INTERVIEW Nola Circus : Rencontre avec le réalisateur Luc Annest

Nola Circus : Rencontre avec le réalisateur Luc Annest

Après l'interview de Jessica Morali, Luc Annest a également accepté de se prêter au jeu de l'entretien. Ce dernier revient sur les aventures du tournage, les aléas, les rencontres. Définitivement Nola Circus est plus qu'un film, c'est une véritable histoire d'unification.

 

Dans votre film on peut déceler de nombreuses références. Plusieurs mention au Parrain, une scène m’a fait pensé à Chantons sous la pluie, également quelques points communs avec Do the Right Thing de Spike Lee. Quelles ont été vos inspirations pour ce film ?

J’ai vraiment été élevé avec Dino Risi, Monicelli et les comédies italiennes des années 60, donc la structure va réellement vraiment chercher de ce côté-là. Ensuite toutes les références que vous citez c’était effectivement de les prendre, de les tordre et de les remodeler un peu différemment tout en les assumant pour garder un film original à la fin. La volonté n’est pas de se comparer à Spike Lee ou d’autres évidemment, mais effectivement je voulais jouer un peu avec toutes ces références pour s’amuser.

C’est votre premier long métrage, Jessica ainsi que d’autres acteurs ont ici leur premier rôle également et c’est la première fois que des sportifs sont producteurs. C’est un peu la première fois de tout le monde finalement.

C’est ça qui était drôle dans ce film, c’est parti de l’idée d’un scénario, ensuite de l’idée de trouver une équipe d’athlètes qui ont trouvé ça drôle et qui se sont dit que ce serait intéressant de prêter de leur temps et de leur argent pour faire en sorte que le projet voit le jour au cinéma. Donc effectivement c’était la première fois qu’un collectif d’athlètes français se regroupait autour d’un projet cinématographique, donc ça c’était plutôt sympa. C’est mon premier film et la première fois, avec Arnaud Bettan mon associé et producteur, qu’on produit un film. Et c’est aussi la première fois qu’il y avait des rôles important pour certains comédiens même si Ricky Wayne joue beaucoup dans The Walking Dead et Martin Bradford dans NCIS : New Orleans. Y a pas de premier rôle pour autant, c’est un film choral, donc chacun voit le premier rôle là où il veut.

Est-ce que cela vous a posé des difficultés ? Pour imposer votre vision des choses par exemple.

Non, pas du tout. En fait justement, l’idée de produire comme ça c’était justement d’avoir le final cut, d’avoir une liberté de ton totale et de faire tout ce qui me passait par la tête. Mais dans la mesure où le scénario était bien structuré, ce qui n’était pas forcément mon cas à titre personnel, on s’en est plutôt bien sortis et de toute façon, la première semaine, personne ne comprenait rien à rien. Déjà parce qu’on tournait dans un désordre total et en plus avec un scénario à tiroir comme ça qui va dans tous les sens… Il a fallut attendre la deuxième semaine pour qu’on tourne enfin une scène qui avait un rapport avec une scène qu’on avait tourné la première semaine et que le puzzle des uns et des autres commence enfin à se mettre en place. Donc non c’était rigolo. Y a eu une façon de faire tellement artisanale et chorale qu’il n’y a pas eu de réticence de qui que ce soit. On a fait ça tranquillement et simplement, et ça se ressent aussi dans le film je pense, avec ce côté un peu bon enfant.

Même au niveau de la gestion du film en amont ?

Si là évidemment ça été très compliqué, sinon tout le monde le ferait (rires). Il fallait aussi tourner dans une langue étrangère, avec une communauté qui m’intéresse mais avec un accent plus difficile à comprendre. Les règles de productions sont également très différentes, il faut pouvoir s’associer avec les bons avocats, les bonnes banques, et sans Arnaud Bettan, toute cette partie là aurait été tout simplement impossible à faire pour moi. Mais une fois que tout ça est surmonté, je dirais que le processus cinématographique est le même qu’en France, voire même un petit peu plus simple au niveau des règles de tournage et de faisabilité. Le plus compliqué c’est de surmonter le nouveau territoire, les nouvelles façons de produire, pas tant le fait que ce soit la première fois. En fait la vraie complexité de ce film ce n’est pas tant la production ou l’expérience car on passe tous par là, c’est surtout que sur un petit budget comme celui-ci on n’a pas le temps de se tromper. On a tourné en 21 jours là où sur tout type de film on va avoir 10 jours de plus. On a tourné 4 ou 5 minutes de film par jour là où d’autres comédies tournent 2 ou 3 minutes, on avait 3 prises en moyenne là où n’importe quel type de comédie peut en tourner le nombre qu’il faut. Il y avait une nécessité d’efficacité, on ne pouvait pas se tromper et c’est tout ce processus là qui amène ce qu’ils appellent là-bas la production value du film, et donne l’impression que ce n’est pas un petit film mais un vrai film avec un budget conséquent. Ça c’était intéressant et aujourd’hui grâce à cela, on a des portes qui s’ouvrent parce qu’on a fait quelque chose qui n’est pas facile à faire dans ces conditions là.

Comment vous êtes-vous retrouvés à être financés par des sportifs ?

C’était un petit peu avant l’arrivée d’Arnaud, lorsque Makhtar Ndiaye, le premier joueur sénégalais à évoluer en NBA, vient dans mon bureau pour son rendez-vous annuel du patrimoine mais je suis absent. Mon scénario est sur le bureau, il le lit, il part et à la fin il revient me voir et me demande s’il peut mettre de l’argent dans le film et 15 jours plus tard je suis au Madison Square Garden à New York et je rencontre Boris Diaw qui jouait avec les Bobcats de Charlotte contre les Knicks de New York. Je présente le scénario à Boris qui me dit « J’en suis, ça m’intéresse, le scénario, le côte caritatif, tout ». Ensuite il le présente à d’autres et on grossit les rangs des joueurs qui veulent jouer le jeu avec nous et puis on monte le budget nécessaire pour le projet. Il suffisait d’un peu de chance. C’est une très belle histoire et aujourd’hui c’est sympathique pour eux car ils nous ont vraiment fait confiance dès le départ et ce n’était pas évident. Je pense que ça aurait été plus compliqué de trouver un producteur dans l’hexagone qui nous fasse confiance sur un film comme ça avec autant de liberté de ton. Au final dire qu’on va partir tourner à La Nouvelle-Orléans, dans une autre langue avec une communauté afro-américaine pour un premier film, ça effraie beaucoup de monde. Vu que le scénario les avait fait beaucoup rire, c’est justement ça qui les a poussé à vouloir s’investir dans le projet. C’est grâce à eux au final que le film peut avoir une belle sortie en France et on vient d’apprendre qu’on aura aussi une sortie aux Etats-Unis et je suis content qu’on ai pu valider ce système de production qui permet aux œuvre une liberté totale.

D’où est née votre volonté de traiter cette histoire sur la communauté afro-américaine ?

Au départ c’est vraiment ma connaissance sur l’histoire de l’esclavage dans le monde mais principalement aux Etats-Unis, c’est une question qui me fascine depuis toujours. J’avais dans l’idée initialement de faire un biopic sur Angela Davis, la militante Black Panther, mais c’était très compliqué pour une question de droits, de coûts etc… et de fil en aiguille, de cette volonté là je me suis dis que j’allais faire une comédie afro. Et en partant de là je me suis dis « Si tu veux faire une comédie afro-américaine, faut que ça se passe dans un Barber Shop, si ça se passe dans un Barber Shop il faut qu’il y ait une blanche au milieu de tout ça qui les rend dingue » et peu à peu j’ai écrit quelque chose avec un ton et une manière un peu originale et drôle de traiter tout ça. Ensuite ça m’a permis d’aborder certaines questions comme Rosa Parks, le KKK, qui sont très d’actualité aux US en ce moment, mais avec la vision d’un cinéaste européen blanc qui m’a permis d’y répondre sous le ton de la comédie. Même si c’est traité avec humour avec un deuxième ou troisième niveau de lecture, ça m’a quand même permis de l’aborder. Et quand j’ai vu comment c’était accueilli aux US, notamment à Harlem face à 200 personnes, quand ils voient à la fin que c’est un blanc qui a réussit à capter cette culture afro-américaine. Le film a plu aux américains, à la communauté afro-américaine et tout ça me fait dire qu’on ne s’est pas trompé en mettant en scène cette histoire. En réalité c’est pas du tout un film communautaire, c’est un film qui a rassemblé beaucoup de monde et c’est ça qui est drôle dans le film car je trouve que ce côté cosmopolite ressort énormément. Il est vrai au niveau des producteurs, au niveau de la façon dont on l’a produit, au niveau des spectateurs également, il y a des gens de tout horizon qui trouvent ça très drôle et c’est ça que je trouve intéressant dans cette aventure.

Est-ce que vos acteurs ou collaborateurs vous ont apporté une aide sur l’écriture du scénario ou des propositions ?

Oui, le vrai souci au début c’est que personne n’a vraiment compris grand-chose. Pour ce qui est des propositions et des idées je suis très ouvert là-dessus, mais ce qu’il faut comprendre c’est que c’est compliqué un scénario, on ne peut pas le changer comme on le souhaite. Les comédiens n’ont pas trop apporté de modification car ils n’avaient pas tout compris tout de suite. Les producteurs sont les rares à avoir compris très vite donc ils ont pu m’aiguiller par moment pour ajuster certains points. Globalement j’étais assez ouvert mais le scénario au tout départ ça devait être une comédie musicale, toutes les scènes de violence du film étaient traitées façon comédie musicale. Il devait également y avoir une autre intrigue au film avec le Grec qui devait être joué par Gérard Darmon. Mais comme il n’a pas pu à cause d’une histoire de planning j’ai supprimé cette partie et j’ai gardé uniquement la comédie qui donne ce résultat là.

Comment vous avez choisi vos acteurs et comment les avez-vous rencontrés ?

Alors à La Nouvelle-Orléans on a fait appel à Ryan Glorioso qui est un grand directeur de casting qui travaille sur des gros films, d’ailleurs quand on y était il y avait les tournages de X-Men, Terminator, Pirates des Caraïbes, ils avaient 42 caméras et on en avait qu’une, mais on tournait au même endroit. Et donc avec notre budget Ryan a pu nous proposer plusieurs comédiens. On avait du choix, les comédiens étaient très très bons, d’une manière générale ils le sont aux États-Unis, mais comme ça fait longtemps que je maturais l’histoire je savais exactement ce que je voulais, donc ça s’est fait très vite. Sauf pour Jessica Morali où j’ai casté à Dallas, Los Angeles, New York etc… Impossible de trouver quelqu’un pour jouer Nola avant que je comprenne qu’il me fallait une latine. Ce rôle là en particulier, la vision que j’en avais n’était pas du tout une vision anglo-saxonne. Pour moi c’était une Claudia Cardinale dans Le Pigeon que je cherchais. Je pense que j’étais trop près de cette référence. En fin de compte je suis revenu en France et je buvais un verre avec Gérard Darmon et Philippe Lellouche qui me dit que quelqu’un pourrait me correspondre. Il l’a appelée et peu après Jessica nous rejoignait. Je l’ai pas mal embêtée, lui ai fait faire beaucoup d’essais et une fois convaincu je lui ai dis de faire ses valises pour partir à La Nouvelle-Orléans. Ce qui est drôle d’ailleurs c’est que le fait qu’elle soit française à beaucoup servi le film. Son personnage étant la pierre angulaire de toute l’histoire et le fait qu’elle soit en présence d’américains ça lui a servit à elle et au film car ça a permis à chaque comédien de mieux se positionner par rapport à leur propre rôle.

Alors moi le seul que je connaissais du coup de votre casting c’était Vas Blackwood, qui joue dans Arnaques, crimes et botanique et qui dit certainement l’une de mes répliques préférées.

(Rires) Oui, il fait partie de mes personnages préférés aussi, il est tellement barré, c’est le petit plus de cette comédie. Mais c’est parce que le personnage était comme ça. Je me suis dis qu’il serait vraiment parfait avec cette afro un peu tombante et au moment où je lui ai posé l’afro sur la tête, il est rentré dans le personnage immédiatement. C’est-à-dire qu’il est resté ce personnage en dehors du plateau aussi, pendant 3 semaines il a été son personnage, c’était très drôle. Ce sont également toutes ces petites choses qui ont fait qu’on a fait ça de manière un peu artisanale, un peu chorale et qui ont donné ce ton, cette fraîcheur à l’histoire qui est la force du film.

Effectivement il ressort beaucoup de légèreté de votre film. Malgré qu’il y ait des discours de vengeance, de violence, il y a surtout ce côté protecteur. Dans quelle mesure souhaitiez-vous insuffler ce côté un peu paradoxal à vos personnages ?

C’est une question très intéressante, bien sûr c’est totalement volontaire, c’était l’idée justement de jouer avec ces codes de vengeance, notamment avec l’italien. C’est pour ça quand on me parle de référence, oui il y en a, bien sûr, mais si c’était pour traiter la violence de la même manière que Scorsese, ce n’est pas très pertinent, et il n’y a pas photo entre lui et moi. Ce qui était drôle c’était de se dire qu’on allait utiliser ces codes et les détourner. Le tueur à gage italien qui arrive, ce n’est pas le fait qu’il soit ni tueur ni à gage ni italien qui fait rire mais le fait qu’il veuille bronzer. Là d’un seul coup il devient sympathique. Ce travail là a été fait sur tous les personnages, y compris le KKK et le chien qui les accompagne. Un chien méchant c’est déjà fait, qu’est-ce qui n’a pas été fait ? Un chien pas méchant, choisit pour avoir l’air méchant. Et ça paraît tellement improbable que c’est ça qui est drôle. Pour le coup avec le chien on a eu beaucoup de chance car il a eu le regard, l’attitude tout ce qu’il fallait. Mais de la chance il en faut sur un tournage malheureusement, surtout pour un premier film. Toutes les scènes sont comme ça. Le travail était d’essayer de trouver le petit angle supplémentaire qui amène de l’originalité et de la bienveillance.

L’ambiance sur le tournage a influencé ce côté bienveillant et bon enfant ?

Je ne suis pas quelqu’un qui travaille dans le conflit, je suis plutôt sociable. Même si je sais très précisément où je vais, je trouve que c’est toujours intéressant d’avoir l’avis de l’autre aussi parce que des fois c’est le petit détail qui va amener le déclic. Je me suis également aperçu que le fait d’intégrer tout le monde à un processus de création apporte une ambiance beaucoup plus seine. Donc oui je pense que ça a contribué grandement à la comédie mais c’est important qu’une comédie se passe comme ça.

Une question qui s’éloigne un peu du film maintenant, dans la bande-annonce le personnage de Denzel est beaucoup mis en avant, quel impact avez-vous eu sur la bande-annonce ?

C’est moi qui l’ai faite, avec ma monteuse. C’est le seul moyen qu’on a trouvé pour donner du sens au film en 2 min. Mais on a vraiment galéré car dès qu’on voulait se rapprocher un peu plus du film on tombait dans une simple galerie de personnage au milieu d’un grand n’importe quoi. Certes le film est constitué d’une grande galerie de personnages mais ce n’est pas du grand n’importe quoi. Il fallait donner du sens à la bande-annonce et du coup le frère nous a permis de trouver un fil conducteur, on l’a faite comme un vaudeville basiquement. Après c’est un travail, il y a des spécialistes qui s’en occupent normalement, moi je ne suis pas très bon pour faire des bandes-annonces. Ceux qui l’ont appréciée ont de grandes chances d’apprécier le film.

 

 

Le producteur et associé de Luc, Arnaud Bettan, a également accepté de répondre à quelques questions. Il nous livre son expérience du projet dans l'ombre des sportifs. Une vision très intéressante.

Donc tu es le producteur de Nola Circus en plus des sportifs, quel est ton rôle par rapport au film ?

Je m’occupe de trouver le budget pour fabriquer le film, dont les 12 sportifs, l’équipe de tournage américaine pour tourner le film aux Etats-Unis et enfin je trouve les distributeurs sur les différents territoires pour que le film soit vu et qu’on ait des recettes.

As-tu eu des difficultés à contacter les gens et à vendre le projet ? Quels ont été les retours que tu as eu ?

A la base je ne faisais pas du tout de la production donc je n’ai pas suivi les codes de la production habituels, j’ai agis en fonction de ce qui était logique d’un point de vue économique. Souvent on me disait « Mais tu ne peux pas faire ça, ce n’est pas la procédure » et je le faisais quand même et ça fonctionnait. Tout ce qu’on a fait, notre manière de tourner, de vendre le film, d’approcher les syndicats, n’était pas fait dans la procédure habituelle mais on l’a fait quand même et ça a fonctionné. Au delà de ça, nous n’avons pas eu vraiment de problème, personne ne nous a mis de bâton dans les roues en l’occurrence.

C’est un projet qui dure depuis plus de 4 ans à ce que j’ai compris ?

Plus que ça en fait, c’est un projet qui dure depuis 2011, avec Luc on s’est rencontré en 2011. On aurait du tourner en 2013 et finalement on a tourné fin 2014 à cause de plusieurs décalages à cause du budget etc… Depuis on a diffusé le film en festival et nous voilà aujourd’hui.

Comment avez-vous vécu cette longue attente de production ?

La première chose c’est qu’on ne pensait pas que ça prendrait autant de temps. Donc à côté on faisait des petits jobs classiques de production. Mais c’était assez épuisant car la postproduction et la distribution sont des processus qui ont pris beaucoup de temps, et une fois que vous dites autour de vous que le film est terminé, les gens l’attendent mais il n’est toujours pas disponible. Il y avait aussi plusieurs fuseau horaires à faire correspondre mais nos familles ont été d’un soutien énorme même si elles nous voient travailler quasiment sans cesse, elles ont été là pour nous soutenir et nous encourager tout du long et c’est quelque chose d’important.

Vous ne vous connaissiez pas du tout avant avec Luc ?

Non, on s’est rencontré en 2011 via Fred Adjiwanou qui est un basketteur qu’on a d’ami en commun, et il nous a fait nous rencontrer sur le projet. Luc avait toutes les compétences que je n’ai pas, c’est-à-dire artistique, il écrit des scripts, il sait filmer, il a beaucoup de talent. Moi j’étais beaucoup plus organisé, beaucoup plus structuré. J’aime bien dire qu’on s’est séduit professionnellement, Luc a réussi à mettre de la passion dans ma raison et j’ai mis un peu de raison dans sa passion.

Qu’est-ce que ce projet t’a apporté professionnellement ?

Ce projet a apporté beaucoup d’énergie, on ne se demandait pas quel était l’échec possible, on s’est tous dis qu’on allait tout mettre en œuvre pour le faire fonctionner et qu’on verrait bien ce que ça donnerait. On ne nous pousse pas du tout à nous lancer quand on est à l’école ou à l’université, et ce genre d’expérience le permet. Professionnellement et personnellement ça m’a complètement changé. Je suis devenu beaucoup plus ouvert, beaucoup plus flexible et beaucoup plus tolérant. Avant j’étais un connard qui pensait tout savoir en sortant d’une agence de pub. J’étais le stéréotype du gros blaireau. Et en fait j’ai appris à travailler, il n’y a pas qu’une seule méthode, il y en a plein, il faut savoir s’adapter, s’ouvrir, trouver les bonnes personnes. On a beaucoup de potentiel en nous mais on ne le révèle pas. Avec un employeur on fait juste ce qu’il veut pour progresser marche par marche, alors qu’en étant entrepreneur on est au four et au moulin, on fait de la gestion tout le temps et on doit voir les priorités. On est obligé de trouver continuellement des solutions donc on doit chercher des nouvelles ressources, des nouvelles motivations.

 

Propos recueillis le lundi 12 septembre 2016.

Aymeric DUGENIE

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