CRITIQUE : Night Gallery - saison 2 (Night Gallery - season 2)


Night Gallery - saison 2

Critique de la Série

C'est avec un certain retard que nous nous attardons aujourd'hui sur la deuxième saison de Night Gallery, la série d'anthologie fantastique créée par Rod Serling au début des années 70. Cette saison est sortie dans son intégrale depuis le 24 août dernier chez Elephant Films, toujours autant décidé à nous faire découvrir des petits bijoux peu connus de la télévision américaine.

Nous voilà donc repartis pour un tour dans cette fameuse Night Gallery, conviés par Rod Serling en personne à en arpenter les allées et à en découvrir les sombres histoires qui se cachent derrière les tableaux. Après une courte première saison (7 épisodes si l'on compte le pilote), voilà une fournée de 22 épisodes. D'une cinquantaine de minutes, les épisodes comportent au minimum deux histoires différentes et quatre au maximum. Se plonger dans Night Gallery est donc un exercice aussi réjouissant que de lire des nouvelles : on est généralement agréablement surpris et le temps passe vite alors que les histoires se succèdent.

Plus éclectique et diversifiée que la première saison, cette seconde incursion dans l'univers de Night Gallery témoigne d'une certaine inégalité mais également d'une richesse absolue qui saura satisfaire plus d'un amateur d'histoires d'épouvante.

Pour cette saison plus ample, la série élargit donc ses thèmes : confinée au macabre dans ses débuts, elle s'aventure vers la science-fiction, le drame fantastique (le segment The Messiah on Mott Street avec Edward G. Robinson est parfaitement émouvant) et même la farce notamment dans les segments les plus courts qui voient les scénaristes souvent s'amuser avec le mythe du vampire (notamment quand Dracula rencontre des nazis venus envahir son château dans The Devil is not Mocked). Le problème de cette seconde saison est donc la foison des histoires. Si l'on ne peut que saluer leur variété, il faut bien reconnaître qu'elles sont assez inégales et certaines sont plus réussies que d'autres. Les segments les plus courts sont les moins intéressants et on pourrait aisément s'en passer même si certains amusent comme Hell's Bells qui voit un hippie arriver en enfer. Là où Night Gallery brille, c'est quand elle s'installe dans la durée. En cela, force est de constater que c'est souvent Rod Serling qui livre les meilleurs scénarios et surtout les plus sombres, ceux où la vision de l'humanité ne laisse guère de place à l'espoir. Notons tout de même les collaborations importantes de Jack Laird (également producteur de la série) et de Gene Kearney (à qui l'on doit le segment House - with Ghost dans lequel un fantôme tue la femme d'un homme et souhaite recevoir une compensation en échange) et les participations de Richard Matheson et de Robert Bloch sur certains épisodes.

Si l'inégalité de la série se fait remarquer sur la durée, on en salue néanmoins l'inventivité. Les histoires vont chercher du côté des fantômes, des vampires, des monstres sortis de l'imaginaire de Lovecraft et du vaudou. On y trouve des sirènes, des mains qui n'obéissent plus à leur propriétaire, des perce-oreilles se faufilant dans les cerveaux, des créatures infernales mais surtout et comme sa consœur Alfred Hitchcock présente, Night Gallery n'a de cesse d'épingler les travers des pulsions humaines. La jalousie, le désir, l'avarice et la violence y sont montrés comme les principaux moteurs humains. Des moteurs peu reluisants que la série n'a de cesse d'analyser sous toutes ses formes à travers des récits fantastiques mais bel et bien ancrés dans la réalité humaine.

Éclectique (ce qui en fait parfois sa faiblesse), intelligente et véritable nid à talents (on y trouve Ray Milland, Leslie Nielsen, Sue Lyon, Vincent Price, Patrick MacNee, Dana Andrews, Laurence Harvey ou encore John Carradine pour ne citer qu'eux), Night Gallery mérite certainement que l'on s'y attarde car la vaste collection de tableaux réunis par Serling ne manquera pas d'éveiller notre intérêt et surtout notre soif d'histoires d'épouvante, de celles qu'on se raconte au coin du feu avant d'aller dormir...

 

N.B : Sur certaines copies du DVD 1 du coffret, les sous-titres de l'épisode 3 e s'affichent plus à dix minutes de la fin de l'épisode et l'épisode 4 n'est pas du tout disponible, renvoyant à l'épisode 1. Si vous rencontrez ce problème, n'hésitez pas à contacter Elephant Films afin qu'ils vous renvoient au plus vite une copie impeccable du disque 1.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails de la Série Night Gallery - saison 2 (Night Gallery - season 2)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Science - Fiction - Fantastique
Version TV Durée 50 '
Sortie 15/09/1971 Reprise 24/08/2016
Réalisateur Multiples - Jeannot Szwarc - John Astin - Jeff Corey - Don Taylor - John Badham - William Hale - Jack Laird Compositeur Multiples
Casting David Carradine - Sondra Locke - Kim Hunter - Edward G. Robinson - Geraldine Page - Clint Howard - Bradford Dillman - Barbara Steele - Norman Lloyd - Dana Andrews - Vincent Price - John Carradine - Cesar Romero - Jeanette Nolan - David McCallum - Ray Milland - Leslie Nielsen - Sue Lyon - Susan Strasberg - Patrick Macnee - Joel Grey
Synopsis Soyez les bienvenus pour cette exposition privée de tableaux, présentés ici pour la toute première fois ! Chacune de ces œuvres est unique en son genre, non pas en raison de sa qualité artistique, mais parce que chaque peinture capture un instant précis dans sa toile, un moment prisonnier à la fois du temps et de l'espace, une situation de pur cauchemar...

Par Alexandre Coudray