DOSSIER : Cher Nic Pizzolatto


Cher Nic Pizzolatto

Cher Nic Pizzolatto,

Ces derniers mois n'ont pas du être facile pour vous. Auréolé du succès rencontré par la première saison de votre série True Detective, les critiques et les spectateurs vous plaquent au sol, critiquant sévèrement la deuxième saison que vous nous avez livré cet été. Tout le monde a tellement porté aux nues votre première saison en l'affirmant meilleure série de l'année 2014 (ce qui, vous m'excuserez de le dire, n'était pas vrai, Fargo étant bien loin devant) que sans vous en rendre vraiment compte, vous vous êtes retrouvé avec une certaine pression, le public ayant mis la barre très haute bien malgré vous.

La déception rencontrée à l'égard de la deuxième saison de True Detective était donc inévitable et elle n'est clairement pas de votre faute. Pas de quoi se miner, ne faites donc pas comme les personnages tourmentés de votre série, n'allez pas porter le poids du passé sur vos épaules. On s'en moque gentiment de ces personnages tourmentés mais on les aime. Mieux encore, on vous défendra bec et ongles contre ceux qui critiqueraient cette deuxième saison qu'on admire beaucoup, plus que la première d'ailleurs. Certes, nous n'irons pas jusqu'à dire qu'elle est parfaite, elle a ses défauts. Mais on l'aime également pour ça. Vous troquez le décor de la Louisiane pour la Californie industrielle ? C'est un décor moins cinématographique mais dramatiquement intéressant. On vous reproche la complexité d'une intrigue un peu floue ? Le flou était déjà présent en 2014 lors de la première saison et il fait partie du charme de la série. D'autant plus qu'à revoir, cette seconde saison risque d'assembler ses éléments comme un joli petit puzzle. On vous reproche vos personnages hantés par leurs démons jusqu'au ridicule ? Vous assumez cette noirceur et embrassez l'aspect tragique de vos personnages, offrant d'ailleurs à Colin Farrell l'un de ses plus beaux rôles, l'acteur étant totalement brillant dans ce rôle de flic ténébreux dont la faiblesse est pour son fils. Et que personne ne vienne comparer le casting de la première saison à celui de la seconde, ce serait vain.

Le charme de votre série est justement le fait que chaque saison soit différente, toujours baignée dans la noirceur et dans l'intrigue policière, mais différente. La comparaison, à défait d'être inévitable, est inutile. D'autant plus que vous savez vous entourer. Outre Colin Farrell, vous donnez à Vince Vaughn l'occasion de se sortir de son carcan comique et de s'affirmer comme un solide acteur dramatique donnant du corps et de l'intensité à son personnage de truand, vous permettez à Taylor Kitsch de prouver sa valeur d'acteur après les gamelles de John Carter et de Battleship et vous choisissez la toujours sublime Rachel McAdams dans le rôle d'une flic dur à cuire. Vous n'avez rien à vous reprocher cher Nic Pizzolatto et l'on peut déjà affirmer que cette deuxième saison sera réévaluée dans quelque temps, enfin prise pour ce qu'elle est : une grande tragédie noire et violente. D'ici là portez-vous bien et surprenez-nous pour la troisième saison de True Detective dont on attend déjà avec impatience l'annonce du casting.

Par Alexandre Coudray

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