CRITIQUE Les Médicis : Les Maîtres de Florence (Medici: Masters Of Florence)

Médicis : Les Maîtres de Florence

Critique de la Série

Cette première création originale signée SFR Play nous transporte à Florence, capitale italienne de l'art et de l'architecture de la Renaissance. Patriarche dévoué, Giovanni de Médicis, a élevé sa famille au rang de nobles banquiers. Faisant partie de la Seigneurie, aux côtés des plus grands nobles de Florence et de l'Église catholique, ils prennent les décisions concernant l'économie de leur ville. Partie de rien, la famille Médicis est devenue une grande famille reconnue par les plus anciennes familles de la ville. Leur fortune fait le désespoir des autres familles, suscitant leur jalousie. La plateforme de SFR nous offre une première série digne des créations originales de Canal+, comme par exemple Versailles. Dans des reconstitutions de décors, la ville en pleine transition historique, renaît dans cette série.

Artiste incompris par son père, il a abandonné ses ambitions d'artiste pour reprendre le flambeau familial au décès de son père.

L'ambition du père a été transmise au fils, Cosimo de Médicis. Artiste incompris par son père, il a abandonné ses ambitions d'artiste pour reprendre le flambeau familial au décès de son père. Enquêtant sur son décès prématuré, Cosimo tente de redresser au même moment l'économie de la ville. Avec force et conviction, le jeune homme devient peu à peu ce qu'il haïssait chez son père, un être froid, calculateur et surtout manipulateur. Interprété par Richard Madden, le personnage asservi par ses obligations en oublie presque son propre rêve de jeune homme : dessiner la coupole de l'église laissée à l'abandon depuis plusieurs années. Devenu le chef de famille, Cosimo peut enfin lier son premier amour pour l'art à l’héritage de son père.

Durant toute cette première saison, on aperçoit le personnage de Giovanni sous un jour vil et mesquin. Tout est négociable lorsque l’on a de l’argent. Le silence de chacun a un prix. Chaque homme peut être corrompu dans cette société en pleine crise économique. Le bonheur de ses fils n’est pas le sien, seul compte l’héritage qu’il a bâti à la sueur de son front.

Leur fortune fait le désespoir des autres familles, suscitant leur jalousie.

Dans ce panorama de banquiers en guerre pour être le plus puissant, l’épouse de Cosimo, Contessina incarnée par Annabel Scholey est un personnage déterminé qui, malgré la place de femme au foyer qu’elle doit tenir, rompt avec les comportements présupposées de la femme lorsqu’il s’agit de défendre son époux. A la manière d’une Jeanne d’Arc italienne, Contessina mène sa propre guerre contre les autres nobles de Florence qui osent défier les Médicis. Tout comme son époux, elle est prête à tout pour faire tomber quiconque tentera de détruire sa famille. Par respect pour Cosimo, elle sacrifie sa personne dans un combat qui n’est pas le sien.

Cette première série annonce l’ambition de SFR Play de devenir une vraie concurrente aux autres plateformes de streaming de séries (Hulu, Canal+, Netflix, etc...). Dans un décor reconstitué et des costumes somptueux, les personnages complexes évoluent tous vers des trajectoires différentes et parfois, opposées à leur aspiration de départ. Contessina défend son époux telle une vraie femme amoureuse au lieu d’être l’espionne que son père escomptait. Cosimo devient comme son père, un être manipulateur et sans remords envers les personnes qu’il blesse à tort. Cette première saison semble représenter un bon départ pour cette série raffinée sur cette famille italienne et les conflits économiques que Florence subit avec la transition vers la modernisation de la ville.

Note : Un très bon moment en perspective. Verdict : Un très bon moment en perspective.

Man-ting SRON

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