CRITIQUE : Stranger Things : Saison 1 (Stranger Things : Season 1)


Stranger Things : Saison 1

Critique de la Série

C’est la série suspendue à toutes les lèvres actuellement, celle qui semble mettre tout le monde d’accord, celle qui convaincra les réfractaires à s’abonner à Netflix. La nouvelle série de la plate-forme VOD, Stranger Things, est décrite par tous comme un hommage vibrant aux années 80, rassemblant aussi bien les enfants de Steven Spielberg que les adeptes de Stephen King ou encore John Carpenter. Bienvenue à Long Island en 1983. La disparition soudaine du jeune Will Byers va pousser toute une ville à découvrir une mystérieuse machination impliquant le gouvernement et des forces surnaturelles. Entre les amis de Will aidés par une étrange jeune fille, la mère et le grand-frère de Will en proie à d’étranges appels de l’au-delà et le chef de la police, Jim Hopper, plus terre à terre, nous suivrons cette trépidante enquête entre mythe et réalité, où l’issue risque fort d’en surprendre plus d’un.

Les frères Duffer font exploser une plume créative riche et redoutablement efficace.

Créée par les frères Matt et Ross Duffer (connus jusqu’alors pour avoir écrit et réalisé le film Hidden avec Alexander Skarsgard), cette série est un ovni, une petite bombe nostalgique qui rendra accro quiconque croisera son chemin. Hommage avoué et décomplexé à la pop culture des années 80, les amoureux de cette époque n’auront de cesse d’avoir les yeux brillants devant la pertinence du sujet et les clins d’yeux que la série renvoie. Quand Les Goonies côtoie l’univers sombre de Stephen King pour aller virevolter du côté des plates-bandes de John Carpenter en plein apéro dinatoire avec tonton Spielberg. Impossible de ne pas tomber amoureux ! Dès l’ouverture du générique, nous savons clairement à quoi nous aurons affaire. Avec une musique synthwave que Carpenter aurait très bien pu signer, l’ambiance oppressante de la série nous prévient d’entrée de jeu : nous allons en prendre plein les mirettes. À la manière d’un roman de Stephen King, les premiers épisodes restent très métaphysiques et ne divulguent que très peu d’informations quant à son aspect surnaturel. Le spectateur est désorienté, bien conscient que quelque chose d’anormal se déroule, mais perdu, car on ne lui distribue que très peu d’indices pour l’aiguiller. C’est ainsi que Stranger Things distille sa substance au compte-goutte, gardant son auditoire dans une tension permanente, à la fois terrifié à l’idée de connaître la terrible vérité et fasciné par le nombre impressionnant de niveaux de lecture qui se joue à l’écran. Car, au-delà des chassés-croisés que Stranger Things met en place entre les différents personnages, chacun des héros se construit une mythologie complémentaire en vérité. Comme les pièces d’un puzzle géant, chacun des protagonistes devra confronter ses indices pour arriver au terme de l’enquête. Des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Que ce soit la maman de Will (Wynona Ryder est exceptionnelle) tourmentée par « l’esprit » de son fils communiquant avec elle et poursuivie par une étrange créature ou les enfants cachant leur "E.T." au sous-sol qui les mènera à leur copain, on ne peut vraiment pas avoir de préférences : ils sont tous essentiels et superbement interprétés.

Quand Les Goonies côtoie l’univers sombre de Stephen King pour aller virevolter du côté des plates-bandes de John Carpenter en plein apéro dinatoire avec tonton Spielberg.

Par-dessus son histoire redoutablement bien écrite, le jeu de piste mis en place dans Stranger Things implique les connaissances du spectateur. Sans jamais tomber dans un plagiat de pacotille, les frères Duffer se servent de leur amour pour les 80’s afin de porter au mieux leur histoire. Ainsi, les enfants (futurs geeks en devenir) qui jouent à Donjon et Dragon, citent l’univers de Tolkien et qui sont amoureux du cinéma et des sciences, ne sont pas là par hasard. Plus que de montrer que les auteurs ont clairement été bercés par cette culture, ils y inscrivent des éléments déclencheurs, des débuts de pistes qui permettront aux enfants de retrouver leur ami. Avec une insouciance certaine, baladés entre Les Goonies, E.T. et Stand By Me, nos trois jeunes garçons alimenteront la machine à références qui insuffle au récit toute sa force. En vrac, Stranger Things puise sa puissance narrative et émotionnelle dans Les Goonies, Shining, Alien, Dark Star, Carrie, Les Maitres de l’Univers, Star Wars et surtout E.T. dont on ne cite plus les multiples références au long des épisodes. Mais l’œil avisé du spectateur saura admirer également les décors, et notamment les murs des chambres tapissés des posters des Dents de la Mer, Evil Dead ou encore The Thing. Ce dernier film, réalisé par John Carpenter, se retrouvera mis en avant plus d’une fois puisque le personnage de Mike expliquera à une amie les dessous des effets spéciaux d’une scène emblématique du long-métrage pendant qu’il est en train de le regarder. Une science-fiction teintée d’horreur que semble particulièrement apprécier les auteurs puisqu’ils iront jusqu’à baptiser un des policiers O’Bannon, en hommage à Dan O’Bannon, le scénariste d’Alien et co-scénariste de Dark Star. D’ailleurs, l’horreur fait partie intégrante de cette enquête trépidante. Sans jamais verser dans l’insoutenable, les frères Duffer intègrent intelligemment le genre afin de rassembler la famille entière devant le programme à l’instar d’un Joe Dante travaillant avec Spielberg sur Gremlins (même si, bien sûr, Stranger Things ne conviendra pas à tous les publics quand même). Mais si l’œil aguerri du spectateur est mis en éveil, n’oublions pas le délice musical que Stranger Things procurera à ses oreilles. De Joy Division à David Bowie en passant par les Clash, les musiques additionnelles ne seront jamais gratuites. Collant parfaitement à l’identité des personnages qu’elles accompagnent, ces chansons mettront le pied à l’étrier et aideront les plus experts à déceler quelques indices cachés. Un jeu de piste multi-culturel et multi-référentiel, voilà ce qui définit parfaitement ce qui attend le spectateur. Pour sûr que cette première saison de Stranger Things mettra en émoi quiconque osera l’affronter avec les bonnes armes en main.

Stranger Things dévoile une première saison palpitante. Bercée entre les références culturelles qu’elle va chercher intelligemment et sa construction narrative propre et originale, cette série s’offre clairement les moyens de ses ambitions. Les frères Duffer font exploser une plume créative riche et redoutablement efficace. Huit épisodes teintés d’une poésie étrange où les frissons conduiront aux inéluctables larmes déversées en fin de parcours. Une saison complète, apportant toutes les réponses aux arcs narratifs mis en place et qui ouvre de jolies perspectives pour une seconde saison qu’on attend de pied ferme. Stranger Things s’impose tel un vent frais jouant la carte nostalgique à fond. Un énorme coup de cœur en ce qui nous concerne !

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Informations

Détails de la Série Stranger Things : Saison 1 (Stranger Things : Season 1)
Origine Etats Unis Signalétique Accord Parental
Catégorie Série Genre Thriller - Drame - Fantastique
Version TV Durée 52 '
Sortie 15/07/2016 Reprise -
Réalisateur Multiples Compositeur Kyle Dixon - Michael Stein
Casting Winona Ryder - Cara Buono - Matthew Modine - David Harbour - Noah Schnapp - Finn Wolfhard - Millie Brown - Gaten Matarazzo - Caleb McLaughlin - Natalia Dyer - Charlie Heaton - Peyton Wich
Synopsis En 1983, à Long island. La disparition soudaine d'un jeune garçon va pousser toute une ville à découvrir une mystérieuse machination impliquant le gouvernement et des forces surnaturelles.

Par Anthony Verschueren

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Commentaires sur " Stranger Things : Saison 1 "
  • Yoann

    Yoann le 27/07/2016 à 07:07

    Une putain de bordel de nom de dieu de bonne série, un hommage vibrant aux année 80 oui ! Il ne manque que les gros mots dans les dialogues des gamins !

    Excellente critique Tonyo

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