HIGH TECH : 4DX : quand le cinéma déborde de l'écran


4DX : quand le cinéma déborde de l'écran

La 4DX a débarqué en France en mars dernier. La technologie, arrivé sur le Vieux Continent il y a maintenant quelques années de cela, existe en réalité depuis maintenant presque une décennie. Venue de Corée de Sud, elle a fait ses premiers pas en 2009 avant de s’exporter progressivement à travers le monde dans les années suivantes. C’est aux portes de Paris que s’est installée en Hexagone la première salle 4DX : à seulement deux pas de la Cité des sciences et de l’industrie, dans la salle 4 du Pathé La Villette. Composé de 104 sièges, la salle est équipée pour faire vivre le cinéma d’une nouvelle façon, l’immersion étant le maître mot. Alors que la technologie commence lentement à s’immiscer hors de la capitale, à Toulon puis Montpellier notamment ce mois-ci et prochainement à Lyon, nous avons eu l’occasion de visionner le dernier film d’Andrés Muschietti, Ça, dans la salle 4DX de la Villette. Et on est un peu partagé.

Avant tout, revenons rapidement sur ce qui compose cette technologie et ce qui fait son originalité. Si jusqu’ici la 4D était l’apanage des forains et grands parcs (le Futuroscope par exemple) avec des films crées spécialement pour les attractions, les salles 4DX changent la donne. Désormais, les oeuvres cinématographiques se prêtant au jeu (principalement les films d’actions) peuvent se regarder d’une façon inédite. En effet, les sièges bougent en corrélation avec les événements à l’image, mais pas seulement : la salle simule également les effets climatiques. Ainsi lorsqu’une pluie arrose les acteurs, de la même manière le spectateur reçoit de fines gouttelettes sur lui. Si on peut désactiver avec un petit bouton présent sur le siège cette fonction, on ne peut éviter en revanche le vent, la brume ou encore les jets d’airs provenant du siège (à l’arrière de la tête). On note également la présence de projecteurs lumineux qui peuvent imiter les éclairs. Ces effets, cumulés (près d’une vingtaine au total), sont censés ajouter à l’expérience cinématographique un surplus d’immersion.

La mise en place de la technologie reste encore un peu perfectible sur certains points, limitant de fait la sacro-sainte immersion recherchée.

En pratique, plus que les effets climatiques, ce sont surtout les sièges qui ont marqués notre visionnage. Ces derniers, en plus d’avoir la capacité de basculer sur quatre axes, peuvent également atteindre le dos avec différentes vibrations (un peu à l’image d’un siège massant, sauf que dans le cas présent c’est évidemment moins reposant). L’apport du mouvement est multiple et parfois même surprenant : à l’occasion de certains plans de Ça, le siège recule légèrement alors que le champ de l’image s’allonge, l’ensemble s’accorde parfaitement pour donner un sentiment de grandeur étonnant. En ce qui concerne les autres effets, l’efficacité est plus ou moins au rendez-vous, mais la mise en place de la technologie reste encore un peu perfectible sur certains points, limitant de fait la sacro-sainte immersion recherchée. On pense notamment au vent, bruyant bien que réussi. La piste sonore du film passe alors souvent au second plan, ne pouvant faire le poids face au bruit produit par la machine qui souffle dans la salle. De même l’eau est éjecté depuis la partie haute des sièges, ainsi on peut voir des filets quitter les fauteuils durant les scènes utilisant ce procédé. Cela n’obstrue pas foncièrement la vue, mais cela peut en déranger certains. Disons que les ficelles sont parfois un peu trop visibles.

Au final si la subtilité fait en effet défaut à la 4DX, difficile en revanche de ne pas lui accorder le mérite de proposer une expérience cinématographique inédite. S’il ne s’agit pas du futur du cinéma, on peut en revanche miser sur une propagation de la technologie qui, malgré une utilisation certainement ponctuelle des spectateurs, trouvera un public prêt à vivre intensément les blockbusters de demain. Pour conclure, sachez qu’une place pour assister à un film en 4DX coûte 18 euros, hors 3D (les possesseurs du Pass doivent eux uniquement s’acquitter de 6 euros pour accéder à la salle).

Par Pierre LARVOL