TEST BLU-RAY Le vagabond de Tokyo (Tōkyō nagaremono)

Le vagabond de Tokyo

A-B-C | All Zones Blu-ray 1080p 2.40:1 - Cinémascope AVC-MPEG4

Version Japonaise DTS HD Master Audio 2.0 2.2 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Français
Sortie Blu-ray 06/06/2017
Awards Aucun

Le test

Très certainement, Elephant exploite ici une restauration HD pas toute jeune, mais plutôt compétente dans son rendu général.

Le film trouve en effet ici un upgrade HD palpable et appréciable, un peu limité par son grain épais (le principal signe de l'âge pas tout jeune de la source utilisée).

Ce qui est positif, c'est l'aspect plutôt fin de l'image, ainsi que son naturel général. Sûr, il reste quelques instabilités du cadre ci et là, ainsi que de rares poussières, mais le gain en détails est notable, tant dans les gros plans (captures 6, 7 et 11) que les plans plus larges (captures 3 et 4). La propreté de l'image est elle aussi confortable, sans défaut notable.

L'étalonnage cependant est un point potentiellement débattable. Seijun Suzuki était connu pour son utilisation poussée de la couleur (ce qui lui a valu bien des problèmes à la Nikkatsu), et Le vagabond de Tokyo a été le film qui a fait débordé le vase auprès du studio (au point où la Nikkatsu "condamna" Suzuki à tourner en N&B pour son film suivant, La marque du tueur). Or, si l'on retrouve bien ici certaines touches colorées (capture 6), on est loin de l'étalonnage très contrasté et saturé qu'avait le film chez Criterion dans leur édition de 2011, comme le montrent les comparaisons suivantes :

http://screenshotcomparison.com/comparison/113864

http://screenshotcomparison.com/comparison/113865

http://screenshotcomparison.com/comparison/113866

http://screenshotcomparison.com/comparison/113867

Il est aussi intéressant de mettre cet étalonnage là en parallèle de celui obtenu par Arrow pour leur coffret La femme Scorpion, car ce coffret Arrow a un étalonnage lui aussi sur-contrasté (ce qui lui a valu bien des réactions négatives), et était comme Le vagabond de Tokyo chez Criterion... tiré de restaurations faites à partir de copies à faible contraste.

Difficile alors d'apporter une réponse précise à la question : quel est le bon étalonnage ? D'un côté, Criterion se trompent rarement alors qu'Elephant n'a pas la structure de pouvoir refaire une restauration fidèle s'ils reçoivent une source problématique. D'un autre, les studios japonais sont loin d'être les plus dignes de confiance sur ce type de matériel.

Si on devait juger l'édition française, elle ne semble pas directement handicapée par cet étalonnage. Peut-être que le contraste devrait être plus élevé, peut-être que la saturation est trop faible, mais ça s'arrête là. Qui plus est, on regagne en lisibilité sur l'édition française, là où le disque US perd beaucoup de détails à cause du contraste poussé. Cependant, pour un film où la gestion des couleurs est crucial, il serait dommage de ne pas avoir un étalonnage adéquat.

 

Point spécifique : on ne peut que fortement recommander à Elephant d'enfin revoir leur politique d'encodage. Systématiquement utiliser des BD-25, pourquoi pas, mais il faut pour cela sérieusement penser à dédier plus d'espace disque au film, et à exploiter 100% de l'espace disponible. Comment expliquer qu'un film court avec une unique piste 2.0 et 40 minutes de suppléments finisse avec un débit aussi faible ? A-t'on vraiment systématiquement besoin d'avoir toutes ces bandes annonces (y compris ces 8 minutes en introduction du disque et qui prennent déjà 1.4 Go) ? Les suppléments doivent-ils avoir autant d'espace disque ? Probablement que non.

C'est dommage car ce débit limité n'aide très certainement pas à maîtriser une compression qui se fait visible ici.

 

La piste son est très correcte, quoique légèrement plate, mais avec une retranscription des dialogues plutôt décente et un mixage globalement équilibré. Un souffle se fait entendre sur les séquences les plus calmes, mais n'est pas particulièrement gênant autrement. Pas de défaut notable autrement.

 

3 suppléments principaux : une présentation du film par Stephen Sarrazin (13 min 38, 1080i), une interview de Seijun Suzuki de 2001 par Yves Montmayeur (10 min 04, 1080i) et un module par Roland Lethem sur le "surréalisme doux" chez Suzuki (16 min 48, 1080i).

En compléments, on trouve les habituelles bandes annonces de l'éditeur (ici, 6 films de Suzuki) (1080i) et une galerie photos.

Les notes

Piste 1 (VO) Note Son Note Image Verdict Bonus Artistique
Version Japonaise 9 9 / 12 9.5 / 12 18.5 / 24 Correct Exceptionnel !

Les screenshots

Rémy Pignatiello

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