TEST BLU-RAY IMPORT : La femme Scorpion (Female Prisoner Scorpion)


La femme Scorpion Arrow Films

A-B-C | All Zones Blu-ray 1080p 2.39:1 - Cinémascope AVC-MPEG4 DI - ?

Version Japonaise PCM 1.0 1.15 Mb/s

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Sous-titres Anglais
Sortie Blu-ray 08/08/2016
Awards Aucun

Le test

Clairement, les 4 films du coffret Female Prisoner Scorpion vont faire (et ont déjà fait) couler de l’encre.

Si Arrow a pu obtenir des copies faible contraste pour effectuer de nouvelles numérisations, tout laisse à penser que ces copies (devant pourtant servir, normalement, à tirer de nouveaux négatifs des films, et se doivent donc d’être un minimum de référence) sont loin d’être optimales. Les hypothèses vont bon train sur ce qui a défailli dans la chaîne : est-ce que la Toei a volontairement choisi de fournir à Arrow des éléments non-optimum pour limiter les risques d’import ? Est-ce qu’ils sont juste vraiment aussi mauvais que ça dans le traitement de leurs titres de catalogue ? Ou bien est-ce que l’équipe de Arrow a eu la main très très lourde en interne au niveau étalonnage ?

Sur le papier pourtant, les choses semblent bien parties, et les détails sur les éléments utilisés sont relativement transparents sur les limites que possèdent les sources. Arrow a obtenu de la Toei des copies 35mm faible contraste tirées des éléments originaux 35mm (pas de détails sur la génération des éléments, on supposera donc qu’il ne s’agissait pas de négatifs originaux). Les copies ont été numérisées en 2K sur un scanner Northlight 4K. Le livret indique que « les images des 4 films favorisent partout un aspect notablement bleu/cyan. Cet aspect est inhérent aux matériaux fournis et est en rapport avec comment ces éléments ont été créés ainsi que comment les éléments originaux se sont décolorés dans le temps. Avec ces restaurations, nous avons visé à obtenir des présentations des films aussi proches que possibles de leur style et apparence originaux ».

Force est de constater que les 4 films possèdent une dérive bleue très marquée, ainsi qu’un contraste fréquemment trop poussé alternant entre plans aux noirs assez bouchés (notamment dans les scènes en intérieur) et visages très pales voire quasi-blanchâtres. Cet aspect est très éloigné des précédentes copies du film (copie HD Toei, actuellement disponible sur Amazon.co.jp en streaming, incluse) mais celles-ci souffraient d’autres problèmes (et il est évidemment toujours assez délicat d’imaginer des masters vieux de 10 ans être juste côté couleurs vu ce qui se faisaient à l’époque de leur création). Cependant, l’image obtenue en 2016 ne ressemble à rien que l’on connaisse, ni pour la série des Female Prisoner Scorpion, ni à aucun film des 70s (voire tout court).

Le 1er film du coffret, Prisoner #701 : Scorpion, parait le moins marqué, dans le sens où il est encore possible de trouver des plans dont la colorimétrie reste relativement naturelle, avec des blancs bien blancs, de l’orange, du rouge, du vert, etc (captures 1, 2 et 3). Dans cet opus, finalement, ce sont avant tout les plans chargés côté script (combat dans les douches, révolte, humiliations, etc) qui sont nettement stylisées, avec une tendance bleue extrêmement marquée. Cela « passe » au visionnage, même s’il est difficile de ne pas avoir la sensation que quelque chose cloche (capture 5).

Le 2ème film, Jailhouse 41, est déjà beaucoup plus affecté, et il est virtuellement impossible d’y trouver un plan qui ne parait pas avoir été complètement baigné dans le bleu clair (capture 12) tandis que les teintes des peaux virent au vert, probablement dégâts collatéraux de la dérive bleutée du reste du film. Là aussi, les noirs sont fréquemment bouchés tandis qu’une pâleur assez poussée touche les actrices, probablement un résultat d’un contraste mal négocié.

Les 3ème (Beast Stable) et 4ème (#701’s Grudge Song) sont visuellement du même acabit que le 2ème film : contraste trop poussé (captures 12 et 14), photographie baignant totalement dans le bleu clair (captures 14, 16, 19, 20 et 21) à quelques secondes près (captures 15, 17 et 24), peaux verdâtres (captures 16, 19 et 20), chutes de définition (capture 18)…

Ça, c’était pour les couleurs, mais il s’avère malheureusement que les défauts ne s’arrêtent pas au seul étalonnage des films.

Du fait des éléments utilisés (copies faible contraste… probablement tirées de copies du négatif original), le rendu des 4 films est loin du summum du genre. En vrac, on trouve du bruit dans les zones sombres, des noirs colorés (capture 13), un niveau de détails correct mais loin d’être phénoménal, une définition globalement éloignée de ce que permettrait une restauration plus propre (par exemple directement du négatif original ou bien d’un interpositif ou d’un internégatif, comme pour Audition), des poussières et rayures ci et là, et quelques instabilités du cadre (rares mais visibles). On notera, plus spécifiquement mais aussi plus visible, de grosses fluctuations de densité de grain sur les séquences sombres et/ou chargées en grain, ce qui se traduit à l’écran par des grosses bandes horizontales de grain se baladant de bas en haut (un peu comme les bandes « tracking » sur VHS) (cf captures 4 et 21, même si cela reste plus visible en mouvement que sur captures).

Tout n’est pas perdu pour autant ! L’upgrade HD reste visible derrière ces importants et visibles défauts et limites, avec une certaine finesse dans les détails (cheveux, décors, costumes), et un aspect assez agréable dans les plans en extérieur jour (les plus éclairés), loin de l’aspect assez médiocre des précédentes éditions DVDs des films (d'où la note finale supérieure à la moyenne, parce qu'il ne faut pas déconner non plus). Le 1er film est clairement le mieux loti des 4 de ce côté, même si le 2ème n'est pas loin derrière.

Pour autant, il est difficile de ne pas être déçu et perplexe par ce résultat visuel et de se demander à quel moment le rendu visuel est parti en sucette. C’est évidemment d’autant plus dommage qu’il est fort probable que ces films n’auront pas les hommages d’une nouvelle restauration avant de trop nombreuses années et qu’il faille donc, d’ici là, se contenter de ce résultat hautement imparfait.

Prisoner #701 : 7/10

Jailhouse 41 / Beast Stable / #701's Grudge Song : 6/10

Captures 1 à 6 : Prisoner #701 / 7 à 12 : Jailhouse 41 / 13 à 18 : Beast Stable / 19 à 24 : #701's Grudge Song

 

La partie sonore fait un peu mieux que l'image, sans être particulièrement impressionnante pour autant. Globalement, le rendu sonore est plutôt bon. Les mixages sont assez équilibrés et surtout assez clairs et ouverts, y compris dans les scènes les plus chargées. Cela permet d'éviter ce côté sourd et étouffé qui fait souvent daté. Cependant, les dialogues, s'ils restent assez intelligibles, sont un poil en retrait et ont un souci de réverbération assez audible sur les "s" (qui donne un effet de cymbale traînante en fin de phrase). On notera aussi un peu de distorsion dans les aigus des éléments musicaux.

 

Chaque disque contient son lot de suppléments. Globalement, ils suivent le découpage suivant : une nouvelle discussion critique autour des films, une interview d’archives, un nouveau supplément (soit une analyse, soit une interview) et des bandes-annonces. Chaque film propose aussi le générique de début sous-titré, car le sous-titrage des films traduisent non pas les équipes des films mais les paroles de la chanson du générique (55 sec x 4, 1080p). On trouve ainsi :

#701 Scorpion :

Nouvelle appréciation de la franchise par le réalisateur Gareth Evans (24 min 34, 1080p)

Interview d’archives (2006) avec Shunya Ito (15 min 47, 1080p)

Nouvelle interview avec l’assistant réalisateur Yutaka Kohira (14 min 46, 1080p)

Bandes annonces cinéma des 4 films (3 min 03 + 3 min 11 + 3 min 08 + 3 min 14, 1080p)

Jailhouse 41 :

Nouvelle appréciation par la critique Kier-La Jannise (28 min 04, 1080p)

Jesper Sharp sur la carrière de Shunya Ito (10 min 29, 1080p)

Nouvelle interview avec l’ensemblier Tadayuki Kuwana (16 min 35, 1080p)

Bande annonce cinéma (3 min 11, 1080p) et teaser (1 min 47, 1080p) du film

Beast Stable :

Nouvelle appréciation par la critique Kat Ellinger (25 min 48, 1080p)

Interview d’archives (2006) avec Shunya Ito (17 min 32, 1080p) sur son travail avec Meiko Kaji (complémentaire de celle trouvable sur le 1er film)

Unchained Melody (21 min 30, 1080p) : essai visuel de Tom Mes sur la carrière de Meiko Kaji

Bande annonce cinéma (3 min 08, 1080p) et teaser (1 min 46, 1080p) du film

#701’s Grudge Song :

Nouvelle appréciation par le réalisateur Kazuyoshi Kumakiri (11 min 14, 1080p)

Interview d’archives (2006) avec Yasuharu Hasebe (19 min 49, 1080p)

Jesper Sharp sur la carrier de Yasuharu Hasebe (16 min 54, 1080p)

They Call Her Scorpion (40 min 00, 1080p) : essai visuel de Tom Mes sur la franchise

Bande annonce cinéma du film (3 min 14, 1080p)

Le coffret, limité à 8000 exemplaires (4000 aux USA + 4000 en Angleterre), contient les 4 films dans des boîtiers Slim individuels, ainsi qu’un poster réversible (d’un côté le visuel original du 1er film, de l’autre celui du 4ème film) et un livret "hardcover" de 58 pages contenant un texte de 9 pages de Chuck Stevens sur la franchise et sa place dans le cinéma japonais, une interview de Meiko Kaji par Chris D. (11 pages, 1997) et une autre de Toru Shinohara (le créateur du manga dont sont inspirés les films) par Yoshiki Hayashi (8 pages, 2016).

Le tout est contenu dans un fourreau en carton épais (du type Fassbinder, Yoshida, Death Walks Twice, etc…).

Les notes

Piste 1 (VO) Audio Vidéo
Version Japonaise 8.5 8.5 / 12 7.5 / 12
Verdict Bonus Artistique
16 / 24 Le Nirvana Intéressant dans son ensemble.

Les screenshots

Par Rémy Pignatiello