CRITIQUE Occultic;Nine

Occultic;Nine

Critique de la Série

Après le succès de Steins;Gate, quoi de plus normal que de voir une nouvelle adaptation des light novels de Chiyomaru Shikura ? Occultic ;Nine a donc logiquement débarqué sur les chaînes de télé japonaises et en simulcast sur Crunchyroll. Les habitués de l’auteur savent depuis Steins ;Gate qu’il aime nous déboussoler, nous interroge voire nous perdre complètement. Qu’en est-il de cette nouvelle œuvre ?

Avec la présence de son auteur et son ambiance atypique, l’anime se propulsait comme l’un des plus attendus de cette fin d’année 2016.

Ici, on nous narre divers faits étranges (suicide de masse dans un parc, communication avec les morts et d’autres…) que rien ne semble lier de prime abord, tout comme les personnages que l’on nous présente. Au milieu de ce fouillis, on suit Yuta Gamon (ou Gamotan), un neet qui tient un blog sur l’occulte pour pouvoir s’enrichir et Ryoka Narusawa, sa « sbire » -comme elle aime se définir. L’administration d’un tel site le pousse bien entendu à se pencher sur ces événements et à se retrouver entrainé par une intrigue qui échappe totalement à son contrôle. Petit à petit, l’équipe s’enrichira de nouveaux personnages pour parvenir à former les fameux Occultic;Nine. Avec la présence de son auteur et son ambiance atypique, l’anime se propulsait comme l’un des plus attendus de cette fin d’année 2016. Alors… classique en devenir ou pétard mouillé ?

Le flou volontaire de la série, nous invite dans un premier temps à nous égarer dans un flot de bizarreries qu’on nous force à admettre. Pêle-mêle on se retrouve avec : une hécatombe (200 cadavres dans un parc), un pistolet laser tout droit sorti des invendus de chez Toy’s R Us, un homme capable de séparer son âme de son corps et tant d’autres. Un joyeux foutoir, qui s’il s’arrêtait aux premiers épisodes pour ensuite attaquer les clarifications, pourrait charmer avec son esthétique acidulée et dynamique. Mais, c’est là que la série commence à faiblir. L’aura qu’on nous assène et qu’on force sur le spectateur s’essouffle vite et se retrouve coincée dans un paradoxe. Alors qu’elle part dans tous les sens au début, elle se précise dans une linéarité confondante de simplicité. Un grand méchant ressort de tous les événements qui -ô surprise ! - sont tous liés, et bien sûr un héros devra se dresser comme dans le dernier des shonens… Les diverses explications qu’on nous offre amènent d’autres éléments faussement compliqués pour nous enfumer derrière une ambiance soignée, en s’occupant peu du fond. La série fait tout pour avoir l’air étrange et ça se voit : elle se force à grand renfort de cadrages fantasques (désaxés, renversés ou retournés) dont on questionne le sens profond si ce n’est une recherche d’esthétique un brin m'as-tu-vu.

Les biens nombreuses pistes s’uniformisent et s’empressent de trouver une réponse à la venue imminente de la conclusion.

La construction de l’histoire, sous ses faux airs de labyrinthe, tient de la ligne droite toute tracée, nous retirant bien vite le loisir de nous perdre. Reste alors les quelques révélations et twists qui ont le mérite d’exister et de relancer la machine, alors que l’on commence à piquer du nez à mi-parcours.
Les biens nombreuses pistes s’uniformisent et s’empressent de trouver une réponse à la venue imminente de la conclusion. Tandis que le format de 12 épisodes semble inadéquat au déroulement correct de l’intrigue. Le final semble expédié, la mise en scène quelque peu forcée pour embrayer sur une ébauche d’épilogue trop courte pour pouvoir porter ce nom. Reste alors la petite galerie de personnages et leur design qui relève un peu le niveau et égayent un tout bien terne. Encore heureux peut-on dire, quand on voit que l’on passe la moitié - voire plus - de la série à les présenter, en diluant au passage quelques éléments d’intrigues au détour d’un cut pour capter l’attention du spectateur engourdi. Occultic;Nine suit le même modèle qu’un Kekkai Sensen ou l’on passe plus de temps à présenter les personnages et l’univers pour ensuite tout résoudre à la va-vite sur les derniers épisodes. On en vient à se questionner de l’utilité de certains alors que leur temps d’exposition dépasse la majorité, comme Aria Kurenaino l’un des seuls personnages dont on voit le background sans que l’intrigue n’en fasse grand chose.

Occultic ;Nine est-il un ratage pour autant ? Pas exactement, c’est aussi ce paradoxe qu’il se traîne qui le sauve. Certes arythmique et dissonant, moyen et linéaire, Occultic;Nine n’est pas un échec cuisant. Le spectateur doit être prévenu qu’il sera mis à l’écart et qu’il verra le puzzle se résoudre purement et simplement sous ses yeux sans véritable participation de sa part. Reste alors un petit shonen qui s’ignore, le cul entre deux chaises avec son esthétique sympathique, sa mise en scène pêchue et ses couleurs pétantes, mais probablement une déception pour les fans de Shikura.
Un Ovni qui aurait mieux fait de rester terre à terre.

Note : Maladroit sur de nombreux points. Verdict : Maladroit sur de nombreux points.

Ghislain BIDOUX

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