DOSSIER : TOP 5 des films sur la légende arthurienne


TOP 5 des films sur la légende arthurienne

Alors que Le roi Arthur : la légende d’Excalibur débarque dans les salles dopé par Guy Ritchie, l’occasion est venue de nous lancer dans une petite rétrospective de tous les films centrés sur la légende arthurienne. Forcément il y a du bon et du moins bon alors on a concocté pour vous un petit top 5 personnalisé qui devrait à la fois satisfaire votre soif de légende, de combats épiques et de table ronde suivant vos humeurs et vos envies.

 

Le film le plus baroque : Excalibur de John Boorman (1981)

Certainement l’une des versions cinématographiques les plus connues de la légende arthurienne. Débordant d’idées visuelles, John Boorman met en place un monde imaginaire regorgeant de détails, d’idées esthétiques empruntant à de nombreux styles pour un fourre-tout visuel absolument splendide. L’univers mis en place navigue entre la violence graphique, la féérie visuelle et convoque notre imaginaire d’enfant. Costumes superbes, décors merveilleux et acteurs au top (dont des jeunes Liam Neeson et Gabriel Byrne). Le résultat, aussi splendide soit-il, affiche cependant quelques troubles au niveau du scénario qui ne nous ménage pas sur les ellipses et les transitions, dues à des coupes dans la première version du scénario qui affichait une durée d’environ 4h30.

 

Le film le plus merveilleux : Merlin l’Enchanteur de Wolfgang Reitherman (1963)

Impossible d’y couper. Au moment même où l’on écrit ces lignes, on fredonne l’inoubliable chanson Higitus Figitus et on revoit le combat de métamorphoses dantesque entre Merlin et Madame Mim. Classique de l’animation Disney orchestré par Wolfgang Reitherman, l’un des piliers de la firme durant des années (on lui doit également Le livre de la jungle, Les Aristochats et Robin des Bois), Merlin l’enchanteur ne se concentre que sur la jeunesse d’Arthur avant qu’il ne retire Excalibur du rocher, mais ravit encore aujourd’hui chaque personne qui le découvre, enfant ou adulte. Et pour cause, le récit est truffé d’humour, d’apprentissage et de figures merveilleuses. On ne s’en lasse pas.

 

Le film le plus délirant : Monty Python : Sacré Graal de Terry Gilliam et Terry Jones (1975)

Difficile également de passer à côté de ce fameux délire des Monty Python quand on évoque la légende arthurienne. Les fameux trublions anglais s’en sont donné à cœur joie dans ce film pour un résultat plein d’humour, flirtant toujours avec l’absurde et le burlesque. Dans ce film où les chevaliers n’ont pas de chevaux, où les ennemis aux bras tranchés se battent encore, où les historiens sont assassinés et où les lapins sont des animaux redoutables, on ne retient qu’une chose : le rire, envers et contre tout.

 

 

Le film le plus musical : Camelot de Joshua Logan (1967)

Peut-être le film le moins connu du grand public, cette adaptation cinématographique d’une comédie musicale montée à Broadway (avec Richard Burton et Julie Andrews) est une petite pépite en son genre. Décors somptueux, passion amoureuse transie entre Guenièvre et Lancelot et surtout, des chansons mémorables flirtant aussi bien avec le ridicule qu’avec la grande classe. Comédie musicale surprenante affichant un goût épique inattendu, Camelot vaut également pour son casting : Richard Harris en roi Arthur, Vanessa Redgrave en Guenièvre, Franco Nero en Lancelot et même David Hemmings en Mordred. On vous laisse imaginer le tableau, nous on va revoir le film et chanter en cœur avec ces preux chevaliers.

 

Le film le plus improbable : Perceval le Gallois d’Eric Rohmer (1978)

En France, les budgets permettent rarement que l’on s’attaque à la légende arthurienne. Dans les années 70, Robert Bresson a pourtant fait son Lancelot du Lac et Eric Rohmer s’est lancé dans Perceval le Gallois. Ce dernier est un petit délice. Rencontre improbable entre le film médiéval et Eric Rohmer (qui adapte ici Chrétien de Troyes), Perceval le Gallois baigne dans des décors de studios minimalistes et assumés tels qu’ils sont. Le décalage est surprenant mais pas autant que les choix de Fabrice Luchini en Perceval et d’André Dussolier en Gauvain. De l’aveu de Dussolier lui-même qui se demandait un peu ce qu’il faisait là, Rohmer avait pour coutume de balayer lui-même le plateau après les prises, budget limité du film oblige. Le résultat final est un savant mélange oscillant entre l’improbable et la poésie.

 

Bonus

La version la plus télévisuelle : Kaamelott créée par Alexandre Astier (2005)

Vous pensiez vraiment y échapper ? Incontournable série française (l’une de nos fiertés nationales, autant se le dire) truffée de répliques cultes et dont les nombreuses rediffusions n’usent pas la qualité et font toujours naître le rire au fil des épisodes, Kaamelott est une des versions les plus passionnantes de la légende arthurienne. D’abord parce qu’elle s’étend sur la longueur, mais aussi parce que l’interprétation qu’en fait Alexandre Astier, avec son roi Arthur dépressif, ses chevaliers incompétents (voire stupides) et ses réparties formidables est d’une belle densité qui permet aux personnages de s’affirmer au fil du temps. À noter aussi la réussite exemplaire des saisons 5 et 6 qui proposent des épisodes de 45 minutes où le rire côtoie le drame plus profond. Évidemment, on attend le film, évidemment, on se replonge dans la série pour patienter.

Par Alexandre Coudray