INTERVIEW : L'Illusion verte : rencontre avec Manu Payet


L'Illusion verte : rencontre avec Manu Payet

A l'occasion de la sortie dans les salles le 13 février prochain du documentaire L'Illusion verte du réalisateur Werner Boote, nous avons pu rencontrer Manu Payet, le narrateur du film, en compagnie de Hugues Peysson, président de l'Atelier d'Images, distributeur du film. Une véritable plongée au cœur d'une pratique répandue, mais peu connue : celle du greenwashing (ou écoblanchiment). Notre critique est à retrouver ici.

Vous doublez dans L'Illusion verte la voix de Werner Boote, le narrateur et réalisateur du documentaire : vous connaissiez déjà son travail ?

Non pas du tout ! Je l'ai découvert avec ce documentaire.

On connaît votre voix pour le doublage de films d'animations comme Kung Fu Panda, moins pour celui de documentaires engagé : qu'est qui vous a poussé à participer à ce film ?

Quand je fais un geste qui œuvre dans le sens de la planète, je me demande souvent si ça vaut bien la peine, si ce n'est pas futile. Est-ce que je me suis pas souvent facilité la tâche en regardant seulement les logos sur les produits ? Je rentre chez moi et je reste dans mon confort, tout en ayant l'idée d'avoir agit pour la planète parce qu'il y a ces fameux logos sur ce que j'ai pu acheter. J'ai découvert le terme et la pratique du greenwashing avec ce documentaire, j'avais besoin de savoir tout ça. J'ai aimé l'échange entre une personne que l'on peut considérer comme plus ou moins radicale et une autre, plutôt naïve, qui me ressemblait plus. Il y a une réelle liberté dans la réception du message du film.

Quel impact a eu le documentaire dans votre quotidien ?

Ma façon de consommer est aujourd'hui différente. Il est pas question de tout changer du jour au lendemain, je ne pense pas qu'il faut recevoir le film comme ça. Le changement se fait dans le temps, au fur et à mesure. Avant c'était "moins" et aujourd'hui ce n'est "plus"... en tout cas pour la pâte à tartiner. Cette pratique du greenwashing m'a fait dire qu'agir de manière citoyenne peut être autant conscient qu'inconscient, par la pratique. Il faut une prise de conscience commune afin que l'on avance dans le même sens.

Hugues Peysson : Le ton du documentaire n'est pas moralisateur, on ne devient pas un expert dans les domaines qu'il aborde après son visionnage. Il n'y a pas de solutions miracle, mais une éventuelle prise de conscience et une invitation à agir. Il y a un mot qui revient, on devient "consom'acteur". La problématique c'est de faire comprendre que si on ne réfléchit pas en consommant, on est comme guidé par un GPS dans les rayons en prenant pour acquis les logos que l'on retrouve sur les produits. Il est important de renseigner car on ne peut pas être expert de tout. Les industriels n'ont pas un agenda caché pour faire de mauvais produits, si on ne consomme plus ces derniers, ils agiront en conséquence.

Manu Payet : C'est là que l'on peut changer les choses, c'est à nous d'être malin… et je l'ai découvert il y a pas longtemps que je devais l'être, j'essaye maintenant de me donner le temps d'agir.

Vous avez animez en tant que maître de cérémonie la soirée de clôture du Montreux Comedy Festival 2018, le thème était l'écologie : vous considérez avoir une carte à jouer dans la sensibilisation autour de cette question ?

On m'a proposé d'animer le gala de clôture, il fallait un thème : je suis allé à ce qui me touchait le plus à ce moment là et c'était l'écologie. On a essayé de rendre la chose ludique, l'objectif était de faire exister ce sujet. Lorsque j'ai un micro devant moi, j'essaye comme je peux de contribuer à des causes, dont celle-ci qui me tient à cœur.

Merci.

Propos recueillis lors d'une table ronde en janvier 2019. Crédit photo : Pierre LARVOL.

Par Pierre LARVOL

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