INTERVIEW : Revenir : rencontre avec l'acteur Niels Schneider


Revenir : rencontre avec l'acteur Niels Schneider

Premier long-métrage de la réalisatrice française Jessica Palud, Revenir fait du silence le témoin de drames intimes. L'actrice Adèle Exarchopoulos partage l'affiche avec le comédien franco-canadien Niels Schneider dans ce drame rural, beau et puissant. Nous avons eu le plaisir de rencontrer l'acteur afin d'échanger sur Revenir et sa thématique phare : les non-dits.

Revenir est inspiré d'un roman de Serge Joncour, L'amour sans le faire, vous avez eu l'occasion de le lire ?

Jessica Palud ne tenait pas à ce que je le lise parce qu'elle avait pris des libertés par rapport au roman. J'ai voulu malgré tout le lire et je trouve l'adaptation vraiment formidable. Elle n'a pas tenue à être fidèle à tout prix, souvent dans les adaptations on cherche à copier / coller des passages. On n'a pas le temps de la littérature avec un film, on cherche par des dialogues explicatifs à boucher les trous. Avec Revenir, elle a fait le contraire, elle a épuré le récit, c'est un peu comme un poème japonais. L'important ce n'est pas ce qui est dit, c'est ce qui est sous-entendu, ce qui habite les silences. Aujourd'hui le scénario est quelque part roi, ici pourtant tout s'est passé lors du tournage, par la manière de filmer, par l'incarnation des personnages.

Le récit est porté par des non-dits et une véritable difficulté dans l'expression des sentiments.

Les personnages s'expriment par le corps. Thomas par exemple parle assez peu et observe le monde qui l'entoure. Ce n'est pas parce qu'il y a peu de dialogues que l'on tourne à vide. C'est l'amour qu'il recherche dans le regard de son père et qu'il n'obtiendra jamais, c'est la douceur de sa mère, c'est sa façon de regarder Mona et de faire exister son frère à travers elle, la manière de donner au petit l'attention qu'il n'a pas eue. Il y a des enjeux, et ça permet de faire exister en tant qu'acteur les personnages.

Ce sont des personnages taiseux, et c'est justement ces silences qui les font vivre intensément.

Le silence est une manière formidable de faire de la fiction. Quand quelque chose est verbalisé, cela permet de cerner les choses. C'est pour ça que le silence peut rendre fou, il y a une forme de mystère, ça stimule l'imaginaire et pas uniquement celui du spectateur, mais aussi celui du personnage. Thomas aimerait entendre des paroles de son père. Au final le silence n'existe pas, on le remplit forcément d'un tas d'idées.

Le petit Roman Coustère Hachez incarne le personnage d'Alex, c'est la première fois que vous partagez l'image avec un enfant ?

C'était la première fois, ça me faisait peur. J'ai peu d'enfants autour de moi, il y a des gens à l'aise tout de suite avec eux, moi ce n'est pas quelque chose d'évident. Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre, j'avais donc peur justement qu'aucun lien ne se fasse, mais l'intuition de Jessica a été bonne. Je n'ai pas fait d'essai avec Roman, on s'est rencontré directement lors du tournage. Roman j'ai une tendresse infinie pour lui, je l'ai vraiment adoré, c'était même dur de partir après le tournage car un lien s'était créé. C'était un tournage de vingt jours, court mais intense.

[Entretien réalisé à Les Arcs Film Festival en décembre 2019]

Par Pierre LARVOL

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