DOSSIER : Lumière 2019 : le MIFC, festival Lumière version pro


Lumière 2019 : MIFC

Comme chaque année depuis 2013, le festival Lumière accueille aussi à Lyon une plateforme pour les professionnels dénomée Marché International du Film Classique (MIFC). Le but de cette période d'échange est de mettre en relation les professionnels entre eux (ayant-droits, distributeurs, laboratoires, et éditeurs) et de se faire de ce moment un lieu privilégié dans l'année où tous ces gens peuvent se retrouver ou se rencontrer pour une première fois et tisser des liens. Ce n'est d'ailleurs pas seulement une possibilité de mettre en contact des Français avec le reste du monde, mais bien un moment où des Japonais peuvent rencontrer des Polonais et effectuer ventes et achats entre eux.

Cependant, cette année de 10e anniversaire du festival est un peu particulière, puisqu'elle vise aussi à mettre un peu plus en relation le public avec ces professionnels. Le salon du DVD organisé pour la première fois cette année, ainsi que la table ronde organisée le même jour, furent deux événements ouverts au public et visant clairement à faire découvrir au grand public "l'envers du décor", c'est-à-dire ne pas seulement voir ces films de patrimoine, mais rencontrer aussi les gens qui les ont vendus, achetés ou restaurés. L'ouverture à la presse de ce lieu de rencontres professionnelles va là aussi dans le sens d'une volonté d'ouvrir à une plus large audience le travail effectué par les sociétés concernées et dont les résultats sont visibles sur les écrans du festival.

Le MIFC peut se voir comme étant découpé en plusieurs types d'événements. Sur 4 jours cette année (du mardi 15 octobre au vendredi 18), ce sont plusieurs tables rondes, des conférences et des présentations qui ont été organisées (sans compter les différents déjeuners, dîners, etc, permettant de rendre ces journées plus conviviales). A cela se sont ajoutées plusieurs projections, soit dans le cadre du programme, soit à destination de distributeurs potentiels. Chaque année enfin, un pays est invité à présenter diverses spécifités nationales, et un invité d'honneur est amené à effectuer un Keynote dédié.

En 2019, le pays invité était l'Allemagne, avec 2 projections dédiées (Das alte Gesetz et Neun Leben hat die Katze), une étude de cas sur Arte.tv et une table ronde avec plusieurs intervenants du marché (l'éditeur Camera Obscura, le directeur marketing de Studio Canal Allemagne, la PDG de la Wim Wenders Foundation, le directeur artistique de la Deustche Kinemathek et le responsable ventes et distribution de la Friedrich-Wilhelm-Murnau Foundation). L'invité d'honneur était Peter Becker, PDG de la collection Criterion, pour un keynote d'1h30 mardi après-midi. Du côté des présentations, le mardi après-midi était consacré aux éditeurs, le jeudi matin aux laboratoires et le vendredi matin aux cataloguistes. Enfin, des conférences et tables rondes ont été organisées autour de la presse spécialisée et le patrimoine, l'achat et la vente de films de patrimoine à l'international, ou encore l'avenir de la réglementation audiovisuelle à l'ère du numérique (avec, comme chaque année, un représentant politique - cette année, Aurore Bergé).

Un tel panel oblige forcément à faire des choix, les présentations étant souvent organisées en même temps que les tables rondes, et couvrir le festival en parallèle oblige d'autant plus à sélectionner ce à quoi on souhaite participer. Cependant, il est évident que pouvoir couvrir à la fois le festival et le MIFC offre l'impression de voir les deux côtés du miroir, la partie visible et la partie immergée. Au-delà de cet aspect, cela permet évidemment de pouvoir rencontrer des acteurs du cinéma de patrimoine à plusieurs niveaux et échanger directement avec eux, que ce soit un laboratoire comme L'immagine Ritrovata (dont nous restons perplexes quant à leurs étalonnages couleurs), un éditeur américain comme Arbelos (ex-Cinelicious) qui fait un excellent (mais rare) travail de restauration, un éditeur français comme Carlotta avec qui nous échangeons depuis ds années pour nos tests, ou bien Le chat qui fume que nous rencontrions pour la première fois "en vrai". Pas seulement une occasion de réseauter, il s'agit aussi là d'une opportunité de pouvoir échanger avec eux sur leur travail au quotidien et de mieux saisir les enjeux et difficultés du marché, les logiques de chacun, bref : ce qu'il est possible de faire ou non, et donc ce qu'il est réaliste d'espérer ou non. Cette compréhension est, pour nous, essentielle car elle permet d'anticiper au mieux les possibilités et limitations du marché (français comme mondial) mais aussi, dans le même temps, de montrer un réel enthousiasme et une vraie bienveillance dans la compréhension de ce marché (et aussi, parfois, de rappeler à certains qu'ils sont à l'origine de bien des découvertes).

Nous avons choisi de nous concentrer sur quelques événements : le keynote de Peter Becker, les présentations des laboratoires, celles des cataloguistes et enfin l'étude de cas sur la restauration d'Apocalypse Now.

Keynote Peter Becker

Peter Becker est donc le PDG actuel de Criterion Collection, éditeur New-Yorkais qu'on ne présente plus. Incontournable dans le patrimoine aux USA, c'est à lui que les Américains doivent l'accès en vidéo à une majorité des cinéastes majeurs de l'histoire (Fellini, Truffaut, Godard, Kurosawa, Bergman, Ozu, etc) mais aussi de films indépendants plus méconnus (Local Hero, Polyester, Old Joy, et bien d'autres). La particularité de l'éditeur est d'avoir une mission autour de laquelle toute son activité est centrée : "Publier des films classiques ou contemporains importants et de partout dans le monde, dans des éditions offrant la meilleure qualité technique possible et des suppléments originaux primés. Peu importe le support, du Laserdisc au DVD et au Blu-ray jusqu'au streaming, Criterion a maintenu son engagement novateur à présenter chaque film tel que son créateur voudrait qu'il soit vu, dans des restaurations à la pointe technologique et avec des suppléments pensés pour encourager les visionnages multiples et l'approfondissement de l'appréciation de l'art cinématographique par le spectateur".

Et effectivement, Becker n'a eu de cesse que de répéter cela et d'avoir un raisonnement cohérent et enthousiasmant avec cette mission : le produit, l'édition, ne sont véritablement que des intermédiaires : seuls comptent les films. Dans ce sens, le lancement d'une plateforme de streaming comme The Criterion Channel, qui a succédé à Filmstruck après le rachat de TimeWarner par AT&T, fait sens car elle s'inscrit dans la continuité de l'accessibilité de ces films et des contenus gravitant autour. Et ces contenus supplémentaires sont nombreux : outre les bonus, il s'agit de fournir des suppléments autour des films, mais aussi autour du cinéma, en proposant à des réalisateurs ou des acteurs de discuter de leur cinéphilie, mais aussi de mettre en avant des salles de cinéma indépendantes aux programmes spécialisés. C'est donc tout un écosystème que vient défendre et soutenir cette initiative, dépassant le seul cadre du travail éditorial de Criterion mais visant avant tout à connecter le public avec les films. La mission est donc plus importante que le support, ce qui explique que The Criterion Channel contienne actuellement 8000 vidéos dont "seulement" 2000 films. C'est aussi pour cela que leurs éditions ont évolué coté packaging vers quelque chose exprimant le film plus que ne le vendant. "Everything is storytelling", résumait Becker.

C'est ce qui explique qu'un énorme coffret comme celui consacré à Ingmar Bergman ne se contente pas de simplement proposer les films dans un ordre chronologique, mais est pensé sous forme de festival. Là aussi, il s'agit de dépasser la simple présentation des films et d'amener un contexte plus ludique pour stimuler la curiosité des spectateurs et leur donner envie d'y revenir. Cela explique le faible intérêt de Criterion pour les études de marché, et effectivement : il y a fort à parier qu'elles diraient qu'il est suicidaire de se lancer dans la vidéo physique de films internationaux en N&B ! Il faut cependant avouer que les ventes de Criterion semblent, d'après les dires de Becker, suffisamment stables pour que la société ne les analysent de plus près qu'en cas de surprises (bonnes ou mauvaises). Il s'agit aussi avant tout de trouver le bon prix d'achat des films, et d'avoir de bonnes relations avec les ayant-droits, y compris financières.

Becker a aussi rappelé la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis de son très vaste catalogue. Que faire de ces films ? Comment assurer leur accessibilité ? Comment faire aussi en sorte de combiner catalogue existant et nouvelles acquisitions ? Les choix sont évidemment difficiles à faire, mais l'équilibre entre le travail originellement effectué par William Becker (le père de Peter Becker, dont Peter a pris la succession chez Criterion) et les nouvelles acquisitions semble avoir été trouvé. Cependant, Becker ne croit pas vraiment à l'aspect "classique instantané" utilisé parfois par certains critiques, hormis peut-être pour La brande bellezza et Cameraperson.

Enfin, quelques petits détails appris lors de ce keynote : c'est Peter Cowie qui écrivait les programmes Janus (la maison-mère de Criterion et entité prenant en charge la distribution en salles du catalogue) et Radley Metzger (plutôt connu pour ses films érotiques) qui montait les bandes-annonces ! Aussi, Criterion a pour habitude d'inclure dans sa newsletter mensuelle un dessin servant d'indice à de futures éditions, et il se pourrait que Criterion les compile en un petit livret (dont l'usage et les destinataires restent encore incertains).

Présentations des laboratoires

Nous avons assisté aux 7 premières des 8 présentations de laboratoires intervenants : Eclair, L'image retrouvée, Hiventy, VDM, Di Factory, Lumières numériques, l'INA (et Neyrac Films).

Peu de nouveautés chez Eclair, la présentation se concentrant sur la restauration toujours en cours du Napoléon d'Abel Gance, dont quelques extraits nous ont été montrés. L'expertise a tout de même commencé en 2008, mais la complexité du projet (du fait des multiples montages) et la quantité de matériel à traiter rend cela particulièrement long. Les expérimentations de montage effectuées par Gance n'aident pas : il a fallu une journée entière pour traiter 28 secondes de la séquence des boules de neige, aucun programme automatisé n'arrivant à le faire sans générer de problème. On aura aussi appris qu'un progamme dédié a été développé en interne afin de reproduire numériquement, à partir de sources d'époque retrouvées dans les archives Pathé-Gaumont, les teintes et virages du film. A noter que Georges Mourier, le superviseur de la restauration, fera une conférence sur la restauration le 6 décembre 2019 à La Cinémathèque Française. Quelques infos cependant : Eclair a restauré 90 films ces 12 derniers mois, dont beaucoup de films d'André Cayatte (présentés au festival et édités en Blu-ray par Gaumont), ainsi que Est-Ouest (Régis Wargnier), Le chien le général et les oiseaux (Francis Nielsen), et est en train de restaurer plusieurs films de Guy Debord.

Même son de cloche chez L'image Retrouvée, qui sont revenus sur La roue, autre projet gargantuesque signé Abel Gance. La restauration aura duré 3 ans (2016 - 2019) et est au final basée sur la version de février 1923 diffusée au Gaumont Palace à l'époque. Au final, il s'agit surtout d'une reconstruction puisque la restauration se compose de 7-8 éléments principaux dont le négatif, une copie de la Cinémathèque suisse et une copie 16mm (pour une scène), ainsi que des éléments de la Cinémathèque de Toulouse, de celle de Prague et de Lobster. L'utilisation de ces éléments visuellement disparates a demandé la création d'un système de "fondu enchaîné" permettant de passer d'une source à l'autre de la façon la plus invisible possible. Un exemple nous a été montré et cela parait effectivement bluffant. A noter que deux retours sur film ont été effectués : un sur pellicule N&B et un sur pellicule couleurs (afin de conserver les teintes). Le film a été diffusé récemment à Berlin, et lors du festival Lumière 2019 à Lyon, et paraîtra en vidéo chez Pathé en 2020.

Chez Hiventy, c'est la restauration du Monde animé de Grimault qui nous a été présentée (de façon très efficace). Programme composé de 8 courts-métrages, sa particularité est que certains courts ont été tirés sur négatif trichrome nitrate en images successives plutôt que sur 3 bandes séparées. Au-delà de cette spécificité, on retrouve cependant les attentions nécessaires typiques d'un film trichrome : 3 fois plus de poussières, alignement nécessaire pour éviter les débordements de couleurs, etc. Le résultat est cependant très joli. Cela sort en Blu-ray chez Studio Canal le 13 novembre 2019.

Pour VDM, dont il s'agissait de la première présentation au MIFC, des extraits de La voleuse (Jean Chapot, 1966) ont été présentés. Il s'agit d'une restauration 4K, supervisée par Dominique Maillet (étalonnage supervisé par Laurent Desbruères), effectuée en avril 2019 à partir d'un contretype (très rayé). A noter que le laboratoire est équipé pour faire de l'étalonnage 5K en direct (sans intermédiaire en résolution inférieure).

Les Polonais de Di Factory nous ont principalement parlé de leur partenariat avec l'école de cinéma de Katowice, dont les archives de films d'étudiants remontent à 1978. 26 ont été restaurés. S'en est suivi une présentation de la restauration du clip Death in Bikini du groupe polonais Republika.

Lumières numériques nous ont présenté leur travail sur le films (courts et longs) de Jean-François Laguionie et François Reichenbach. A noter un partenariat avec Lobster depuis un an.

Quant à l'INA, la présentation s'est concentrée sur leur travail sur le son, notamment autour des concerts et des enregistrements radio. La question centrale est de pouvoir rendre cela plus ample et dynamique afin de faciliter les rediffusions de ces enregistrements qui seraient autrement considérés trop datés acoustiquement. La présentation s'est sinon conclue sur un extrait de Liberté, la nuit, numérisé en 4K et restauré en 2K à partir du négatif original et d'une copie zero.

Etude de cas : Apocalypse Now - Final Cut

Table ronde autour du projet de la nouvelle restauration 4K d'Apocalypse Now avec trois invités : le très rare Paul Rassam (producteur et distributeur historique du film en France), James Mockoski (directeur technique d'American Zoetrope et responsable technique de cette restauration) et Yann Le Prado (vice-président exécutif de Studio Canal, qui a ressorti le film en Angleterre, Australie, Nouvelle Zélande et en Allemagne).

Cela fut l'occasion pour Paul Rassam d'intervenir assez longuement (nécessitant parfois l'intervention de la modératrice pour revenir au fil rouge), mais avec une gouille impayable, sur le financement du film, sa sortie en salles, et les difficultés techniques qu'a posé le film à sa sortie. 

Sur ce point, James Mockoski a rappelé qu'en 1979, très peu de salles pouvaient proposer du son en 5.1, alors que Coppola avait clairement pensé le film aussi à travers son expérience sonore. De fait, il s'est agi à l'époque d'expliquer aux exploitants l'utilité d'un investissement sonore pour cela, de la même manière qu'il s'agit actuellement de leur expliquer pourquoi investir dans de l'Atmos. Sur ce point d'ailleurs, la nouvelle restauration 4K est la première à utiliser directement le printmaster sonore du film. En effet, n'était utilisé jusqu'ici qu'une copie de cette source première (que l'on croyait perdue). Cette copie avait été retrouvée aux studios anglais de Pinewood puis rendue à Walter Murch en 1995. La source originale ayant maintenant été retrouvée, elle a servi à 98% pour la nouvelle piste son 2019. Quant au mixage "Meyer Sensual Sound", il s'agit surtout d'une attention toute particulière aux basses fréquences. Quant au fait de remixer le son en Atmos, il s'agit de prolonger l'expérience sonore du film qui vise à placer le spectateur au coeur du film.

Idem côté image : la restauration 2011 avait été effectuée en 2K à partir d'un interpositif car à l'époque, l'équipe technique s'était vue dire que le négatif avait été trop abîmé. En vrai, ce n'était pas du tout le cas, et il s'est au contraire avéré être en excellent état et ainsi servir pour la nouvelle restauration 4K. Le coût de la restauration aura été de $300 000, répartis équitablement entre Lionsgate (ayant droits US), American Zoetrope et Studio Canal. Elle a été démarée en décembre 2017 et achevée en mars 2019, cumulant 2720h de nettoyage sur 300 173 images (20 bobines A/B, équivalent du montage Redux plus les séquences retirées du montage 79), à partir de négatifs de 1976 (5247 Kodak), 1978 (CRI 5249) et 1979 (IN 5243). La découpe du budget a permis de réduire les investissements individuels et de faire que chacun puisse se lancer dans le projet sans se poser trop de questions sur sa rentabilité. L'étalonnage s'est basé sur la copie IB Tech Print de Storaro.

Sur le fait de sortir le film en UHD : il est clair que le marché reste balbutiant et très difficile à vendre. Les spectateurs semblent en effet se satisfaire de la simple HD, d'où le fait de pousser l'aspect technique de cette nouvelle restauration au maximum afin de justifier sa plus-value. La ressortie fonctionne cependant bien en salles, avec plus de 24 000 spectateurs en France, et $1m de BO en Angleterre.

Paul Rassam a rappelé aussi qu'une restauration, lorsqu'elle est exportée, doit faire attention à vivre avec son temps, notamment au niveau de la traduction (doublage ou sous-titres). Il a indiqué qu'à l'époque, en 79, un couple de traducteurs très mauvais sévissait et que malheureusement, les réalisateurs déléguaient souvent le suivi des doublages ou sous-titrages à des personnes incapables de se rendre compte de la médiocrité de ce travail. Heureusement, le travail de sous-titrage est devenu plus facile avec le numérique, ce qui est au moins ça de pris.

Présentations des cataloguistes

Dernier événement de la semaine pour nous : le rendez-vous des cataloguistes et distributeurs, dont nous avons assisté à la première moitié.

Premiers à passer, l'AFCAE et l'ADRC, qui sont respectivement revenus sur leur travail de mise à disposition de documents de support aux exploitants (dossiers, fiches, intervenants dans les salles, avant-programmes) et sur leur fond de films (900) disponibles à coûts aménagés ainsi que les rétrospectives en cours ou à venir (Apocalypse Now, Jean-François Laguionie, GW Pabst). A noter que le prochain festival Play It Again sera ouvert aux non-adhérents de l'ADRC.

Gaumont a présenté quelques chiffres d'abord : 600 films restaurés en tout, dont 50 en 2019 contre 35 en 2018 (accélération en vue de la fin du Grand Emprunt qui a permis 265 restaurations). Outre Toni, les 2 Epstein récemment édités en vidéo et les Cayatte (13 restaurations sur 16 films), Gaumont a aussi un projet autour de Louis de Funès ainsi qu'un projet visant à ouvrir leur catalogue aux hôpitaux et à l'assistance publique (jolie idée). Parmi la bande promo diffusée ensuite, nous avons pu repérer L'alibi, La maison du maltais, Picpus, ainsi que La fin du monde, L'enfance nue et Le garçu.

Chez Pathé, c'est 15 restaurations en 2019 et 20 000 entrées pour la rétrospectve Almodovar. Pour 2020 est prévu un cycle de restauration de films de Patrice Leconte (Monsieur Hire, Tandem, Tango), ainsi qu'un cycle Coppola suite aux nouvelles restaurations disponibles. Cette fois-ci, ce sont Les gaietés de l'escadron, Ailes du diablen La séparation, Lidoire, Si j'étais un espion et Yeelen que nous avons pu repérer dans la vidéo projetée.

Au tour de TF1, qui ont restauré 40 films en 2 ans, notamment du catalogue des Films Ariane. TF1 a énormément ralenti leurs sorties vidéo cette année (suite à des problèmes de distribution et à la chute du marché vidéo français) et a donc passé des partenariats avec des éditeurs : Coin de mire, Tamasa et Le chat qui fume. Dommage car leur catalogue de restaurations contient Les nuits de Cabiria, La chasse à l'homme, Les stances à Sophie, Le lit cojugal, La mer à boire, La table-aux-crèves, Nous irons à Monte Carlo, Le bateau d'Emile, Les évadés, La loi c'est la loi, Des pissenlits par la racine, Le tueur, La fille de D'Artagnan, Le ciel est à vous, Thérèse, Possession, Le chant de la morte-saison, Le diable et les 10 commandements (avec un sketch inédit), Les bonnes causes, Le baron de l'écluse, Train d'enfer, Poil de Carotte, La tête d'un homme, L'aigle à deux têtes, Fortunella, A nous la liberté, Chère Louise, Histoires extraordinaires ainsi qu'au moins deux films de Jean-Louis Hubert (Et après la guerre, et La reine blanche). Certains de ces films sont d'ailleurs parus chez Coin de mire.

Pour Tamasa, l'actualité en salles se compose d'une rétrospective Pabst, du Monde animé de Grimault, L'ombre des chateaux (restauré en 4K), Les hommes le dimanche (4K), une rétrospective Jean Renoir (mars 2020), Europa 51, 1 inédit d'Elio Petri (dont le titre nous a malheureusement échappé), Les violons du bal (2K), India Song, Fantozzi et Le ballon d'or (2K).

Chez Carlotta, le programme présenté allait principalement jusque décembre 2019 et est donc déjà connu du public : Souvenirs d'en France, Cartouche, Jabberwocky, Donnie Darko et une rétrospective Milos Forman. Quelques infos supplémentaires cependant : Les fleurs de Shanghai devrait ressortir en salles début 2020, Irréversible en janvier 2020, et une nouvelle rétrospective Ozu devrait avoir lieu en 2021. C'est aussi Carlotta qui ressortira Satatango de Bela Tarr.

Les Acacias a prolongé les remarques faites en préambule de leurs présentations par Tamasa et Carlotta en rappelant l'importance de capturer tant que possible les jeunes avec le patrimoine. Et si les films de patrimoine sont avant tout vus par un public plutôt agé, "les jeunes sont juste des personnes âgées en devenir !". Passé ce trait d'humour, le catalogue des Acacias est plutôt inéressant, avec 3 films avec Patrick Dewaere (Un mauvais fils, Hôtel des Amériques et Beau-père), Le ciel est à vous, Non coupable, plusieurs films de Dino Risi (Âmes perdues, Carrière d'une femme de chambre, Sexe fou et Au nom du peuple italien) et plusieurs d'Alberto Lattuada (Les adolescentes et Guendalina), La famille (Scola), Le flambeur (Reisz), Le mystère von Bülow (qui paraitra chez L'atelier d'images prochainements) Mississipi Burning et 3 films de Naruse (visiblement parmi ceux parus en vidéo chez Carlotta).

Addendums

En parallèle du MIFC, plusieurs infos ont été communiquées ou rendues public. En vrac :

  • Carlotta sortira Pandora en 2020 à partir de sa nouvelle restauration 4K (droits salles et vidéo). L'éditeur a aussi signé pour une "collaboration poussée" avec MK2. Enfin, il a acquis les droits de Peggy Sue s'est mariée et Jardins de pierre. Devrait aussi sortir l'année prochaine en Blu-ray la trilogie Musashi (on suppose à partir des restaurations parues chez Criterion en 2012).
  • Chez Pathé, sortiront en vidéo début 2020 Doucement les basses, Par un beau matin d'été et Étrange monsieur Victor. Suivront mi-2020 : Tango, Tandem, Monsieur Hire, La mariée est trop belle, La femme et le pantin (plus sa version muette de 1929). Enfin, Échec au Porteur, L'enfer des anges (avec deux fins), et l'événement La roue d'Abel Gance.
  • Studio Canal, eux, continueront la collection Make My Day avec Winter Kills, Fright, And Soon The Darkness, Descente aux enfers (Vice Squad), Miracle à l'italienne, Quelqu'un derrière la porte, The Sound Barrier et The Changeling. Côté line-up traditionnel, ce sera Orca, Viens chez moi j'habite chez une copine, La foret d'émeraude, Tenue de soirée, Alice et Martin et Hôtel des Amériques. Une nouvelle restauration 4K d'Elephant Man paraitra aussi en 2020.

Par Rémy Pignatiello

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