DOSSIER : Festival International de Programmes Audiovisuels de Biarritz (FIPA) 2018


Festival International de Programmes Audiovisuels de Biarritz (FIPA) 2018

La 31ème édition du Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) qui se tient comme chaque année à Biarritz se déroulera du 23 au 28 janvier 2018. Les programmes présentés, destinés à une diffusion sur le petit écran, ont la particularité de relever d'une sélection aux critères de qualité à la fois exigeants et innovants. Retro-HD sera là pour en juger puisque nous assurerons le suivi du festival en direct depuis la Côte Basque. A tel point que l'organisation du festival a décidé de créer un Prix de l'innovation décerné à l'œuvre considérée comme la plus innovante de la sélection, toutes catégories confondues (série, documentaire, …), "mettant la technologie au service d'un propos". Un espace dédié (le Smart Lab) sera d'ailleurs consacré à la présentation de programmes transmedia (dont certains en compétition) déployant un univers virtuel via un équipement prévu à cet effet (siège pivotant, casque VR) grâce auquel le spectateur devrait pouvoir se fondre au sein même de la narration. Et si l'interactivité de ce dernier avec l'histoire ne semble pas encore de mise, sans doute constitue-t-elle le prochain pas en avant dans cette voie. La modification du rapport à l'œuvre engagée par la mise en place d'un tel dispositif questionne et le débat reste ouvert.

Les rencontres professionnelles s'y tiendront réunissant les acteurs du marché (producteurs, diffuseurs, directeurs de programmes, attachés, réalisateurs, …) sur le thème de l'innovation bien sûr mais aussi de l'ouverture au marché africain francophone, des balkans et plus particulièrement de la création audiovisuelle israélienne, en plein essor. Le Festival s'ouvrira ainsi sur la projection en exclusivité de l'épisode 1 de la saison 2 de la série israélienne Fauda produite et diffusée par le groupe de chaînes télévisées Yes Stars, thriller sur fond de traque antiterroriste dont l'action se situe entre la Palestine et Israël, la saison 1 (disponible chez Wild Side depuis le 8 janvier 2018 en VOD et DVD), présentée au printemps 2017 au festival Séries Mania sur Paris, ayant connu un succès international depuis. Carte blanche sera accordée aux organisateurs du festival du film documentaire Docaviv qui se déroulera du 17 au 26 mai 2018 à Tel Aviv, avec 3 documentaires en compétition axés autour des problématiques liées à l'histoire du peuple juif: du poids de l'Holocauste sur l'éducation des enfants de survivants (Shadows de Noa Aharoni) au nationalisme sioniste d'aujourd'hui (The Patriot de Daniel Sivan) en passant par le doute d'une réalisatrice sur sa foi religieuse (Hakir de Moran Ifergan). Les étudiants en cinéma israéliens viendront en outre présenter leurs films d'école (de l'animation au documentaire en passant par la fiction).

Le FIPA au cœur du monde

Ainsi, le FIPA se caractérise tout aussi bien comme un festival en prise directe avec l'actualité internationale. La diversité des thèmes qui y sont abordés, que ce soit sous l'angle du documentaire ou celui de la fiction, fait écho aux problématiques sociétales comme aux conflits géopolitiques qui traversent le monde contemporain. La question migratoire en est l'illustration parfaite. Plusieurs des programmes présentés au cours de cette 31ème édition l'adoptent comme sujet central de leur œuvre, de manière plus ou moins frontale: Le Temps des égarés (fiction française), Les Réfugiés de Saint-Jouin (documentaire), Limbo (projet britannique de réalité virtuelle labellisé Smart Lab), Enfants du hasard (documentaire belge sur des élèves issus de l'immigration au sein d'une petite école primaire), Safe Harbour (une série australienne), Kiryat Hachalomot (un court-métrage israélien) ou encore Spielfeld (documentaire allemand tourné dans la commune autrichienne du même nom suite à la fermeture de la route des Balkans pour réguler l'afflux des migrants fuyant la guerre et/ou la misère, venus de Syrie, d'Afghanistan ou d'Irak, jusqu'en Europe de l'Ouest). De quoi enrichir la réflexion, voire le débat, à travers les différentes perspectives proposées ici, et c'est sans doute là l'essentiel.

La guerre et le terrorisme font évidemment aussi partie des sujets traités, à commencer par le conflit israélo-palestinien, avec par exemple A Land without Borders, qui nous questionne, dans son titre même, sur le concept de frontière, cher au regretté Theo Angelopoulos (Le Pas suspendu de la Cigogne, L’Éternité et un jour), thème ô combien brulant de nos jours, puisque, jusque dans les rangs de la gauche militante historique, il tend à être de plus en plus réhabilité (cf. Regis Debray; Éloge des Frontières, Gallimard, 2013, à qui l'histoire récente semble [malheureusement?] donner raison). Ou encore Hasade, autre documentaire israélien. En poursuivant par les atrocités commises au nom de la guerre ou d'un idéal sur les populations civiles: viols (Silent War), prise d'otages (La Rançon), jusqu'à donner la parole aux soldats combattants eux-mêmes (The Enemy) via une appli, afin de sonder leurs motivations profondes en même temps que l'humanité qui, malgré tout, continue de les habiter.

L'écologie apparaissant elle aussi comme une préoccupation majeure de notre début de siècle, elle sera illustrée à travers différents programmes tels que Mareyeurs (documentaire italo-sénégalais sur l'épuisement des ressources océaniques) ou Ondes noires (sur les risques sanitaires liés aux radiations électromagnétiques). De nombreux autres sujets, trop nombreux pour être tous référencés ici, seront abordés à travers les œuvres projetées au cours du festival, tels que la fin de vie (Petits arrangements avec la vie, Elämä Kuolemasta, 212), la misère sociale (Signé Abdela), le handicap (Monsieur et madame Piccioli), l'avortement (Intérieur), l'altérité (Santé, Un homme, mon fils), la condition des femmes (White Pig, Zarah-Wilde Jahre, Meine Fremde Freundin) ou le système éducatif (Le Courage de grandir).

En somme, un festival riche et varié à travers les thèmes de réflexion qu'il propose à son public, reflétant la diversité du monde contemporain ainsi que sa complexité, à l'issue duquel sera décerné le FIPA d'Or qui récompensera le meilleur programme, le Prix Mitrani (du nom de Michel Mitrani, qui fut à l'origine du FIPA) attribué au meilleur documentaire d'une part, et à la meilleure fiction d'autre part, issus de la section Jeune Création, le Prix Erasmus + qui récompensera un film issu lui aussi de cette même section lié aux valeurs et aspirations de la jeunesse européenne, le Prix du jury des jeunes européens décerné par 13 lycéens francophones et originaires de l’Union européenne au meilleur documentaire international, sans oublier le Prix du public avec lequel le FIPA a tissé au fil des éditions un lien particulièrement fort. Précisons enfin que Emily Loizeau, chanteuse-pianiste ayant à de nombreuses reprises déjà composé pour le cinéma et la télévision, sera la marraine et, espérons-le, bonne fée de cette 31ème édition. Que le spectacle commence.

TOUT LE MONDE AU FIPA

Par Sébastien LAMOTHE

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