INTERVIEW : Powerhouse Films/Indicator : entretien avec l'éditeur


Powerhouse Films/Indicator : entretien avec l'éditeur

Alors que l'Angleterre est un marché vidéo ultra-compétitif au niveau des éditeurs indépendants, avec des poids lourds comme le BFI, Arrow Video, Eureka, Artificial Eye et même maintenant Criterion, un petit nouveau a débarqué en octobre 2016 : Indicator.

Fondé par Powerhouse Films, l'éditeur se veut notamment un grand fournisseur de titres du catalogue Sony, un catalogue totalement verrouillé au sous-contrat en Angleterre jusqu'il y a quelques mois seulement.

Après 7 mois d'activité, nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions à John Morrissey, vétéran de l'industrie vidéo, ancien directeur des ventes chez Sony Pictures (et même ancien directeur des ventes de Vestron Video !), aujourd'hui fondateur de Powerhouse Films.

 

Lancement et projets

  • Vous êtes très jeunes sur le marché britannique, et vous n’arrivez clairement pas à un moment où le marché est florissant. Quels éléments du marché vous ont donné l’idée de démarrer ce nouveal label ?

C’était effectivement une décision assez délicate de lancer la société maintenant, compte tenu du déclin du marché du DVD ces dernières années. Cependant, Powerhouse vise tout particulièrement les collectionneurs de classiques du cinéma, dont je suis très content de pouvoir dire qu’ils ne semblent ne jamais avoir assez de ces grands films ! C’est un secteur du marché qui est encore en croissance, avec des sociétés fantastiques sortant d’excellentes éditions faites avec beaucoup d’amour.

  • Quelle est la taille d’une équipe pour une de vos éditions vidéo (par exemple pour Body Double ou The Anderson Tapes) ?

L’équipe est assez petite, mais elle possède une incroyable expérience sur ce marché. Le noyau dur de l’équipe est constitué de Nick Wrigley, qui a longtempts été la force motrice de l’exceptionnelle collection Masters of Cinema.

Chris Barwick, qui en connait plus sur le cinéma que je l’imaginerai jamais et a travaillé pendant de nombreuses années pour Second Run, gère avec efficacité notre organisation en tant que Responsable de production (Head of production).

David Mackenzie est notre gourou de l’authoring. Il est phénoménal et probablement le meilleur dans le domaine. Je n’ai rien que des compliments pour lui.

Enfin, plus récemment, je suis ravi d’annoncer que nous avons été rejoints par Michael Brooke, qui a déjà montré qu’il valait son poids en or.

  • Quelle est la durée typique d’un projet ? A combien de mois se porte votre visibilité ?

Nous travaillons généralement environ 3 à 6 mois à l’avance, et avons un calendrier en place jusque décembre 2018.

  • Quelles ont été les bonnes et mauvaises surprises jusqu’ici ?

Tout s’est plutôt bien passé pour le moment, même si cela a été difficile au départ de toujours respecter le planning prévu. Cependant, nous sommes en ligne maintenant et n’avons finalement du retarder qu’une seule sortie (et encore, uniquement d’une semaine) (c’était Hardcore, ndR).

Accès aux catalogues

  • Indicator semble se concentrer pour le moment uniquement sur le catalogue Sony. Est-ce simplement l’état actuel des choses ou est-ce un catalogue suffisamment étoffé pour vous suffire à long terme ?

Nous sommes en discussion avec plusieurs autres ayants-droits et sommes confiants de pouvoir sécuriser d’autres titres très prochainement.

  • Dans le catalogue Sony, comment priorisez-vous les titres dans votre calendrier de sorties ? Par exemple, pourquoi avoir choisi To Sir With Love plutôt que d’autres titres ?

Le choix des films est totalement dans notre camp. Nous avons été suffisamment chanceux pour obtenir l’embarras du choix, le catalogue Sony étant très intéressant. Nous avons souhaité mélanger les titres connus avec d’autres moins connus afin de proposer aux fans un mélange excitant et éclectique de films dans lesquels ils peuvent se plonger. Nous sommes tout aussi fiers d’éditer des films formidables comme Mickey One ou Castle Keep que nous le sommes pour Christine ou L’étrangleur de Rillington Place.

Quant à To Sir With Love, nous sommes de très grands fans de Sidney Poitier donc le choix s’est imposé à nous.

  • Le catalogue Sony a été impossible à licensier en Angleterre pendant des décennies, et c’est seulement depuis quelques mois que l’on voit ces films être licensiés à des labels britanniques comme Eureka / Masters of Cinema ou Criterion, et maintenant Indicator. Que s’est-il passé pour que ce catalogue se débloque soudainement ?

Sony Pictures ont été formidables et très coopératifs avec Powerhouse Films, et je suis très fier de pouvoir dire qu’ils aiment beaucoup ce que nous produisons. Pour Indicator, je pense que c’est la confiance qui a permis de déverrouiller la porte. J’ai une très longue relation avec Sony Pictures et je savais que je pouvais leur prouver que Powerhouse pouvait offrir une fantastique valeur ajoutée à des titres de leur catalogue qui n’étaient pas exploités au maximum de leur potentiel jusqu’ici.

  • Avec toute la compétition sur ce catalogue maintenant déverrouillé en Angleterre, est-ce difficile d’obtenir les titres que vous voulez et / ou des titres à fort potentiel de ventes, ou est-ce finalement assez facile à gérer ?

Clairement, il y a des tonnes de titres sur lesquels nous adorerions travailler et qui nous sont parfois, pour quelque raison que ce soit, hors d’accès. Cependant, je ne peux pas me plaindre car nous sommes très heureux des titres que nous avons pu obtenir jusqu’ici.

Identité produit et suppléments

  • Face à la fragilité actuelle du marché physique, certains éditeurs se sont orientés vers des produits plutôt Premium avec des combos BR + DVD + livre de 100 pages ou plus (comme chez Arrow, mais aussi Wild Side en France), ou alors des éditions limitées qui stimulent les ventes dès les 1eres annonces (comme vous ou Arrow). D’autres ont choisi plutôt de sortir des titres à bas prix pour faire du volume plutôt que de la marge (Gaumont avec sa collection Découverte en France, notamment). Quelle est votre point de vue sur ces 2 stratégies ? Est-ce que le système des éditions limitées fonctionnent chez Indicator en terme de retour sur ventes ?

Nous sommes de grands fans des éditions physiques éditorialement fournies, et un de nos plaisirs est de faire chauffer nos cerveaux pour créer des suppléments intéressants et offrant une vraie valeur ajoutée aux spectateurs enthousiastes.

Nous avons été chanceux d’avoir de très bonnes ventes dès le premier jour et nous sommes très reconnaissants envers nos clients pour le niveau de soutien et de fidélité qu’ils nous montrent. Les éditions déjà parues représentent le standard que nous avons l’intention de suivre, même si cela implique un investissement significatif de temps, d’argent et de ressources.

Nous ne nous engagerons pas dans les produits à bas prix, cette formule ne fonctionnerait pas pour nous.

  • Certains éditeurs (en Angleterre notamment) incluent des livrets dans leurs éditions, comme vous le faites. Comment les livrets impactent vos projets et leurs budgets ?

C’est très chronophage, mais nous sommes très heureux de voir la quantité de retours positifs que nos livrets ont reçu de la part de testeurs ou commentateurs sur les forums et les réseaux sociaux. On peut vraiment tirer notre chapeau à Nick, Chris, Jeff Billington et Rob Riley, qui les ont assemblé, car le temps et les efforts qu’ils mettent dans la création de ces livrets sont exceptionnels. Le livre de notre coffret The Sinbad Trilogy, qui fera 80 pages, est notre plus ambitieux livre jusqu’ici, et je suis le premier à être impressionné par le résultat final.

  • Bonus : Quelle est votre approche vis-à-vis des bonus ? Comment choisissez-vous quel type de bonus produire (plutôt analytique ? rétrospectif ?) et leur quantité (« pour tel film, nous nous contenterons d’utiliser ce qui est disponible, pour tel autre nous allons créer une tonne de nouveaux suppléments ») ? Comment les concevez-vous de manière pratique ? Evidemment, je suppose que tout ceci a un coût (tant en terme de budget financier que de ressources humaines). Quelle part du budget d’une édition les bonus représentent-ils ?

Notre accord avec Sony Pictures nous permet d’utiliser beaucoup de bonus précédemment créés, mais nous essayons toujours d’ajouter du nouveau contenu. Qui plus est, certains des titres que nous avons sélectionnés n’ont jamais été édités, ou alors uniquement dans des éditions très légères. Ce sont typiquement sur ces cas que nous faisons chauffer les cerveaux, car ajouter de la valeur à nos produits est clé pour nous.

Demander à des auteurs d’écrire pour nos livrets est une des premières étapes, et nous avons déjà eu d’excellents auteurs, tous des passionnés de cinéma.

Nous passons ensuite beaucoup de nos recherches à fouiller le matériel d’archives existant mais aussi à chercher qui nous pouvons retenir pour enregistrer des interviews ou des commentaires audio. Sur The Sinbad Trilogy par exemple, nous pensons qu’il était essentiel de pouvoir interviewer Caroline Munro, Tom Baker et Jane Semour, et je suis content que nous ayons pu le faire car cela a donné trois superbes interviews très enrichissantes.

  • Choix techniques : Le catalogue Sony est connu pour être techniquement dans le haut du panier (loin par exemple du catalogue MGM), mais il contient malgré tout quelques restaurations plus anciennes qu’on peut considérer datée. Comment gérez-vous la qualités des masters HD que vous recevez ? Avez-vous la possibilité d’en rejeter certains s’ils ne donnent pas une pleine satisfaction ?

Les masters que nous avons reçu pour le moment ont été remarquables, certains étant tirés de restaurations 4K vraiment fabuleuses, et nous tirons notre chapeau et Grover Crisp et son équipe de Los Angeles. L’équipe de Grover a une excellente réputation et comme je l’ai dit plus tôt, David est le meilleur dans son domaine, donc nous nous sentons dans de très bonnes mains.

Gestions des droits et positionnement international

  • Indicator a édité de nombreuses exclusivités enviées à travers le monde (The Anderson Tapes, Christine, Housekeeping, …). La plupart de (si ce n’est toutes) vos éditions sont Region Free et avec des sous-titres débrayables, ce qui les rend potentiellement très intéressantes pour les consommateurs hors de l’Angleterre. Est-ce que cette absence de zonage est facile à obtenir pour vous ?

Sony Pictures a une attitude très progressiste envers la question du verrouillage régional.

  • Quelle part de vos ventes l’import représente-t’il ?

Il est difficile de dire quel pourcentage de nos ventes sont faites à l’étranger, car ce n’est pas un type d’informations que les revendeurs sont en mesure de nous donner. Qui plus est, si vous regarder les sites d’Amazon, vous pourrez aussi voir nos éditions sur les sites américain, allemand ou français, ce qui rend l’exercice encore plus difficile.

  • Twilight Time : Twilight Time est un autre éditeur (mais cette fois-ci basé aux USA) bien connu pour piocher de façon importante dans le catalogue Sony. Jusqu’ici, l’éditeur a toujours semblé très protecteur de leurs suppléments spécifiques, mais ils semblent plus ouverts avec Indicator. On a vu sur certaines de vos éditions des commentaires audio originellement créés par Twilight Time ainsi que des pistes musicales isolées (et même Nick Redman remercié directement dans les livrets de certaines sorties). Quel type de relation a actuellement Indicator avec l’équipe de Twilight Time ?

Nick Redman a été adorable et extrêmement facile d’accès dès le départ avec nous, et nous pouvons vraiment le remercier pour ça. Twilight Time produisent d’excellents produits et connaissent bien le marché, nous avons donc été très contents d’avoir leur soutien et de savoir que leur attitude envers nous serait une attitude de coopération. Nous espérons continuer cette coopération sur de futures sorties.

 

Médias, consommateurs et ventes

  • À l’époque de l’internet 3.0, certains éditeurs ont une présence accrue sur les réseaux sociaux (surtout Facebook et Twitter), et certains ont même une présence directe sur des forums spécialisés (Soda Pictures, Third Window Films et Masters of Cinema sur blu-ray.com, Gaumont sur DVD Classik). Cependant, ce n’est pas le cas pour la majorité des éditeurs. Pensez-vous que cette présence est importante ? Par quel biais prenez-vous en compte les retours de vos consommateurs ?

C’est une zone vitale pour Powerhouse Films. Il est formidable de pouvoir obtenir ce retour direct, c’est essentiel pour notre croissance, et être actif sur les médias sociaux est clairement un domaine où nous chercherons toujours à faire plus et nous améliorer.

(ndR : l’éditeur est notamment particulièrement actif et réactif sur Facebook et Twitter)

  • Ventes : Votre schéma est tourné vers l’édition limitée, tirée soit à 3 000, 5 000 ou 7 000 exemplaires (respectivement 38%, 52% et 10% des sorties entre octobre 2016 et avril 2017). Avec le recul que vous avez pour le moment sur votre lancement, pensez-vous avoir correctement jaugé le potentiel de ventes de ces titres ? Pouvons-nous nous attendre à ce que ce découpage actuel perdure dans le temps ou pensez-vous qu’il sera amené à évoluer dans un sens ou dans l’autre ?

Compte tenu du fait que ça ne fait que 6 mois que nous avons démarré cette collection, nous sommes très contents de nos lots d’éditions limitées. Il y a beaucoup de discussion en interne sur le nombre d’exemplaires que nous devrions tirer pour chaque titre, mais dans l’ensemble, les tirages semblent avoir été bien évalués.

Je pense que 3 000 à 5 000 exemplaires est le bon chiffre pour la plupart de nos titres. Nous avons cependant augmenter le tirage pour The Sinbad Trilogy, et à en juger par les retours lors de l’annonce et les précommandes jusqu’à aujourd’hui, il se pourrait même que nous ayons visé un peu bas. Nous verrons bien.

  • Comme nous l’avons écrit plus haut, Indicator est arrivé dans un marché loin d’être florissant. En plus de cela, le marché britannique est actuellement doté d’une compétition absolument incroyable, avec un grand nombre d’éditeurs indépendants proposant des produits particulièrement attractifs. Comment pensez-vous y trouver votre place, tant du point de vue que de la reconnaissance et la loyauté des consommateurs que du côté des ventes ?

Le marché des collectionneurs parait en bonne santé, et la compétition est effectivement importante, mais nous pensons que cette compétition est en fait une bonne chose pour le consommateur, car cela signifie que tout le monde doit redoubler leurs efforts.

Le plus grand choc pour moi cependant a été l’incroyable réponse des consommateurs. Nous avons la chance de voir déjà certains consommateurs se placer dans l’optique d’acheter absolument tout ce que nous éditons, et cela nous rend très humbles.

La loyauté montrée envers Powerhouse Films en seulement 7 mois a donc été simplement impressionnante, et c’est maintenant à nous à continuer de tenir nos promesses tant en terme de qualité que dans la sélection des titres.

  • Vous avez un site de vente en ligne que vous mettez souvent en avant. Est-ce qu’il fonctionne bien ? Apporte-il des clients supplémentaires par rapport à ce que font déjà les revendeurs classiques ? Est-ce qu’il permet de fidéliser les clients ?

Le site en ligne nous permet d’informer tout le monde sur les nouveautés et les sorties à venir, et nous est en cela très pratique. Notre liste de diffusion est déjà assez longue, et il y a donc matière à générer un vrai buzz autour de nos annonces de sorties.

Du point de vue des ventes, c’est évidemment difficile de concurrencer des sites comme Amazon ou HMV, qui sont capables d’offrir des produits à des prix compétitifs et des frais de port très abordables, mais dans l’ensemble, nous sommes plutôt contents.

Passion et souhaits

  • Quel a été votre projet préféré et pourquoi ? Quel est le projet que vous rêveriez de réaliser ?

The Sinbad Trilogy a été un projet passionnant et j’ai la certitude que les clients qui l’auront dans les mains en seront très contents.

Quant à citer un film sur lequel j’adorerais travailler et éditer, je préfère laisser flotter un peu de mystère, au cas où des yeux indiscrets traîneraient par ici !

Vision du marché

  • Quelle est votre vision du marché physique actuel ? Est-ce que vous voyez le DVD disparaître un jour pour les films ayant des masters HD disponibles et satisfaisants ? Quelle est votre point de vue sur l’évolution du marché vers le streaming et la VOD ? Et que pensez-vous du futur format physique (Blu Ray UHD) ?

Le DVD est devenu un domaine problématique pour tout le monde. Il ajoute un coût de base à toutes nos productions alors qu’il y a de moins en moins de monde intéressé pour regarder des films qu’ils aiment particulièrement sur ce qui est objectivement un format inférieur.

Le Blu-ray est le seul format que je choisirais pour regarder un film, et il n’y a plus de véritables barrières pour s’équiper et transitionner du DVD vers ce format. On peut trouver des lecteurs à £30, tandis que les combos DVD + Blu-ray ont fait que les acheteurs de DVDs ont amassé sans le vouloir un début de collection Blu-ray.

Enfin, il est fort probable que la majorité de ceux qui aiment regarder des films ou la TV chez eux sont déjà équipés d’une TV HD.

Le plan de Powerhouse Films est de revoir l’année prochaine notre stratégie autour des combos, et très probablement ne plus produire que des éditions Blu-ray (sans DVD inclus). Evidemment, nous ne voulons aliéner personne ni rendre des films que nous apprécions inacessibles à certains amateurs de cinéma, mais comme je l’ai écrit, j’ai du mal à imaginer que les gens appréciant particulièrement une présentation qualitativement au niveau soit encore réticent à s’équiper en Blu-ray.

Quant aux UHD BD, nous en discutons très régulièrement, mais n’avons aucun plan immédiat sur ce support.

  • Ce questionnaire ne serait évidemment pas complet sans la question à 1 million : pourriez-vous nous donner des indices sur vos futures sorties 2017 ? Quelques souhaits personnels : la version 1965 de The Collector, Sexe mensonges et vidéo, The Swimmer, Adaptation., L’âge de l’innocence, Donnie Brasco ?

Je peux vous confirmer que nous possédons un titre parmi vos exemples mais vous laisse deviner lequel ! Pour le reste, nous aurons évidemment des annonces chaque mois, donc restez attentifs ! 

NdR : Amazon aura devancé l'éditeur en révélant leurs sorties d'août et septembre 2017. Le 21 août, l'éditeur sortira The Deadly Affair (Sidney Lumet), The Reckoning (Jack Gold), The National Health (Jack Gold) et A Day in the Life of Joe Egg (Peter Medak), tandis qu'il éditera le 25 septembre Terreur aveugle (Richard Fleischer), The Chase (Arthur Penn) et un coffret The Ray Harryhausen Collection 1955-1960.

 

Nous remercions John Morrissey pour son amabilité et le temps qu'il nous a consacré en mai 2017 pour répondre à nos questions.

Par Rémy Pignatiello