CRITIQUE Mr Robot Saison 2 (Mr Robot Season 2)

Mr Robot Saison 2

Critique de la Série

Après une première saison brillante, c'est avec un peu d'excitation que nous avons retrouvé Mr Robot pour sa saison 2. En effet, le scénario innovant de la première saison avait à la fois su balader le spectateur dans les méandres du hacking et des enjeux de pouvoir qui y sont liés, tout en le faisant plonger dans l'esprit singulier de son captivant personnage principal Elliot Alderson. L'envie d'en savoir plus sur l'évolution de son rapport au monde mais surtout sur les conséquences du piratage auquel il est lié était tellement forte que nous attendions impatiemment la reprise de la programmation sur France 2. Autant dire tout de suite que cette 2ème saison est assez inégale, autant sur le fond que sur la forme.

Les épisodes de cette saison 2 intriguante se succèdent, nous faisant suivre Elliot au gré de sa perception du monde qui l'entoure, puis le scandale de données qui semble se profiler mêlant de gros poissons dans son filet.

D'abord par la durée et la forme des épisodes : entre 45 et 60 minutes, le scénario de chacun semble avoir été construit indépendamment des autres, sans pour autant faire courir un risque à l'ensemble, ce qui relève un peu du miracle, il faut bien se l'avouer. C'est ainsi que l'épisode 6 dont la première partie se déroule comme dans une sitcom semble détonner (mais il est superbe!) sans pour autant perdre dans son fond.   Mais tout cela tient sans doute à deux composantes majeures (les acteurs, et la réalisation) qui sont autant dans la continuité de la première saison tout en s'en démarquant.

Il faut bien avouer que depuis le début le casting de Mr Robot est tout simplement exceptionnel. On a tout de suite été subjugué par le jeu de Rami Malek, toujours aussi impressionnant de justesse : son ton de voix monocorde, son visage capable d'interpréter toutes les émotions, expressions, pensées d'Elliot et de son esprit dissocié, sa gestuelle dénotant son mal-être dans le monde réel dont il ne maîtrise pas les codes contrairement à celui de l'informatique qui semble être fait pour lui. Mais les interprètes marquantes de cette saison 2 sont bien les femmes : Grace Gummer qui interprète l'agent Dominique DiPierro, Portia Doubleday (Angela Moss, amie d'enfance d'Elliot), et Carly Chaikin (Darlene Alderson, hackeuse et soeur d'Elliot). A elles trois, elles incarnent des femmes dont l'évolution est marquante comparativement à la saison 1 (et au cours de cette saison 2) : plus fortes, plus déterminées, plus pro-actives dans l'intrigue et dans leurs choix, voire même prenant l'ascendant sur les personnages masculins (ex: Darlene dans l'organisation du piratage).

Quant à la mise en scène, elle est tout simplement ultra-maitrisée et le spectacle est beau à voir : son esthétisme se remarque autant dans les couleurs jouant sur le contraste sombre/éclatant ou les choix de musiques associés aux images, que dans la technique mise en oeuvre dans la mise en avant des comédiens et des plans cadrés utilisés. Pour autant, la réalisation et le jeu des acteurs ne viennent pas à bout de la question qui nous suit tout au long de cette saison, et avec laquelle nous restons à son issue : où tout cela mène-t-il? Qu'a imaginé le scénariste Sam Esmail? Si la saison 1 jouait la carte de l'innovante introduction à un monde (hacking) et à l'esprit perturbé d'Elliot, la saison 2 nous fait tantôt pencher du côté d'un thriller politico-financier, tantôt vers un thriller psychologique. Les épisodes se succèdent, nous faisant suivre Elliot au gré de sa perception du monde qui l'entoure, puis le scandale de données qui semble se profiler mêlant de gros poissons dans son filet. Attention à ce que cette ambiguïté ne nous lasse...

Note : Intéressant dans son ensemble. Verdict : Intéressant dans son ensemble.

Anne-soizic BOUENARD

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