DOSSIER : Festival du film italien de Villerupt 2015 : introduction


Festival du film italien de Villerupt 2015 : introduction

S’il y a un cinéma dont on n’attend plus forcément grand-chose, c’est bien le cinéma italien.

Loin de son âge d’or post Seconde guerre mondiale, sans grande star internationale à la carrure de Mastroianni, Loren ou Volonté, et sans beaucoup de réalisateurs de renommée mondiale (à l’exception de quelques uns comme Sorrentino ou des anciens comme Bellocchio ou les Taviani qui tournent toujours), le cinéma italien souffre et sa diffusion s’effrite hors de ses frontières. Tout cela n’est pas aidé par des co-productions de plus en plus rares, et parfois de plus en plus difficiles.

Pourtant, fort de ses 150 productions annuelles, ce ne sont pas, finalement, les films qui manquent. Ainsi, après le festival du film italien d’Annecy (qui se déroule habituellement la 2ème moitié de septembre), on trouve le festival du film italien de Villerupt, qui en est cette année à sa 38ème édition.

Plusieurs sélections au programme, presque un peu trop d’ailleurs, certains films étant diffusés un nombre très réduit de fois malgré les 2 semaines que durent le festival : plusieurs jurys à vocations différentes (public, critique, exploitants, jeune, le prix exploitants devant notamment permettre au film primé d’être mis en avant pour intéresser des distributeurs français), 3 rétrospectives thématiques (Elio Petri via une carte blanche à Jean A. Gili, la Grande Guerre, et la région Frioul-Vénétie Julienne), une section Panorama reprenant plusieurs films de la sélection 2014 et enfin un hommage à Riccardo Milani pour la sortie de son nouveau film Scusate se esisto ! Ouf !

A ce propos, on ne peut pas dire que le centenaire de l’entrée en guerre de l’Italie en 2015 soit palpitant côté programmation, vu le très faible nombre de films italiens traitant du sujet. Résultat : 2 films de patrimoine uniquement et 3 films plus récents. Si la date anniversaire était évidente, on peut se demander s’il n’aurait finalement pas été plus intéressant de sauter l’évènement au profit d’une autre thématique plus riche cinématographiquement.

Il faut cependant admettre la capacité du festival de brasser large dans ses acquisitions : on trouve de nombreux films présentés à Venise, quelques uns à Berlin, le plus souvent un grand nombre de premières ou deuxièmes réalisations, couplées à quelques films de patrimoine.

Evidemment, on trouvera de nombreuses comédies italiennes somme toute assez commerciales (typiquement, Scusate se esisto ! et Se Dio vuole), quelques drames sentimentaux (Una storia sbagliata ou Nessuno si salva da solo, tout aussi commerciaux), mais aussi quelques projets plus atypiques comme WAX, tourné sur un micro-budget de 356 000€, à l’opposé du Latin Lover de Cristina Comencini (fille de) et sa flanquée d’actrices à la renommée internationale, ou bien encore Pecore in erba, exercice de destruction massive d’un cynisme impressionnant en forme de faux reportage TV sur la disparition d’un jeune homme fictif qui aura permis la fin de l’anti-antisémitisme en Italie (« l’antisémitiphobie »). Tout ceci côtoient La granda guerra de Mario Monicelli (malheureusement diffusé une pauvre unique fois en tout et pour tout !), I giorni contati d’Elio Petri (dans une jolie restauration 2011 / Bologne au ratio par contre peut-être inexact) ou Uomini Contro de Francesco Rosi (dans une copie 35mm baignant dans son jus…).

Au final, une sélection pas forcément très originale mais formant un tour d’horizon assez exhaustif de la production actuelle italienne.

NB : il est amusant de retrouver les fils et filles de : Alessandro Gassman, Cristina Comencini, Marco Pontecorvo, Maria Sole Tognazzi et Stefano Sollima (et probablement d'autres encore).

Par Rémy Pignatiello