TEST BLU-RAY : L'Enfer des Zombies (Zombi 2)


L'Enfer des Zombies Artus Films

B Blu-ray 1080p 2.35:1 - Cinémascope AVC-MPEG4 DI - 2K

Version Italienne DTS HD Master Audio 2.0 1.5 Mb/s

Version Française DTS HD Master Audio 2.0 1.5 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Français
Sortie Blu-ray 02/05/2018
Awards Aucun

Le test

En introduction, parce que c'est probablement le plus simple ainsi, nous allons reprendre une partie de la publication effectuée par Artus eux-mêmes sur Facebook (puis sur leur blog) suite à une polémique quant à la qualité technique de cette édition de L'enfer des zombies. Cette section résume de façon claire (mais encore un peu incomplète) le matériel utilisé par l'éditeur :

"Les ayants droits nous ont fourni un master mal restauré (avec artefacts et DNR abusif) qui a été refusé par Eclair, le labo qui a géré l’authoring pour ce projet. Les Italiens nous ont donc envoyé une série de tests, qui n’ont pas plus été concluants. Nous avons donc demandé un master étalonné, mais non restauré. Là, ils me disent que leur fichier d’origine (non restauré donc) n’existe plus. Je fais alors le forcing pour qu’ils réalisent un nouveau transfert 2K. Cela a pris du temps (L’Enfer des zombies était prévu pour septembre 2017) car ils ne voulaient pas le financer, mais ils ont fini par céder. Nouveau transfert 2K donc. Nous avons fait restaurer ce master en France, il a fallu tout nettoyer, fixer quelques plans instables, ou régler un effet de pompage qui revenait de manière récurrente. Nouvelle restauration donc."

D'après les propos obtenus par nos confrères de DVDFr auprès de Thierry Lopez d'Artus, le travail de restauration (nettoyage, stabilisation, etc) a été fait par "un petit labo français".

Malgré ces informations, des questions subsistent : est-ce le négatif original qui a été numérisé ou un autre élément ? Quel laboratoire a fait la numérisation (et l'étalonnage) et sur quel type de scanner ? Quel est ce "petit labo français" qui a fait la restauration ? Au-delà de ces questions encore sans réponse, on peut cependant supposer au vu de l'aspect visuel du film que la restauration 2K est basée sur le négatif original.

Après ces remarques, et en arrivant quelques semaines après la fameuse polémique dont a parlé l'éditeur, qu'en est-il donc de la qualité visuelle de ce Blu-ray ?

Dans l'ensemble, l'impression est plutôt positive. Comme écrit juste au-dessus, l'aspect visuel du film ici ressemble clairement et agréablement à une restauration 2K récente, probablement faite à partir du négatif original. Au niveau de la définition, de la finesse de l'image et du niveau de détails, nous sommes assez nettement dans les attentes. L'aspect général est propre (à 2-3 petzouilles près), stable (y compris côté couleurs), et avec un rendu globalement assez naturel plutôt plaisant. Clairement, ceux qui n'avaient ici le film qu'en DVD pourront upgrader sans trop s'inquiéter. Comme on le voit sur les captures 9 et 11, les plans serrés sur les acteurs montrent clairement le niveau de détails fins attendu, tandis que les plans plus larges sont aussi assez finement détaillés dans les arrières plans.

Comme toujours (mais c'est d'origine), la fameuse séquence sous-marine reste assez abîmée (chute de définition et tâches chimiques) mais Artus s'est plutôt bien débrouillé pour atténuer certains défauts, et la séquence fait au final plus lisible que chez d'autres (comparez la capture 15 avec la 16).

Ces bases sont donc atteintes et globalement, difficile de bouder son plaisir. Pour autant, tout n'est pas parfait et certains éléments de la restauration sont plus discutables (4, en tout).

Le plus évident est l'étalonnage du film, tout de même assez régulièrement verdâtre (captures 11 et 17) et régulièrement assez sombre (captures 7 et 9). Qui plus est, les séquences les plus sombres (capture 7) semblent bouchées, malgré des noirs un peu élevés, donnant une impression d'une image terne. Il est évidemment difficile de dire si c'est plus ou moins correct que ce qu'on connaissait jusqu'ici, mais si l'édition Arrow peut a contrario parfois paraître un peu trop lumineuse, cette dérive verdâtre ainsi que ces noirs bouchés au moins semblent discutables. A contrario, la fameuse séquence sous-marine (captures 13 et 15) est maintenant extrêmement colorée et donne l'impression nette d'avoir été tournée dans une eau bleue turquoise façon piscine. C'est finalement plus lisible de cette manière, mais très différent de ce qu'on avait vu en HD jusqu'à présent.

Ensuite, même sans comparer à l'édition UK sortie chez Arrow, un lissage visible (mais assez léger) de l'image a été effectué, ce qui se voit sur certains visages (captures 3 et 5) ainsi que des arrières plans sur les plans plus larges (captures 1 et 21). L'avantage est qu'il atténue la remontée de grain dans les séquences sombres (capture 7 vs capture 8) mais il aurait alors du être uniquement appliqué sur les plans concernés et non l'ensemble du film. En l'état, l'aspect cinéma de l'édition est malheureusement atténué de façon visible en visionnage. En comparaison maintenant, la différence de texture est encore plus flagrante, et s'il est à nouveau délicat de dire de façon absolue "c'est ça le bon niveau de grain", la texture du disque anglais nous parait globalement plus probante et obtient notre préférence.

Enfin, si l'encodage est dans l'ensemble plutôt compétent et que le film bénéficie d'un débit vidéo maximisé, certains aplats montrent quelques défauts de compression. Rien de gênant cependant, mais tout de même.

Dernier point, plus une information qu'un point de discussion, le cadre de l'édition Artus est légèrement plus serré que l'édition Arrow, perdant un tout petit peu d'information sur les 4 directions (mais surtout en haut et à droite). La différence reste cependant marginale et n'impacte pas de façon gênante la géométrie de l'image.

Quand on fait le compte final, que conclure de cette édition ?

Qu'elle est bonne dans son ensemble, mais perfectible malgré tout, notamment le lissage visible de l'image et l'étalonnage régulièrement verdâtre. Cependant, les bases sont bonnes, et l'apport HD instantanément palpable ce qui laisse une impression générale plus positive que mitigée.

NB : pour chaque duo de captures, la 1ere est tirée de l'édition FR, la 2nde de l'édition UK.
NB 2 : les génériques utilisés pour le film sont les génériques italiens.

En VO, seul l'Italien est proposé. Pas de VO anglaise donc, ce qui, même si le film est post-synchronisé complètement, aurait permis d'avoir certains mouvements labiaux calés avec l'image (ceux de Richard Johnson et Ian McCulloch, par exemple).

Ce point à part, VO et VF sont très proches à l'oreille. Le résultat sonore dans les 2 cas est plutôt plat et légèrement sous-mixé (montez un peu le son pour bien profiter du film, surtout en VF), mais propre et assez ouvert. Les dialogues sur la VF sont tout de même un chouia plus sourds qu'en VO. Le reste des mixages est équilibré et globalement plaisant, même si le manque de dynamique global limite un peu le punch du film, notamment dans son dernier tiers.

Dans les 2 cas, post-synchro oblige, les dialogues peuvent paraître un peu flottants par moments par rapport à l'image. Rien de problématique, et c'est d'époque.

La différence d'orientation du type de suppléments proposé est assez nette entre Artus, Arrow et Blue Underground. Chez Artus en effet, une part finalement assez importante des suppléments est composée d'analyses externes du film, là où Arrow et Blue Underground proposaient beaucoup d'interviews directes (Ian McCulloch, Fabio Frizzi, Fabrizio de Angelis, Sergio Salvati, ...). Les absences sur l'édition française d'interventions de Ian McCulloch et Fabio Frizzi sont notamment surprenantes, car ils avaient été interviewés à propos du film par les Américains de Blue Underground et les Britanniques de Arrow.

On pourrait aussi trouver la quantité globale de suppléments un peu légère, Artus cumulant 90 minutes de bonus vidéo contre 2h30 chez Arrow et un peu moins de 2h chez Blue Underground (sans compter les divers commentaires audio), tout comme on pourrait regretter l'absence des suppléments parus 2005 dans l'édition double DVD de Neo Publishing. Il est d'ailleurs incorrect de la part de l'éditeur d'écrire qu'il "était impossible de reprendre ces différents bonus, à moins de proposer une édition collector à 250 euros". En effet, nombre de ces suppléments auraient pu être proposés en SD sur le Blu-ray du film, sur lequel il reste encore largement la place de caler l'équivalent d'un DVD de bonus. Nous imaginons cependant que le coût d'achat de ces suppléments aurait été une autre histoire, et que c'est sûrement cela qui explique ces absences (sans compter ceux qui se seraient plaints ensuite d'avoir des bonus en SD...).

Cependant, être négatif sur l'interactivité serait être injuste envers l'éditeur français, qui offre tout de même un tour d'horizon direct et indirect assez exhaustif du film et les suppléments Neo auraient probablement, notamment, faits doublons avec ceux proposés par Artus.

Quoiqu'il en soit, on trouve ici sur le disque :

  • Quand les morts sortiront de leurs tombes (18 min 58, 1080i) : Lionel Grenier discute du film et de son tournage, et le replace dans la filmographie de Fulci
  • De sang et d'encre (42 min 58, 1080p) : interview du co-scénariste Dardano Saccheti
  • L'île des morts vivants (20 min 42, 1080p) : interview du maquilleur pour effets spéciaux Maurizio Trani (avec une courte intervention du maquilleur Rosario Prestopino)
  • Quartier interdit - L'enfer des zombies (11 min 09, 1080i) : Alain Petit revient sur la diffusion du film à la télévision française dans l'émission de Canal Plus
  • Bandes annonces originales italienne (1 min 23, 1080p, restaurée) et française (2 min 37, 1080i, non restaurée.

En complément de ces bonus vidéo, un livre de 80 pages supervisé par Lionel Grenier clôture l'interactivité. Il contient 57 pages de texte se répartissant comme suit : une introduction de 2 pages de Lionel Grenier, 4 pages d'extraits d'entretiens divers autour du film, 6 pages sur l'apport de Dardano Sacchetti (dont 5 pages constituées d'extraits de scénario), un texte de 2 pages de Lionel Grenier nommé L'enfer des titres sur les différents titres du film (et des films avoisinants), un texte de 6 pages de Gilles Vannier nommé La figure des zombies chez Fulci, un texte de 31 pages (très illustrées) de Didier Didelot nommé Des zombies en Italie et faisant un peu l'historique des films du genre en Italie (mais pas que), 2 pages et demi par Didier Lefèvre sur L'enfer de la terreur des zombies où l'auteur discute de L'enfer des zombies et La terreur des zombies, et enfin 4 pages de filmographies des films du genre, compilée par Lionel Grenier.

Dans l'ensemble, le livre est ainsi fourni en texte, complétant plutôt bien les suppléments vidéo en offrant notamment un contexte plus large au film dans le cadre du film de zombies en général, là où les bonus se concentrent plus sur le film lui-même. On pourra cependant regretter une redondance de certaines infors d'un article à l'autre, notamment entre le texte de Vannier et le texte de Didelot (si vous n'avez pas compris avec eux deux que le film de Fulci n'est pas un plagiat et que la figure du zombie existait déjà avant Romero, on ne sait pas ce qu'il vous faut).

Les notes

Piste 1 Piste 2 Audio Vidéo
Version Italienne 4.5 Version Française 4.25 8.75 / 12 9.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
18.25 / 24 Dans les règles Moyen.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

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Commentaires sur " L'Enfer des Zombies "
  • Gentleman14

    Gentleman14 le 19/06/2018 à 11:18

    Je tombe sur votre compte-rendu et je suis absolument effaré de dire certaines phrases à propos du livre et, notamment, de la redondance des thématique entre les textes de, je cite, de Vannier et de Didelot. Avec même cette mention erronée : "(si vous n'avez pas compris avec eux deux que le film de Fulci n'est pas un plagiat et que la figure du zombie existait déjà avant Romero, on ne sait pas ce qu'il vous faut)."
    Je sors à l'instant de la lecture et il semble que vous avez mal lu et même pas lu du tout ce livret pour affirmer une telle chose. En diagonale peut-être mais pas lu. Un exemple simple que chacun peut vérifier : l'analyse de la figure des zombies ne cite Romero qu'une seule et unique fois pour dire le contraire de ce que vous affirmez (la présence d'une symbolique historique et sociétale communes) pour ensuite se concentrer uniquement sur l'oeuvre de Fulci, son inspiration Francis Bacon (dont vous ne parlez pas), la mauvaise conscience collective, ainsi certains être assimilés à tort au zombie alors qu'il n'en sont pas. Si vous voulez juger le travail de autre de façon correcte et ne pas être jugé en retour, faite le bien ! Merci !

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