DOSSIER : Les meilleures séries de 2018


Les meilleures séries de 2018

En 2017, nous élisions à l'unanimité la troisième saison de Twin Peaks comme meilleure série de l'année. Dur dur de se défaire de cet envoûtement signé David Lynch pour plonger, en 2018, dans d'autres univers sériels. En première position, nous retrouvons pourtant une série qui nous avait également emballés l'an passé, et qui a su résister aux mauvaises critiques pour se hisser à la tête de notre classement. En dépeignant avec toujours autant de puissance la violence de la République de Gilead, The Handmaid's Tale a su nous conquérir à nouveau, notamment grâce à sa puissance émotionnelle et à ses personnages révélant petit à petit leur humanité.

Chez Bruno Dumont, un cinéaste particulièrement apprécié par les rédacteurs de Retro-HD, P'tit Quinquin est devenu Coin-coin pour encore plus d'absurde et de folie, dans une aventure policière au surréalisme revendiqué. En deuxième position de notre classement, Coin-coin et les Z'Inhumains prouve que la série télévisée française est capable d'audace et n'a pas encore dit son dernier mot.

En troisième et quatrième position, nous retrouvons deux séries produites par Netflix : The Haunting of Hill House, le tout nouveau phénomène qui a déjà conquis des millions d'abonnés et Sense8, à qui la plateforme a coupé les ailes en plein vol pour faute de budget trop conséquent. Avec ces deux séries novatrices, où le mélange des genres flirte avec une émotion ravageuse, Netflix assied sa légitimité dans le paysage audiovisuel actuel et prouve que le monopole du petit écran n'est plus détenu par les grands networks tels que HBO ou Showtime.

Notre petite dernière est une série qu'on n'attendait pas et qui a su nous surprendre sur tous les plans. Créée par la brillante Phoebe Waller-Bridge, Killing Eve est un thriller psychologique à l'énergie communicative. En plus de mettre en lumière les excellentes actrices que sont Jodie Comer (cinquième de notre classement actrices !), Sandra Oh et Fiona Shaw, la série redéfinit avec intelligence les rapports de force entre les hommes et les femmes. De quoi séduire toutes les féministes en quête de renouveau télévisuel !

Hors classement général, nous retrouvons d'autres grandes séries qui ont aussi marqué 2018 : Pose, le nouveau bébé de Ryan Murphy, qui a su affirmer sa modernité en mettant en scène le quotidien d'une communauté de sublimes marginaux, dans une reconstitution esthétique et politique des années 1980 ; Sharp Objects, d'après le roman de Gillian Flynn et réalisée par Jean-Marc Vallée, qui dépeint intelligemment le mal qui ronge les petites villes de l'Amérique profonde ; La Casa de Papel, qui a beaucoup fait parler d'elle et qui continue de séduire dans sa deuxième saison ; enfin, Maniac, une autre série événement signée Netflix, où Jonah Hill et Emma Stone brillent par leur folie.

Juste après notre classement général, découvrez les tops personnels de tous nos rédacteurs ! Vous y trouverez très certainement des idées pour occuper vos longues soirées d'hiver !

TOP SÉRIES 2018

1. The Handmaid's Tale (saison 2)

2. Coin-coin et les Z'Inhumains (saison 2)

3. The Haunting of Hill House (saison 1)

4. Sense8 (épisode final)

5. Killing Eve (saison 1)

Emilie BOCHARD

1. The Handmaid's Tale (saison 2, créée par Bruce Miller) : Fortement critiquée pour sa violence complaisante et son scénario qui semble tourner en rond, la deuxième saison de The Handmaid's Tale fait pourtant preuve de toujours autant de puissance, d’émotion et de beauté visuelle, sans jamais céder à la provocation. En explorant les vices comme les failles de l’effroyable République de Gilead et en continuant de dépeindre le possible cauchemardesque de notre société actuelle, The Handmaid’s Tale nous réserve à nouveau quelques moments de grâce, sans oublier de faire évoluer ses personnages, et notamment Serena, qui révèle enfin toute son humanité lorsqu’elle prend conscience de l’horreur qu’elle a créée de ses mains et qui devrait devenir un élément essentiel à la révolution qui se prépare dans la prochaine saison.

2. Sense8 (épisode final, réalisé par Lana Wachowski) : Dans cet adieu déchirant à nos sensitifs préférés, tout en feux d’artifice et en déclarations d’amour, Sense8 reste égale à elle-même : emplie de maladresses, parfois tapageuse, la série n’en reste pas moins incroyablement belle, vectrice de partage, d’humanisme et de tolérance. Loin d’être parfaite, laissant parfois quelques personnages sur le bas-côté, cette conclusion où l’action embrasse l’émotion atteint pourtant des sommets de bienveillance, en nous persuadant que la solidarité, l’amour et l’amitié sont les meilleures armes pour combattre le mal qui ronge nos sociétés. Amor Vincit Omnia ("l'amour peut tout vaincre") : voici donc le dernier message lumineux légué par Lana Wachowski et Sense8. Au sein d’une époque troublée telle que la nôtre, rien de mieux que ces trois petits mots pour retrouver espoir et (re)construire les valeurs de nos générations actuelles et futures.

3. Killing Eve (créée par Phoebe Waller-Bridge) : En mêlant thriller, humour noir et sensualité, Killing Eve revisite intelligemment le genre du film d'espionnage. En plus d’explorer à merveille la fascination réciproque d’Eve, une agent du MI6 bourreau de travail, et de Villanelle, une brillante psychopathe d’origine russe, la série inverse subtilement les rôles habituellement donnés aux hommes et aux femmes à la télévision ou au cinéma. Dans ce programme novateur, Phoebe Waller-Bridge modifie en profondeur les rapports de force et la guerre des sexes en supprimant toutes les idées passéistes encore présentes dans nos modes de représentation. Une bonne façon pour elle de redéfinir les lignes d’un monde nouveau, où oppression et stéréotypes ne font plus partie du vocabulaire.

4. GLOW (saison 2, créée par Carly Mensch et Liv Flahive) : Dans cette deuxième saison explosive, GLOW se montre plus que jamais consciente d'elle-même et corrige tous les défauts que l'on a pu lui reprocher dans son premier volet : plus drôle, plus émouvante et surtout plus engagée, GLOW a su remonter sur le ring comme il se doit en abordant de front la domination masculine dans la société du spectacle. En plus de prendre des risques formels et de donner une véritable substance à ses personnages, la série livre surtout un combat féministe en prise avec l'actualité et ne manque pas d'affirmer sa force de conviction.

5. Super Mamans (créée par Alison Bell et Sarah Scheller) : Entre humour et émotion, Super Mamans (The Letdown en anglais) dépeint avec réalisme la maternité dans toutes ses difficultés et ses non-dits. Traumatismes post-partum, disparition de la vie sexuelle, absence du paternel : tout passe au crible de cette série nécessaire et bienveillante, qui tire surtout sa force de ses personnages féminins complexes et attachants. Loin des injonctions à la beauté et au glamour véhiculées par Hollywood et d'autres séries télévisées, Super Mamans redonne au genre de la comédie toute sa dimension humaine et initiatique, transformant le petit écran en un reflet parfait de notre quotidien.

Mention spéciale à Hilda (créée par Luke Pearson), une adorable série d'animation qui nous invite au pays de l'imaginaire pour y rencontrer trolls, elfes et autres créatures merveilleuses. Un excellent moyen de passer l'hiver au coin du feu tout en retombant en enfance, aux côtés de petits personnages mignons tout plein !

Anne-Soizic BOUËNARD

1. The Handmaid's Tale

2. The Good Place

3. Westworld

4. Black Mirror

5. Pine Gap

Thomas ARTEMNIAK

1. The Haunting of Hill House

2. You

3. Maniac

4. Kidding

5. Altered Carbon

Jean HARTLEYB

Si la fréquentation des salles obscures est en baisse par rapport à 2017, l’explication se trouve probablement du côté du streaming et de l’arbitrage budgétaire de ménages consacrant aux chaînes à péage une part non-négligeable de leurs dépenses loisirs. HBO, Netflix, Amazon Prime et consorts ont le grand mérite de ne pas hésiter à financer et à soutenir des projets ambitieux mais risqués. Notre coup de cœur de l’année revient à la série L’Aliéniste adaptée du roman de Caleb Carr, même s’il nous faut bien reconnaître la plus grande profondeur de vue de la très cérébrale et « münchhausienne » Sharp Objects de Marti Noxon.

1. Sharp Objects (saison 1)

2. Bodyguard

3. L’Aliéniste (saison 1)

4. Ozark (saison 2)

Rémy PIGNATIELLO

Coin-coin et les Z'inhumains

Dumont revient avec une 2e saison poussant le non-sens et l'absurde burlesque encore plus loin. Au fond, la résolution même de son postulat de départ l'intéresse moins que la possibilité de dépeindre à nouveau sa troupe de personnages loufouques, au milieu de laquelle Quinquin devenu Coin-coin grandit doucement mais sûrement, entre émois plus ou moins réussis et mauvaises fréquentations. Cependant, comme dans la première saison, ce sont Bernard Pruvost et Philippe Jore (Van der Weyden et Carpentier) qui volent la vedette.

Sébastien BRUCELLE

1. La Casa de Papel

2. Altered Carbon

3. The Terror

4. Maniac

5. Jack Ryan

Quentin ELUAU

1. Jojo's Bizarre adventure
 
2. Steven Universe
 
3. The Haunting of Hill House
 
4. Bojack Horseman
 
5. Violet Evergarden

David SPERANSKI

1. Pose, saison 1, créé par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Steven Canals. Depuis Nip/Tuck, Ryan Murphy arrive toujours à surprendre. Ce qu'il produit (Glee, Scream QueensAmerican Horror StoryAmerican Crime Story) est parfois imparfait mais toujours intéressant et innovateur. Son style tapageur et excentrique arrive peut-être enfin à maturité avec Pose. En décrivant la naissance d'une communauté des exclus (prostituées, trans, voleurs, dealers) dans les années 80 post-Sida, alors qu'un certain Donald Trump fait ses débuts, il raconte un peu de notre histoire à tous, en accomplissant son manifeste politique et esthétique. En engageant 3 actrices trans, au demeurant, formidables comédiennes, il s'inscrit d'emblée dans la continuité de Sense8, le fantastique en moins, le naturalisme utopique en plus.

2. Coin-coin et les Z'Inhumains, saison 2, créé et réalisé par Bruno Dumont. On attendait avec une certaine crainte la suite de P'tit Quinquin. L'attente fut déjouée avec brio par Bruno Dumont qui confronte cette fois-ci ses personnages à des extra-terrestres et nous interroge avec une certaine pertinence sur l'Autre et les rapports qu'on entretient avec l'altérité , via des silhouettes de migrants fantomatiques le long d'une route de campagne. Le burlesque est monté d'un cran : Carpentier conduit toujours sa voiture de gendarmerie d'une drôle de façon tandis que Van Den Weyden peste contre "la fin du monde" qui n'est plus si loin...

3. Killing Eve, saison 1, créé par Phoebe Waller-Bridge. Thriller d'espionnage féministe, Killing Eve est surtout un magistral jeu de chat et souris entre deux femmes, l'une tueuse, Vilannelle, l'autre policière au MI-6. Enorme succès d'audience, cette série confirme le talent étonnant de Phoebe Waller-Bridge pour créer des personnages féminins, fascinants et férus d'humour cynique et très noir. Les deux actrices, Sandra Oh (Golden Globe de la meilleure actrice dramatique) et Jodie Comer, s'en donnent à cœur joie dans ce thriller de haute volée. 

4. Sense8, saison 2, épisode final, créé par Lana Wachowski et Joseph Michael Straczynski et réalisé par Lana Wachowski. C'est l'adieu de la série condamnée par Netflix, en raison d'un ratio audience/budget trop défavorable. Néanmoins Netflix a eu l'élégance de laisser Lana Wachowski conclure. Elle choisit de le faire dans un épisode final de plus de 2 heures et demie, Amor Vincit Omnia, (l'amour vainc tout), profession de foi chaleureuse et optimiste à l'image de son auteur. Lana a plus tard annoncé qu'elle décidait de mettre fin à sa carrière de metteur en scène. Espérons qu'elle reviendra vite sur sa décision. 

5. The Handsmaid's Tale, saison 2, créé par Bruce Miller. Aussi décriée pour les mêmes raisons que la première saison avait été célébrée, c'est-à-dire un engagement féministe et une violence assez impressionnante des rapports humains, la série dystopique de Bruce Miller poursuit pourtant son chemin, avec à la clé, de nouvelles séquences impressionnantes, celle de l'attentat ou de l'accouchement dans une maison isolée, voire plus intimistes, comme celle où Serena et June collaborent sur un projet commun. Ce sera d'ailleurs la saison où bon nombre de personnages secondaires révéleront encore davantage leur humanité, Emily par exemple, mais surtout Serena dont on ne pensait pas percevoir un jour la face cachée. 

Mentions spéciales :

Bodyguard, saison 1, créé par Jed Mercurio: peut-être trop classique, cette série est pourtant un redoutable appel au binge-watching. Portée par un Richard Madden impressionnant (vous vous souvenez, Rob Stark ?) elle délivre des moments de pur suspense, les plus intenses de cette année 2018, vus dans une série.

The End of the F......world, saison 1, créé par Charlie Covell  : si elle n'avait pas été diffusée en octobre 2017 sur Channel Four (avant d'être popularisée par Netflix le 3 janvier 2018), cette série composée de vignettes pop mettant en scène deux adolescents désaxés, l'un apprenti serial-killer et l'autre une ingénue nymphomane, est un petit bijou d'humour noir qui aurait mérité de figurer dans le Top 5, surtout grâce à la délicieuse Jessica Barden. 

Par Emilie BOCHARD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD