INTERVIEW Enragés: Rencontre avec Franck Gastambide.

Enragés: Rencontre avec Franck Gastambide.

Retro-HD, pour la sortie du film Enragés le 30 septembre en salles, a eu le plaisir de rencontrer Franck Gastambide qui interprète Manu, un braqueur aux émotions submergeantes le faisant dérivé vers une violence non contrôlée. Un entretien détendu sur les premiers pas d’un jeune acteur dans le cinéma de genre français.

En tant que cinéphile, tu aimes le genre au cinéma ?

Je suis plus attiré par les comédies d’où tout l’intérêt pour moi d’intégrer Enragés. Ma casquette d’acteur me permet de me confronter à des rôles comme celui de Manu, contrairement à ma casquette de réalisateur où je suis incapable de faire ce genre de long-métrage. Je suis beaucoup plus intéressé par ce que j’ai à apprendre en tant que metteur en scène sur ce type de film.

Tu es un réalisateur et un acteur dont l’image renvoie de suite vers la comédie. C’est une première dans le polar/thriller pour toi avec Enragés ?

Oui, d’où cette peur d’être crédible. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai fait que des comédies. Je n’ai pas la notoriété d’un Kad Merad, le doute était permis de savoir si le public allait oublier la « Kaïra » parlant la bouche en biais, pour juste voir l’acteur en tant que braqueur. Il y a avait cette inquiétude de ne pas faire sortir le spectateur du film par ma simple présence. Mais je pense très honnêtement être lucide sur l’installation de mon image actuellement. Je ne suis pas encore assez reconnu pour créer le doute.

Mais vous serez peut-être l’atout amenant les jeunes élevés aux « Kaïras » vers Enragés, vers une cinéphilie autre que la comédie ?

Ce serait super. Je n’ai pas beaucoup de recul face à mon attractivité propre à vendre des places de cinéma. En tout cas, je suis convaincu de pouvoir rapprocher certains réseaux. Je suis actif sur les réseaux sociaux, les comiques du moment me suivent et relaient mon actualité, donc forcément ça va accrocher certains spectateurs. Et tant mieux si cela les amène vers Enragés. À ma petite échelle, je vais concerner certains spectateurs. Maintenant, il ne suffit pas de mettre un acteur comique dans un film sombre et dramatique pour intéresser les gens vers un autre genre. Ce serait trop facile et puis on connait des milliers d’exemples contraires. Un film est une proposition, peu importe qui ont met à l’affiche, le spectateur va voir un film et non un casting. Il est fini le temps où l’on mettait une star, en dépit de la qualité du film, et les gens se déplaçaient pour un succès au box-office. Je ne pense donc pas que Eric Hannezo et les producteurs du film se soient dit « On va prendre Franck Gastambide pour rameuter les fans de comédie  ». Je vais même t’avouer que cela s’est fait à l’envers. Marc Dujardin (producteur du film et frère de...) m’avait vu joué dans Les Gazelles. J’y interprète un rôle à contre-emploi, affaibli et avec une perruque d’un mec qui perd ses cheveux, venant de se faire larguer par sa nana. Et c’est grâce à ce film où il a décelé un truc qu’il en a parlé au réalisateur Eric Hannezo. Ma sensibilité à apporter au personnage de Manu leur a plu.

Comment s’est déroulé votre travail avec Eric Hannezo ? Comment vous a-t-il amené le personnage  ?

Pour le personnage de Manu, il s’est inspiré d’une personne proche de lui qui a traversé une période compliquée l’amenant à faire un go-fast. Cela s’est mal terminé. Donc il m’a beaucoup parlé de cette personne. Mais Manu ressemble à tout le monde où le moindre échec va provoquer une chute. C’est une dérive que le metteur en scène a vécue avec son ami.

Cette dérive va l’emmener très loin, notamment lors de la fête de l’Ours ?

Manu est le plus fragile de la bande, c’est celui qui s’implique le plus dans ses actes. Il perd pied, c’est celui qui tue le plus. Il ne contrôle rien, il est régi par une peur constante. C’est le plus gentil qui devient le plus méchant.

Votre personnage a des visions cauchemardesques. Que suggèrent-ils selon vous ?

Ça a fait grand débat avec le réalisateur. Je ne savais pas toujours où il voulait en venir avec ces visions. C’est juste des flashbacks essayant d’éclaircir le passé, le vécu des personnages. Mais pour le coup, c’est la vision du réalisateur.

Connaissiez-vous le film original ? Le travail de Mario Bava en lui-même ?

Non, mais évidemment tu t’y intéresses de suite. Rabid Dogs est un vieux film, et tu te dis qu’il va falloir moderniser tout ça. Un pari risqué, vraiment très osé. Un moment, je pars sur le film, car Éric me convainc de sa passion. Il rumine le film depuis tellement d’années, et donc tu te dis qu’il a trop réfléchi le film pour le rater. Donc tu es à fond avec lui.

 

Remerciements pour cette rencontre à Paola et Camille (Guerrar & Co).

Mathieu Le Berre

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