INTERVIEW : Moi, Maman, ma mère et moi : notre interview du réalisateur Christophe Le Masne


Moi, Maman, ma mère et moi : notre interview du réalisateur Christophe Le Masne

Dans les salles depuis le 13 février dernier, Moi, Maman, Ma Mère et moi (notre critique) signe pour le réalisateur Christophe Le Masne un changement de format : il passe en effet pour la première fois du court au long métrage. Nous avons pu, à l'occasion du Festival des Arcs, le rencontrer pour discuter du film et de cette expérience.

Moi, Maman, Ma Mère et moi est une histoire originale que vous avez écrite, quand avez-vous commencez ce travail d'écriture ?

Comme toujours un scénario ça vient de loin, j’ai commencé à écrire il y a quatre, cinq ans en Espagne. Cela s’est fait au fur et à mesure, j’y revenais de temps en temps. On écrit jamais réellement que le scénario, on pense à autre chose puis on y revient.

Il s’agit de votre premier long métrage après plusieurs courts, comment avez-vous vécu cette expérience ?

J’ai vécu ça pareil… mais pas tout à fait pareil. Il y a des pressions, il y a plus d’enjeux, c’est différent, mais j’ai retrouvé la même relation sur la plateau que lors de mes précédents tournages. J’ai tourné de la même façon, je me suis rendu compte ensuite qu’il y avait quand même des variations. C’est surtout la partie écriture qui m’a marqué, c’est la façon dont on raconte l’histoire. Il y a une nécessité d’avoir une structure plus sophistiquée. Un court métrage, c’est plus un geste, il faut beaucoup plus nourrir un long métrage. Il faut chercher ailleurs que dans l’idée. J’ai rencontré des soucis inédits, surtout lors du montage.

Les souvenirs, le deuil, mais surtout les secrets : le film aborde différents thèmes en l’orientant autour d’une fratrie réunie pour décider le sort de la maison familiale, qu’est qui vous a poussé à aborder ces thèmes dans votre premier film ?

On est six dans ma famille, donc je sais ce que c’est une fratrie. J’étais plutôt à l’aise avec ce sujet. Le point de départ pour moi, c’était surtout la relation avec la mère. J’étais sur un tournage lors des obsèques de ma mère, je n’ai pas pu y assister, cela m’a fait prendre conscience que j’ai pu rater des moments importants. On ne s’est pas tout dit, le film permet justement au personnage de continuer une conversation avec sa mère après son décès. Cela a donné des scènes surréalistes, un peu sans fond. Il a fallu écrire une histoire, créer le secret pour donner de la chair à cette rencontre.

Concernant la partie esthétique, le film est très bucolique avec ses espaces verts, ses forêts et ses ruisseaux : j’ai pensé au film Comme un avion de Bruno Podalydès ou encore Les Petits Ruisseaux de Pascal Rabaté en le regardant. Le cadre est important pour vous ?

J’avais un souvenir, celui d’une maison d’enfance. Ce qui me plaît beaucoup, c’est de centrer l’univers sur les personnages. C’est inconscient, on m’a fait la remarque lors d’un tournage. Il y a un contexte naturel, mais pas citadin, social, les personnages sont au cœur du film, ils deviennent des emblèmes. J’aime sortir d’un certain réalisme, je me vois pas tourner dans scènes dans les rues de Paris par exemple.

La très belle musique de Victor le Masne accompagne votre film, elle me rappelle notamment celle de Je suis un no man’s land de Thierry Jousse.

Victor est mon neveu, il est membre du groupe de musique Housse de Racket. Pour le moment c’est un peu de côté, il bosse beaucoup en parallèle : il fait des arrangements pour des groupes, il compose de l’électro. Je savais en prenant Victor le type de sonorité qu’il pouvait me donner. Il m’a fait des propositions, on avançait en discutant, il y avait une grande complicité. C’est une personne très pragmatique, si ça n’allait pas, il revenait plus tard avec une autre musique. J’ai déjà envie de recommencer à travailler avec lui !

Merci.

Propos recueillis à Les Arcs Film Festival (notre dossier) en décembre 2018.

Par Pierre LARVOL

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