TEST BLU-RAY : Coffret Kenji Mizoguchi


Coffret Kenji Mizoguchi Capricci

A-B Blu-ray 1080p 1.37:1 AVC-MPEG4 DI - ?

Version Japonaise Dolby Digital 2.0 0.192 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Français
Sortie Blu-ray 05/11/2019
Awards Aucun

Le test

Préambule

Les 8 films de ce coffret sont déjà parus en Blu-ray en Angleterre et en partie aux USA. Le coffret français édité par Capricci exploite 3 restaurations 4K (L'intendant Sansho, Les amants crucifiés et Les contes de la lune vague) et 5 restaurations théoriquement 2K (les 5 autres films). En Angleterre entre 2012 et 2013, Eureka est parti de 8 masters HD pré-existants. Aux USA, Criterion a utilisé un master HD pré-existant pour L'intendant Sansho (différent de celui des Anglais, bien que visuellement similaire) et les nouvelles restaurations 4K utilisées ici pour Les amants crucifiés et Les contes de la lune vague. A noter aussi que 2 autres films de Mizoguchi ont été restaurés en 4K et édités aux USA par Criterion : La Vie d'O'Haru femme galante et Conte des chrysanthèmes tardifs. Espérons qu'un éditeur réussisse à les sortir en Blu-ry en France un jour...

Pour La rue de la honte, il semble pourtant bel et bien avoir été restauré en 4K : un Blu-ray japonais est paru en février 2019 indiquant une nouvelle restauration 4K, et le film a été tout récemment diffusé aux USA à partir d'une restauration visiblement récente et indiquée comme étant en 4K. Pourtant, si le site de Capricci et leur bande-annonce de cette rétrospective indiquent bien une restauration 4K la documentation du coffret vidéo indique par contre une restauration 2K et non plus 4K. Quant à la pratique...

A noter que pour chaque film, nous proposons un jeu de 6 captures comparatives, d'abord tirées du disque français puis du disque anglais (édité par Eureka). Seul cas particulier : Les contes de la lune vague où nous avons aussi ajouté 6 captures tirées du disque US édité par Criterion et exploitant donc la même restauration 4K que Capricci (nous ne sommes pas en mesure de comparer Les amants crucifiés avec l'édition Criterion).

Image

Une précision d'avance : il s'avère en réalité que les 5 films supposément restaurés en 2K (ou 4K, dans le cas de La rue de la honte) sont en fait tirés des masters HD pré-existants et déjà exploités en 2012-2013 en Angleterre. Si l'on devait deviner, on supposerait que Capricci comme Eureka ont eu accès aux masters HD bruts de la part de l'ayant-droit, mais que Eureka avait corrigé le contraste (ou le gamma) et effectué une légère passe de nettoyage des poussières. Cela expliquerait les différences récurrentes constatées entre les 2 éditeurs sur ces 5 films. Enfin, les encodages sur les 8 films sont largement perfectibles, tant dans la gestion de la compression que dans celle du noir et blanc (qui n'est pas retranscrit correctement en pur noir et blanc mais est coloré légèrement en vert ou en rouge en fonction des scènes et des zones du cadre). Ce dernier point est d'autant plus frustrant qu'il s'agit d'un point dans la zone d'influence de l'éditeur, qui aurait parfaitement pu dire à sa maison d'authoring de revoir sa copie.

Miss Oyu : Même master HD que celui utilisé en Angleterre, en légèrement moins contrasté (probablement un gamma différent). Il subsiste encore beaucoup de poussières et quelques rayures, et les fondus et autres transitions souffrent de tâches chimiques. L'image a sinon été plutôt bien stabilisée mais de façon perfectible (notamment de la 20e à la 31e minute). Au-delà, on reste devant un master plutôt correct mais vieillissant, avec un niveau de détails décent et un aspect HD visible, mais une finesse et une précision limitée malgré un rendu naturel. L'étalonnage reste plutôt pâle et manque clairement de punch dans le contraste, peut-être à cause d'un problème de gamma. La compression est elle aussi perfectible et le noir et blanc est incorrectement retranscrit de façon légèrement colorée. Enfin, on notera une infime différence de cadrage avec le disque anglais.

  • Note image : 7.5/12. Captures : 1 à 6 (FR) / 7 à 12 (UK)

Les contes de la lune vague après la pluie : Restauration 4K effectuée par Cineric en 2017 à partir d'un interpositif et d'un internégatif. Upgrade flagrant sur un précédent master HD trop clair et contrasté et surtout en manque de nettoyage et de stabilisation. Ici, l'image est bien plus nuancée (capture 13 vs 25) même si l'assombrissement de certains passages fait très légèrement perdre en données dans les zones sombres (capture 18 vs 30). Il faut aussi avouer que la nouvelle restauration possède un aspect assez doux, probablement expliqué par le matériel utilisé pour la restauration, mais qui donne parfois l'impression d'une image très légèrement filtrée (capture 16). Cependant, cela n'empêche pas cette nouvelle restauration d'offrir une précision et une définition très confortable et un rendu général naturel et compétent. L'encodage laisse par contre à désirer, comme le montre la comparaison avec le disque US de Criterion (les cheveux sur la capture 17 vs 23), entre grain moins bien retranscrit, pixellisation dans les zones sombres et noir et blanc incorrectement coloré. C'est vraiment dommage car c'était évitable (ne serait-ce qu'en utilisant tout l'espace disque isponible).

  • Note image : 9/12. Captures : 13 à 18 (FR) / 19 à 24 (US) / 25 à 30 (UK)

Les musiciens de Gion : De nouveau le même master HD que celui utilisé en Angleterre, en plus terne et plutôt moins bien compressé. Beaucoup de poussières et de rayures, présence des marqueurs de changement de bobines, gros défauts durant les transitions, cadre instable, image très terne, et instabilité de la luminosité tout du long. Le scan semble pourtant assez correct à la base et offre une délinéation décente des détails et motifs (étoffes, arrière-plans, visages en gros plans). Cependant, l'absence de travail supplémentaire de nettoyage et de stabilisation limite nettement le résultat global, même si l'image conserve au moins un aspect plutôt naturel. Le N&B est légèrement coloré mais de façon détectable (sans aucun doute un souci d'encodage). Compression perfectible notamment dans les zones sombres.

  • Note image : 6.5/12. Captures : 31 à 36 (FR) / 37 à 42 (UK)

L'intendant Sansho : Restauration 4K effectuée par Cineric en 2017. Le rendu est assez nettement supérieur au précédent master HD disponible en Angleterre. Les détails fins sont mieux retranscrits, avec une précision et une définition accrues. Le grain pellicule est lui aussi mieux restitué (même si on a connu grain plus présent), soutenant un rendu visuel général plutôt naturel et globalement confortable. L'étalonnage est un peu différent du précédent, avec des noirs plus gris mais pas forcément plus riches en détails sombres, et un rendu globalement un peu moins terne mais qui donne aussi lieu à quelques pertes de détails dans les hautes lumières. Dans l'ensemble cependant, c'est du bon travail même si on a connu restauration asiatique 4K plus précise, et on suppose que cela s'explique probablement par l'utilisation d'une autre source que le négatif original. A noter que l'image est légèrement zoomée par rapport au master UK, malgré un passage du format 1.37 à 1.33. Propreté et stabilité très bonnes. Encodage là encore optimisable dans les zones sombres, mais de façon plus discrète.

  • Note image : 9.5/12. Captures : 43 à 48 (FR) / 49 à 54 (UK)

Une femme dont on parle : Troisième master HD déjà exploité en Angleterre, pour un résultat comparatif similaire aux deux précédents. De nouveau, le rendu terne de l'image pose problème et vieillit l'image, donnant l'impression d'une image fortement voilée au point où on dérèglerait presque volontairement sa TV pour retrouver un peu plus de contraste. Si l'image est stable et relativement propre (il subsiste encore des petites poussières et rayures, mais moins marquées), la luminosité fluctue constamment et ce contraste faiblard renforce l'intensité perceptible de ces fluctuations. Niveau finesse de l'image, elle est limitée par l'âge probable du master HD utilisé, et si la définition et la netteté sont correctes, l'ensemble est tout de même assez vieillissant et peine rapidement dans les détails fins, même si on appréciera une absence de filtrage numérique superflu. Encodage une nouvelle fois optimisable, et noir et blanc de nouveau légèrement coloré. Enfin, on notera un cadre très légèrement élargi à gauche et à droite par rapport au disque anglais.

  • Note image : 8/12. Captures : 55 à 60 (FR) / 61 à 66 (UK)

Les amants crucifiés : Restauration 4K effectuée par Cineric en 2017 à partir d'un interpositif. Le rendu visuel est assez similaire à celui des Contes de la lune vague, avec un aspect plutôt naturel et compétent mais assez doux, certainement de par l'utilisation d'un interpositif plutôt que du négatif original. L'upgrade HD reste cependant plus que palpable, avec un bon niveau de détails et une définition plus qu'appréciable. Par rapport au précédent master HD cependant, l'écart est bien plus resserré que sur Les contes de la lune vague et Sansho au niveau de la définition. Les étalonnages sont eux aussi assez proches, même si la nouvelle restauration a un contraste un peu moins agressif. Là où la différence se fait est plutôt du coté de la propreté et de la stabilité, la nouvelle restauration étant profondément nettoyée là où l'ancien master restait encore assez abîmé. Enfin, l'ancien master HD possédait probablement une légère accentuation numérique des contours. Encodage à nouveau fort perfectible, certains plans sombres (capture 69) ou nappés de brouillard (capture 70) ne pardonnant pas.

  • Note image : 9/12. Captures : 67 à 72 (FR) / 73 à 78 (UK)

L'impératrice Yang Kwei-Fei : Autre master HD déjà vu en Angleterre, avec un résultat comparatif similaire aux autres films dans ce cas de figure. Si la définition générale est correcte et le niveau de détails plutôt décent, le master HD utilisé reste vieillissant en plus de souffrir ici aussi d'une absence de travail poussé de nettoyage, stabilisation et correction (même si certains défauts présents sur le disque UK semblent avoir été éliminés ici - pas suffisamment pour changer la donne globale cependant). L'image est donc de nouveau parsemée de défauts en tout genre et instable tant au niveau du cadre que des couleurs (qui fluctuent pas mal). L'étalonnage est plutôt correct mais l'absence d'un travail de restauration plus poussé fait que les 4 bords du cadre sont bleutés de façon assez gênante. Comme pour les autres films, l'image est légèrement plus claire en Angleterre, ce qui débouche parfois certains éléments sombres mais fait la plupart du temps surtout ressortir les bords bleutés de l'image ainsi qu'une compression faillible.

  • Note image : 8/12. Captures : 79 à 84 (FR) / 85 à 90 (UK)

La rue de la honte : Cruelle déception ici. Point de nouvelle restauration 2K et encore moins 4K puisqu'il s'agit en fait du même master HD que celui utilisé en Angleterre. Le contraste moindre parait cette fois-ci moins gênant que sur d'autres films du coffret, voire même débouche les zones sombres. Cela renforce cependant les grosses remontées de bruit dans les zones sombres, vieillissant terriblement l'image et la fait ressembler à un master HD plus ancien encore. L'image s'avère sinon décente malgré ces limites, avec un niveau de détails assez correct (notamment dans les plans plus éclairés) et une bonne propreté et stabilité (quoique perfectible). Aucun filtrage numérique gênant à constater. N&B très légèrement coloré (de façon négligeable) et compression visiblement mise à mal dans les zones sombres.

  • Note image : 7/12. Captures : 91 à 96 (FR) / 97 à 102 (UK)

NB : il semble que la stratégie d'encodage des 8 films a été de viser un débit vidéo moyen de 25 Mbps, même pour les films les plus courts et quitte à laisser de l'espace disque inutilisé. Ce choix de laisser cet espace vide est surprenant, d'autant qu'a contrario, L'intendant Sansho, le film le plus long du coffret, est coincé dans un espace disque ne lui permettant pas d'avoir un débit vidéo plus important. Il était pourtant possible d'utiliser 5 BD-50 pour l'ensemble des 8 films et tous auraient alors profité de débits vidéo plus importants qu'ici. Cela aurait facilité l'étape de la compression, d'autant que 3 des 8 films sont donc tirés de restaurations 4K et qu'en pratique, les encodages sont perfectibles.

Son

Miss Oyu : Souffle et craquements audibles tout du long. Volume sonore général un peu faible, nécessitant d'augmenter le son. Les dialogues sont sinon plutôt clairs, mais restent plats et nasillards. La musique s'en sort bien.

  • Note son : 3.5/6

Les contes de la lune vague après la pluie : Le son est peu sourd mais aussi par endroits un peu agressif (la musique, notamment) mais reste très correct, notamment au niveau des dialogues. Cela reste cependant assez daté et plutôt plat. Pas de filtrage contrairement au Criterion qui est très filtré.

  • Note son : 4.25/6

Les musiciens de Gion : Son qui craque et souffle présent tout du long. Pas de distorsion audible. La piste est autrement claire, avec dialogues très intelligibles et pas de sensation de son étouffé. Dommage pour le manque de nettoyage. Aucun filtage des hautes fréquences.

  • Note son : 3.75/6

L'intendant Sansho : Piste son très correcte, propre, avec des dialogues clairs quoiqu'un peu plats. Pas de distorsion musicale. Filtrage léger à 12 kHz.

  • Note son : 4.5/6

Une femme dont on parle : Malgré un léger souffle et des dialogues un peu rapeux, la piste son est plutôt agréable bien qu'assez datée. Cependant dans l'ensemble, elle sonne plutôt bien à l'oreille et permet de suivre convenablement le film. Filtrage à 10 kHz.

  • Note son : 4.25/6

Les amants crucifiés : Piste son assez classique. L'ensemble est assez daté et plat, mais les dialogues sont plutôt clairs et intelligibles, le piste propre et sans souffle, et l'ensemble plutôt équilibré. Pas de filtrage.

  • Note son : 4.5/6

L'impératrice Yang Kwei-Fei : La piste craque beaucoup, en plus d'un souffle facilement audible. La musique en souffre, et possède un côté aigu un peu désagréable à l'oreille (comme très agressif), tandis que les dialogues sonnent eux rapeux et étouffés. Filtrage à 10 kHz.

  • Note son : 3.25/6

La rue de la honte : Piste son similaire à celles de Musiciens de Gion : un souffle et des craquements sont présents tout du long, mais autrement, les dialogues sont plus clairs et la piste plus agréable bien qu'évidemment plate.

  • Note son : 4/6

Difficile de ne pas trouver particulièrement dommage(able) que les 8 pistes sons soient encodées dans du simple Dolby Digital 2.0, et que celui-ci soit en plus à un débit de 192 kbps (soit un débit obsolète même en mp3). Même en imaginant des contraintes budgétaires empêchant d'acheter la licence permettant d'encoder en DTS HD MA, pourquoi ne pas proposer du LPCM 1.0, format sonore libre de droits ? C'est d'autant plus le cas que 7 des 8 disques ont largement la place d'accomoder une piste son non compressée. Nous avons cependant choisi de noter les pistes sans marqueur négatif lié à l'encodage, notamment du fait qu'elles s'avèrent, en pratique, plus riches que certaines restaurations sonores proposées dans des encodages lossless.

Suppléments

Seul supplément du coffret, Capricci a regroupé dans un livre de 128 pages le bilan de la 50e année par Mizoguchi lui-même, un texte de Gabriela Trujillo parcourant les films et la vie du réalisateur, un ensemble d'entretiens menés en 1964 par Ariane Mnouchkine avec plusieurs collaborateurs de Mizoguchi et enfin les fiches des films et la filmographie du réalisateur. (Nous n'avons pas reçu de copie du livre et ne pouvons pas plus détailler son contenu)

Si l'éditeur a produit environ une trentaine de minutes de courtes analyses (Jean Douchet, Arnaud Desplechin et Gabriela Trujillo), elles ne sont pas incluses dans le coffret et sont à la place consultables sur la page Kiss Kiss Bank Bank du projet participatif autour du coffret. Un choix surprenant, surtout compte tenu (à nouveau) de l'espace disque disponible sur plusieurs disques du coffret, tout comme l'absence des simples bandes-annonces des films (Eureka les avaient incluses dans leur coffret pour 5 des 8 films).

Sans minimiser le contenu du livre (d'autant plus que nous nous sommes toujours attachés à chroniquer et détailler tous les livrets inclus dans les éditions que nous testons), difficile de ne pas se dire qu'il était possible d'offrir bien plus de contenu autour du réalisateur ou ses films, surtout quand on compare à ce que les Anglais ou les Américains ont proposé. Par exemple, même en se limitant au seul format papier, Eureka avaient inclus dans leur livre les histoires originales ayant inspirées certains des films.

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Japonaise 8.5 8.5 / 12 8.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
17 / 24 Correct Un très bon moment en perspective.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

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