CRITIQUE Alfred Hitchcock présente - les inédits, saison 3 volume 2 (The Alfred Hitchcock Hour)

Alfred Hitchcock présente - les inédits, saison 3 volume 2

Critique de la Série

Alfred Hitchcock était, comme il aimait se définir, un producteur de chair de poule. Elephant Films nous en apporte la nouvelle preuve en éditant depuis le 21 septembre dernier le volume 2 de la troisième saison des inédits d’Alfred Hitchcock présente, sortie aux Etats-Unis sous le titre de The Alfred Hitchcock Hour. Les 14 épisodes concluant la saison et la série se retrouvent donc réunis dans ce coffret et offrent un dernier panorama des thèmes abordés par la série.

Dans cette série tout le monde ment, tout le monde tue, tout le monde trompe et tout le monde veut le faire, Hitchcock nous montrant au passage nos pires bassesses sous le couvert de divertissements souvent bien affûtés.

Si l’humour pince-sans-rire de Sir Alfred dénigrant les publicités ne cesse de surprendre et d’amuser, les thèmes ont l’air de commencer à s’essouffler et tournent un peu en rond. La série n’en demeure moins remarquablement efficace quand elle s’arme de solides histoires dont Robert Bloch, à qui l'on doit Psychose, est quelquefois l’auteur. La série s’acharne ainsi à démontrer que ce sont la jalousie, la tromperie, la manipulation, l’avarice et les pulsions meurtrières et sexuelles qui font tourner le monde. Elles semblent tellement omniprésentes que même un homme innocent mais bourru et peu expansif fera les frais de la méfiance générale dans l’épisode intitulé The Second Wife. Le monde vu à travers le prisme d’Alfred Hitchcock et de ses scénaristes est donc un univers cruel où les naïfs (surtout des hommes !) se font avoir : un homme coincé dans un ascenseur dans The Trap, un homme sans envergure se sentant revivre grâce à une barbe postiche dans Wally the beard ou encore un homme marié décidant de faire appel à une entreprise de tueurs à gages dans The World’s oldest motive. Proies faciles, les hommes sont à la merci des femmes manipulatrices, adultères et visiblement plus intelligentes que nous (voir comment le beau garagiste se fait avoir dans Death Scene) sauf quand elles sont, de temps en temps, des proies faciles pour des assassins et de vils charmeurs.

Tout le monde ment, tout le monde tue, tout le monde trompe, tout le monde veut le faire et tout le monde semble même espérer qu’il y ait tromperie dans cet univers dépeint depuis trois saisons par Alfred Hitchcock. Toujours prompte à laisser parler les talents, la série donne à William Friedkin l’occasion de réaliser un épisode (Off Season, le dernier de la série sur un policier à la gâchette facile) et laisse entrevoir Anne Francis en maîtresse prête à tout pour tuer son mari, John Carradine en réalisateur vieillissant, Vera Miles en actrice impliquée dans son rôle, Robert Loggia en démarcheur « d’accidents domestiques », David Carradine en jeune homme perturbé, June Lockhart en femme angoissée ou encore John Gavin en fiancé jaloux et bouillant. Peu avare en histoires, cette dernière partie des inédits d’Alfred Hitchcock présente laisse une fois de plus éclater une jolie diversité qui saura séduire les plus réticents, nous renvoyant à la figure notre propre image qui n’est pas toujours très belle à voir…

Note : Un très bon moment en perspective. Verdict : Un très bon moment en perspective.

Alexandre Coudray

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