TEST BLU-RAY : De Palma


De Palma Carlotta Films

B Blu-ray 1080p 1.85:1 - Panoramique AVC-MPEG4 DI - 2K

Version Anglaise DTS HD Master Audio 5.1 3.5 Mb/s

Autres pistes Anglais
Sous-titres Français
Sortie Blu-ray 06/06/2018
Awards Aucun

Le test

Tout le paradoxe du documentaire De Palma réside dans le fait d’avoir eu besoin de 2 réalisateurs (plutôt confirmés, qui plus est) pour accoucher d’un documentaire aussi plan-plan sur un réalisateur au savoir-faire technique aussi renommé. C’est même assez fou, quand on y réfléchit, de se retrouver face à un document aussi mou et piéton dans sa structure, là où la maestria visuelle des films de De Palma n’est plus à démontrer.

Plus encore, c’est en fait toute la structure du documentaire qui s’avère scolaire au possible, puisqu’on va tout simplement y suivre le réalisateur, filmé en plan fixe assis dans un intérieur de maison, y débiter des anecdotes toutes plus mille fois entendues les unes que les autres avec une superficialité incroyable. Le procédé global est du même acabit, puisqu’il faudra se contenter d’une simple traversée chronologique de la filmographie du réalisateur, sans qu’aucune thématique, aucun rappel d’un film à l’autre (enfin si, un) ne soient dégagés. Tout juste appréciera-t’on la démonstration du savoir-faire technique de De Palma, qui sait ce qu’il veut, pourquoi il le veut, comment l’obtenir et comment ensuite le monter, mais c’est bien peu pour un documentaire tellement linéaire que chaque chapitre pourrait être extrait et placé en suppléments des films concernés. Pour peu qu’on connaisse un peu l’œuvre du réalisateur, on en sort donc avec l’impression de ne rien avoir appris de neuf, tandis que les béotiens auront probablement bien du mal à s’intéresser à une discussion aussi superficielle (« De Niro était cool, les studios sont cons, ce film là a été mal reçu, celui-là a été un succès, j'aime bien les plans compliqués, j'aime pas les courses poursuites ») mais qui ne replace en plus aucun film dans son contexte historique, ni même permet de savoir de quoi les films parlent pour commencer (ce qui peut rendre difficile la compréhension, par exemple, des propos de De Palma sur Outrages).

Si cela peut faire illusion les 45 premières minutes, parce que la jeunesse de De Palma et ses premières heures sont un peu moins déjà connues, le tout peine ensuite à captiver l’attention, cloué au sol par la nécessité de traiter une trentaine d’œuvres en 110 minutes, ne laissant aucune respiration et traitant tout à vitesse grand V, sans aucun rythme, rupture ou mise en scène, de façon monocorde sur fond de photos ou d’extraits de films. D’ailleurs, même le choix des extraits trahit l’approximation technique de l’entreprise puisqu’à une exception près (Phantom of the Paradise), tous les films pré-2000 sont tirés de copies lisses, poussiéreuses voire VHS quand bien certains sont au moins disponibles en DVD (Greetings, Hi Mom, Get to know your rabbit) voire ont été restaurés à grand frais (les 3 Hitchcock régulièrement cité, mais aussi Pulsions, Body Double ou The Fury). Et ne parlons pas de ces extraits complètement vignettés au sein d’énormes bandes noires, réduisant l’image à un timbre poste. Tout cela finit par donner au documentaire des allures de très longue séquence promo mise en boîte à la va-vite sur une chaîne comme E! Enterntainment.

Dès lors, il devient difficile de comprendre pourquoi c’est ce documentaire que Carlotta a choisi comme co-inaugurateur de leur nouvelle collection Premium, d’autant plus que l’interactivité accompagnant le film est extrêmement limitée. Alors qu’on l’aurait plutôt vu en bonus sur l’édition vidéo d’un film de De Palma, le voir sortir dans une édition virtuellement « bare-bones » mais proposée pourtant à 27.99€ surprend particulièrement.

La comparaison avec Cinq et la peau, l’autre co-inaugurateur de cette nouvelle collection, est doublement cruelle puisque non seulement l’édition est autrement plus chargée (pas moins de 3h40 de bonus) mais que les 2 documentaires qui y sont proposés en suppléments sont tous deux supérieurs à ce De Palma (celui de Todd McCarthy tout particulièrement).

 

Du coup, que donne le Blu-ray de ce documentaire ?

Eh bien dans l’ensemble... il fait comme il peut avec ce qu’on lui donne. Ce qui est certain, c’est que Carlotta a mis toutes les chances de son côté en utilisant un disque double couche (malgré la relative faible quantité de matériel vidéo) et confié l’encodage à David Mackenzie. Cela étant, ça ne change pas l’hétérogénéité des sources utilisées ni les limites visuelles claires de nombre d’entre elles.

On peut découper en 3 l’image du documentaire. D’un côté, il y a l’interview de De Palma, filmé en Canon EOS Mark II, pour un résultat globalement très plaisant, mais qui n’évite pas un aspect un peu numérique (ni quelques segments à la mise au point un peu en deçà, un comble compte-tenu de la très simple installation). De l’autre, il y a les photos d’archives, présentées dans une excellente qualité visuelle. Enfin, il reste les extraits de films qui eux varient énormément en qualité. Les plus proches de nous (tout ce qui succès à Mission Impossible, grosso modo) offrent les meilleurs résultats. Par contre, plus on remonte le temps et plus les extraits choisis sont problématiques, entre les films tirés d’extraits en VHS alors qu’ils existent en DVD et ceux tirés d’anciens masters HD mais lisses et poussiéreux (Vertigo, Raising Cain, Carrie, etc.) (mais pas de chance, quand c'est une nouvelle restauration qui est utilisée, c'est celle de Scarface, notoire pour son côté ultra-électronique et peu naturel). Cela nivelle évidemment le résultat par le bas, et même si on pouvait s’attendre à un rendu hétérogène, faire l’effort de prendre ces extraits dans des masters de meilleure qualité aurait du faire partie de la réalisation du documentaire. Carlotta n’est évidemment pas à blâmer pour cela, mais le résultat visuel reste le même.

 

La piste 5.1 fait tout de même un peu superflu tant le documentaire ne s’y prête pas. En l’état, effectivement, la majorité du film propose un son frontal, avec la voix de De Palma (au timbre si particulier) accompagnant anecdotes et extraits de façon convaincante (il vaut par contre mieux monter un peu le son). Les enceintes arrières sont très peu utilisées, hormis quelques extraits de bandes originales et quelques films tardifs (à partir des années 90 à peu près).

Une piste 2.0 est aussi proposée.

A noter une petite approximation de traduction dans les sous-titres : "Long takes" aurait du être traduit comme "Plan-séquence" au lieu de "Longs plans", tandis que "Sequences" a été traduit par "Plan séquence" (alors qu’il ne s’agit que de simple "Séquences" ou "Scènes"), ce qui peut perturber un peu.

 

Bande annonce (1 min 51, 1080p)

Fac-similés des dossiers de presse de Furie et Blow Out

5 cartes postales

Affiche du film (40 x 60)

 

Au final, c'est difficile de blâmer l'éditeur, dont nous avons toujours apprécié le travail, mais ici, clairement, il est difficile de recommander d'acheter à ce prix une édition Premium au contenu léger (malgré son prix supérieur) pour un documentaire qui aurait plutôt eu sa place comme bonus.

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Anglaise 10 10 / 12 9.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
19.5 / 24 Délaissé Maladroit sur de nombreux points.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Tests