TEST BLU-RAY : Elmer Gantry, le charlatan (Elmer Gantry)


Elmer Gantry, le charlatan Wildside Video

B Blu-ray 1080p 1.66:1 - Panoramique AVC-MPEG4 DI - ?

Version Anglaise DTS HD Master Audio 2.0 2.1 Mb/s

Version Française DTS HD Master Audio 2.0 2 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Français imposé
Sortie Blu-ray 04/12/2019
Awards Aucun

Le test

Un master HD pas tout jeune mais honorable...

Cette édition française d'Elmer Gantry reprend le master MGM utilisé par Kino aux USA mais avec une passe de nettoyage supplémentaire (vu qu'il reste encore quelques rares poussières ci et là, ce n'était pas de trop). Si Philippe Garnier analyse (dans le livre inclus dans l'édition) un travail de composition sur Elmer Gantry à travers un format 1.33, le film est ici présenté au format 1.66. Le film ayant été tourné en 1960, il semble fort probable que le 1.66 ait bien été le format dans lequel le film a été projeté en salles à l'époque.

Le master HD utilisé ici n'est clairement pas tout récent, même s'il apporte un bond qualitatif notable par rapport au précédent DVD. L'image est ici plus raffinée et les détails fins bien plus présents. Dans l'ensemble, il s'agit d'ailleurs d'un master HD certes daté mais plutôt dans le haut du panier : aucun lissage visible et probablement aucune accentuation artificielle non plus. Cependant, le grain reste typiquement épais et les détails les plus fins manquent (là aussi typiquement) à l'appel (les cheveux captures 19 et 21, par exemple). Ainsi, le rendu visuel général est très correct mais perfectible.

Côté étalonnage, le disque Wild Side est légèrement plus froid (ou du moins légèrement moins rose) et sombre que le disque Kino (on le voit sur toutes les comparaisons ci-dessous). Cela corrige en partie l'aspect très rose de ce master étalonné "à l'ancienne", sans pour autant l'atténuer complètement (faute d'un retravail de fond en comble). Les carnations restent ainsi assez nettement chaudes (captures 19) et le contraste trop poussé ce qui brûle les blancs (capture 9) et manque de finesse dans les noirs (captures 13 et 17). L'aspect plus sombre du disque Wild Side accentue d'ailleurs d'autant plus la perte de détails dans les zones sombres (captures 11 vs 12, 15 vs 16, 17 vs 18 et surtout 23 vs 24). Cependant, les couleurs restent dynamiques et conservent une palette suffisamment vaste pour être au moins en partie convaincante (aux réserves ci-dessus près).

Enfin, la propreté de l'image est très bonne malgré quelques petites poussières et tâches résiduelles (capture 7 sous le nez de Lancaster), mais la passe de nettoyage supplémentaire est visible (captures 3 vs 4, 11 vs 12 et 33 vs 34). La stabilité du cadre est, elle, correcte mais perfectible (comme souvent avec des masters HD pre-existants). L'encodage est très compétent, bien plus que celui du disque US pour lequel Kino avait fait le choix contre-productif de n'utiliser qu'un disque simple couche, ne permettant qu'un débit vidéo insuffisant pour éviter des soucis de compression (l'arrière plan de la capture 30, typiquement).

En résumé, il s'agit là d'une présentation technique perfectible mais plutôt honorable.

NB : les couples de captures comparatives proposées avec ce test sont à chaque fois en premier le disque français puis le disque américain.

...mais deux pistes sons moins convaincantes.

La VO possède son lot de limites. Si la musique s'en sort bien hormis une distorsion particulièrement intense de la musique d'André Prévin en deuxième moitié de générique introductif, les dialogues sont un peu trop en retrait et la piste est, dans son ensemble, mixée un peu bas. Même une fois le volume augmenté, le mixage continue à paraître un peu déséquilibré et oblige à tendre l'oreille quand les conversations sont à des niveaux normaux. Cependant, la piste évite la cacophonie lors des passages plus mouvementés, ce qui préserve un certain confort d'écoute.

La VF a le mérite de remettre les dialogues plus en avant... mais probablement trop. Cela se fait régulièrement au détriment des effets d'ambiance, ce dès le début du film où la voix de Burt Lancaster semble être le seul élément sonore présent (ce qui n'est pas le cas sur la VO). Or, ces dialogues souffrent de façon récurrente de grésillements, saturations et sifflantes en tout genre assez désagréables à l'oreille.

Suppléments

Sur le disque, on trouve deux suppléments principaux, auxquels s'ajoute la bande annonce originale du film (3 min 19, 1080p, très abimée et surtout très sombre) :

  • L'évangile selon Brooks, par Patrick Brion (44 min 33, 1080i). L'historien-journaliste et surtout spécialiste de Richard Brooks (il avait notamment écrit le texte du livre accompagnant l'édition Wild Side de Lord Jim) retrace la carrière du réalisateur, depuis son roman écrit en 1943 jusque ses derniers films dans les années 70s. Un supplément érudit mais complet et efficace.
  • Le Confidence Man chez Lewis Sinclair, par Jean-Claude Zylberstein (13 min 43, 1080i). Zylberstein résume en quelques grandes lignes la notion de "Con Men", l'escroc affable capable de tromper charismatiquement son monde que ce soit dans les finances (Zylberstein cite notamment Bernard Madoff) ou surtout la religion (avec en exergue les évangélistes de tout genre, qui pèsent malheureusement très fortement aux Etats-Unis encore aujourd'hui). On peut aussi penser à Christophe Rocancourt, autre escroc récent célèbre. On regrettera un bonus finalement assez court et ne dépassant pas vraiment la simple définition du con man, alors que l'Amérique actuelle se prête pourtant terriblement bien à une mise en perpesctive concrète et actualisée du film et de sa figure principale.

Le digibook contient aussi un imposant livre de 120 pages. La partie texte, écrite par Philippe Garnier, est cependant brève malgré cette pagination importante et elle ne remplit qu'un peu moins d'une quinzaine de pages (13%). Elle se concentre d'abord principalement de Richard Brooks durant la première moitié du livre, rappelant le début de sa carrière comme écrivain puis scénariste. La deuxième moitié se concentre sur l'adaptation d'Elmer Gantry et notamment les différences entre le livre de Sinclair Lewis et le film. Enfin, on trouve en fin de livre 5 pages regroupant la fiche technique et artistique du film ainsi que les filmographies de Brooks et Lancaster.

Le reste du livre est copieusement illustré de photos en tout genre, notamment (entre autres) des planches photo du tournage, deux esquisses de costume de Lulu Baines dessinées par Dorothy Jeakins ou une galerie d'affiches du film, mais aussi des photos liées plus indirectement au film, comme celle d'Angie Dickinson, que Brooks a recommandé à Hawks pour le film (d'où deux photos d'elle pour Rio Bravo), ou celle du tournage des Tueurs de Siodmak, Brooks ayant travaillé sur l'adaptation de la nouvelle d'Hemingway pour le film.

Si l'on apprécie évidemment le travail de recherche d'iconographie pour ce livre, on peut regretter l'écart entre le contenu annoncé (un livre de 118 pages écrit par Philippe Garnier illustré de photos d'archives rares) et la réalité (100 pages de photos d'archives rares accompagnées de quelques pages de texte signées Garnier), ces deux ratios texte / photos différents n'offrant pas le même temps de lecture...

Les notes

Piste 1 (VO) Piste 2 Audio Vidéo
Version Anglaise 4.25 Version Française 3.25 7.5 / 12 9 / 12
Verdict Bonus Artistique
16.5 / 24 Dans les règles Un très bon moment en perspective.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

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