INTERVIEW : Les Arcs Film Festival 2019 : rencontre avec Guillaume Nicloux, président du jury


Les Arcs Film Festival 2019 : rencontre avec Guillaume Nicloux, président du jury

C'est en Savoie à près de 2000 mètres d'altitude que nous avons pu échanger avec le cinéaste Guillaume Nicloux (Thalasso, Les Confins du monde, Valley of Love), président du jury long-métrage de la onzième édition de Les Arcs Film Festival. Une occasion d'évoquer son rôle de président, mais aussi de revenir sur le rapport que le réalisateur entretient avec ses œuvres.

Comment se passe cette première rencontre avec Les Arcs Film Festival ?

Très bien, je suis dans un état de disponibilité totale où je profite au maximum. Je suis totalement déconnecté de mes occupations habituelles pour me plonger dans la découverte de films et je dois bien dire que je suis assez gâté. Ça faisait longtemps que je n'avait pas vu autant de bons films en si peu de temps.

Vous êtes président du jury long-métrage de cette onzième édition du Festival, c'est une première pour vous.

Je n'ai jamais pu répondre à ce type de proposition parce que j'étais à chaque fois pris dans mes tournages ou mes montages. Là il se trouvait que j'avais souhaité depuis peu mettre quelques mois d'arrêt entre mes écritures et la reprise des activités. C'est tombé à un moment vraiment idéal.

Vous avez participé à la sélection du jury ?

Non, pas du tout. Le Festival a opéré la sélection. Je connaissais la plupart d'entre eux, mais pas personnellement. J'étais donc heureux de les rencontrer, je n'ai pas souvent l'occasion de participer à des manifestations où je croise d'autres confrères. J'appartient pas vraiment à une famille de cinéma en particulier, je suis assez solitaire.

Comment se passe les débats autour des films de la compétition ?

On fait quelques commentaires, mais on n'est pas acharné à livrer tout de suite des analyses ou entrer dans la polémique.

Dans quelle position vous vous situez vis-à-vis des films rencontrés : critique ou spectateur ?

Je suis totalement, intégralement spectateur. Et je me considère comme très bon public parce que je peux voir tous genres confondus, je n'ai pas de prédilection. Je suis aware. La sanction la plus terrible c'est l'ennui, même si parfois il est récompensé. C'est ce qui pénalise le plus mon plaisir de spectateur. J'essaie de ne pas avoir un regard de cinéaste.

Vous avez fait, en plus du cinéma en salles, du e-cinéma, des séries pour la télévision, vous considérez que le support a un impact sur vos choix ?

Il n'y a aucune différence.

C'est un sujet qui a fait polémique autour des commentaires de Scorsese sur la façon de regarder son film The Irishman. Vous avez pu le voir ?

J'ai commencé puis je me suis ennuyé, alors j'ai arrêté.

En tant que réalisateur, quel regard portez vous sur le cinéma européen ?

Je ne fais pas de catégorie, européen, mondial, français, je m'en fous, je n'ai pas cet œil. Je ne suis pas capable de dire ça c'est du cinéma européen, américain, je vois uniquement du cinéma. Il y a peut-être des différences, mais ça ne m'intéresse pas de catégoriser. Je sais ce que je vais voir en général, ici ce qui est intéressant c'est que je ne sais pas. Je n'ai pas regardé le programme volontairement pour me laisser totalement surprendre.

Est-ce qu'il vous arrive de revoir vos films ?

Jamais. J'ai une vision trouble de mes films. Plus ils sont anciens moins ils existent d'une certaine façon donc ils sont parfois totalement fantasmé. Il me reste des choses, mais je ne sais plus comment ils commencent ou terminent pour certain. C'est assez agréable d'avoir quelque chose de diffus, qui voyage d'un film à l'autre, où je peux les imbriquer. Je n'ai pas de vision passéiste du tout et je n'ai pas de sanctuaire cinéphile de mes films. Il y a des choses qui restent imprimé dans la rétine, dans l'inconscient. J'ai accepté, cédé sur une très courte rétrospective. On m'avait déjà proposé à plusieurs reprises des rétrospectives globales et j'ai refusé, ça ne m'intéresse pas. Ca viendra peut-être.

Cette décennie prend bientôt fin, on est plus ou moins à l'heure des bilans : des films vous ont marqués ces dernières années ?

Je ne fais pas de bilan, surtout pas. Les derniers films que j'ai vu ce sont des épisodes de séries, c'est surtout ce qui me vient maintenant à l'esprit. J'ai terminé la série Night Of que j'ai beaucoup aimé.

Vous avez des projets pour l'année prochaine ?

Oui, il y en a un qui se termine actuellement, mais dont je ne suis pas l'auteur, je participe uniquement. L'auteur c'est Nathalie Leuthreau qui avait co-écrit la série pour Arte "Il était une seconde fois", c'est l'adaptation de Soumission de Michel Houellebecq. En parallèle j'ai un film que j'ai écrit, produit par Sylvie Pialat et les studios Canal Plus, qui se tournera hors de France.

[Entretien réalisé à Les Arcs Film Festival en décembre 2019]

Par Pierre LARVOL

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