude Chabrol (47 min 16, 1080i upscalé)
  • Making of d'époque du film (25 min 33, 1080i upscalé)
  • Entretien avec la co-scénariste Caroline Eliacheff (9 min 20, 1080i upscalé)
  • Bande-annonce originale du film (2 min 06, 1080i upscalé) et bande-annonce pour la ressortie des 5 films (1 min 21, 1080p)

Les notes

Piste 1 (VO) Piste 2 (VO) Audio Vidéo
Version Française 5 Version Française 5 10 / 12 10.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
20.5 / 24 Le Nirvana Un très bon moment en perspective.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Tests