DOSSIER : TOP CINEMA 2017 de la rédaction


TOP 2017 Cinéma et Séries

Cette année a surtout été américaine, il faut l'avouer. 7 films américains sur 10 trustent ainsi notre Top 10. C'est là que se trouvaient les plus éclatantes révélations (Damien Chazelle, Jordan Peele), où des metteurs en scène confirmés ont pris des risques en mélangeant film d'auteur et film de genre (Logan, Blade Runner 2049). A Retro-HD, le cinéma de genre est bienvenu et le palmarès de l'année fait ainsi honneur au film d'horreur (Get out, Ça et Grave) et même au film d'action (John Wick 2), même un peu parodique (Baby Driver où Edgar Wright rend un hommage moqueur au Tarantino des grandes années). 

Le cinéma américain a dominé ; pourtant le cinéma européen n'a pas démérité : deux de leurs plus brillants représentants arrivent à placer leurs films dans notre Top, la Palme d'Or The Square de Ruben Östlund et Corps et Ame de Idliko Enyedi, le lauréat de l'Ours d'or de Berlin, ce qui correspond à peu près à la part normale du cinéma européen dans notre Top. En revanche, pas de film d'animation cette année ni de film asiatique ou d'Amérique du Sud. C'est malheureusement aussi le cinéma français qui se trouve en perte de vitesse. La grande surprise est ainsi de voir que le meilleur film français chez Retro-HD n'est pas Au Revoir là-haut d'Albert Dupontel, 120 battements par minute de Robin Campillo ou encore Les Fantômes d'Ismael d'Arnaud Desplechin, tous trois non retenus dans le Top, mais le premier film d'une jeune réalisatrice, Julia Ducournau, qui bat donc à plate couture ces vieux routiers.

Ce sont donc de jeunes réalisateurs qui sont ici l'espoir du cinéma, que Retro-HD a tenu à saluer: Damien Chazelle (3ème film), Jordan Peele (1er film) et Julia Ducournau (1er film). Si on rajoute Ruben Östlund, Edgar Wright et Andy Muschietti qui ne sont guère plus âgés, c'est toute une nouvelle génération qui s'empare du pouvoir dans le cinéma. A eux seuls, Chazelle et Peele ont d'ailleurs concentré plus du tiers des votes. L'un nous a montré de manière symbolique le racisme plus ou moins latent qui n'a cessé d'exister dans la société américaine, se faisant aussi l'écho d'autres films comme Detroit, Moonlight ou I am not your negro qui résonnent de manière terrible dans la société potentiellement discriminatoire de Donald Trump ; l'autre a préféré nous montrer le grand écran de ses rêves, en nous plongeant dans un Technicolor et une magie que l'on croyait à jamais perdus. Or quand le rêve se fait déception, son envers n'est pas moins cruel que la véritable réalité mais laisse néanmoins des raisons d'espérer. C'est sans doute pour cela que La La Land, qui a de superbes airs de classique instantané, l'a emporté. Car comme disait l'autre, la beauté sauvera le monde.

TOP FILMS 2017 DE LA RÉDACTION

  1. LA LA LAND de Damien Chazelle, 42 points.
  2. GET OUT de Jordan Peele, 34 points.
  3. LOGAN de James Mangold, 27 points.
  4. BLADE RUNNER 2049 de Denis Villeneuve, 17 points (une place de premier)
  5. CORPS ET AME de Idliko Enyedi, 17 points (places de 2ème et de 3ème)
  6. JOHN WICK 2 de Chad Stalhelski, 17 points (places de 4ème, 5ème et 7ème)
  7. THE SQUARE de Ruben Östlund, 16 points
  8. ÇA de Andy Muschietti, 15 points   
  9. GRAVE de Julia Ducournau, 13 points (une place de premier)
  10. BABY DRIVER d'Edgar Wright, 13 points (places de 3ème et de 6ème)

Emilie Bochard

En 2017, le cinéma a connu un tournant majeur. Entre révélations compromettantes sur les grands puissants de l'industrie du film, blockbusters qui ne convainquent même plus les afficionados et l'émergence d'un cinéma qui réagit à l'agitation générale, le système hollywoodien est en train de connaître une transformation encore timide aujourd'hui, qui révolutionnera demain nos modes de représentation sociaux et de conception du cinéma. Les meilleurs films américains de l'année s'opposent à cette surenchère de mouvements devenue norme : dans The Lost City of Z, Silence, A Ghost Story et Lucky,on laisse le temps au temps, on laisse infuser des sujets qui dévoilent leur complexité sur la longueur, on filme la banalité du quotidien et on envoûte le spectateur par la simple magie de la lenteur et du silence.

En Europe aussi, le cinéma américain n'a plus la même saveur. On y interroge ce qu'est l'homme contemporain, et comment on le conçoit dans le cinéma mainstream actuel. Cinglant et désabusé, The Square revient sur la lâcheté d'un père de famille face aux femmes, aux enfants et aux plus démunis. Le personnage de Claes Bang réinvente le masculin au cinéma en devenant l'antithèse même du super-héros. Dans le sublime et poétique Corps et âme, c'est le principe de séduction qui est mis en échec : exit les coups de foudre au premier regard, les conversations stéréotypées et les scènes d'amour parfaites. Selon la réalisatrice, il faut savoir dompter nos instincts bestiaux et réapprendre à s'apprivoiser.

Tout en réinventant le futur, les films de 2017 se montrent hantés par un passé cinématographique, historique ou familial. Coco, Dans un recoin de ce monde et Carré 35 (le seul film français de cette liste), se montrent investis par la mémoire, la douleur des souvenirs et la révélation de secrets enfouis. Cette idée d'héritage prend son envol dans La La Land, dans lequel Damien Chazelle se nourrit des œuvres du passé pour mieux y insuffler une modernité implacable. En nous invitant à chanter l'amour et à danser la vie, Chazelle invente un tout nouveau genre : la comédie musicale contemporaine, faite d'euphorie, d'onirisme et de renoncements. Cette leçon de cinéma et de vie habitera l'Histoire du septième art encore longtemps, ainsi que nos cœurs en mal de qualité nouvelle.

  1. La La Land, de Damien Chazelle
  2. Coco, de Lee Unkrich et Adrian Molina
  3. Corps et âme, d'Ildiko Enyedi
  4. Lucky, de John Carroll Lynch
  5. The Square, de Ruben Östlund
  6. A Ghost Story, de David Lowery
  7. The Lost City of Z, de James Gray
  8. Carré 35, d'Eric Caravaca
  9. Silence, de Martin Scorsese
  10. Dans un recoin de ce monde, de Sunao Katabuchi

Anna Yeah

  1. Atomic Blonde
  2. Thor Ragnarok 
  3. Seven Sisters
  4. John Wick 2
  5. La Planète des Singes 
  6. Le Roi Arthur
  7. Ghost in the Shell
  8. La Grande Muraille
  9. Logan
  10. Kingsman 2

Sébastien Lamothe

Par souci d'honnêteté intellectuelle, je tiens à préciser que n'ayant pas eu la possibilité de visionner Faute d'amour de Zvyagintsev, il n'apparaît pas dans mon classement mais que si je l'avais pu cela eut été certainement le cas.

  1. Detroit (Kathryn Bigelow) touchant (sans verser dans le mélo) et juste à la fois sur un sujet aussi difficile que celui des émeutes raciales aux Etats-Unis par une américaine, blanche de surcroît, n'en déplaise à ceux qui se sont plu à développer une vaine et écœurante polémique au sujet du film. Une maîtrise narrative époustouflante K. Bigelow restant fidèle à son style oscillant entre faux documentaire et fiction dramatique qu'elle parvient habilement à entrecroiser.
  2. Thelma (Joachim Trier) par un cinéaste qui construit sans bruit une œuvre au style personnel explorant le thème du désir dans sa dimension existentielle, teintée de poésie sur fond de drame intime. Après avoir flirté avec le fantastique dans ses films précédents, le voici qu'il s'y fond complètement avec une certaine réussite voire une réussite certaine. Esthétique et délicieusement abstrait.
  3. Entre deux rives (Kim Ki-duk) un vrai faux film d'espionnage sur fond de tension politique extrême entre les deux Corées, un sujet particulièrement d'actualité. Un appel désespéré à notre sentiment d'humanité. L'histoire d'un pêcheur pris dans les filets de la politique d' Etat ainsi qu'une mise dos à dos de deux systèmes qui sacrifient l'individu au noms d'intérêts cyniques.
  4. 14 ans, premier amour (Andrey Zaytsev), comédie à la fois tendre et loufoque au style bouffon sur le thème du passage à l'adolescence et de la difficulté d'une mère à voir son enfant grandir et s'éloigner d'elle pour mieux voler de ses propres ailes. Un film qui flirte plus qu'il n'y paraît avec le sentiment mélancolique.
  5. Moonlight (Barry Jenkins)
  6. Après la tempête (Hirokazu Kore-eda)
  7. L'amant Double (François Ozon)
  8. Grave (Julia Ducournau)
  9. Nocturnal Animals (Tom Ford)
  10. Okja (Bong Joon-ho)

Stéphane Odrobinski

  1. Grave
  2. Laissez bronzer les cadavres
  3. Logan
  4. Get Out
  5. Quelques minutes après minuit
  6. La La Land
  7. Dunkerque
  8. Un jour dans la vie de Billy Lynn
  9. Creepy
  10. Au revoir là-haut

Sébastien Brucelle

  1. Get Out
  2. Logan
  3. Baby Driver
  4. Blade Runner 2049
  5. Ça
  6. Wonder Woman
  7. John Wick 2
  8. Kingsman Le Cercle d'or
  9. Seven Sisters
  10. La Planète des Singes Suprématie

Quentin Eluau

  1. La La Land
  2. Au revoir là-haut
  3. Logan
  4. Lego Batman
  5. Mother!
  6. Ca
  7. Split
  8. Dunkerque
  9. Coco
  10. Star Wars VIII

Rémy Pignatiello

  1. Get Out
  2. A Monster Calls
  3. Kingsmans 2
  4. Les Gardiens de la Galaxie 2
  5. John Wick 2
  6. Baby Driver
  7. Song to Song
  8. Patients
  9. Nocturnal animals
  10. Le Grand Méchant Renard

Pierre Larvol

  1. Blade Runner 2049
  2. La La Land
  3. La Villa
  4. Braguino
  5. Les Fantômes d'Ismael
  6. Faute d'amour
  7. Ça
  8. Get out
  9. Mise à mort du cerf sacré
  10. Lumière! L'aventure commence

David Speranski

  1. The Square de Ruben Östlund
  2. Corps et Ame d'Idliko Enyedi
  3. La La Land de Damien Chazelle
  4. Song to Song de Terrence Malick
  5. Mother! de Darren Aronofsky
  6. A Ghost Story de David Lowery
  7. Get Out de Jordan Peele
  8. It comes at night de Trey Edward Shults
  9. The Lost City of Z. de James Gray
  10. Silence de Martin Scorsese

Mentions spéciales à The Florida Project, Gabriel et la Montagne, Les Fantômes d'Ismael, Au Revoir là-haut, Detroit, Le Musée des Merveilles et Un jour dans la vie de Billy Lynn.

Mention très spéciale à David Lynch : The Art Life, documentaire exceptionnel sur l'enfance, la jeunesse et les années de formation de David Lynch.

Le monde va mal, tous les gens le savent ou presque: tensions raciales (Get out, It comes at night), élite friquée contre misère du peuple (The Square), Mère Nature profanée ou femmes bousculées (Mother!). L'amour a pour ultime frontière la mort (A Ghost story). Comment s'en sortir sinon partir ailleurs (The Lost Ciy of Z.) où se réfugier dans une foi qui n'est peut-être qu'un leurre (Silence)? Il faudrait réinventer l'amour, c'est que des films pleins d'espoir nous incitent à faire (Song to song, La La Land, Corps et Ame). L'amour est à réinventer, disait le poète. Pourquoi ne pas l'écouter?

Par David Speranski

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