TEST BLU-RAY : Le Château de l'Araignée (Kumonosu jo)


Le Château de l'Araignée Wildside Video

B Blu-ray 1080p 1.33:1 - 4/3 AVC-MPEG4 DI - ?

Version Japonaise DTS HD Master Audio 2.0 2 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Français imposé
Sortie Blu-ray 08/03/2017
Awards Aucun

Le test

Les sorties Wild Side passent, les regrets restent. Malheureusement, la collection Kurosawa ne déroge pas aux problèmes récurrents visibles sur les sorties Wild Side depuis environ 2015. A cela s'ajoute un calendrier de sortie totalement étalé, ce qui fait que le matériel HD, probablement acheté il y a maintenant plusieurs années, a eu le temps de continuer de vieillir le temps que le Blu-ray arrive dans les bacs en 2017.

Dans le cas du Château de l'araignée, le constat est amer et la comparaison avec l'édition US, parue chez Criterion il y a pourtant 3 ans déjà, est cruelle.

Le premier constat, c'est que contrairement à Criterion qui avait pu effectuer une nouvelle restauration 2K du film à partir d'un master positif grain fin, Wild Side a semble-t'il du se contenter du master HD japonais créé par la Toho. Celui-ci était déjà daté à l'époque, il l'est encore plus aujourd'hui.

Le deuxième constat, c'est que Wild Side continue inlassablement de booster inutilement le contraste des films pour leurs éditions. On l'a déjà écrit. On va le ré-écrire : c'est une très mauvaise idée. On ne peut pas faire plus clair : ça dénature drastiquement l'image, et certains plans deviennent tout simplement illisibles (capture 3). On ne parlera même pas de la notion de fidélité à la photographie d'origine, à ce niveau-là, on suppose qu'on est amplement à côté des intentions originales de Asakazu Nakai.

De fait, quand on combine tout cela, qu'obtient-on ?

N'exagérons pas pour autant : les moins regardants seront probablement satisfaits du relatif upgrade HD proposé par ce Blu-ray. Les plans neutres (c'est à dire où le boost de contraste est faible) offrent un rendu HD décent, et globalement, le niveau de détails des gros plans et plans moyens est correct lui aussi. Enfin, l'image est plutôt propre, même si des rayures subsistent. Par rapport au DVD français, la différence est visible.

Cependant, il est difficile de passer sous silence l'aspect beaucoup trop lisse de très nombreuses séquences, ainsi que l'effet dévastateur de l'accentuation du contraste. Ces 2 éléments combinés sont désastreux pour le naturel du film et la définition de l'image, nivelant par le bas la précision visuelle et nous ramenant techniquement des années en arrière.

C'est d'autant plus rageant que ces défauts sont tous virtuellement éliminés par le nouveau master Criterion (qui offre un tout petit peu plus d'image en passant, car au format 1.37 contre 1.33 pour le disque français) : on retrouve un grain plus fin, une image plus définie, un rendu tout simplement plus précis, mais aussi un contraste bien plus équilibré.

Il est difficile d'accabler plus l'éditeur dans le sens où Criterion a une force de frappe sidérante au niveau des restaurations, ce que très peu d'éditeurs possèdent, et Wild Side ne fait malheureusement pas partie des heureux élus. On peut cependant se demander si la logique éditoriale d'étaler sur de nombreuses années la collection était une bonne idée, surtout quand une partie du catalogue se base sur du matériel déjà dépassé.

En état, malheureusement, cette édition du Château de l'araignée risque fort de décevoir.

 

La piste son VO mono sonne de façon très similaire à celle trouvable sur l'édition US. Le bruit semble cependant y avoir été moins filtré, ce qui permet de retrouver un peu plus de hautes fréquences, mais on retrouve la même tendance à saturer facilement malgré un rendu autrement correct. La piste permet donc de suivre le film sans difficulté mais il ne faut pas en attendre beaucoup plus.

 

On retrouve les suppléments présents sur le double DVD Wild Side :

The Masterworks - Le théâtre Nô et le cinéma (22 min 46, 576i)

Dans la toile du maître : entretien avec Koichi Hamamura (accessoiriste) et Teruyo Nogami (scripte) (21 min 06, 576i)

Bande annonce du film (3 min 36, 576i)

Livre de 66 pages contenant 19 pages d'analyses de Linda Tahir, analysant le film à travers de multiples comparaisons avec l'oeuvre de Shakespeare, et notamment les autres films de Kurosawa fortement inspirés par l'oeuvre du dramaturge britannique.

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Japonaise 9 9 / 12 7.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
16.5 / 24 Correct Intéressant dans son ensemble.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello