TEST BLU-RAY IMPORT La Colline a des Yeux (The Hills Have Eyes)

La colline a des yeux

A-B Blu-ray 1080p 1.78:1 - Panoramique AVC-MPEG4

Version Anglaise PCM 1.0 1.15 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Anglais sourds et malentendants
Sortie Blu-ray 03/10/2016
Awards Aucun

Le test

La colline a des yeux version 77 a toujours été connu comme un film craspec. Tourné sur un budget minuscule (entre 225 et 325 000 dollars) en 16mm en décors naturels, le film a toujours eu un aspect doux et pas très détaillé (sans compter le grand nombre de plans à la mise au point approximative). Du coup, quand Arrow a annoncé une édition basée sur une nouvelle restauration 4K, il y avait de quoi être à la fois enthousiaste, mais aussi perplexe. Et effectivement, à la lecture du livret, on se rend rapidement compte qu'il n'y aura probablement pas de miracle visuel : les négatifs 16mm AB originaux étant perdus, la restauration s'est basée sur 2 éléments CRI 35mm (Color Reversal Intermediate, l'équivalent d'un interpositif ou d'un internégatif), tirés des négatifs originaux 16mm AB. C'est déjà intéressant en soi, car cela signifie que les éléments numérisés ne sont pas les négatifs 16mm AB originaux (1), mais un agrandissement 35mm (2), et en plus qu'il s'est agi de CRIs, éléments qui ont arrêté d'être fabriqués car il s'est avéré qu'ils se conservaient mal dans le temps (3).

En pratique, cela génère 3 types de limitations fortement visibles quasiment tout le long du film.

La première est l’étalonnage complètement variable du film, y compris d’un plan à l’autre d’une même séquence (cf captures 5 et 7) : certains plans sont plutôt équilibrés, d’autres verts (capture 7), certains roses (capture 4), et d’autres complètement désaturés (capture 12). Difficile de savoir si c’est effectivement le look original prévu et voulu par l’équipe du film, un look original dérivant des conditions de tournage et qui n’a donc pas lieu à être corrigé, ou des défauts colorimétriques des éléments originaux qui n’ont pas pu être corrigés.

La deuxième est l’aspect très doux du film (voire parfois carrément flou la faute à une mise au point loin d’être tout le temps parfaite (capture 6)). Cela limite forcément la sensation de définition à l’écran, réduisant les détails fins comme les détails des visages des acteurs (peaux, cheveux), les vêtements ou les décors (intérieur comme extérieur).

Enfin, cette douceur s’accompagne d’un aspect parfois tellement épais qu’on a du mal à croire que l’on regarde bien une restauration 4K (voire même une restauration 2K). En fin de film notamment, lors que le jour se lève à nouveau, de nombreux plans ont un aspect qui laisse fortement perplexe tant la résolution à l’écran est faible. Le grain bouge de façon étrange (verticale, beaucoup) (capture 18), les détails fins ressemblent à du macroblock (capture 16), bref, c’est particulièrement limité et c’est assez délicat d’imaginer que cela soit du aux éléments originaux. Que les éléments soient doux et d’une qualité limitée, soit, mais ce rendu et cette patine visuelle ressemble peu à quelque chose de photochimiquement ou physiquement détérioré.

Il est intriguant aussi de voir que la jaquette annonce une restauration supervisée par Peter Locke alors qu'il n'est pas nommé dans les détails techniques (le livret indique que le travail de restauration a été effectué par Gamma Ray Digital Boston, avec une numérisation et un étalonnage supervisé par Perry Paolantonio et un travail de restauration effectué par Benn Robbins). Aussi, la jaquette comme les détails technique du livret annonce un film présenté en 1.85, alors qu'il est présenté sur le disque en 1.78.

Cependant, à quelques salissures près, l’image est parfaitement propre, et le cadre est très stable aussi. Il y a aussi une assez bonne homogénéité du rendu visuel, y compris dans le rendu roots ultra granuleux du film qui parait proprement (un bien grand mot) retranscrit ici. Pas de filtre numérique visible à l'horizon.

En résumé, est-ce que c’est visuellement recommandable ? Oui, dans le sens où cela écrase les précédents DVDs et Blu-rays du film parce que ce rendu craspec ultra granuleux n’a jamais été retranscrit correctement sur ces éditions (voire était tout simplement édité en Blu-ray à partir d'un upscale SD). Cependant, même si le film est très différent d’un point de vue tournage et matériel d'un Texas Chainsaw Massacre, il est intéressant de voir à quel point les textures des Blu-rays respectifs des 2 films diffèrent profondément, probablement à cause des différences de générations d'éléments utilisés. Sur Texas Chainsaw Massacre, il reste très facile de voir que l’on est face à une restauration 4K faite à partir de négatifs 16mm. Ici, c’est beaucoup plus difficile à trouver et il est délicat de se dire que le résultat visible ici est transparent vis-à-vis de l'aspect original du film.

En l’état donc, le film a toujours été moche, et il reste donc moche même avec une nouvelle restauration, mais un moche plus proche du moche original (heureusement, les captures d’écran incluses dans ce test permettra de rendre justice au dicton « une image vaut mille mots », ou du moins, dans le cas présent, 19 captures valent 777 mots).

 

La partie sonore est beaucoup moins discutable. Si elle reste peu impressionnante, elle est convaincante sur plusieurs niveaux. Le mixage est plutôt équilibré entre dialogues, musique et effets sonores. La piste joue plutôt bien avec les niveaux sonores, offrant une dynamique permettant de bien soutenir l’action à l’écran (notamment durant la séquence hystérique dans la caravane). Enfin, elle est plutôt propre, avec un léger souffle uniquement audible durant les silences. On appréciera aussi l'absence totale de réduction abusive du bruit (ce qui rend souvent le son plus sourd qu'il ne le devrait).

 

Deux blocs côté suppléments : les anciens suppléments et ceux spécifiquement conçus pour cette édition.

Côté nouveauté, on trouve une interview de l'acteur Martin Speer (16 min 08, 1080p) et une avec le compositeur Don Peake (11 min 00, 1080p). L'édition contient aussi deux commentaires audio enregistrés pour cette occasion : un avec les acteurs Michael Berryman, Janus Blythe, Susan Lanier et Martin Speer, et un avec le critique et historien du cinéma Mikel J. Koven. Enfin, ces nouveaux suppléments se concluent sur des chutes du tournage (18 min 57, 1080p), mélange de coulisses du tournage et de bêtisier.

Sinon, les autres suppléments sont trouvables sur les précédentes éditions du film (y compris le double DVD français). On trouve ainsi le long documentaire rétrospectif Looking Back on The Hills Have Eyes (54 min 35, 1080i, upscalé), un commentaire audio de Wes Craven et Peter Locke, une série de bandes annonces et spots TV (2 min 46 + 2 min 43 + 1 min 54, 1080p) et une galerie photos (1080p).

Tous ces suppléments sont en anglais sans sous-titres.

A noter que l'édition propose la fin alternative en HD, dans une qualité proche de celle du film (et avec des sous-titres anglais). Celle-ci peut être vue à part (11 min 37, 1080p) ou intégrée au film (comme un montage alternatif de 1h 31 min 17).

Côté goodies, l'édition limitée inclut une poster A3 réversible, un jeu de 6 cartes reproduction de photos d'exploitation du film, ainsi qu'un livret de 40 pages assez chiche en texte (4 pages par Brad Stevens replaçant le film comme appartenant au film familial, au western et au film sur le mâle domestiqué se rebellant, et 5 pages par Ewan Cant sur le film et ses suites et remakes).

Les notes

Piste 1 (VO) Note Son Note Image Verdict Bonus Artistique
Version Anglaise 9.5 9.5 / 12 8 / 12 17.5 / 24 Dans les règles Intéressant dans son ensemble.

Les screenshots

Rémy Pignatiello

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