DOSSIER : Game of Thrones: la meilleure série de tous les temps?


Game of Thrones: la meilleure série de tous les temps?

Parmi les meilleures séries de tous les temps, sont souvent citées Les Soprano, The Wire, Breaking Bad, etc., ces oeuvres bénéficiant largement des faveurs des critiques. Peu à peu, une série a su rejoindre ce Panthéon télévisuel grâce à ses qualités exceptionnelles d'écriture et l'esthétisme sans faille de sa direction artistique: Game of Thrones. Pourtant, elle a parfois été critiquée pour son recours sans vergogne à des arguments faciles de vente : sexe et violence. Sans totalement y renoncer, elle a su évoluer, parfaitement gérer son temps narratif à la manière des séries HBO et proposer des développements plus subtils, au point de devenir, après la disparition de Mad Men et Breaking Bad, la série-phare d'aujourd'hui. Aucun fan de séries ne manquerait pour rien au monde ce qui arrivera à Daenerys, Jon Snow, Sansa et les autres. C'est aujourd'hui la série la plus connue, la plus aimée, la plus célébrée (deux couronnements de suite aux Emmy Awards en 2015 et 2016). Elle est reconnue pour sa qualité par les intellectuels et les universitaires, et suivie par les spectateurs du monde entier. Tout cela méritait bien un dossier complet. Retour sur les six saisons d'une série exceptionnelle.  

David Speranski

Game of Thrones saison 1: infirmes, bâtards et choses brisées

C’était en 2011, cela nous paraît déjà une éternité…En 2011, apparaissait le tout premier épisode de Game of Thrones, L’hiver vient. Cela fait un drôle d’effet de revoir maintenant la première saison alors que cinq autres saisons se sont depuis écoulées. On se surprend à voir que les personnages qui ont survécu ont tous fait un sacré bout de chemin en six saisons : Daenerys,  d’esclave sexuelle de Khal Drogo, est devenue une Reine épanouie et sûre de son fait, abandonnant son amant Daario sur le chemin de la reconquête ; Sansa, de jeune fille prude et romantique, s’est transformée en une stratège manipulatrice, sous l’influence (bonne ou mauvaise) de Petyr Baelish et de Ramsay Bolton ; Arya, de garçon manqué, est devenue une tueuse implacable ; Bran, de paralytique, s’est transformé en Zoman et en Corneille à trois yeux, pouvant voir le passé et le futur. Plus sage, plus mûr, Tyrion le Lutin est passé des bordels aux conseils de gouvernement. Quant à Jaime son frère, le Régicide, on aura appris dans la saison 3 que l’esprit chevaleresque et le sens de l’Etat l’habitent, ce qui n’était pas gagné au départ. Bref, ils ont tous beaucoup changé.

Image 1 - Game of Thrones Enfin pas tous, Jon Snow ne sait toujours rien, pas même qu’il est le fils de Rhaegar Targaryen et de Lyanna Stark, énigme éventée par les internautes et enfin confirmée dans le dernier épisode de la saison 6, Les Vents de l’hiver. Il a juste ressuscité, ce qui est proprement un miracle. De JC à JS, il n’y avait donc qu’une initiale de différence…Quant à Cersei, elle est toujours aussi méchante, ce qui n’étonnera personne. En perdant au fil des saisons, successivement ses trois enfants, elle aura même perdu ce qui la rattachait encore un peu à l’humanité. Le paradoxe est qu’en perdant son humanité, elle sera devenue finalement assez attachante. Enfin Petyr Baelish et Varys, les deux hommes de l’ombre, intrigants et calculateurs, n’auront guère changé de caractère mais surtout de côté, sentant venir le vent : Baelish sert désormais les intérêts de Sansa tandis que Varys s’est mis au service de Daenerys.

Cette saison 1, on la revoit donc la larme à l’œil pour s’apercevoir que certains acteurs très jeunes (Sophie Turner, Kit Harington, Maisie Williams) ont grandi et changé physiquement et que le temps a passé pour eux, comme pour nous. En fait, cette saison servait surtout de gigantesque exposition pour l’histoire qui allait suivre, avec un fantastique trompe-l’œil, la mise en avant de Ned Stark (Sean Bean), comme héros de l’histoire, juste, bon et loyal. Il fallait bien une saison entière pour exposer les liens généalogiques et d’alliances entre Royaumes et maisons familiales.

Les showrunners, David Benioff, et D.B ; Weiss, adaptant l’œuvre monumentale de George R.R . Martin, ont d’emblée misé beaucoup en multipliant les provocations : un enfant, Bran, est jeté du haut d’une tour à la fin de l’épisode 1 ; la protagoniste féminine, Daenerys, est agressée et violée régulièrement par son mari mais elle finira par en tomber amoureuse ; enfin le « héros » sera supprimé dans l’épisode 9, le pénultième, inaugurant une belle liste de morts de personnages principaux ou secondaires dans les épisodes 9 des saisons suivantes. Tout est donc possible. Valar morghulis. Tout le monde va mourir, y compris les personnages principaux, ce qui n'est pas étranger à la sensation de frisson qui nous envahit à chaque fois qu'on lance un épisode de cette série.

Image 2 -Game of Thrones Dans cette manière de gérer tranquillement son temps narratif et d’éliminer sans pitié les personnages, on reconnaît l’influence d’une autre série HBO, The Wire (Sur Ecoute). Dans The Wire, en effet, les situations et dialogues amenaient parfois des conséquences énormes trois ou quatre épisodes plus tard, voire dans la saison suivante. De même, souvent, à l’avant-dernier épisode, des personnages très importants étaient éliminés sans coup férir. Car si une série peut être comparée à Game of Thrones, ce n’est pas Vikings ou Rome mais bien The Wire pour la complexité polyphonique des intrigues et de la structure narrative, la différence étant que la complexité narrative s’étend de manière horizontale, géographique pour Game of Thrones, alors qu’elle fonctionne selon des coupes verticales de sujets par saisons dans The Wire.

Game of Thrones prend son temps et ce n’est pas le moindre charme de la série. Vendue comme une série d’Heroic Fantasy, elle semble surtout être une série très politique, où les alliances et les trahisons se font et défont à la manière des Rois Maudits, influence avouée de George R.R. Martin. Ces processus d’alliances atteindront un summum dans la saison 3. En fait l’énorme piège de la saison consiste dans le fait que l’intrigue principale est dans un premier temps surtout politique et psychologique ; les dragons n’apparaissent que dans le dernier épisode de la saison 1. Il est alors trop tard pour le spectateur non-fan de fantastique ou d’Heroic Fantasy : il s’est déjà attaché aux personnages et devra consentir patiemment aux aspects non rationnels de l’intrigue. Car l’on s’attache énormément aux personnages, étrange collection d’ « infirmes, de bâtards et de choses brisées», à commencer par le savoureux personnage de Tyrion Lannister, nain intelligent, cultivé et libertin. L'interprétation de Peter Dinklage est si remarquable que Tyrion en devient très vite un personnage central, ouvrant la voie à d’autres personnages tout aussi abîmés et marginaux,  un paralytique (Bran), un eunuque (Varys), des géants monstrueux (Le Limier et La Montagne), un bâtard (Jon Snow), etc. D’autres rejoindront ce cortège : un amputé (Jaime), un castré (Theon), etc.

Cette saison 1, on la revoit donc la larme à l’œil pour s’apercevoir que certains acteurs très jeunes (Sophie Turner, Kit Harington, Maisie Williams) ont grandi et changé physiquement et que le temps a passé pour eux, comme pour nous.

De la saison 1 à la saison 6, des événements prédits ou très attendus vont enfin se produire : l’hiver attendu dès le premier épisode de la saison 1 arrivera enfin dans le dernier épisode de la saison 6. Daenerys mettra enfin le cap sur Westeros, ayant glané suffisamment de soldats dévoués corps et âme à la Mère des Dragons. Jon Snow est désormais reconnu Roi du Nord, prenant la place de son demi-frère défunt Robb. Il aura fallu du temps, cinq ans, à la fois longtemps et pas si longtemps que cela, pour que l’hiver arrive…

David Speranski

 Game of Thrones saison 2 : sans Ned, rien ne va

Image 3 -Game of Thrones Après le choc causé par les événements venant achever la première saison, la seconde saison de Game of Thrones vient donner un nouveau coup de pied dans la fourmilière. Avec la mort de Ned Stark complètement inattendue et choquante, la série a mis les choses au clair : aucun personnage n’est à l’abri d’une mort certaine. Maintenant que le spectateur est au courant, l’intrigue prend alors de l’ampleur comme si toute la première saison n’avait finalement que servi de prologue.

Toujours aussi tragique et peu avare en rebondissements, cette deuxième saison inscrit définitivement Game of Thrones dans la cour des grands.

Cette deuxième saison est donc marquée par deux gros événements : la dissolution du clan Stark et la réclamation du Trône de Fer par les frères de Robert Baratheon, chacun étant décidés à s’affronter pour ne pas laisser le cruel Joffrey sur le trône. L’ampleur de la série et de son univers se font alors ressentir à mesure que les scénaristes dévoilent de nouveaux endroits et de nouveaux personnages mémorables : Stannis, frère cadet de Robert Baratheon qui aurait la légitimité de clamer le trône mais qui est sous l’emprise de la ténébreuse et mystérieuse Mélisandre, prêtresse d’un Dieu du Feu ; Davos, bras droit de Stannis intègre et dévoué ; Brienne, fière et brave guerrière mais aussi Ygritte, jolie sauvageonne à qui Jon Snow ne sera pas insensible…

Alors que Game of Thrones étend sa mythologie, l’intrigue de cette seconde saison se concentre donc sur le destin tragique des Stark que la mort de leur père achève de séparer. Dans le Nord, Robb veut venger son père. Et si Arya échappe de justesse à la captivité, Sansa se retrouve coincée à Port-Réal avec un Joffrey plus sadique que jamais. Séparés, les Stark sont plus faibles que jamais et l’infâme Theon Greyjoy, poussé par son père, en profite pour attaquer Winterfell. Il y a aussi les intrigues de cour, de celles qui font le sel de la série : Tyrion s’y révèle courageux et intelligent, Cersei s’y révèle de plus en plus perfide, Joffrey de plus en plus sadique et Tywin (excellent Charles Dance) de plus en plus charismatique.

Toujours aussi tragique et peu avare en rebondissements, cette deuxième saison inscrit définitivement Game of Thrones dans la cour des grands. L’épisode 9 réalisé par Neil Marshall, gros morceau de bravoure épique mettant en scène une bataille infernale, prouve que la série a les moyens de rivaliser avec le cinéma tout en s’inscrivant dans une durée qui permet de nous attacher aux personnages et à l’univers sur le long terme (quoique long terme n’est pas une expression à employer quant à la vie des personnages ici).

Image 4 - Game of Thrones Série épique s’il en est, Game of Thrones déploie dans cette seconde saison un maximum d’atouts. Tout y est spectaculaire, chaque épisode en révèle un peu plus sur la psychologie des personnages et les paris vont bon train concernant l’avenir de tout ce beau monde. Franchement réussie, cette saison est pourtant inégale par moments. Comme de nombreuses séries avec une multitude de personnages, le destin de certains d’entre eux nous indiffère. Alors que la majeure partie de l’intrigue se déroule à Port-Réal, on se moquera bien des pérégrinations de Jon Snow dans le grand Nord tandis que Daenerys tournera un peu en rond alors qu’on lui vole ses dragons. On regrettera aussi que Jaime, cynique et séduisant en diable, soit délaissé et peu présent même si le restant des membres de la famille Lannister jouissent d’un beau temps de présence à l’écran, en témoignent les rôles fournis et complexes de Tyrion (impeccable Peter Dinklage), Cersei et Tywin.

Inégale, cette saison marque pourtant, avec la quatrième, l’un des summums de la série. Parce que tous les épisodes y sont réussis et passionnants, apportant quelque chose dans le vaste univers de Westeros. On est encore loin de l’ennui certain de plusieurs épisodes des saisons 5 et 6, souvent rattrapé en fin de saison par des épisodes de dingue, astuce un peu facile pour se faire pardonner de nous avoir embêtés pendant 7 épisodes. C’est en tout cas l’une des saisons de la série les plus fournies, celle qui continue d’allécher par ses intrigues et ses personnages alors que la qualité visuelle à l’écran semble atteindre du jamais vu à la télévision. Et si visuellement la série n’a jamais cessé de côtoyer les sommets, il faut remarquer ici l’habile jeu d’équilibriste maintenu par les scénaristes alors qu’ils jonglent avec tous les personnages. Jeu qui s’écroulera par la suite sans pourtant jamais perdre l’intérêt du spectateur qui suit, à raison et avec addiction, les intrigues shakespeariennes d’une série résolument flamboyante.

Alexandre Coudray

Game of Thrones saison 3: deux mariages et beaucoup d'enterrements

Image 6 -Game of Thrones Avec la saison 3, ont commencé les véritables critiques à l’égard de la série Game of Thrones. La saison 1 posait les bases narratives, en mettant en place un arc narratif imparable, menant à la disparition du personnage principal, Ned Stark, et à la dislocation de la famille Stark face à la célébration du clan Lannister, désormais au pouvoir à Port-Réal. La saison 2 approfondissait la description des différents personnages, en introduisait de nouveaux et consolidait l’aura de la série, en mettant en scène la bataille de la Néra, le grand et unique moment épique de l’histoire jusqu’alors. Or, la troisième saison est, jusqu’à l’épisode 9, relativement calme, consistant en un jeu de tractations et de pouvoirs, bien plus qu’en des scènes spectaculaires. Pour certains, elle frisait le surplace narratif, en particulier pour certains personnages, Daenerys et Jon Snow.

Ce n’était bien évidemment qu’une apparence. La saison 3 est une saison éminemment politique, où tout se joue au bout du compte par alliances et mariages finement arrangés. Jon Snow noue ainsi une amitié féconde avec les Sauvageons qui s’avérera bien utile pour lui par la suite. A Port-Réal, Tywin Lannister minimise le rôle de son fils Tyrion, qu’il méprise ouvertement, dans le sauvetage de la forteresse royale mais conçoit en fin stratège le mariage de ce dernier avec Sansa Stark ainsi que le massacre des Noces pourpres chez Walder Frey. Ces deux grands manœuvriers, Little Finger et Varys, tentent de se faire une place au soleil et y réussissent plutôt.

La saison 3 est une saison fondamentale pour Game of Thrones, approfondissant l’aspect finement politique et délaissant le manichéisme.

Or, c’est dans la saison 3 que se trouve sans doute le renversement de point de vue sur les personnages qui permet enfin à Game of Thrones d’échapper au manichéisme. Il ne s’agit plus d’opposer les bons Stark aux méchants Lannister, même si dans l’ensemble les showrunners respecteront cette opposition basique, en se focalisant sur la cruauté de Tywin, Cersei et de son fils Joffrey. Dans cette saison, des personnages qu’on avait considérés comme plutôt antipathiques changent de visage : pour commencer, Theon Greyjoy, traître de peu d’envergure, faux frère des Stark, est martyrisé d’épisode en épisode par un mystérieux inconnu qui se révélera plus tard être Ramsay Bolton, méchant d’anthologie, auprès de qui Joffrey Baratheon apparaît comme un parangon d’humanité. Cela donnera ainsi lieu à des scènes assez désagréables qui comptent dans l’effet répulsif que peut dégager cette troisième saison et qui en ont éloigné plus d’un de la série. Theon y gagne paradoxalement une dimension pitoyable que personne, absolument personne, n’aurait soupçonnée.

Or chez les Lannister, si Tyrion, de par son humour, sa petite taille et son sens des mots, avait d’emblée gagné notre sympathie, le rôle de Jaime, amoureux fou de sa sœur et opposant de Ned Stark, apparaissait moins évident à nos yeux. Régicide, il semblait être le responsable de la chute des Targaryen et devait donc être voué aux gémonies. Le renversement de tendance a lieu à la fin de l’épisode 3, Les Immaculés, lorsqu’il prend la défense de Brienne de Torth de manière chevaleresque, en lui évitant un viol. La sanction sera assez terrible puisqu’il en perdra la main droite, soit celle qui lui servait pour son épée. Tout comme Theon sera privé de son attribut masculin, Jaime sera privé de son meilleur atout, ce qui place la saison 3 sous le signe de la dévirilisation et de la castration. Il ne sera pas innocent de voir ainsi que les mariages de la saison, celui de Tyrion et de Sansa, et d’Edmure Tully et Rosin Frey, seront des mariages arrangés qui ne seront guère consommés, surtout celui de Tyrion et de Sansa. La nuit de noces d’Edmure Tully paraissait mieux s’engager mais le carnage qui a suivi a sans doute empêché le frère de Catelyn Stark de continuer ses ébats.

Image 6 - Game of Thrones De plus, ce qui a complètement changé la donne, c’est la confession de Jaime dans l’épisode 5 qui explique qu’il a tué le Roi Aerys Targaryen qui était frappé de démence et de paranoia et brûlait vif par le feu grégois quiconque s’opposait à lui. Par conséquent il a sauvé ainsi le Royaume d’une dérive certaine, au prix d’une mauvaise réputation injustifiée. Dit-il la vérité ? Rien n’empêche de le croire et sa version est plutôt corroborée par les faits, ce qui nous fait voir d’un œil nouveau ce personnage. A partir du moment où Theon et Jaime sont réhabilités, des personnages « bons » peuvent basculer du côté obscur : Daenerys devenir folle, une fois qu’elle aura obtenu le Trône de fer, comme son père, ou Sansa succomber au côté obscur de la manipulation, inspirée par Petyr Baelish.

En cela, la saison 3 est une saison fondamentale pour Game of Thrones, approfondissant l’aspect finement politique et délaissant le manichéisme. Cela étant, elle ne manque pas d’attraits spectaculaires et de scènes-choc, en plus de celles que nous avons mentionnées : l’ascension du Mur par Jon Snow et Ygritte, la négociation de Daenerys mettant en jeu Drogon, un de ses bébés dragons, la fin de la saison où les esclaves libérés la portent en triomphe en clamant « Mhysa, Mhysa », (c’est-à-dire mère), et surtout l’épisode 9, Les Pluies de Castamere, hallucinant de violence, sans doute le plus violent jamais diffusé sur un écran de télévision (car d'une violence autant psychologique que physique), s’inspirant du massacre propagé par la secte de Charles Manson dans la villa de Roman Polanski. Cet épisode tuant en quelques minutes une bonne partie du clan Stark, dont deux ou trois personnages principaux, Catelyn, Robb et Talisa Stark (et leur bébé dans le ventre de Talisa) reste encore aujourd’hui le plus traumatisant de Game of Thrones, ce qui indique son degré de violence jamais atteint.

David Speranski

Game of Thrones saison 4: les prémices d'un nouveau départ

Image 7 - Game of Thrones Depuis que le livre a été adapté en série, celle-ci fait partie des plus appréciées et de celles qui provoquent le plus d’engouement. Chaque fois qu’une nouvelle saison commence à être diffusée, le monde entier doit fuir les réseaux sociaux s’il ne veut pas prendre le risque que quelqu’un ne dévoile des éléments d’intrigue avant qu’il n’ait pu voir l’épisode en entier. Meurtres, sexe, entourloupes politiques, Game of Thrones n’en finit plus de proposer des éléments éthiques toujours plus discutables. Si la série tourne toujours autour des mêmes événements, c’est clairement ce qui plaît aux téléspectateurs. La série s’apparentant totalement à un jeu d’échecs grandeur nature sur lequel le téléspectateur n’a aucune influence quant au déroulement de l’histoire. La fébrilité de voir son personnage préféré survivre ou périr dans les événements à suivre rend l’attirance pour la série beaucoup plus forte. Celle-ci s’en joue d’ailleurs énormément en tuant systématiquement un personnage emblématique à l’épisode 9, une marque de fabrique funeste qui a su fidéliser son public, au point que maintenant, une saison peut n’être jugée non pas pour sa qualité mais pour son taux de morts par épisode. Cette vague de désir morbide est apparu en grande partie après le choc émotionnel de l’épisode 9 de la saison 3. Véritable carnage sans nom, ce passage a mis en ébullition Internet tout entier et a profondément changé le fan qui sommeillait en chacun de nous, comme si nous avions perdu un être cher en la mort de Robb Stark.

Il y a dans cette saison tout ce qui fait la sève de la série. Des enjeux politiques importants, des morts à la pelle et des clins d’œil aux premières saisons. De quoi se rappeler pourquoi on aime Game of Thrones.

Encore aujourd’hui, la saison 3 résonne comme l’un des événements meurtriers les plus importants de la série ; or la saison 4 propose une liste de morts bien plus importante. Après un premier épisode diffusé en avant-première au Grand Rex et déjà très prenant en terme d’intrigue, ce début de saison annonçait la suite sanglante à laquelle on a eu droit avec une blessure à la jugulaire de Sandor Clegane. C’est la première fois qu’on pouvait assister à un épisode de la série en avant-première au cinéma, ce qui montre à quel point la série, diffusée initialement sur une chaîne payante, est devenue extrêmement populaire. Cette saison 4, non contente de mettre à mort un personnage principal un épisode sur deux, marque surtout le changement drastique d’orientation de la série. 3 des personnages les plus importants de l’histoire à ce moment-là nous quittent, impliquant de fait un revirement de situation total concernant les intrigues en cours. La mort du personnage le plus détesté, la mort du personnage le plus important politiquement et la mort de celui qui promettait la grande revanche des gentils sur les méchants. Des exécutions brutales, violentes, sans concessions, tout ce qu’on aime dans l’univers de Game of Thrones.

A chaque épisode l’intrigue était relancée de plus belle, mais en terme d’histoire, cette saison 4 se repose surtout sur des éléments déjà vécus et nous rappelle les meilleurs moments du début de la série. Dans l’épisode 2, Tyrion est condamné à mort pour trahison. Ce n’est pas la première fois que le nain le plus badass de la télévision après Passe-partout se retrouve condamné pour un tel acte et emprisonné. Cette scène nous renvoie directement à la saison 1, lorsqu’il s’est fait capturer par Catlyn Stark et jugé aux Eryé. A son sujet, l’intrigue se déroule donc exactement de la même manière : il subit un procès, et jugé coupable depuis sa naissance d’être un nain, il use du même subterfuge pour s’en sortir, à savoir tout miser sur un combat à mort dont l’issue repose sur le champion choisi par chacun des deux partis. Selon le vainqueur du combat, le jugé peut être gracié ou immédiatement exécuté. Une fois en prison, là encore la situation de Tyrion nous rappelle le contexte de la saison 1 dans lequel il se trouvait à l’époque. On lui rend visite, on essaie de l’aider comme on peut et c’est à ce moment qu’il décide d’user du subterfuge. Son aura lui permet encore une fois de trouver une personne susceptible de combattre pour lui ; malheureusement cette fois-ci son champion ne gagnera pas.

Image 8 -Game of Thrones Si jusqu’à maintenant les conséquences des différents actes des personnages ne se ressentaient pas immédiatement, ou trouvaient leur cause bien plus tard, dans cette quatrième saison, tout se succède, tout s’imbrique, tout s’enchaîne et tout est directement lié. Cela donne un nouveau rythme à la série qui ne s’arrête plus depuis. Au passage, le procès de Tyrion sonne largement comme l’une des meilleures scènes réalisées de la série tout entière. Intense, énergique, bien écrit, admirablement mis en scène, l’épisode du procès constitue l’un des plus grandioses. Peter Dinklage y est épatant et les révélations qui y sont faites relancent tous les enjeux politiques de l’histoire. En parallèle, la série offre également l’une des scènes les moins utiles. Lorsque le frère de Tyrion Lannister, Jaime Lannister, vient lui rendre visite dans les geôles, ceux-ci discutent d’un de leur lointain cousin. Cependant, le personnage n’a jamais été introduit et nous est totalement inconnu, rendant donc cette scène parfaitement inutile. Les réalisateurs ont, semble-t-il, voulu mettre en avant le lien qui unissait les deux frères en dépit d’une révélation primordiale dans les bouquins. En effet ce passage est totalement inventé, le souci cependant, c’est que dans l’histoire originale, cette révélation modifie complètement les comportements des deux frères et a un impact direct sur la suite des événements. Cette révélation a certainement été mise de côté car elle impliquait un personnage vaguement évoqué lors de la saison 2, mais c’est cet événement qui justifie le meurtre de l’épisode 9.

Cependant cet écart avec les romans est compréhensible. Si la saison 4 offre la partie de l’histoire la plus intéressante et la plus sanglante, elle marque surtout la fin des romans publiés à ce jour. C’est en effet à ce moment-là que la série est obligée de prendre son indépendance vis-à-vis des bouquins. Une grande partie des intrigues touchent à leur fin en terme de publication littéraire, or la série doit continuer au rythme d’une saison par an. Par conséquent, il est primordial de penser à comment continuer de faire progresser les personnages de manière fluide et logique. Quelques intrigues sont données à d’autres personnages pour éviter d’en ajouter encore une flopée et on se retrouve avec les prémices d’événements totalement nouveaux, à la fois pour le fan de la série que pour celui des romans. Par conséquent la saison 4 se démarque par son aspect extrêmement complet. Il y a dans cette saison tout ce qui fait la sève de la série. Des enjeux politiques importants, des morts à la pelle et des clins d’œil aux premières saisons. De quoi se rappeler pourquoi on aime Game of Thrones. C’est aussi là que la série s’émancipe des bouquins et offre aux téléspectateurs une toute nouvelle vision des choses. Des retournements de situations, de nouvelles intrigues, une diversité de ton et malheureusement quelques mauvais choix, la saison 4 se solde comme un renouveau de la série avant son second envol.

Aymeric Dugénie

Game of Thrones saison 5 : le calme avant la tempête

Image 9 - Game of Thrones Après une quatrième saison particulièrement meurtrière, Game of Thrones entre dans une période de transition. Fuites, voyages et rencontres sont au programme de cette saison 5, où se préparent en douceur des intrigues qui se révèleront primordiales dans le chapitre suivant. Plus posée que les précédentes saisons, celle-ci met surtout en exergue la capacité de la série à étirer sur la longueur ses quêtes de pouvoir, ses vengeances et ses batailles d’ego pour mieux sonder le fond de ses personnages, leurs forces comme leurs failles.

Game of Thrones n’est pas seulement une série où règnent les cliffhangers et les scènes d’action, mais le programme sait aussi prendre le temps de poser son récit, de fouiller la complexité de ses personnages et de laisser s’installer le suspense pour mieux laisser éclater les conflits en fin de saison ou dans la saison suivante.

Ici, les personnages connaissent tous des épreuves difficiles à surmonter : Jon Snow est totalement discrédité auprès de ses hommes, Arya emploie des moyens extrêmes pour concrétiser ses espoirs de vengeance, Sansa se retrouve coincée dans un mariage forcé pour reconquérir Winterfell et Tyrion se voit contraint de fuir après [Attention spoilers] l’assassinat de son père à la fin de la quatrième saison. Formellement, tous ces événements se déroulent avec une atonie parfois déstabilisante - la quête d’Arya se révèle un tantinet soporifique, par exemple - mais permettent bel et bien à la série de creuser davantage le fond de son intrigue, d’approfondir la psychologie de ses personnages et d’éclaircir, de saison en saison, leurs motivations et leur mode de fonctionnement.

Au niveau de l’intrigue elle-même, cette lenteur permet également aux protagonistes, notamment aux héroïnes, d’exprimer enfin leur volonté, ou, au contraire de révéler leurs faiblesses et d’apparaître plus humaines aux yeux des spectateurs. Daenerys, qui jusqu’ici s’affirmait comme une femme de caractère prête à tous les sacrifices pour intégrer le clan de Khal Drogo puis pour diriger le royaume de Meereen, se montre dans cette cinquième saison capable d’erreurs et en proie aux doutes face à la rébellion de son peuple ainsi qu’à la puissance grandissante de ses dragons. Sansa, à l’inverse, personnage quelque peu effacé et conventionnel dans les premières saisons, s’impose petit à petit face au terrifiant Ramsay Bolton, aiguillée par Littlefinger et sa verve imparable. Une preuve que Game of Thrones n’est pas seulement une série où règnent les cliffhangers et les scènes d’action, mais que le programme sait aussi prendre le temps de poser son récit, de fouiller la complexité de ses personnages et de laisser s’installer le suspense pour mieux laisser éclater les conflits en fin de saison ou dans la saison suivante.

Image 10 - Game of ThronesCependant, cette cinquième saison comporte tout de même quelques moments forts, des scènes déjà considérées comme cultes par les fans de la série. Le fameux « Walk of shame » de Cersei est devenu l’une des séquences préférées des spectateurs tant le personnage est haï depuis le pilote du programme. Pourtant, si l’on y regarde de plus près, cet événement ne peut être qu’une pierre de plus dans la déconstruction du personnage [Attention spoilers] après la mort de deux de ses enfants, tel un coup de poignard supplémentaire qui, si l’on a bien cerné le caractère de l’impitoyable reine, pourrait bien lui faire gagner en perfidie et se révéler fatal pour les autres personnages dans les saisons à venir. La fin de saison a également fait couler beaucoup d’encre : [Attention spoilers] trahi par ses hommes après s’être allié aux Sauvageons pour affronter l’armée des Marcheurs Blancs, Jon Snow se fait poignarder par un jeune apprenti et tombe raide mort, le regard face à la caméra, avant que l’arrivée du générique de fin ne laisse le spectateur dans la consternation la plus totale. Car si Game of Thrones fait ici preuve d’une sagesse jusqu’alors peu assumée, elle n’oublie pas pour autant de rappeler qu’elle est aussi l’une des meilleures séries actuelles pour faire languir son audience et donner lieu à toute une flopée d’hypothèses diverses et variées.

Avec ses intrigues fouillées et sa capacité à toujours surprendre, Game of Thrones a su s’imposer dans le paysage télévisuel actuel. Là où la série parvient à se démarquer des autres programmes contemporains, c’est dans son aptitude à diffuser son aura au-delà de son existence audiovisuelle. Le bruit qu’elle crée sur les réseaux sociaux, dans les conversations quotidiennes ou même les études sociologiques et politiques qu’elle génère ont véritablement fait d’elle l’une des séries qui aura, lors de ces dix dernières années, le plus véritablement et considérablement marqué l’imaginaire collectif.

Emilie Bochard

Game of Thrones saison 6: la vengeance est femme

Image 11 - Game of ThronesLa saison 5 avait laissé un goût mitigé : grâce à cette saison, Game of Thrones était pour la première fois couronnée par les Emmy Awards comme meilleure série dramatique, profitant du vide créé par la fin de Mad Men et Breaking Bad, les deux séries-vedettes d’AMC. HBO reprenait le pouvoir. Pourtant sa série-phare avait dans cette saison une structure un peu bizarre, les personnages principaux traînant beaucoup dans la première moitié de la saison (Tyrion en bateau avec Jorah, Arya à Braavos, Daenerys à Meereen) pour finir en courant de façon déchaînée dans les deux derniers épisodes. La seule pour qui il se passait des événements réellement déterminants était Sansa qui connaissait l’évolution la plus passionnante, n’ayant plus rien à voir avec la jeune femme un peu cruche des premières saisons. Bran s’était tout simplement absenté de la série, on pense que certains auraient pu faire exactement pareil, tout au moins pendant la première partie. Certes Game of Thrones appliquait comme à son habitude sa structure scénaristique pyramidale mais elle tournait un peu à vide pendant quelques épisodes bouche-trous, même si la série restait passionnante et largement au-dessus de la concurrence, quant à l’esthétisme et la caractérisation des personnages.

La raison en était que les personnages s’étaient un peu trop dispersés aux quatre coins du globe et que le fan-service réclamait néanmoins des apparitions de tous dans chaque épisode ou presque. George R. R. Martin avait divisé en deux la gestion de ses personnages dans ses romans, ce qui finissait dans la série par engendrer quelques trous d’air narratifs. Or la saison 6 permettait de remettre les compteurs à zéro, la dernière image de la saison 5 rejoignant la dernière page du roman.

Les showrunners, David Benioff et D.B Weiss, ne s’en sont pas privés, en s’affranchissant complétement des volumes du roman. Ils l’avaient déjà fait pour partie dans la saison 5, ce qui avait engendré la partie la plus passionnante de la saison, la captivité de Sansa et l’alliance inattendue entre Daenerys et Tyrion. Cette fois-ci, ils vont enfin jusqu’au bout et le résultat est absolument jubilatoire. La saison 6 réserve beaucoup de moments exceptionnels et renoue avec l’intensité de la saison 4, en bénéficiant de l'ensemble du travail narratif accumulé depuis cinq saisons. Serait-ce la meilleure saison de la série? Il est permis de le penser.

Image 12 - Game of Thrones Pour commencer, en trois épisodes, on se débarrasse de l’énigme « Jon Snow est-il mort ? », reprise du fameux « J.R. est-il mort ? » de l’antique Dallas, en faisant languir savamment le téléspectateur : le personnage ressuscite et abandonne la Garde de Nuit, ce qui lui laisse les mains libres pour d’autres batailles et conquêtes. En parallèle, Daenerys finit par se débarrasser à elle seule de tous les khalasars qui l’avaient kidnappée, en enflammant leur temple et en survivant aux flammes. On sait enfin pourquoi Hodor ne peut prononcer que ce mot « Hodor », l’un des moments les plus émouvants de Game of Thrones. On assiste ensuite à la résurrection de plusieurs personnages qu’on croyait définitivement morts et enterrés. Enfin, Arya rencontre son véritable destin.

On reproche souvent à Game of Thrones de prendre un peu trop son temps, reproche qu’on ne ferait jamais à The Wire qui dispose pourtant exactement des mêmes caractéristiques des séries HBO. Or Game of Thrones a toujours fonctionné comme une cocotte-minute : cela bout, la pression augmente et tout finit par exploser, dans une remarquable gestion du temps. Comme dans The Wire qui fait office de précurseur, les showrunners aiment prendre leur temps et supprimer des personnages importants dans le pénultième épisode d’une saison. Souvent ce sont les deux derniers épisodes qui sont déterminants en particulier l’épisode 9 qui constitue le climax (la mort de Ned Stark, la bataille de la Néra, les Noces Rouges, etc.) Or depuis la saison 4, ce sont même les 3 derniers épisodes qui sont absolument inoubliables. Rappelons-nous ainsi de l’épisode 8 de la saison 4, La Montagne et la vipère, avec l'affrontement entre Gregor Clagane et Oberyn Martell, ou encore l’épisode 8 de la saison 5, Durlieu, où Jon Snow affronte le Roi de la Nuit et les Marcheurs Blancs. La saison 6 ne fait pas exception à ce qui devient une règle : l’épisode 8, Personne, où Arya se retrouve face à son destin, est palpitant, grâce à son issue incertaine.

En fin de compte, les deux derniers épisodes de la saison 6 atteignent des sommets quasiment inégalés, tout en étant extrêmement différents. Pour l’épisode 9, la Bataille des Bâtards, on resserre pour une fois l’action qui ne se focalisera que sur Daenerys à Meereen et Jon Snow faisant le siège de Winterfell. Cette concentration dramatique est largement bénéfique à l’épisode, la bataille en occupant près de la moitié. La Bataille des Bâtards a été d’ailleurs salué comme le meilleur épisode de tous les temps sur Imdb, battant de justesse l’avant-dernier épisode de la saison 5 de Breaking Bad. Quant au dernier volet, Les Vents de l’hiver, il parvient à boucler les arcs narratifs de tous les personnages en reconduisant le même principe de concentration dramatique pendant vingt minutes pour le procès de Loras Tyrell et Cersei Lannister. Par la grâce d’une musique inédite et magistrale de Ramin Djawadi et d’un montage exceptionnellement précis, cette section devient une véritable séquence de cinéma. Pour le reste de l’épisode, tous les enjeux sont posés en clarifiant tous les grands ensembles : Jon Snow, conseillé par sa sœur Sansa, devient Roi du Nord à Winterfell ; de son côté Daenerys, secondée par Tyrion Lannister et soutenue par Varys, et les Greyjoy, vogue enfin vers Westeros, ce qui était attendu dès la deuxième saison. A Port-Réal, Cersei est sacrée Reine après la mort de ses trois enfants, sous le regard affligé de Jaime. Enfin Arya a quitté Braavos et déjà rejoint Westeros où elle s’applique à supprimer un à un les noms figurant sur sa liste. Reste Bran qui, de retour dans la série et devenu Corneille à trois yeux, devrait rejoindre prochainement Winterfell et affronter à nouveau le Roi de la Nuit. Pour la suite de la série, les treize derniers épisodes des saisons 7 et 8, il paraît assez évident que la saison 7 réglera le conflit entre Daenerys et Cersei, ces deux reines pour un Trône, et que la saison 8 mettra en scène la guerre contre le Roi de la Nuit et les Marcheurs blancs.

La saison 6 réserve beaucoup de moments exceptionnels et renoue avec l’intensité de la saison 4, en bénéficiant de l'ensemble du travail narratif accumulé depuis cinq saisons. Serait-ce la meilleure saison de la série? Il est permis de le penser.

Alors que la série ne s’était pas privée jusqu’alors pour montrer des femmes dénudées et des scènes de sexe, la saison 6 est sans doute la plus chaste (terminées les sorties au bordel de Little Finger ou les galipettes de Tyrion) ; en parallèle, c’est sans nul doute la plus féministe. Les personnages féminins prennent véritablement le pouvoir : Daenerys s’impose comme le leader naturel à Meereen, après avoir réussi à mater les khalasars, sans même recourir à l’aide de ses dragons ; Sansa n’est plus la jeune fille gourde d’antan et s’avère être devenue un stratège hors pair (toutes les séquences de Sophie Turner dans la saison 6, en particulier dans La Bataille des Bâtards, cf. la dernière, où son sourire de Mona Lisa fait merveille, sont exceptionnelles) ; après moult difficultés, Arya réussit son apprentissage de Sans-Visage et part terminer son entreprise de vengeance à Westeros ; enfin Yara Greyjoy, lesbienne revendiquée, souhaite reconquérir son trône de Fer-née avec l’aide de Daenerys. Toutes crient vengeance et la plupart l’obtiendront au cours de cette saison vis-à-vis de l’oppression patriarcale (Ramsey Bolton, Walder Frey, les khalasars). C’est le grand thème de la saison, la série se trouvant paradoxalement en phase avec la société d’aujourd’hui. La vengeance est femme et cela promet de beaux affrontements pour les deux saisons restantes à venir.

David Speranski

Par Retro-HD