CRITIQUE : Lupin III - L'aventure italienne (Lupin III - L'avventura Italiana)


Lupin III - L'aventure italienne

Critique de la Série

Véritable phénomène au japon depuis plus de 30 ans, Lupin III (lire « Lupin Sansei ») est beaucoup moins connu chez nous. Les plus vieux se souviennent peut-être de lui sous le nom d’Edgar de la Cambriole suite à la diffusion de la saison 2 en France en 1985. Il aura fallu attendre trois décennies pour le revoir conquérir le format sériel.
Lupin III ce n’est ni plus ni moins que les tribulations du petit fils d’Arsène Lupin, à la fois voleur au grand cœur, charmeur et gaffeur aux attitudes simiesques. Pour l’aider à opérer, il est accompagné de Jigen le tireur d’élite, Goemon le samourai et parfois Fujiko la femme fatale face au tenace inspecteur Zenigata qui le poursuivrai jusqu’en enfer.

Même si les films et OAVs annuels nous permettaient d’avoir notre dose, il faut bien avouer que le manque se faisait sentir. Il y a certes eu en 2012 Lupin III : Mine Fujiko to Iu Onna, spin-off de 13 épisodes s’attardant sur le personnage de Fujiko, mais le style se voulait loin du ton léger de la série, avec des couleurs plus ternes et un dessin plus acéré (style que l’on retrouvera dans le film Lupin III : Jigen Daisuke no Bohyou 2 ans après). Bien que la qualité de cette dernière ne soit pas à remettre en doute, le fan impatient de retrouver Lupin faire le pitre avec ses complices restait sur sa faim.
Preuve en est, la saison 5 dont on vous parle ici est sous-titrée « Part 4 », ignorant ainsi les aventures de Fujiko dans la chronologie de la série.

Le fan service opère et on retrouve avec plaisir certaines marques de fabrique de la série.

Après une pause aussi longue, il est légitime pour le fan de se demander si ce retour au petit écran va réussir à combler le poids d’une telle attente.
Le pari est tenu avec une réussite certaine. D’entrée de jeu, la série nous présente son nouveau cadre : l’Italie contemporaine, tout en nous rappelant paradoxalement que nous sommes en terrain connu.
Le fan service opère et on retrouve avec plaisir certaines marques de fabrique de la série. L’opening par exemple, avec son énième reprise du thème principal de la série, fonctionne à merveille pour nous replonger dans l’ambiance « à la cool » des années 80 qui émane du titre. Les personnages conservent leurs gimmicks (la catchphrase de Goemon lorsqu’il coupe tout et n’importe quoi avec son sabre, les trahisons de dernière minute de Fujiko…), le fan s’y retrouve et le néophyte découvre la série sans problèmes.
On déplore malgré tout que certains épisodes fassent office de ventre mou, notamment ceux qui se concentrent plus sur les personnages secondaires comme le quatrième épisode opposant Jigen à une petite frappe de quartier, assez dispensable.

Bénéficiant évidemment d’un lifting de circonstance après autant de temps, celui-ci conserve l’esprit des dessins de la première heure en les réactualisant, cette nouvelle saison est loin de se reposer sur ses acquis.
Le choix de l’Italie en tant que théâtre des événements insuffle un vent de fraîcheur à la série, accompagné par des thèmes musicaux rythmant ce dépaysement entre le film de mafieux et la comédie.
Mais c’est avant tout par les personnages que la nouveauté se fait sentir. Si l’on peut faire un reproche à l’ensemble des aventures de Lupin c’est qu’elles se concentrent trop souvent sur le quintet que forment les personnages principaux. On ne laisse que rarement sa chance à un autre personnage plus d’un épisode ou d’un film. Ici le (moindre) mal est réparé avec de nouvelles additions au casting.
L’espiègle actrice Rebecca Rossellini fait une entrée fracassante dans le monde de la série en se mariant avec Lupin, bousculant au passage la petite relation d’amour à sens unique que ce dernier partageait avec Fujiko. Elle réserve aussi d’autres surprises qu’on se gardera bien de révéler. Nyx l’agent du MI5 fera quant à lui office d’opposant de taille du côté de la justice, dans la veine de Zenigata, pour augmenter le challenge. Enfin, un nouvel ennemi, dont on ne spoilera pas l’identité, fait son apparition à la moitié de la saison pour en épaissir le mystère.

C’est avant tout par les personnages que la nouveauté se fait sentir

Ces nouveaux protagonistes parviennent à ne pas troubler l’équilibre de la licence qui semblait figé jusqu’ici tout en y apportant de la nouveauté.
On peut le dire, à quelques bémols près, les 24 épisodes et les 2 OAVs qui suivent (et se concentrent sur Rebecca en guise d’épilogue) font honneur à la série.
Espérons juste revoir les anciennes et les nouvelles têtes sans avoir à attendre 30 ans de plus !

 

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails de la Série Lupin III - L'aventure italienne (Lupin III - L'avventura Italiana)
Origine Japon Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Action - Comédie - Animation - Policier - Manga
Version TV Durée 25 '
Sortie 30/08/2015 Reprise -
Réalisateur Yuichiro Yano Compositeur Yuji Ohno
Casting Kanichi Kurita - Kiyoshi Kobayashi
Synopsis L’histoire prend place à sur l’île de Saint-Marin, en Italie, où l’on retrouve un Lupin dans la vingtaine, arborant sa veste bleue de l’époque. Il rencontrera Rebecca Rosselini, mannequin et actrice qui mène une double vie en tant que présidente d’un conglomérat de l’ombre. Connue comme la reine des potins, Rebecca est aussi une femme indépendante, qui cache un secret qu’elle ne peut révéler à personne... Lupin saura-t-il lui dérober ?

Par Ghislain BIDOUX