TEST BLU-RAY IMPORT Le nouveau monde (The New World)

Le nouveau monde

A Blu-ray 1080p 2.35:1 - Cinémascope AVC-MPEG4

Version Anglaise DTS HD Master Audio 5.1 5.2 Mb/s

Autres pistes Aucunes
Sous-titres Anglais sourds et malentendants
Sortie Blu-ray 26/07/2016
Awards Must Have - Démo Image

Le test

Film au potentiel fort en vidéo, Le Nouveau monde de Terrence Malick a été restauré en 4K pour Criterion, sous la supervision de Malick et Emmanuel Lubezki ainsi que le monteur Mark Yoshikawa (rien que ça) pour son montage Extended. La restauration a été effectuée à partir du négatif original 35mm, d'un interpositif 35mm ainsi que du négatif original 65mm (pour les plans tournés dans ce format). Il est indiqué dans le livret que "le négatif original 35mm a été coupé en 2005 pour créer le montage cinéma de 135 min et n'a donc pas pu servir pour la totalité du montage Extended" (on suppose que c'est comme complément que l'interpositif 35mm a été utilisé). Les 3 éléments ont été montés ensemble sous la supervision de Yoshikawa et les fondus et les effets optiques ont été recréés durant la restauration.

Les montages Cinéma et First Cut exploitent eux des masters préexistants, tous deux amplement inférieurs au rendu de la nouvelle restauration. On regrettera d'ailleurs qu'au moins le montage Cinéma n'ait pas été lui aussi restauré en 4K ou reconstruit à partir de la nouvelle restauration. Si le négatif original a été coupé en 2005 pour la création de ce montage, on suppose qu'il aurait du coup été assez linéaire de le numériser puis de le restaurer en 4K afin de lui faire profiter à lui aussi des avancées technologiques actuelles. Peut-être Malick exprime ici sa préférence pour le montage le plus long en ne faisant restaurer que celui-ci.

Visuellement, la nouvelle restauration 4K possède de façon très nette une finesse, une précision, une fluidité et un naturel qu’aucun des autres disques ne possède. C’en est même un cas d’école de l’avancée technologique vue ces dernières années : les anciens disques utilisent des anciens masters ayant tous des défauts plus ou moins marqués, là où la restauration 4K bien effectuée permet clairement d’obtenir un bien meilleur résultat.

Les très nombreux plans larges des paysages offrent des arrière-plans très nets et détaillés là où les autres disques n’arrivent pas à détailler ces éléments (cf capture 3 VS captures 10, 17 et 31). L’absence de filtrage numérique aussi est facilement perceptible, notamment au niveau des gros plans sur les visages des acteurs, qui retrouvent un aspect texturé et détaillé loin du rendu lisse des autres disques (capture 6 VS 13, 20 et 34). Tout juste notera-t’on quelques plans très légèrement moins précis (on suppose que ce sont les plans extraits de l’interpositif) (capture 38).

L’étalonnage a été revu pour cette nouvelle restauration. Il offre maintenant un contraste moins poussé ce qui permet de retrouver les détails perdus dans les zones sombres (auparavant bouchées) (capture 5 VS 19 et 33) comme dans les zones claires (auparavant brûlées) (capture 2 VS 16 et 30). Il élimine aussi la dérive rose facilement visible sur les autres montages, ce qui renforce certaines dominantes (bleue et verte, notamment) tout en donnant un côté un peu plus froid à l'image.

Enfin, la compression est plutôt solide chez Criterion (à quelques images près lors de l’ouverture sous-marine), ce qui permet de restituer convenablement le grain fin si typique d’une restauration 4K bien faite.

Le montage Extended FR suit derrière, mais souffre d'un contraste trop poussé et surtout d'un piqué moindre. Il possède aussi une dérive rose, bien qu’elle soit moins marquée que sur les montages First Cut et Cinéma (capture 12 VS 19 et 33).

Les 2 autres montages proposés dans l'édition Criterion sont clairement inférieurs visuellement car tirés de masters HD très clairement obsolètes. Leur étalonnage est typique des vieux masters HD avec une dérive rose marquée (même si le livret indique que Lubezki avait supervisé ces transferts à l'époque), mais ils sont surtout particulièrement filtrés, tant au niveau du dégrainage que de l'accentuation des contours. Le montage Cinéma partage la même source que le montage First Cut, mais réussit le tour de force d’être encore plus lissé (capture 5 VS 19 et 33). Clairement, les masters HD utilisés pour les montages First Cut et Cinéma sont vieux, usés et fatigués. Le disque Benelux utilise le même master que le montage Cinéma Criterion, mais en plus clair (capture 19 VS 26) et moins bien compressé (capture 17 VS 24).

On pourra ainsi effectuer le classement visuel suivant : Montage Extended Criterion >> Montage Extended FR >> First Cut > Montage Cinéma Criterion > Montage Cinéma Benelux.

On notera enfin que le montage Extended est présenté en 2.35 là où les autres montages possédaient un format 2.39, perdant un tout petit peu d'infos en haut et en bas (et modifiant parfois de façon infime les bords gauche et droit du cadre).

NB : un jeu de 7 captures comparatives est proposé. Les captures représentent dans cet ordre : le montage Extended Criterion, le montage Extended Français, le montage cinéma Criterion, le montage cinéma Benelux et le montage First Cut Criterion. Les captures suivantes sont toutes tirées du montage Extended Criterion.

 

La piste son 5.1 est très douce à l’écoute. Qui plus est, contrairement à La ligne rouge et The Tree of Life, il n’y a aucun panneau texte conseillant d’écouter le film fort, ce qui suggère que ce niveau sonore assez faible est volontaire. En l’état, on recommandera tout de même de légèrement monter le son pour éviter tout parasitage extérieur.

La piste est équilibrée tant dans le mixage des différents éléments qu’au niveau de l’égalisation des fréquences sonore, et le design sonore est très subtil. Si l’ensemble a un niveau sonore général assez faible, cela n’empêche nullement les nombreux effets sonores, les dialogues et la musique de se détacher pour remplir l’ensemble de l’espace. Les nombreux effets d’ambiance, en particulier, exploitent très fréquemment les enceintes arrières pour proposer un environnement sonore à 360°.

Si le film est très peu démonstratif, il possède en son milieu quelques séquences plus musclées qui montrent une dynamique très appréciable ainsi qu’une efficace reprise dans les graves. Enfin, l’ensemble est parfaitement propre, sans distorsion ni craquements ou souffle.

A noter que le montage Extended n'est pas identique à celui paru en Blu-ray en 2009-2010, Terrence Malick ayant effectué quelques modifications sur la bande son du film (comme le montre cette vidéo comparative). Cette piste 5.1 a été remasterisé par Joel Dougherty à Warner Bros Studios.

A noter aussi que les sous-titres apparaissant sur certains dialogues en algonquin sont incrustés dans l'image sur volonté de Malick, et que les 3 montages du film possèdent chacun une piste de sous-titres anglais pour sourds et malentendants. 

 

Criterion a sorti l'artillerie lourde avec pas moins de 3 Blu-rays, chaque disque contenant un montage du film et des suppléments (en anglais sans sous-titres).

Le 1er disque contient le nouveau montage Extended Cut (172 min) ainsi que le making of en 10 parties (1h 21 min 40, 1080p, 2004) qui était trouvables sur le Blu-ray français, ainsi que la bande annonce (2 min 24, 1080p) et le teaser (1 min 25, 1080p) du film.

Le 2ème disque contient le montage cinéma (136 min) ainsi qu'un bloc de nouvelles interviews avec Colin Farrell et Q'orianka Kilcher(30 min 03, 1080p) et un nouveau module avec Sarah Green, Jack Fisk et Jacqueline West sur le tournage du film, les méthodes de travail de Malick, etc (36 min 30, 1080p).

Enfin, le 3ème disque contient le "First Cut" (aussi parfois appelé le "montage italien") du film (150 min) ainsi qu'un bloc de nouvelles interviews avec les monteurs du film Hank Corwin, Saar Klein et Mark Yoshikawa (40 min 42, 1080p) et un module où Mark Yoshikawa discute de la création des différents montages du film et leurs différences (17 min 10, 1080p).

Le livret de 44 pages contient un texte de 6 pages de Tom Gunning sur le film (production, thématiques, réception), une interview de 9 pages d'Emmanuel Lubezki de 2006 sur les challenges photographiques posés par le film et une fascinante compilation de 14 pages de documents de travail (peintures, poèmes, textes) communiqués par Malick aux équipes du film pour la préparation du tournage.

Les notes

Piste 1 Note Son Note Image Verdict Bonus Artistique
Version Anglaise 11 11 / 12 11.5 / 12 22.5 / 24 Le Nirvana Exceptionnel !

Les screenshots

Rémy Pignatiello

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