INTERVIEW : Par Accident : Rencontre avec la réalisatrice Camille Fontaine !


Rencontre avec la réalisatrice Camille Fontaine !

Pour la sortie le 14 octobre en salles du long-métrage, Par Accident, Retro-HD a eu l'opportunité de s'entretenir avec sa réalisatrice, Camille Fontaine, dont c'est le premier film.

 

Vous avez écrit plusieurs scénarios, comment est ce que l'on passe derrière la caméra ? Qu'est-ce qui vous en a donné l'envie ? 

C'est difficile de clarifier la chose, car ce n'était pas un désir conscient. J'étais très heureuse dans ma vie de scénariste, c'était dingue de faire ce métier-là, écrire des histoires et d'en vivre, j'étais très heureuse. En plus, c'est un métier où on est quand même assez tranquille donc on peut vivre dans une grotte et personne va venir vous déranger. Je pense que pleins de choses ont jouées. Je  voulais réaliser depuis longtemps, mais je ne me l'affirmais pas. Déjà concernant le cinéma, je viens d'une famille où cela a été un petit peu compliqué. Mais pour le scénario, cela a été très naturel. C'était probablement à un moment donner où j'avais envie de me confronter à quelque chose. J'ai eu 2 semaines de libres, ce qui n'arrive jamais, et en écrivant j'ai eu le sentiment que c'était le moment. Et à partir du moment où je me suis dit « tiens pourquoi tu ne le fais pas toi », cela a été une évidence.

 

Comment est-ce que vous décririez Par accident ? Comme un drame ou plutôt un thriller ? 

Je dirais plus que c'est un thriller, car c'est l'idée de départ. C'était cela que j'ai voulu décrire et même si je mélange les genres, c'est vraiment plus un thriller, tragique comme beaucoup de thrillers (rires)

 

Et justement l'idée de cette histoire vous est venue comment ? 

Je me baladais dans mon quartier à Montreuil et il y avait un petit papier placardé qui demander un appel à témoin. Et le premier truc qui m'a frappé c'est que cela n'avait rien de formel. C'est-à-dire que moi j'aurai pu faire un canular et le placarder dans la rue, c'était la même chose. Donc cela m'a interloqué et je regardais le papier puis j'ai commencé à me balader et en me baladant je me suis dit "qu'est-ce qui se passerait si quelqu'un venait témoigner sans avoir vu l'accident." Et je me suis dis que cela ferait une bonne idée de thriller, donc je l'ai noté dans un cahier et je l'ai mis dans un coin. Mais cette idée est restée dans ma tête. Dix ans après, j'ai eu deux semaines de temps libre et j'ai repensé à cette idée. C'était juste après Coco avant Chanel, on ne me proposait quasiment que des films de filles en costumes et j'avais envie d'écrire des polars, des thrillers. Alors j'ai fait ça pour écrire des choses qui m’intéresser d'écrire.

 

Pour un premier film, vous avez eu l'opportunité de travailler avec des comédiennes de prestiges (Hafsia Herzi et Emilie Dequenne), est-ce que vous pourriez nous raconter de quelle manière ces alliances sont nées ? 

Hafsia ça c'est passé très facilement, elle a lu le scénario et m'a dit oui rapidement. Elle adore faire les premiers films, elle fait des expériences et cela l'intéresse. Et concernant Émilie aussi cela a été facile aussi, elle a lu le scénario et a répondu rapidement également. En tant que scénariste, ce qui m'intéresse avant tout c'est les personnages, avant l'histoire. Ils sont vraiment le fil conducteur.

 

Comment s'est déroulé le tournage ? L'ensemble a été plutôt fluide ? 

Il y a toujours plein d'aventure dans les tournages, des décors qui sautent au dernier moment, le temps aussi. Quand il fallait qu'il fasse beau, il pleuvait, on finissait par en rigoler. Après moi, j'ai toujours eu en tête et j'y crois vachement quelque chose que Jean Renoir disait : « Il faut toujours laisser la porte ouverte sur un tournage ». C'est vrai que si on reste obsédé sur ce qu'on avait décidé en amont sur ce découpage-là ou une intervention avec ce comédien-là, le tournage risque d'être un long drame. Je me souviens d'une interview de James Gray à propos de son premier film, Little Odessa, où il y a une scène sous la neige à la fin complètement dingue. Et pour lui c'était un drame, car il ne devait pas neiger et finalement c'est un grand plus dans son film. Alors oui il y a eu plein d'imprévu et des moments difficiles, mais c'est la vie en quelque sorte qui rentre dans le film.

 

Désormais vous avez d'autres projets concernant la réalisation ? Ou alors vous préférez retourner à votre premier amour : le scénario ? 

Je suis déjà en train de penser à mon prochain film, mais je vais bien sûr continuer à travailler en tant que scénariste.

Par Adélaïde Beau