CRITIQUE : Drifters


Drifters

Critique de la Série

L'honneur du samouraï, Drifters se termine dans quelques jours après avoir été une des perles de cette saison. Alors qu'est-ce qu'on peut en penser ?

D'abord, une petite présentation ne ferait pas de mal. Drifters est l'adaptation animée du manga éponyme de Kôta Hirano. Si ce nom ne vous dit rien, un petit rappel qui devrait faire *ting* dans votre mémoire, le manga Hellsing est né sous sa plume. La série est réalisée par Kenichi Suzuki, réalisateur du nouvel anime Jojo's Bizarre Adventure jusqu'à la seconde saison de Stardust Crusaders. L'animation est le bijou du studio Hoods Entertainment, sous le nom de Hoods Drifters Studio.

Nous sommes au Japon, en 1600 à l'époque Azuchi Momoyama. Toyohisa Shimazu quitte le champ de bataille, mortellement blessé. En un battement de cils, il se retrouve dans un corridor lumineux et en face de lui, un homme assis à un bureau. L'instant d'après il se fait aspirer par une porte et est transporté dans un monde inconnu peuplé d'elfes et de nains. Mais dans ce lieu inconnu, il n'est pas le seul de notre monde. De nombreux guerriers et conquérants aux portes de la mort se sont retrouvés en une fraction de seconde dans ce corridor en face de ce même individu mystérieux et aspiré par cette même porte. Mais chaque pièce a un côté pile. Tandis que l'homme assis à son bureau transporte ces guerriers, ces "Drifters" , appelons-les comme on veut, les gentils, les gagnants. Une femme à l'apparence maléfique utilise le même procédé pour créer une armée de "Ends", les méchants, les perdants. Il y a bien une petite exception à cette explication mais nous vous gardons la surprise pour plus tard.

Les Drifters sont le coup de pied dans la fourmilière qu'est ce monde.

D'un point de vue graphique, Drifters est une petite claque. Évidemment, le style de base de Kôta Hirano est singulier et marquant. L'anime en fait un rendu plus lisse et générique mais sait mettre l'accent au bon moment pour faire ressortir la patte de l'auteur. Cette façon de faire des contours noir très prononcés, qu'on retrouve justement dans Jojo's Bizarre Adventure, met en relief les personnages par rapport au monde dans lequel ils évoluent et donne un effet de surbrillance autour de ceux-ci. Pour les connaisseurs, on retrouve le même effet que dans les épisodes 07 et 08 du livre 2 de Avatar : The Legend of Korra, les épisodes de Wan. Comme une impression que les personnages se meuvent sur une fresque. L'effet est d'autant plus accentué qu'on suit des personnes "réelles" qui ont eu leur impact sur notre monde. L'utilisation de la lumière ne sera pas sans rappeler la série L'Attaque des Titans. Même dans le character-design, l'anime rend honneur au style de Hirano. Mais il diffère légèrement du matériau de base, comme si on avait ajouté une goutte de character-design de l'Attaque des Titans. Il suffit de regarder l'opening pour se faire une idée de la petite perle que c'est. Finalement, on est en droit de se demander ce qu'aurait donné l'anime Berserk de l'été dernier avec ces graphismes et pas la 3DCG moche.

Pour contrebalancer tout ça, l'histoire est assez banale. Mais surtout, une petite douzaine d'épisodes, arrivé au bout on sent bien que ce n'est pas assez. C'est quelque peu mal dosé. Comprenez, l'anime est très à l'aise quand on reste au niveau du héros, c'est le petit bain, la confiance, on maîtrise. Mais dès qu'on commence à avoir une vue d'ensemble, on perd pied et on a du mal à comprendre les tenants et aboutissants. Ce qui fait qu'on a cette impression de lenteur en suivant le héros parce que tout est dans le détail. En revanche, quand on s'en éloigne, la notion de détail est gardée mais elle n'est pas construite sur de bonnes bases pour accrocher le spectateur et c'est d'autant plus vrai dans la première partie de la série. Les héros sont japonais, ce qui est normal, mais on passe un des premiers épisodes avec deux romains, contemporains l'un de l'autre, Hannibal Barca et Scipion l'Africain. La seule chose que l'on nous donne pour s'attacher à eux est que ce sont eux aussi des Drifters, Le rythme intimidant des premiers épisodes subit une cassure.

Les personnages et la violence, les pierres angulaires de cette série.

D'ailleurs, parlons en des personnages historiques qu'on rencontre dans Drifters. Comme dit plus haut, il existe 2 camps, les Drifters et les Ends. Nous avons le plaisir de vous annoncer, que la France est représentée... Chez les Ends, les méchants donc, nous pouvons voir les incarnations de Jeanne d'Arc et de Gilles de Rais. Si vous connaissez bien Gilles de Rais et avez déjà vu une toile le représentant, vous pouvez l'effacer de votre mémoire avant de regarder Drifters. Le Gilles de Rais de l'anime est un Séphiroth gonflé aux hormones. Il est intéressant de noter que la série prend enfin une autre tournure quand il fait son apparition. Dorénavant les héros commencent à comprendre toute l'étendue des enjeux, en même temps que les spectateurs en fait. Mais, quelque chose devrait commencer à tiquer à l'arrière de votre crâne. On commence à voir que les méchants sont des français ou des russes, que les gentils sont japonais ou italiens. Bon aller, la mauvaise foi, il y a aussi Billy the Kid chez les gentils mais oubliez ça. Pendant un bref instant on peut voir le drapeau et l'emblème nazi, remettre dans le contexte avec un pilote kamikaze de la seconde guerre mondiale. Oui parce que comme dit précédemment, les Ends étaient les perdants et les Drifters, les gagnants. Il y a une légère exception à cette règle, on retrouve étrangement du côté des gentils, un homme à la moustache singulière. Et non, ce n'est pas Charlie Chaplin... Oui, Adolf Hitler. Accrochez-vous, dans ce monde "Hitler did nothing wrong". Il a en fait, créé un pays qui tenait plus ou moins la route. Notre monde aurait peut-être du lui laisser une chance finalement.

L'opening est une petite merveille graphique et musicale.

C'est finalement sur ce point Godwin qu'on va conclure en parlant du générique de début qui fait déjà parti du top des meilleurs openings. Gospel of The Trottle pour ceux que ça intéresse. Drifters est une série à voir. Même si elle est en dent de scie dans la première moitié, il est important de persévérer le visionnage. Les personnages sont le gros point fort, ils sont développés et attachants.

En France, la série est disponible sur le catalogue de simulcast Wakanim. Elle est aussi la première série à sortir en France en simuldub (doublée, ici en français du coup) le lendemain de sa diffusion au Japon, sur la chaîne J-One. Le manga Drifters a débuté en avril 2009 au Japon et compte 5 volumes reliés. En France, le manga est licencié chez Tonkam et compte actuellement 5 volumes reliés, le dernier est sorti en novembre dernier.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails de la Série Drifters
Origine Japon Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Action - Aventure - Animation - Manga
Version TV Durée 25 '
Sortie 07/10/2016 Reprise -
Réalisateur Kenichi Suzuki Compositeur Hayato Matsuo - Yasushi ISHII
Casting Yuuichi Nakamura - Naoya Uchida - Mitsuki Saiga
Synopsis Toyohisa Shimazu, jeune samuraï participant à la bataille de Sekigahara se retrouve soudain plongé dans un autre monde. Rapidement il découvre que plusieurs autres guerriers renommés ont dérivés dans cette dimension. Une guerre sans merci dont il ignore encore les tenants et les aboutissants l’attend d’entrée de jeu, sous la bannière du célèbre Oda Nobunaga !

Par Jérémy DEROZIER