CRITIQUE : Parks and Recreation


Parks and Recreation

Critique de la Série

Quand on parle de séries comiques américaines, on pense beaucoup à Friends, How I met your mother ou encore à 30 Rock ou The Office. Malgré les réussites indéniables de ces séries, il vous faudra faire un tour du côté de la ville fictive de Pawnee en Indiana pour trouver une petite perle, encore trop méconnue.

D’abord développée comme un spin-off de The Office, Parks and Recreation nous plonge dans le quotidien des employés du département des Parcs et Loisirs de la ville de Pawnee. On y suit en particulier Leslie Knope, directrice adjointe qui rêve d’une grande carrière politique et qui va se battre pour faire construire un parc à la place d’une immense fosse. Cette intrigue, premier pas d’une série longue de 7 saisons, est donc le point de départ de ce qui nous fera découvrir nos nouveaux amis.

Car oui, ces joyeux personnages que nous allons apprendre à connaître vont devenir nos amis. Ou tout du moins on en aura l’impression tant la série se concentre sur eux. Jamais on n’aura connu un tel attachement avec les personnages d’une série depuis Friends ou Buffy contre les vampires. Durant sept saisons, Leslie Knope et ses compères vont nous combler de joie, nous faire rire aux éclats et nous émouvoir jusqu’aux larmes. Car le grand leitmotiv de Parks and Recreation (Parks and Rec pour les intimes), c’est que les personnages sont plus importants que le gag. Jamais les scénaristes ne sacrifient un personnage pour un bon gag. Tout part d’eux, tout commence par eux, tout finit par eux. Ils sont le moteur de la série, terriblement attachants, bourrés de fantaisie. Au-delà de Leslie Knope, directrice adjointe ambitieuse, prévoyante et pleine de vie, on pourra également croiser Tom Haverford qui se rêve business-man et qui refuse de ne pas avoir la classe ; Ann Perkins, infirmière dévouée et un peu folle ; April Ludgate, stagiaire morose et dénuée d’enthousiasme ; Andy Dwyer, un enfant un peu bête dans un corps d’adulte ; Donna, au caractère bien trempé ou encore Jerry, souffre-douleur de l’équipe. Viendront se greffer plus tard Ben, geek comptable hanté par un échec personnel et Chris Traeger, manager hypocondriaque et toujours positif. Au milieu de cette bande surnage Ron Swanson, campé par l’inénarrable Nick Offerman. Si l’on aime tous les personnages de la série, Ron Swanson est celui qui a notre préférence, homme qui déteste le gouvernement, les végétariens ou encore tout sentimentalisme. C’est un homme simple qui adore le bacon, n’aime pas les effusions et qui aime à appeler ses interlocuteurs par un nom qui n’est pas le leur pour bien ajouter de la distance entre eux. Un personnage au cœur des plus beaux éclats de rire de la série, à l’humour pince sans-rire et à la moustache fournie qui viendront égayer nos journées (comme vous pourrez le constater en cliquant ici)

Une hilarante série aux personnages tous plus attachants les uns que les autres, interprétant la bande d'amis la plus attachante qu'on ait vu à la télévision depuis longtemps.

Bien entendu, la série ne serait rien sans ses acteurs qui ont injecté une bonne dose de leur personnalité dans leurs rôles. Ainsi, le personnage d’April Ludgate aura été créé spécialement après une rencontre d’un des scénaristes avec l’actrice Aubrey Plaza. Chris Pratt, dans le rôle d’Andy et encore loin du succès qu’il rencontrera avec Les Gardiens de la Galaxie, joue le mec un peu lourdaud avec un humour à toute épreuve tandis qu’Amy Poehler et Rob Lowe dispensent leur bonne humeur de bout en bout, épaulés par des seconds rôles souvent hilarants (Jean-Ralphio et sa sœur mi-folle mi-nymphomane tiennent le pompom). A noter également la présence d’une belle brochette d’invités tout au long de la série : Louis C.K en flic amoureux, Kathryn Hahn en conseillère politique cynique, Paul Rudd en riche héritier complètement stupide et naïf, Sam Elliott en baba cool, Bill Murray en maire décédé, Jon Hamm en employé improbable, Werner Herzog en propriétaire inquiétant ou encore Michelle Obama dans son propre rôle !

Il faudra cependant vous accrocher durant les six épisodes composant la saison 1. On sent dans celle-ci que la série se cherche encore et qu’elle peaufinera par la suite ses personnages pour les rendre plus attachants (après des premières audiences assez alarmantes). La deuxième saison évacuera même un personnage dont les scénaristes ne savaient pas quoi faire pour en introduire deux autres, très importants. Au fil du temps, même les seconds rôles comme Donna et Jerry gagneront en profondeur, à travers des gags joliment trouvés (Jerry, souffre-douleur de l’équipe que personne n’écoute, est marié à une femme sublime) et des arcs narratifs leur permettant de se développer.

Filmé dans le style mockumentary, Parks and Recreation se pare donc d’un dispositif incluant une réalisation à la camera à l’épaule et des interviews des personnages face caméra de temps en temps. Après un léger temps d’adaptation, le style devient inhérent à la série et on ne se posera plus de questions à ce propos.

Après sept saisons bardées de rires, le final laissera les larmes couler car croyez-nous sur parole, cette joyeuse bande d'amis vous manquera terriblement !

C’est donc vraiment à partir de la deuxième saison que la série devient géniale. C’est bien simple, on n’avait pas autant ri devant une série depuis Kaamelott ! Chaque épisode de Parks and Recreation contient sa dose de rire, il est tout simplement impossible d’y résister. Les scénaristes redoublent donc d’inventivité pour tenir sur la longueur, quitte à parfois axer leurs saisons un peu trop sur les romances (comme en témoigne la saison 4). On remarquera cependant que contrairement à beaucoup de séries du même genre, les romances de la série sont faites pour tenir. Ici pas question de séparation et de problèmes de couple. En cela Parks and Recreation fait souffler un vent de fraîcheur, loin des problèmes amoureux qu’on pouvait voir entre Ross et Rachel dans Friends.

Mais Parks and Recreation ne se contente pas d’être drôle, elle égratigne aussi au passage l’Amérique. Ainsi Pawnee, comme toutes les villes du pays, s’est construite sur un génocide indien et les nombreuses fresques murales présentes dans la mairie ne manquent pas de le rappeler avec un humour très noir. De la même manière, la série critique la tendance à l’obésité de ses citoyens, la bêtise des ligues féministes et masculines ainsi que la stupidité des électeurs moyens, illustrant parfaitement cette citation de Winston Churchill : ''Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen." En effet, lors des nombreuses assemblées effectués dans Parks and Recreation, les habitants de la ville proposent des choses improbables, font preuve d’égoïsme et suivent comme des moutons le premier abruti qui proteste. Au-delà du rire, la satire est tout de même grinçante et bel et bien visible. Malgré cela, c’est le sens de la communauté et de l’amitié qui prime avant tout dans la série, celui qui fait avancer les personnages et qui leur permet de s’épanouir. Et face à cette bande d’amis, impossible de ne pas s’épanouir avec eux !

Après six saisons hilarantes aux dialogues toujours aussi aiguisés, la série se conclut donc sur une septième saison relançant plusieurs enjeux. Celle-ci fait un bond en avant de trois ans (nous amenant en 2017) pour nous montrer ce que sont devenus les personnages et instaure de nouveaux conflits. La deuxième partie de cette septième saison (raccourcie à 13 épisodes) laissera cependant le rire faire place à l’émotion alors que l’on sent bien que la série touche à sa fin. L’occasion pour les scénaristes de sceller le destin de leurs personnages et de préparer des adieux en bonne et due forme. Des adieux bien évidemment déchirants à travers un double épisode final qui donne à la série sa juste conclusion mais qui clôt sept années d’amitié et de rires qui laisseront un certain vide dans notre existence. Et pour cause, à côté de Pawnee, cette ville désordonnée et sale, la vie semble un peu morne et dénuée de fantaisie. Les personnages de Parks and Recreation ne le savent sûrement pas mais ils nous manquent terriblement. Vous voilà donc prévenus : si vous commencez cette série, vous la terminerez avec de nouveaux amis !

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Informations

Détails de la Série Parks and Recreation
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Série Genre Comédie
Version TV Durée 22 '
Sortie 09/04/2009 Reprise -
Réalisateur Multiples Compositeur Vincent Jones - Gaby Moreno
Casting Chris Pratt - Adam Scott - Amy Poehler - Rob Lowe - Nick Offerman - Rashida Jones - Aubrey Plaza - Aziz Ansari - Jim O'Heir - Retta Sirleaf
Synopsis Cette série met en scène le quotidien des employés du département des parcs et des loisirs de l'État de l'Indiana dans la ville fictive de Pawnee. L'intrigue est surtout centrée sur la directrice adjointe, Leslie Knope, qui a de grandes ambitions professionnelles et politiques.

Par Alexandre Coudray