CRITIQUE Eden of the East (Higashi no Eden)

Eden of the East

Critique de la Série

Noblesse Oblige !

Eden of the East ou Higashi no Eden en V.O est un anime diffusé au printemps 2009 au Japon sur la chaîne Fuji TV et en hiver 2011 en France sur la chaîne Nolife. Il s'agit d'une création originale écrite et réalisée par Kenji Kamiyama (Ghost in the Shell : Stand Alone Complex). Cette série est aussi un des petits bijoux du studio Production I.G (Psycho-Pass, Guilty Crown) qui fait parler de lui récemment avec Haikyuu!!. Eden of the East a eu droit à 2 films faisant suite à la série, ils sont disponibles en coffret intégrale chez Kazé Anime. 

En 2010, le Japon subit une attaque terroriste mais aucune victime n'est à déplorer. L'histoire débute trois mois plus tard avec la jeune étudiante japonaise Saki Morimi, achevant son voyage aux Etats-Unis par Washington D.C et plus particulièrement la Maison Blanche. Après avoir tenté de lancer une pièce dans la fontaine des jardins, elle se fait repérer par la police locale. C'est ainsi qu'intervient notre héros au nom encore inconnu mais à l'anatomie sans mystère qui souffre d'amnésie avec seulement sur lui un revolver et un téléphone pour le moins étrange. On apprendra plus tard que ce téléphone lui donne accès à 8.2 milliards de Yens (soit 71 millions d'Euros de nos jours) par l'intermédiaire de Juiz. Notre héros vient donc en aide à Saki Morimi, notre héroine, en attirant l'attention de la police. On sait tous comment est vu la nudité aux Etats-Unis après tout. Finalement, pendant 11 épisodes on suivra la quête d'identité et de souvenirs de notre héros appelé Akira Takizawa entremêlé avec le mystère qu'entoure son téléphone. Le tout, sur un fond de romance entre lui et Saki Morimi.

On découvre l'univers à travers les yeux d'un héros amnésique.

Eden of the East est un de ces animes avec une maîtrise parfaite du rythme. On est devant un thriller psychologique coupé en 11 épisodes d'une vingtaine de minutes. Sans même ressentir de la lenteur, à chaque fin d'épisode on est susceptible de ressentir avoir regardé un épisode de 45 minutes tant le suspens est captivant. L'amnésie du héros est utilisée à bon escient pour que le spectateur puisse avancer avec lui au même rythme dans sa compréhension de l'intrigue. On découvre l'univers avec ses yeux. Une compréhension, une vue d'ensemble qui ne commencera à éclore qu'au milieu de la série. Avant cela, tout est une question d'assimilation des informations qu'on nous donne, à l'image du héros avec sa quête d'identité. Cela aide à faire passer la pilule de 5 épisodes pendant lesquels nous ne sommes pas maîtres de la situation se posant la question du pourquoi et du comment.
Cette séparation dans le déroulement de l'histoire entre le noir complet et le tâtonnement se fait d'une manière très simple. On comprend enfin le titre de la série. Pierre angulaire, de près ou de loin, de l'intrigue. L'Eden de l'Est est un moteur de recherche développé par un petit groupe de personnes qui se trouvent être Saki et ses amis. Il fonctionne de manière participative et chaque utilisateur apporte sa pierre à l'édifice. En Occident, ce petit groupe pourrait se faire un petit paquet d'argent avec cette idée. Mais au Japon, ces mêmes personnes rentrent dans la catégorie des NEET (Not in Education, Employment or Training), comprenez des personnes qui ne sont ni étudiants ni employés ni stagiaires. Au Japon la mouvance des NEET est un mouvement politique qui lutte contre le modèle "Ecole, famille, entreprise", fin de la digression. Quand on arrive au centre de l'histoire, on comprend que l'Eden de L'Est et les NEET sont au centre de l'intrigue et seront utiles à sa résolution. Et c'est assez culotté et peu vu de traiter du mouvement des NEET de cette manière. Un des thèmes principaux de Eden of The East c'est de sauver le Japon et on se retrouve avec un héros en marge de la société qui doit sauver le pays grâce à l'argent que lui octroie son téléphone et un groupe de marginaux et leur moteur de recherche ayant eux aussi pour but de rendre le Japon meilleur et plus moderne. À la fin de la journée ce sont les marginaux qui sauve le Japon.

L'animation est signée Production I.G. Mais il y a pas beaucoup de choses à dire sur les graphismes. L'animation est bonne, il n'y a pas de question à se poser. L'anime se veut réaliste et ça se ressent avec le travail apporté sur les décors. Mais pour vous resituer, le printemps 2009 en sortie anime c'était Fullmetal Alchemist : Brotherhood et Dragon Ball Kai. Malgré ça, l'atout graphisme de Eden of the East est dans le chara-design. C'est un thriller, alors l'accent apporté aux personnages n'est pas négligeable. Leur design est une création de Satoko Morikawa. Elle nous offre des personnages réalistes. Mais tout en étant simplistes, il y a une certaine aura qui s'en dégage qui les rend attachants. Les animateurs ont aussi apporté beaucoup de soin sur les émotions des personnages, notamment Saki qui est le capital kawaii de la série.

Les musiques sont l'oeuvre de Kenji Kawai. Si vous suivez certains des Youtubers les plus connus, vous avez peut-être entendu ce nom il n'y a pas si longtemps. Il a fait les musiques du nanar franco-japonais Samourais. Mais on le connait surtout pour son travail sur Ghost in the Shell, The Ring ou IP Man. L'anime a deux musiques d'opening. L'originale est Falling Down du groupe Oasis. Mais pour des questions de droit le distributeur américain FUNimation Entertainment a du refaire l'opening avec une autre musique, Michael Ka Belial par Saori Hayami. Il faut dire que la deuxième est bien plus légitime, elle est plus posée et plus calme, et surtout elle est japonaise.

Eden of the East est le petit frère de Summer Wars ou Gantz

Finalement, le grand défaut de Eden of the East est aussi sa principale qualité, sa maîtrise du rythme. Comprenez plutôt, on ne peut que penser que c'est triste d'avoir une histoire si courte et malgré tout si complexe. Quand on arrive à la fin des 11 épisodes, on peut avoir un arrière-goût d'insatisfait car beaucoup de questions resteront sans réponses ou avec une réponse bâclée. Il y aura toujours un voile flou sur les implications de chacun quand on s'éloigne un tant soit peu de la trame principale. Le résultat final est bon, mais il manque 4 voir 5 épisodes afin d'étoffer la dernière partie pour qu'il soit excellent.

Eden of the East c'est un peu le petit frère de Summer Wars pour le développement de son univers virtuel et de Gantz dans sa tension psychologique et en faisant le rapprochement entre Juiz et, du coup, Gantz en tant que boule noire. On pourrait aller plus loin en comparant les NEET de Eden of the East qui sont des marginaux qui ne se reconnaissent plus dans le Japon actuel et les ramenés à la vie de Gantz qui se sente coupé de l'humanité.

En résumé, Eden of the East est un thriller psychologique au rythme lent en première partie mais qui s'accélère en deuxième partie. Avec des décors aux graphismes détaillés et précis et des héros au design simpliste mais attachant. Son gros point fort est son scénario mais son point faible est sa durée, trop courte pour tout ce qui est traité.

Surtout n'oubliez pas, être en marge de la société ce n'est pas rester derrière elle mais évoluer en parallèle d'elle.

Bon visionnage.

Note : Un très bon moment en perspective. Verdict : Un très bon moment en perspective.

Jérémy DEROZIER

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