TEST BLU-RAY IMPORT : The Thing


The Thing Arrow Films

B Blu-ray 1080p 2.35:1 - Cinémascope AVC-MPEG4 DI - ?

Version Anglaise DTS HD Master Audio 4.1 2.8 Mb/s

Autres pistes Anglais
Sous-titres Anglais sourds et malentendants
Sortie Blu-ray 23/10/2017
Awards Must Have

Le test

C'est à la fois surprenant pour un film de cette stature, mais aussi finalement assez logique vu le studio auquel il appartient, mais on ne peut pas vraiment dire que The Thing ait été techniquement gâté par le passé. Edité en Blu-ray en 2008 par Universal à partir du même master exploité en HD-DVD mais avec une bonne dose de DNR et de nettoyage automatique en plus (un comble), le film a plus récemment été édité (octobre 2016) par Shout! aux USA à partir d'une nouvelle restauration 2K basée sur un Interpositif. Si le résultat améliore notablement la présentation du film, plusieurs limites y étaient décelables, en particulier une accentuation artificielle visible de l'image et un étalonnage assez discutable. Autant dire qu'avec leur réputation actuelle, Arrow étaient assez attendus au tournant lorsqu'ils ont annoncé éditer le film à partir d'une nouvelle restauration, mais en plus effectuée en 4K et à partir du négatif 35mm original... le tout supervisé par Carpenter et Dean Cundey (le directeur de la photo du film).

Le résultat est, de fait, comparativement plus doux que le disque US 2016. Et pour cause : les restaurations 4K made in Arrow n'ayant pas pour habitude de faire l'objet d'accentuation artificielle, on trouve ici un rendu visuel plus doux malgré le grain fin typiquement 4K parsemant l'image. Est-ce problématique ? Non, au contraire. Le film semble simplement avoir une photographie un peu douce, et il est donc fidèle de la retranscrire de cette façon. Ce rendu doux est aussi, de façon plus objective (c'est à dire sans comparer au disque US), visible à l'écran et il est probable que les habitués des Blu-rays basés sur des restaurations 4K soient légèrement surpris, voire déçus, par ce piqué un peu plus en retrait. Là encore, ce sera avant tout une question d'avoir les bonnes attentes techniques : si le film est doux, alors le Blu-ray se doit de l'être aussi.

Pour autant, il est visiblement évident que nous sommes face à une restauration 4K effectuée à partir du négatif original 35mm. Comme toujours chez les restaurations made in Arrow, on trouve ainsi un rendu visuel détaillé (douceur mise à part), naturel (aucun signe de filtrage numérique superflu ou destructeur, genre fini le nettoyage automatique faisant disparaître les balles de ping pong) et un ensemble fleurant bon la patine 4K comme on l'aime. C'est parfaitement propre et stable, c'est net, c'est beau.

Pour l'étalonnage, c'est un peu plus compliqué. Ici, Arrow a pu travailler en collaboration étroite avec Carpenter et Cundey (et le producteur Stuart Cohen a depuis aussi donné se bénédiction quant au résultat final), qui ont notamment passé plusieurs jours à superviser plan par plan l'étalonnage final et le cadrage. Le résultat est... différent. Il est déjà clairement plus lumineux que dans le passé, au point de se demander si les précédentes éditions n'étaient pas trop sombres tant on y perdait en détails dans les zones les plus sombres. L'édition US était aussi notablement plus violette, ce qui n'est pas le cas ici grâce à un étalonnage dynamique et plus coloré. Une poignée de plans parait un peu trop claire, ou avec une colorimétrie légèrement discutable mais dans l'ensemble, sans connaître par coeur le film ni avoir (surtout) de référence absolue à portée de main, ce nouvel étalonnage parait convaincant. On apprécie notamment sa capacité à obtenir à la fois un contraste satisfaisant sans boucher les noirs, et surtout à retranscrire une multiplicité des ambiances de couleurs (comparez par exemple les captures 5, 6, 11, 14 et 18).

Le cadrage est légèrement différent des éditions précédentes, en général avec un très léger soupçon d'info en moins à droite et en plus à gauche. Cependant, c'est léger, variable, et dans l'ensemble négligeable.

Enfin, la compression effectuée par le maestro David Mackenzie est irréprochable.

 

3 VOs sont proposées : LPCM 2.0, DTS HD MA 4.1 et DTS HD MA 5.1. Le film a été visionné avec la piste 4.1.

Cette piste 4.1 a ses forces et ses faiblesses. Des 3 pistes, c'est celle qui possède l'approche la plus agressive, avec un mixage plus fort et légèrement plus clair (d'où notre préférence pour regarder le film). Les surrounds sont exploitées plus nettement aussi, et le canal des basses plus fort. Cela donne dans l'ensemble une piste son plus puissante sans forcément être trop agressive. C'est efficace, clair, avec une belle utilisation des enceintes tout en offrant un mixage sonore équilibré et subtil.

Pour autant, il reste cependant un léger souffle sur l'ensemble de la piste (aussi audible sur les 2 autres pistes sons), et on pourra privilégier (en fonction des préférences et des installations) l'aspect un peu moins "bourrin" de la piste 2.0 Surround ou de la piste 5.1.

A noter d'un point de vue général que les Surrounds sont en mono, ce qui signifie qu'il n'y a pas d'effets latéraux arrière gauche - arrière droit, mais un front arrière uniforme. C'est normal, c'est d'époque. La piste 4.1 réplique ça directement, mais c'est aussi le cas sur la piste 5.1.

 

Les complétistes absolus devront démultiplier les achats s'ils veulent absolument tous les bonus. En effet, Arrow propose des nouveaux suppléments exclusifs, reprend les bonus Universal (même si le commentaire audio de Carpenter et Russell reste très légèrement censuré sur une poignée de lignes pourtant inoffensives), mais ne reprend pas les suppléments créés pour l'édition US éditée par Shout! Factory.

Faut-il considérer pour autant que l'interactivité est moindre chez Arrow ? Peut-être légèrement, mais il faut aussi voir que l'éditeur n'a pas caché préférer limiter la quantité de suppléments (quitte à ce que ce soit moins impressionnant) afin d'éviter les redondances d'un module à l'autre (par exemple, éviter une interview qui viendrait redire ce qui est dit dans le making of). En partant avec cette optique, les différences sont donc moindres, même si Shout conserve des choses intéressantes (notamment le module sur Mike Ploog ou sur les lieux de tournage). L'un dans l'autre cependant, il semble difficile d'imaginer que les possesseurs de l'édition Arrow sortiront des suppléments en ayant l'impression d'être floués.

Les suppléments de l'édition Arrow sont découpés / découpables en 3 sections : les nouveaux suppléments, un trio de suppléments tournés vers les fans du film, et les suppléments "historiques" (c'est à dire tirés des anciennes éditions Universal). Comme toujours, les suppléments étant 100% anglophones, aucun n'est sous-titré.

 

Commentaire audio de Mike White, Patrick Bromley et El Goro, tous trois responsables de différents podcasts spécialisés sur le cinéma

Who Goes There ? - In Search of The Thing (1h 17 min 47, 1080p) : nouveau documentaire rétrospectif sir le film, ses origines et sa production. Il inclut de nouvelles interviews de l'équipe du film.

1982: One Amazing Summer (27 min 20, 1080p) : nouveau documentaire rétrospectif sur les nombreux films sortis en salles l'été 82 et devenus depuis cultes / célèbres. On y trouve outre The Thing : Tron, Poltergeist, Brisby et le secret du Nihm, Blade Runner, ET ou encore Conan le barbare.

NoThing Left Unsaid: Texas Frightmare Panel (55 min 08 1080p) : session de questions-réponses modérée par Ryan Turek et avec le directeur de la photo Dean Cundey et les acteurs Thomas Waites, Keith David et Wilford Brimley.

The Thing: 27,000 Hours (6 min 01) : court-métrage commissionné pour le London FrightFest 2011 dans le cadre d'un hommage à John Carpenter. Avec commentaire audio optionnel du réalisateur Sean Hogan.

 

Outpost #31 - History & Impact of the Fans (15 min 42s, 1080p) : interview de Todd Cameron, créateur du site Outpost #31, le site internet de fans le plus populaire sur le film, et qui s'était rendu en 2003 sur les lieux du tournage du film.

”We’ve Found Something in the Ice” - A Fan’s Journey (5 min 38, 1080p) : interview de Peter Abbott, un autre fan du film qui s'est récemment rendu sur les lieux du tournage du film.

Artworks hommages au film par le dessinateur Danny Wagner

 

Commentaire audio de John Carpenter et Kurt Russell

Terror Takes Shape (1h 24 min 00, 480i) : documentaire de 2008 sur le film et sa production

Vintage Featurettes : Production Archives (7 min 30, 1080p) / Scènes coupées (4 min 08, 1080p)

Behind-the-scenes

Trailers, Teasers, TV and Radio Spots

Still Galleries

Bande annonce (1 min 58, 1080p) 

 

L'édition limitée à 6000 exemplaires (déjà épuisée) contient aussi un poster recto-verso dépliant, un jeu de 8 reproductions de photos d'exploitant et un livret en papier cartonné de 40 pages contenant un texte de 3 pages de Violet Lucca sur le film et ses thématiques, ainsi qu'un article de Kevin Alexander Boon, originellement publié en 1999 dans la revue Creative Screenwriting et démontant point par point les nombreuses critiques négatives faites au film à sa sortie. Le disque est dans un boîtier Amaray transparent classique, et le tout est regroupé dans un fourreau de regroupement en carton dur (la configuration est donc similaire à celle de La colline a des yeux ou Phenomena).

L'édition Steelbook limitée à 4000 exemplaires (aussi déjà épuisée) ne contient en goodies qu'un livret plus fin ne reprenant que le texte de Violet Lucca. Le contenu sur le disque est le même.

Enfin, vu le succès de ces 2 éditions limitées, l'édition normale du film a été ravancée au 20 novembre. Elle reprendra le livret fin du Steelbook et le contenu sur le disque sera toujours le même. Côté packaging, on sera à nouveau sur un boîtier Amaray transparent classique, mais avec un fourreau cartonné fin classique.

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Anglaise 10 10 / 12 10.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
20.5 / 24 Le Nirvana Exceptionnel !

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello