CRITIQUE : Re: Zero Kara Hajimeru Isekai Seikatsu


Re: Zero Kara Hajimeru Isekai Seikatsu

Critique de la Série

D’abord web novel, puis adapté en light novel toujours en cours de parution au Japon, pour finir en anime, Re:Zero kara Hajimeru Isekai Seikatsu aura fait son petit bonhomme de chemin pour arriver sur le petit écran. On s’attaque ici aux 9 premiers volumes sur les 12 parus, retranscris en 26 épisodes. On y suit Subaru Natsuki, jeune homme banal sans histoire qui se retrouve sans raison apparente transporté dans un monde de fantasy. Point de départ vu et revu s’il en est, tout cela serait bien morne si ce n’est pour la capacité incontrôlée de Subaru à ne pas pouvoir mourir. Plus précisément, lorsque celui-ci meurt, les événements reprennent à un point fixe jusqu’à ce qu’il avance plus loin. Une mécanique qui n’est pas sans rappeler les points de sauvegarde du jeu vidéo. Le héros fait étonnement vite le rapprochement avec ce dernier et le monde qu’il explore, laissant rapidement sa surprise de côté pour analyser méthodiquement avec ses connaissances des jeux vidéo l’univers qu’il arpente. Subaru en a plus sous le capot que son survet’ de chômeur le laisse penser et c’est en même temps que lui que le spectateur découvre l’univers qu’on lui propose. Pas de crainte à avoir pour les profanes du jeu vidéo, rien ne viendra troubler votre compréhension de l’univers dépeint.

Les éléments les plus farfelus nous sont plus facilement admis dans ce monde grâce à une part de mystère salvatrice.

Au contraire, on se retrouve en terrain connu, dans un monde de magie où se côtoient des clichés de l’animation japonaise comme les maids armées jusqu’aux dents, les hommes et femmes chats qui nous vrillent les oreilles à grands renforts de « nya nya », les mascottes kawai surpuissantes etc… On ne parle pas de certains archétypes comportementaux comme la laissée pour compte en amour dont la dévotion pour l’être aimé se confond avec une bêtise crasse, ou la jeune fille en apparence combative qui n’échappe pas à son image de princesse en détresse à la pureté virginale.

Malgré cet agrégat d’éléments peu aguicheurs pour qui cherche un peu de fraîcheur, il faut bien reconnaître que la série a le mérite de cimenter toutes ses composantes avec une cohérence bienvenue. Les éléments les plus farfelus nous sont plus facilement admis dans ce monde grâce à une part de mystère salvatrice. On ne prend pas le temps de tout nous expliquer, en nous prenant par la main comme si on était le dernier des imbéciles : la ville de Lugnica et le monde qui l’entoure est comme on nous le présente, point. Cet aspect est loin de dissimuler une flemme d’écriture pour autant. Plus on avance dans la découverte du monde, plus on en découvre l’envers d’un décor radieux. Après s’être familiarisé avec l’univers, Subaru découvrira les rouages politiques et les machinations sous-jacentes qui peuvent avoir lieu sous couvert de soif de pouvoir. Mais avant d’en arriver là, il traversera la première moitié de la série dans un cadre plus réduit, voire intimiste.

Ainsi, le premier arc mêle habilement action et suspense avec la découverte du monde comme axe principal.

Ainsi, le premier arc mêle habilement action et suspense avec la découverte du monde comme axe principal. Subaru teste son jeu avec ce qui semble être un stock de vies infinies et se permet des expérimentations pour pouvoir passer à la suite de l’histoire. Se pose alors la question des enjeux, il semble un peu facile de pouvoir recommencer « à volonté » ce qui nous semble raté à l’image d’un joueur qui veut optimiser sa partie, ses performances. Fort heureusement, ce n’est pas aussi simple pour Subaru et ceci pour plusieurs raisons...

Il ne connaît pas les règles strictes de sa malédiction, ne sait pas quand il « sauvegarde » ce qui peut s’avérer dangereux, s’il viendrait à passer un checkpoint sans le savoir avec une situation épineuse sur les bras. Il lui est aussi impossible de révéler à qui que ce soit le poids de son fardeau, sans quoi une douleur d’outre-tombe l’empêche d’aller plus loin, voire pire.

Notre anti-héros notoire se retrouve dans une posture fâcheuse, en plus de sa faiblesse naturelle due en partie à sa méconnaissance de la magie, c’est psychologiquement que celui-ci va le plus vaciller. Quant aux personnages qui l’entourent, son don permet au spectateur d’être témoin de plusieurs de leurs facettes en fonction des événements. Le déterminisme occupe une place prépondérante dans la nature des relations qu’entretient Subaru avec les personnages de second plan. L'un pourra très bien se lier d’amitié avec lui, alors qu’à la précédente rencontre il voulait le tuer, révélant un aspect intéressant de leurs relations ou simplement de leur humanité. Tous ces possibles laissent chez Subaru des stigmates psychologiques. Subir sa propre mort à répétition ou bien celle de ses compagnons peut sembler moins grave avec la possibilité de revenir en arrière (certaines situations parviennent à nous surprendre malgré tout), mais la série met l’accent sur le caractère usant de cette capacité sur le personnage principal. Subaru, à travers son don fait un apprentissage de la vie, cherchant tour à tour à négocier, contourner, fuir ou combattre le problème. Les différentes situations forgeront entre autres son aspect stratège qui sans égaler un Lelouch (Code Geass) reste honnête et intéressant. C’est ainsi que guidé par la force des choses, cette capacité met surtout en avant l’épanouissement d’un adolescent vers l’âge adulte, sans occulter les parties sombres de son humanité.

Reste quelques ombres à cet ingénieux tableau. L’évolution de Subaru se marquera partiellement par des dialogues maladroits à la mièvrerie confondante, même s’il faut noter la prise de risque d’un épisode (le 18eme pour être précis) se déroulant quasiment en un seul dialogue, il est entaché par une innocence outrancière et mal placée. L’histoire d’amour principale en devient une bête idylle faisant passer la fable chevaleresque qu’est le passé de Wilhelm pour une romance tout ce qu’il y a de plus terre à terre. Autre problème, les ennemis à vaincre, primordiaux dans le parcours initiatique de notre héros ne bénéficient pas d’un design flatteur. La faute en partie à l’acte d’exposition qui d’emblée nous offre un affrontement de haute voltige entre deux personnages d’un autre niveau, ce qui se répercute sur la suite directe de la série en termes d’attentes. Le rythme se fait alors en dent de scie après cela et on devra endurer plusieurs épisodes sur fond d’enquêtes simples et de combats de monstres mineurs et autres sbires avant de repartir de plus belle. Enfin, la conclusion, qui en laissera plus d’un sur le carreau... Elle est encadrée par quelques épisodes qui interviennent après une bataille majeure où l’action y perd à nouveau de sa superbe. Si elle conclut bel et bien l’anime, elle tente une tournure originale et cohérente. Néanmoins, trop de questions sont laissées sans réponses, trop de pistes sont ébauchées pour finalement les classer sans suite, ce qui laisse un arrière-goût d’inachevé en bouche.

Les livres ayant dépassé ce point on peut toujours espérer une saison 2 qui n’est toujours pas annoncée à l’heure où ces lignes sont écrites. On ne peut donc prendre l’œuvre que pour ce qu’elle est actuellement : un récit de fantasy classique, faisant corps avec ses nombreux défauts et gimmicks déjà vus, mais qui arrive à en tirer là sa singularité.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails de la Série Re: Zero Kara Hajimeru Isekai Seikatsu
Origine Etats Unis - France - Japon Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Action - Aventure - Suspens - Drame - Animation - Fantasy
Version TV Durée 25 '
Sortie 03/04/2016 Reprise -
Réalisateur Masaharu Watanabe Compositeur Kenichiro Suehiro
Casting Rie Takahashi - Yūsuke Kobayashi
Synopsis Subaru Natsuki est un banal lycéen se retrouvant subitement transporté dans un monde fantastique sans aucune explication. Alors qu'il tente de prendre ses marques dans ce nouvel endroit, il finit par rencontrer Emilia, une fille possédant des pouvoirs magiques et avec qui il va sympathiser. Malheureusement, sans crier gare, ils meurent tous les deux violemment. Subaru se retrouve alors instantanément à l'endroit où il était arrivé dans ce monde, et au même moment, comme si rien ne s'était passé. Il comprend par la suite qu'il a le pouvoir de remonter dans le temps dès l'instant où il meurt. Subaru décide alors de modifier les événements afin de parvenir à une fin plus heureuse.

Par Ghislain BIDOUX