TEST BLU-RAY : Le Faucon


Le Faucon L.C.J Editions et Production

B Blu-ray 1080p 1.66:1 - Panoramique AVC-MPEG4 DI - ?

Version Française PCM 2.0 1.5 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Aucunes
Sortie Blu-ray 24/01/2018
Awards Aucun

Le test

L'improbable nanar Le faucon sort en Blu-ray chez LCJ.

L'image de cette édition laisse une impression assez mitigée. Clairement, il s'agit d'un master HD probablement ancien, plutôt bien fait mais cependant visiblement daté à plusieurs niveaux.

Il y a déjà une forte hétérogénéité d'aspect d'une scène à une autre. Si le grain, assez épais, ne laisse aucun doute sur le fait que le master est daté, certaines scènes ont un rendu plus doux et variable (capture 5) qui ne semble pas du à un problème de mise au point ou de matériel mais bien d'âge de la source HD. C'est une hétérogénéité que l'on retrouve aussi au niveau des couleurs, avec des fluctuations visibles de colorimétrie parfois au sein d'une même séquence.

Ensuite, au sein de cette hétérogénéité, on trouve un niveau de détails foncièrement limité, bien que perceptible. Ce qui surprend, c'est que même certains gros plans sur les acteurs (en général les plans les plus détaillés) sont assez peu fournis en détails fins (capture 7). Cependant, d'autres séquences sont plus fines et détaillées, ce qui permet tout de même de donner une impression de HD au spectateur (captures 8, 9 et 11). Dans l'ensemble, on navigue donc dans le moyen sur ce point. Bon point : l'image parait neutre niveau filtrage numérique, ce qui lui permet de conserver un aspect relativement naturel.

L'étalonnage parait lui aussi un peu à l'ancienne, même si c'est dans l'ensemble un peu plus dynamique que ce qu'on peut voir souvent chez Universal ou MGM (par exemple). Cependant, entre les plans un peu rosés ou marrons et ceux qui tirent plutôt vers le vert, on suppose que la copie ayant servi à ce master était relativement instable, et que cette instabilité n'a pas été corrigée.

Aussi, l'image est plutôt propre, à une toute petite poignée de points noirs près, mais reste par contre assez instable niveau tremblement du cadre.

Enfin, malgré un débit vidéo franchement limite (l'espace disque disponible étant mal et partiellement utilisé), aucun défaut de compression ne se fait ressentir durant le visionnage (l'âge de la source utilisée et sa finesse limitée aide certainement).

 

La piste son est elle aussi relativement datée. Si on apprécie son absence de filtrage des hautes fréquences, elle reste très plate, présente un souffle facilement audible et manque un peu de peps dans la restitution des dialogues (pas aidés par la diction de certains acteurs, dont notre Francis Huster national, et une absence de sous-titres pour sourds et malentendants). Cela étant dit, elle ne parait pas présenter de défauts flagrants à l'oreille, notamment niveau propreté générale (craquements ou distorsion), ce qui permet de profiter pleinement de l'affreuse bande originale jazz d'ascenseur parsemant le film.

 

Unique supplément mais pas des moindres : une interview de Francis Huster (33 min 23, 1080i) réalisée en 2017 par Henri-Jean Servat, où l'acteur revient sur sa carrière (au théâtre et au cinéma), ses inspirations et ses idoles. Tristement, il n'aborde que durant 4 minutes Le faucon (à peu près de la 22e à la 26e minute).

 

Avis artistique

Difficile de savoir par où commencer avec Le faucon (il n'a jamais tué), film improbable digne d'un sous-TV Film fauché, totalement en roue libre à tous les niveaux (casting, réalisation, script, musique) et dont l'intrigue est tellement trouée de partout qu'il faut aller chercher les résumés officiels du film pour comprendre précisément de quoi il retourne (ça ne s'invente pas).

Dès les premières secondes, un interminable générique blanc sur fond noir au ralenti place l'ambiance. S'ensuit une scène de course-poursuite / accident de la route, totalement incompréhensible et ne donnant absolument aucun contexte faisant qu'on ne comprend rien : qui conduit quoi, pourquoi la femme semble fuir, quel est le rapport avec le duel alimentant la principale intrigue du film ? On n'en saura pas plus, sauf que Marushka Detmers joue comme un pied.

Et donc, Francis Huster est Le faucon : un flic (qui n'a jamais tué) dont la femme et la fille ont un accident de bagnole. La femme décède et la fille tombe dans le coma, Huster enrage contre Gus, un truand aux cheveux longs (et plutôt gras) qui semble-t'il est responsable de l'accident de voiture. Réaction logique : Le faucon se réfugie dans les hamburgers (ou pour être exact côté diction : les Bourgueurs).
Des Bourgueurs, il y en a d'ailleurs partout : quand le faucon pense, déprime, se balade en ville, prend les dépositions au commissariat, et même dans le flashback tendrement amoureux quand il était heureux avec sa femme et qu'ils vivaient de bourgueurs. Beaucoup de bourgueurs, d'ailleurs.

Et quand Le faucon va acheter une peluche à sa fille (mais aussi à une gamine passant par là, dans une scène hallucinante où Huster, froid et halluciné, caresse la joue de la fillette en lui demandant avec insistance si elle veut une peluche, tandis qu'une collègue fliquette regarde ça avec tendresse) et que Gus débarque dans la vitrine du magasin suite à une course poursuite avec les flics (pourtant tous dézingués devant le magasin, allez du coup savoir pourquoi Gus finit dans la vitrine), et flingue la fliquette... Le faucon reprend du service...

S'en suit une interminable course poursuite de près 50 minutes où Huster court (mal), se bat (toujours mal), pète un plomb auprès d'un collègue (Vincent Lindon, absolument atroce) qui se fout trop de sa gueule (scène anthologique où Huster hurle sur Lindon : "TU SAIS CE DONT J'AI ENVIE ?!! UN HAMBOURGUEUR !! AVEC DU FROMAGE, C'EST UN CHIZEBOURGUEUR !! TU SAIS CE QUE C'EST UN CHIEZEBOURUGUEUR ?!!"), s'arrête dans une radio pour passer un message "Titi et Grosminet" à Gus (visiblement, le Faucon est tellement fort qu'il sait quelle radio Gus écoute), braque une armurerie au proprio bigleux, et se fait même retenir sans raison dans un parc par un mec lui criant "Si tu cours avec un flingue dans la rue, c'est que tu dois avoir un truc à te reprocher !". Bref, c'est un festival du genre jusqu'à l'improbable final dans l'ex-Musée du cinéma Henri Langlois, suivi d'un climax sidérant dans l'hôpital (il faut le voir pour le croire).

Et toujours de la bouffe, de la bouffe partout : chez Huster, sa femme (morte), ses collègues, même le pauvre mec qui se fait braquer sa bagnole par Huster se fait EN PLUS piquer ses chocolats (le mec conduisait visiblement avec une boîte de Champs-Elysées sur les genoux, allez comprendre), chocolats qu'Huster recrache par la fenêtre parce qu'ils "sont dégueulasses".


Bref, c'est du nanar de compétition, plus proche de la parodie involontaire que d'autre chose, écrit et joué en dépit du bon sens, mais surtout avec beaucoup de bouffe et des dialogues absolument hallucinants.

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Française 8.5 8.5 / 12 8 / 12
Verdict Bonus Artistique
16.5 / 24 Dans les règles Maladroit sur de nombreux points.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Tests