TEST PS4 : The Last Of Us : Part 2


The Last Of Us : Part 2 Naughty Dog

PS4 All Zones

Catégorie Action / Aventure
Genre(s) Survival-Horror - Infiltration - TPS
Thème(s) Horreur - Survie - Exploration - Mutant - Gore - Ambiance - Post-Apocalyptique - Crafting
Sortie 19/06/2020
Description The Last of Us Part II est un jeu vidéo d’action-aventure en vue à la troisième personne de type survival horror développé par Naughty Dog et édité par Sony Interactive Entertainment sur Playstation 4, sorti le 19 juin 2020. Annoncé officiellement le 3 décembre 2016, il fait suite au jeu The Last of Us des mêmes éditeurs.

Le Test

7 ans après un premier volet ayant marqué les esprits par son gameplay simple mais efficace, Naughty Dogs nous propose de remettre le couvert en nous proposant la suite de l’histoire d’Ellie avec The Last of Us : Part 2. Malgré un scénario peu original mais rempli de bonnes intentions, The Last of Us proposé une des meilleures relations entre deux personnages. Désormais plus long, plus grand, plus beau et plus violent, est-ce que ce second volet est à la hauteur du premier ?

Le voyage d’Ellie

Revenons un peu en arrière : The Last of Us nous raconte l’histoire de Joël, survivant d’une pandémie mondiale infectant tous les humains par le biais de spores de champignons. Le jeu se déroule 20 ans après le début de la fin et nous montre un Joël grisonnant devant transporter une marchandise à l’autre bout du pays. Cette marchandise est Ellie, une jeune adolescente que l’on découvre bien assez vite immunisée au virus. C’est dans ce contexte que le jeu nous porte de "Boston" au Camp des Lucioles. Ce Camp n'est d'autre qu'un groupe cherchant à renverser les hautes autorités contrôlant le pays et travaillant par la même occasion sur un antidote au virus. Au fur et à mesure que le jeu avance, nous apprenons à connaitre Joël et Ellie dont la relation se consolidera en une relation "père fille" (Joël ayant perdu sa fille au début de l’infection). Anticipant comment l’histoire devait se terminer, Joël décide de se retourner contre les lucioles et d’arracher Ellie de leurs griffes. C’est sur cette conclusion que se termine The Last Of Us.

La partie 2 débute quelques années plus tard. Ellie a grandi et est devenu plus indépendante depuis quelques temps. Nous prenons plaisir à les retrouver et de voir que leurs conditions de vie ont elles aussi évoluées. Ils sont maintenant avec Tommy, le frère de Joël, dans une ville communautaire du nom de Jackson. En tant qu'éclaireurs, leurs missions premières est de partir à la recherche de nourritures et de nettoyer les alentours du village des infectés...

Ce second opus commence le lendemain d'une fête en plein hiver. Alors qu'Ellie et Dina partent en éclaireuses vers une base un peu éloignée, Joël et Tommy partent de leur côté. Pendant ce temps nous faisons la connaissance d’Abby, un nouveau personnage qui essaye de s'échapper d'une horde d’infectés. Heureusement, elle croise le chemin des deux frères qui l’aident à s’en sortir vivante. Abby les guide alors vers son abri pour y passer la nuit pour mieux esquiver la horde. Malheureusement pour Joël et son frère, Abby et son groupe étaient à sa recherche pour d’obscures raisons. Sans dévoiler ce qu’il s’y passe, Ellie arrive peu de temps après et assiste à une scène choquante. Cet élément déclencheur pousse alors Ellie à voyager jusqu’à Seattle...

Fini le road-trip à travers les États-Unis comme dans le premier volet, ici le jeu se découpe en 2 parties, chacune en miroir de l’autre. On commence avec Ellie dans sa quête pour retrouver Abby et assouvir sa vengeance, le tout entrecoupé de flashback dévoilant quelques pans de scénario fort bien agréable et plein de révélations. Une fois arrivé au milieu du jeu, un retournement de situation nous amène...

Des sensations familières

Outre l’amélioration graphique clairement visible grâce au gain de puissance de la PS4, qu’en est-il du gameplay ? Et bien pour tous ceux ayant déjà posé la main sur le premier volet, la différence n'est pas flagrante. Les mêmes mécaniques de gameplay, peaufinés, corrigés et très légèrement améliorés sont présentes. On se retrouve donc à crafter des équipements, des améliorations d’armes et des compétences par le biais respectif de composants et de médicaments. La majeure partie du gameplay consiste donc à fouiller chaque bureau, chaque meuble afin de dénicher de quoi améliorer son personnage. Les branches de compétences seront disponibles après avoir trouvés des magasines spécifiques durant l’aventure afin de crafter sont équipement. Tout ceci n’a rien de nouveau en comparaison avec le premier volet. De plus, la gestion via le pavé tactile et la croix directionnelle sont les mêmes.

On peut cependant noter l’apparition de quelques nouveautés plutôt rafraichissantes comme des énigmes à base de cordes et câble électriques ou de se retirer une flèche plantée dans l’épaule pour éviter un saignement constant. On apprécie aussi la zone plutôt ouverte en début de jeu afin de favoriser l’exploration. Malgré que le gameplay reste assez lourd et répétitif sur la durée, tout ceci a le mérite de lui rajouter un peu de fraicheur. Cela est d'autant plus dommage que tous ces petits ajouts auraient pu éviter le sentiment de répétition, notamment avec la zone semi-ouverte du début de partie, malheureusement le jeu nous remettra très vite sur des rails jusqu’à la fin. Pour info, comptez environ 25 h pour arriver au générique de fin.

Concernant la difficulté du jeu, elle est plutôt bien équilibrée, ni trop simple, ni trop frustrante. Si le premier volet nous faisait affronter beaucoup plus d’infectés que d’humains, ici c’est l’inverse. La discrétion et la brutalité sont dans les deux cas récompensées, même si c’est beaucoup plus simple d’être discret que bourrin. Les soldats étant généralement accompagnés de chiens, ces derniers tentent de vous mettre à terre afin de vous retenir jusqu'à l'arrivée de leurs maitres. Malheureusement il arrive parfois que l’IA soit aux fraises ou complètement omniscientes. Il m’est arrivé plusieurs fois de passer sous le nez d’un ennemi sans me faire remarquer, et dans d’autres situations de laisser passer mon pied derrière un abri et de me faire détecter par un garde à 50 mètres. Du côté des infectés, l’IA est relativement la même que dans le premier épisode, les ennemis réagissant principalement aux sons.

Une histoire saisissante ?

Évidemment, on ne joue pas à The Last of Us pour son gameplay, mais pour son univers, son histoire et ses personnages. Autant dire que pour le coup, on est servi avec une histoire s’étalant sur presque 25-30h. L’histoire prend un tournant surprenant au bout de 2 h de jeu pour justifier la traque qu’Ellie engagera contre Abby. Des thèmes plus profonds et des évolutions de personnages plus marquées sont la marque de fabrique de ce second volet. On assiste donc aux transformations d’Ellie et d' Abby aux premières loges. Le fait de jouer une bonne moitié du jeu du point de vue de l’ennemie est plutôt osé et certains n’aimeront surement pas le gameplay proposé, volontairement plus bourrin que celui d’Ellie. On pourrait même pousser le vice jusqu'à ceux qui  n’apprécieront tout simplement pas le rapport avec le personnage. Mais pour l’histoire, ce revirement de situation est appréciable car on en apprend plus sur l’organisation établie à Seattle ainsi que sur les Séraphites, un groupe dirigé par un gourou, ennemi d’Abby et de ses compagnons.

Tout ceci est porté à l’écran par plusieurs choses. Tout d’abord les dialogues, écrits par Neil Druckman et Halley Gross. Le tout est bluffant de réalisme, à aucun moment on n’a l’impression de suivre un jeu ayant ses lignes de dialogues pré-enregistré. Les personnages discutent de manière naturelle et spontanée, les ennemis conversent entre eux et arrivent à s’organiser de manière convaincante quand il s’agit de nous traquer. On le voit notamment avec ceux qui indiquent aux autres les directives pour foncer sur vous. Les dialogues ne seraient rien sans le talent des acteurs pour les personnages. Ashley Johnson et Troy Baker reprennent du service pour interpréter Ellie et Joel. Ils sont rejoints par Laura Bailey (Abby) et Shannon Woodward (Dina) et s’investissant à fond dans leur personnage. Les émotions retranscrites sur les visages sont beaucoup plus précises que dans le premier volet et on ressent bien plus d’émotions que dans d’autres jeux. Le résultat final est tout simplement magnifique.

Violent sous tous rapports

L’autre point important qui est énormément représenté dans The Last of Us : Part 2, est la violence d’un monde laissé à l’abandon. On s’en doute, un jeu post-apo n’est généralement pas de tout repos, mais Naughty Dog a poussé le vice plus loin en proposant un jeu violent jusque dans ses propos et dans son approche. Si certains thèmes abordés ne sont pas faciles (deuil, torture, chasse à l’homme...), la représentation visuelle de tout cela n’aide en rien. Le monde de The Last of Us 2 est violent et comme pour les personnages, le jeu ne prend aucune pincettes avec vous. S’il se passe quelque chose, vous le verrez forcément. On le voyait déjà dans le premier volet lors des morts de Joël par les ennemis avec le petit son strident et la coupure nette sur fond noir. Ici cette feature est de retour, mais les développeurs ont été plus loin...

Dans cette suite, on passe au niveau supérieur avec des démembrements, des crémations à coup de cocktail Molotov, de surin planté dans la gorge avec un réalisme des scènes convaincant et perturbant. Si vous voulez stopper un ennemi dans sa course en lui tirant dans la jambe, il risque de perdre sa jambe, arrachée en deux à coups de fusil à pompe, en hurlant de douleur, en rampant avant de s’effondrer sous le choc. Pareil, si vous mettez le dernier ennemi d’un groupe à terre sans l’achever, il vous suppliera de l’épargner ou alors vous regardera dans les yeux en vous disant de mettre fin à sa vie. Tous ces petits détails rendent le jeu beaucoup plus vivant et percutant dans notre façon de gérer ce type d’action.

Pour finir sur une note un peu plus joyeuse, parlons de la musique et l’ambiance sonore. Encore une fois dirigée en majeure partie par Gustavo Santaolalla, la musique se veut moins marquante que dans le premier volet. Cependant, elle accompagne toujours l’aventure de manière juste, convaincante tout en sachant se faire discrète quand c’est nécessaire. Le son est d’ailleurs un élément important du jeu, cela vous permet d’avoir des informations importantes sur les éléments qui vous entourent quand vous êtes en infiltration. Le sound design de l’univers rends, encore une fois, le tout crédible et réaliste.

Le Verdict

8 / 10

Que retenir de The Last of Us part 2 ? Tout d’abord que c’est un bon jeu, quoi qu’on en dise. La direction artistique, bien que classique pour un monde post-apo, est criante de réalisme et offre à la PS4 un ultime baroud d’honneur dans sa dernière année de vie. Un peu trop long pour ce qu’il raconte, il aurait pu être facilement réduit de 5-10 heures de jeu afin de garder un rythme plus soutenu. Là on se retrouve avec une histoire intéressante, mais en dent de scie qui tire en longueur. Légèrement peaufiné, le gameplay est somme toute similaire au premier. Il est cependant un peu dommage qu'il n'y est pas plus de grandes zones libres afin d'équilibrer une progression dirigiste maquillée avec des couloirs faussement ouverts. The Last of Us part 2 est un très bon jeu dans son ensemble qui mérite largement l'investissement, mais qui n’arrive malheureusement pas au niveau du premier.

Les tops
  • La direction artistique
  • Le level-design général
  • Les dialogues
  • La modélisation des visages
  • On ressent un peu moins l’effet couloir-monstres-cinématique du premier
  • Pas de gentil contre méchant, tout le monde est un salopard
Les flops
  • Trop long
  • Une IA tantôt correcte, tantôt aux fraises
  • Des musiques moins percutantes que dans le premier
  • Quelques retournements de situations trop prévisibles

Les screenshots

Par Quentin ELUAU

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