CRITIQUE : Ennemi public saison 1


Ennemi public saison 1

Critique de la Série

Depuis 2016, les chaines françaises diffusent des créations belges pour notre plus grand plaisir. Avec La Trêve ou Beauséjour, Ennemi public a su se faire une belle place, malgré son sujet quelque peu osé.

Guy Béranger, tueur d'enfants, a demandé sa libération conditionnelle. Celle-ci lui est accordée : il purgera la fin de sa peine à l'abbaye de Vielsart, sous la surveillance rapprochée de Chloé Muller. Sa présence perturbe, et ce d'autant que des événements étranges se multiplient depuis son arrivée dans cette petite commune des Ardennes habituellement si tranquille...

Ennemi Public permet au spectateur une réflexion au-delà de ce qu'il voit et croit savoir, tout en s'appuyant sur un personnage principal fort.

Si sa forme bleue grisée n'est pas sans rappeler les atmosphères des séries nordiques auxquelles nous sommes plus qu'habitués, Ennemi public arrive à se démarquer par le traitement de son sujet librement inspiré de l'affaire Dutroux : la série permet au spectateur une réflexion au-delà de ce qu'il voit et croit savoir, tout en s'appuyant sur un personnage principal fort.

Les scénaristes développent 10 épisodes autour d'un seul élément : l'arrivée de Guy Béranger à Vielsart, au sein d'une confrérie religieuse d'hommes. Ils dépeignent subtilement différents niveaux impactés par cet événement (presse, société, religion, les frères de la communauté, habitants de la commune enfants-adultes, justice, police, le tueur lui-même...) faisant apparaitre la relative complexité de ce qui pourrait d'abord a priori amener à un positionnement binaire sur la question liée à la possibilité de sortie d'emprisonnement d'un tel personnage. Et c'est le premier point fort de Ennemi public : introduire des nuances et des questionnements, le spectateur étant interpellé et mêlé à chacun d'entre eux au fil de l'intrigue. Les médias n'en font-ils pas trop? Un criminel est-il réinsérable? Peut-il être pardonné? La société doit-elle accéder à son souhait de rédemption? Est-ce que ce serait justice?... Autant de questions qui apparaissent au spectateur qui se voit regarder comment ce tueur est perçu, quel effet il a sur son nouvel environnement et comment il évolue avec.

Car c'est ce personnage central, magistralement interprété par Angelo Bison, qui fait tout : son regard créé tantôt incompréhension, tantôt malaise, tantôt question... C'est d'autant plus captivant qu'il évolue dans un univers clos (l'abbaye) et isolé (village des Ardennes), et que ses liens sociaux sont rares. Pourtant l'imaginaire collectif travaille, et les petits secrets de certains habitants éclatent au grand jour.

Mais rien n'y fait : les personnages secondaires sont bien pâles et ne sont même pas des révélateurs du jeu d'Angelo Bison, malgré les failles dont les scénaristes les ont affublés pour leur donner un peu de volume à l'instar de la policière Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud) ou frère Lucas (Clément Manuel) qui n'arrivent pas à se défaire de leur passé.

Ce serait peut-être là une limite de Ennemi public : trop de personnages pour trop de questions... Et pourtant, cette première saison intrigue et laisse à penser, ce qui est plus que précieux dans le paysage audiovisuel actuel.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails de la Série Ennemi public saison 1
Origine Belgique Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Policier
Version TV Durée 600 '
Sortie 06/06/2017 Reprise -
Réalisateur Compositeur
Casting
Synopsis Libéré après 20 ans de réclusion, le tueur d’enfants Guy Béranger trouve refuge auprès des moines de Vielsart, un petit village des Ardennes. Il est placé sous la protection d’une inspectrice de la police fédérale. Quelques jours après, une fillette disparaît.

Par Anne-soizic BOUENARD