INTERVIEW : Les Arcs Film Festival 2018 : rencontre avec Jean-Benoît Dunckel, membre du jury


Les Arcs Film Festival 2018 : rencontre avec Jean-Benoît Dunckel, membre du jury

Musicien et membre du duo Air, Jean-Benoît Dunckel est membre du jury long métrage de la dixième édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs. Retro-HD a pu le rencontrer afin de revenir le temps d'un échange sur sa place au sein du jury, sur son regard vis à vis du cinéma européen, mais également le rapport si particulier qu'il existe entre la musique et le cinéma. Nous le remercions évidemment d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Vous étiez déjà venu auparavant au Festival des Arcs ?

J'ai fait un DJ set il y a trois ans à la soirée de clôture du Festival, j'étais venu uniquement sur une journée. Je ne connaissais pas ce Festival, mais il m'a été utile car grâce à lui j'ai pu rencontrer un réalisateur, Alanté Kavaïté, et son producteur. Cela m'a permis de faire la musique du film Summer (2015).

Le cinéma européen, c'est quelque chose qui vous parle particulièrement ?

Oui, par opposition au cinéma américain notamment. C'est un cinéma assez créatif, d'auteur. Les réalisateurs ont une plus grande liberté vis à vis de leur œuvre, c'est en tout cas comme ça que je le ressens.

Comment abordez-vous votre rôle de membre du jury de cette dixième édition ?

J'ai beaucoup hésité, mais au final c'est une excellente expérience. J'apprend des choses sur le fonctionnement du cinéma et les œuvres de chacun. Je découvre les films de nombreux réalisateurs, ça ouvre énormément les horizons.

Vous connaissiez un peu Ruben Ostlund avant le Festival ? Quel type de président est-il ?

Je ne le connais que par le biais du film The Square que j'avais eu l'occasion de voir. C'est un président décontracté, très respectueux des avis de chacun. Il est réellement méthodique, il y a un protocole, c'est un rôle important qu'il prend à cœur.

Quels sont vos critères pour juger les films présents dans cette compétition ?

Je pense que le plus important c'est le cœur, André Malraux a dit "juger n'est pas comprendre" et je suis assez d'accord avec ça. Ce qui compte c'est le ressenti, même si il reste important de prendre en considération d'autres facteurs comme le contexte, l'âge du réalisateur, etc. On peut ainsi voir si le réalisateur a de l'audace ou non, le Festival peut comme ça par exemple stimuler ou aider la création. L'objectif reste de déterminer quel est le meilleur film de la sélection.

Changeons de sujet pour nous attarder à votre rapport, en tant que musicien, au cinéma. Pouvez-vous nous dire ce qui caractérise la musique d'un film par rapport à celle d'un album ?

C'est assez radicalement différent : l'album s'écoute tout seul alors que le musique d'un film pas forcément. Pour moi c'est une musique moins dense, elle contient moins d'informations et s'associe à l'image. Il faut que cela forme un tout, que cela se complète. Elle appartient un peu au domaine du rêve, les textures de sons rappellent des choses, font des références. J'ai fait pleins de musiques où j'avais les mêmes réflexes qu'en créant un album et ça ne marchait pas, c'était hors sujet.

Vous avez, avec Nicolas Godin (Air), composé la bande originale du film Le Voyage dans la lune de Georges Méliès, si vous deviez renouveler cette expérience, quel film vous choisiriez ?

C'était un exercice particulier, c'est une sorte de long clip réalisé au début du siècle, le film étant totalement muet. Il y a un film en particulier réalisé avant le tremblement de terre de San Francisco où on découvre, depuis un tramway, la ville telle qu'elle existait auparavant cet événement.

Merci.

 

 

Par Pierre LARVOL

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