CRITIQUE : Gargantia on the Verdurous Planet (Suisei no gargantia)


Gargantia on the Verdurous Planet

Critique de la Série

Code Geass, sans le Geass, sans la politique, sans la complexité…
Des méchas et de la philosophie donc.

Gargantia on the Verdurous Planet, qu'on abrégera en Gargantia pour le reste de cette critique, est une série animée de science-fiction qui a su se démarquer de la masse. Elle a été écrite par Gen Urobuchi, auteur des light-novels Fate/Zero et scénariste des séries Fate/Zero et Psycho-Pass entre autres. La série a été produite par le studio Production I.G (Ghost in the Shell, Eden of the East) sous la direction du réalisateur Kazuya Murata (Code Geass : Lelouch of the Rebellion, Fullmetal Alchemist: The Sacred Star of Milos). Gargantia a été diffusée au cours du printemps 2013 et compte 13 épisodes et 2 OVA sortis respectivement en 2014 et 2015 au Japon. Puis elle a été adaptée en manga, écrit par Oceanus et dessiné par Wataru Mitogawa pour promouvoir la série, commencé en 2013, il continue actuellement d'être publié au Japon. En France, la série est disponible au format Blu-ray et DVD, distribué par l'éditeur Black Box.

On vous parle de Fate/Zero et Code Geass, vous devez être curieux de savoir ce que nous raconte cette série. Dès les premières secondes, nous sommes projetés au plein coeur d'une bataille galactique, qui nous rappelle la scène d'introduction de Star Wars III : Revenge of the Sith, opposant l'Alliance Galactique Humaine et une race nommée les « Hideous ». Au cours de cette bataille, le sous-lieutenant Ledo, le héros de notre histoire et son arme humanoïde, Chamber (bon, c'est un mécha) sont engloutis dans une distorsion spacio-temporelle. À son réveil, Ledo réalise qu'il se trouve sur une planète inconnue, qui se révélera n'être nulle autre que la Terre. Notre Terre à nous les humains, avec ses océans profonds et ses forêts verdoyantes… Ah non, ni forêts ni montagnes sur cette Terre, que des océans. La Terre a été submergée après une période glaciaire. Ses habitants vivent désormais dans d'immenses navires et recherchent les vieilles reliques de la civilisation enfouies sous les mers. Ledo se retrouve sur une flotte nommée Gargantia. En l'absence de connaissance de la planète et dans l'incapacité d'être secouru par l'Alliance, il doit cohabité avec les terriens pour une durée indéterminée, lui, le soldat dont la vie n'a pour but que la lutte contre les Hideous.

Une philosophie pour inspirer l'espoir et l'individualité chez les jeunes adultes pour la vie future.

Gargantia possède une histoire originale. D'une certaine manière, dans le même esprit que Code Geass. Mais là où cette dernière fait une cinquantaine d'épisodes et a donc le temps de s'épancher sur tout ce qu'elle souhaite, Gargantia ne fait que 13 épisodes. Ces 13 épisodes ne sont même pas utilisés judicieusement. L'histoire ne commence réellement qu'au bout de 7 épisodes. Avant cela, on tâte le terrain, on met en place quelques pions qui seront utiles pour le final. Ce qui est plus que dommage, car quand on jette un œil à la deuxième OVA sortie 2 ans plus tard on est en droit d'être déçu. Ainsi que de se dire qu'un petit changement dans la structure narrative de la série aurait permis de l'inclure dès le départ pour donner une série beaucoup plus dense avec des premiers épisodes nécessaires à l'intrigue; pas seulement là pour nous habituer à voir la tête des personnages avant de passer aux choses sérieuses. Les choses sérieuses qui font déjà de Gargantia une série d'exception. C'est à ce niveau que la série rejoint Code Geass. Les méchas, une utilisation non-abusives mais ce n'est pas sur eux que repose la série, quelques-uns emblématiques et les basiques. Dans Code Geass, les méchas pour les soldats et dans Gargantia, les « yunboros » qui tiennent plus des power loaders de Aliens. Mais surtout dans cet aspect qu'on retrouve au final, une remise en cause de l'ordre mondial et cette introspection du héros. La civilisation humaine et le progrès face à notre nature animale. Une alliance galactique militaire face à un des concepts les plus simples de notre société actuelle, souvent oublié, les Hommes naissent libres et égaux en droit.

Gargantia c'est aussi un tout nouveau monde. Il a fallu rendre attrayant une planète bleue, intégralement bleue dorénavant. La série a un petit côté Porco Rosso dans cet aspect exclusivement maritime. Plutôt que d'imaginer un bateau géant, chaque flotte est en fait composée d'un conglomérat de différents bateaux connectés entre eux. La flotte entière est gérée par un commandant qui doit faire avec les capitaines et propriétaires des principaux vaisseaux ou groupe de vaisseaux, une vision politique très bien pensée et très bien montrée. Des micro-sociétés sur des puzzles de navires qui se retrouvent face à des pirates comme dans Porco Rosso ou encore des monstres marins. Pari réussi pour une série qui s'articule comme une grosse croisière.

Gargantia est une série attirante qui saura accrocher le spectateur dès les premières secondes avec cette bataille spatiale. Une attirance visuelle, avec des fonds détaillés et fournis. Vous connaissez la musique, la série est belle. Malgré une absence de paysage finalement car tout se passe sur des bateaux en mer, les couleurs sont vives et dynamiques, la lumière est chaleureuse. Après tout, le studio Production I.G. est le plus souvent gage de qualité et les graphismes d'une série ou d'un film de ce studio font rarement défaut. L'attirance pour Gargantia, on la ressent aussi à travers les personnages. D'abord Ledo, notre héros, le soldat perdu sur une planète inconnue. Amy, notre mignonne héroine, la première à l'accepter parmi eux. Chamber, l'arme humanoïde, le mécha aussi attachant qu'un R2D2 mais plus brutal. En revanche les premiers épisodes, à défaut de servir l'intrigue, servent les personnages secondaires. Ils ont tous leur personnalité unique, tous se démarquent pour donner une apparence bien plus organique à la série. On fera exception des amis de notre héroine qui ne servent que de faire valoir pour la rendre plus imposante à l'écran. Des clichés vivants entre la petite svelte, fine et insolente et celle avec plus de formes, des gros seins disons le clairement, gentille et bienveillante presque simplette, comme presque toutes les femmes à fortes poitrines dans les séries d'animation japonaises.

Une vision seinen pas assez assumée qui permet de retarder une histoire brutale et grave

Intéressons-nous à la composition musicale. Les thèmes sont grandioses et haletants. La bande originale est plus que fournie avec une petite cinquantaine de musiques. Des musiques qui seraient loin de faire tache dans un film, alors imaginez dans une série de 13 épisodes. Un opening dynamique et enjoué, qui dénote presque de la deuxième partie de la série.

Gargantia on the Verdurous Planet est une série plus qu'intéressante. Son propos philosophique mis en avant lors du final n'est pas dénué de cohérence. Malgré un début assez maladroit et superficiel, la deuxième partie est originale et profonde. Le principal défaut de cette série, c'est finalement une impression initiale bien trop shonen et bon enfant pour basculer ensuite dans le seinen. Peut-être qu'aborder la série de manière plus sérieuse aurait créer un suspens en toile de fond qui se serait étendu sur 13 épisodes. De la même manière que la bombe sous la table du maître Alfred Hitchcock.

Bon visionnage.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails de la Série Gargantia on the Verdurous Planet (Suisei no gargantia)
Origine Japon Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Action - Drame - Animation - Science - Fiction - Romance - Manga
Version TV Durée 24 '
Sortie 07/04/2013 Reprise -
Réalisateur Kazuya Murata Compositeur Tarô Iwashiro
Casting Kaito Ishikawa - Tomokazu Sugita - Hisako Kanemoto
Synopsis Dans un futur lointain et aux confins de la galaxie, l'Alliance Galactique Humaine lutte pour survivre face à une race nommée « Hideous ». Au cours d'une bataille, le lieutenant Ledo et son arme humanoïde Chamber sont engloutis dans une distorsion temporelle. Une fois réveillé, Ledo réalise qu'il est arrivé sur Terre, une planète submergée par la mer après une période glaciaire, où les gens vivent humblement dans de grands navires et recherchent de vieilles reliques. Ledo se retrouve sur une flotte nommée Gargantia. En l’absence de connaissance de la planète et de sa culture, Ledo se trouve forcé de vivre aux côtés de Amy, une jeune messagère de 15 ans.

Par Jérémy DEROZIER