CRITIQUE : Fauda - Saison 2


Fauda - Saison 2

Critique de la Série

Episode 1

Cet épisode 1, qui ouvre la deuxième saison de la série, frappe d'emblée très fort, prenant le spectateur à la gorge dès les premières images jusqu'à ne plus le lâcher. Nous reprenons les personnages là où nous les avions laissés: Doron, désormais séparé de sa femme, semble avoir pris ses distances avec son unité et Walid la relève de Abu Ahmad dont le dernier épisode de la première saison nous montrait la chute. Mais il ne nous faut pas attendre longtemps avant de voir l'action s'enclencher. Doron accompagné de son père sont pris dans une embuscade à laquelle ils n'échappent que miraculeusement. Et celui-ci de reprendre du service comme c'était déjà le cas au début de la série. Car Nidal "el Makdessi", le fils du cheikh Awadallah torturé et assassiné par la cellule antiterroriste commandée par Moreno, est déterminé à venger son père. Une histoire de vengeance donc là encore, mais n'est-ce pas la loi du genre dans lequel s'inscrit la série? Car la personnalisation du conflit israélo-palestinien _ Doron contre Abu Ahmad puis contre Nidal _ répond aux enjeux dramatiques d'une fiction qui échappe à la fresque d'une histoire en train de s'écrire pour mieux se concentrer sur le caractère individuel de personnages emblématiques de l'état d'esprit des belligérants. Figures mythologiques d'un western moyen oriental contemporain où les traits sont d'autant plus accusés que chacun est pressé de choisir son camp. La vengeance comme lien réunissant les protagonistes dans la mort. La vengeance aussi comme regard sur l'histoire au centre du message transmis par l'Ancien Testament (livre sacré du peuple juif): son déroulement n'étant que la conséquence de la colère de Dieu dont son peuple constitue le bras armé. Un regard sans cesse tourné vers le passé et sa réparation dans un présent dépouillé de sa valeur intrinsèque.

La saison 2 de Fauda se situe plus que jamais en terrain miné... Du grand art !

Limbes atemporelles au sein desquelles se débattent les acteurs du drame. L'acteur Lior Raz (qui joue le rôle de Doron) à lui seul semble incarner toutes les nuances de la tragédie qui s'accomplit sur son visage qui en exprime les différentes stations au fur et à mesure que l'intrigue se tisse. Toujours aussi déterminé et frondeur, il est prêt à prendre tous les risques pour protéger sa famille, symbolique d'un peuple qui souffre au quotidien de la menace terroriste, ce que souligne ses propos ainsi que la tentative d'attentat commise sur son père. Tandis que la caméra nous montre l'envers du décor de la situation de déséquilibre politique entre Israël et le peuple palestinien lorsqu'elle se fraie un chemin à travers le camp de fortune édifié par les arabes en périphérie de la ville, enfants en haillon, tentes dressées à la merci des intempéries, sol de terre battue, … Une relation de confiance se noue entre le cheikh du village et le chef de l'unité d'élite.

Mais le piège semble inévitable qui se referme sur les protagonistes. Avec pour courroie de transmission le personnage du capitaine Ayoub qui prend au fur et à mesure de la série une importance grandissante, l'action est autorisée à s'accélérer et Doron a tôt fait de riposter suite à la tentative d'assassinat dont il vient d'être victime. L'épisode laisse alors place à une scène d'anthologie où tout est mis en œuvre, avec succès, pour bombarder le spectateur d'émotions fortes. Mais si les moyens matériels employés sont impressionnants (course poursuite en voiture ou à moto, tir au lance-roquette, explosion, plans filmés depuis un drone, rafales ininterrompues), elle n'eût pas suffi à créer le rythme fou de cette séquence (sur laquelle se clôt l'épisode) réalisée de main de maître ni à en rendre la tension dramatique ici portée à son comble, témoignant du désastre imminent auquel s'expose l'entreprise. La caméra décroche, ciblant les différents endroits de la place d'où le danger est susceptible de venir comme si précisément il était capable de surgir de n'importe où et à n'importe quel moment _ multiplication des angles, des points de vue _ tandis que le vide du contrechamp laissé à l'ennemi qui tarde à se montrer emplit de terreur le spectateur au bord de la suffocation, le montage accéléré des plans qui se succèdent à grande vitesse soulignant l'état de tension des membres de l'unité. Le reste se vit à toute allure avant que le mouvement effréné engagé par les acteurs du drame, qui n'en maîtrisent décidément plus les suites, laisse place à un écran noir qui en résume à lui seul l'issue. La saison 2 de Fauda se situe plus que jamais en terrain miné. Du grand art !

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Informations

Détails de la Série Fauda - Saison 2
Origine Israël Signalétique Interdit aux moins de 10 ans
Catégorie Série Genre Thriller
Version TV Durée 45 '
Sortie 23/01/2018 Reprise -
Réalisateur Rotem Shamir Compositeur Gilad Benamram
Casting Lior Raz - Shadi Mar'i - Laëtitia Eido - Itzik Cohen - Hisham Suliman
Synopsis Tout s’aggrave en saison 2. L’engrenage va encore plus loin et fait encore plus mal. On perd tous beaucoup et on ne sait pas ce qui va rester en fin de saison 2. La saison 2 pousse encore plus loin les douleurs et l’absurdité de la guerre et des vengeances.

Par Sébastien LAMOTHE

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