Critique Terminator : Genisys

Terminator : Genisys
Terminator Genisys est un film qui ne remplit que la moitié de son contrat. Si Alan Taylor assure un fan service de qualité dans sa première partie, il omet de nous préparer au douloureux mal de crâne qu’il nous concédera dans la seconde moitié.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

C’est reparti pour un tour. Arnold Schwarzenegger renoue avec ses lunettes noires et son costume culte du T-800 pour nous livrer l’ultime (pour l’instant ?) volet de la saga Terminator. Oubliez la tentative de relance de l’épisode 4, Terminator Genisys s’inscrit directement comme un troisième épisode faisant abstraction des deux derniers films sortis dans les salles. Confié aux mains d’Alan Taylor (Thor : le Monde des Ténèbres), le film nous amène à la veille de la victoire de la Résistance Humaine contre la guerre qui l’oppose aux machines. John Connor, le chef de la Résistance, arrive à faire tomber Skynet. Afin de boucler la boucle, il envoie son futur père, Kyle Reese, dans le passé afin qu’il protège sa mère, Sarah Connor. Seulement, lorsque Reese arrive en 1984, le passé n’est pas le passé qu’on lui avait conté. Sarah est une femme forte, protégée par un Terminator depuis l’âge de neuf ans et bien préparée à affronter la future guerre contre les machines.

Terminator Genisys s’embourbe dans un amas incessant de questionnements sans queue ni tête.

Difficile de résumer ce nouvel épisode sans risquer de dévoiler les quelques rebondissements scénaristiques qui nous attendent. Terminator Genisys démarre sur les chapeaux de roue. Bouclant définitivement le travail espéré par James Cameron en 1992, le film accomplit ce que nous avons attendu de voir pendant plus de 20 ans. Et quelle ouverture ! Jouant à merveille sur la corde nostalgique, assurant un fan service de qualité, ce nouvel opus de Terminator tient toutes ses promesses dans sa grosse première moitié. On se laisse agréablement agripper par la proposition d’Alan Taylor à nous transporter dans un passé alternatif, où tous les robots cultes des deux premiers films se croisent non sans une belle cohérence. On accepte plutôt bien ce changement de direction dans l’histoire, changement tant redouté depuis des mois. Alan Taylor ira jusqu’à proposer des valeurs de plans identiques aux films de Cameron, comme s’il voulait clairement nous faire oublier qu’il y a plus de 30 ans qui se sont écoulés depuis la sortie du premier épisode, créant l'illusion d'une lecture continue qui ne se serait jamais arrêtée. En même temps, il faut bien avouer qu’il avait un support de choix : les fameux story-boards, laissés par James Cameron en 92, des scènes de guerre contre les machines, irréalisables à l’époque. Un point de départ solide pour relancer la machine d’une manière significative, à des années-lumière de la catastrophe qui s’en suivra. Parce qu’il y a bien un moment où Terminator Genisys perdra tout le monde : le fameux moment où Taylor devra créer la suite des événements sans plus avoir aucun soutien des films précédents…et là, c’est la dégringolade assurée !

La pire déception du film provient bel et bien de notre cher Arnold.

Terminator Genisys s’embourbe dans un amas incessant de questionnements sans queue ni tête, jouant sur différents niveaux de réalités parallèles, sans jamais trouver la moindre cohérence. Non content d’embrouiller l’esprit des spectateurs, Terminator Genisys ne répondra jamais à ses propres questions. On restera contemplatif à défaut de prendre part à l’action du film, attendant désespérément de pouvoir goûter à nouveau aux douces saveurs d’ouverture. Attente qui ne sera jamais comblée générant un sentiment de frustration incommensurable. Le film ne prend même pas la peine de répondre à l’une de ses questions les plus essentielles : qui a envoyé le Guardian protéger Sarah Connor lorsqu’elle avait neuf ans ? Si l’on se doute quelque peu de la réponse, on n’en sera jamais certain ! Et ce n’est pas la scène post-générique qui viendra nous aider. Terminator Genisys se la joue Marvel, osant le cliffhanger foireux et foiré en fin de film afin de laisser la possibilité à de futures suites aseptisées de voir le jour. Et même au niveau du casting, on aura du mal à en cautionner sa totalité, Emilia Clarke étant la seule à réussir à nous envoyer une Sarah Connor charismatique à l’image de la tigresse du second opus. Il faudra un très long temps d’adaptation pour nous convaincre de la bienveillance de Jai Courtney, l’ombre de Michael Biehn demeurant bien trop forte. Jason Clarke n’est pas John Connor. Jason Clarke ne peut pas être John Connor. Jamais on ne retrouvera l’essence de ce gamin portant un amour infini à sa mère. Mais la pire déception du film provient bel et bien de notre cher Arnold. Son personnage est fade et clairement pas à la hauteur de ce qu’on attend du T-800. Pire que tout, il devient le clown de service prompt à sortir de la punchline bien grasse afin d’amuser la galerie gratuitement…que ce fut gênant ! On ne peut pas croire à ce robot vieillissant, les cheveux grisonnants, trainant péniblement sa vieille carcasse, à la limite de verser une larme lors d'une séquence fatidique (non mais sérieusement ??). Le T-800 est éternel, le T-800 est une machine indestructible, symbolisant la puissance et la sécurité à la fois…mais pas ce comic relief pathétique souriant comme un benêt et levant le pouce à tout va, comme pour nous rappeler sans cesse la relation paternalo-amicale entre Connor et le T-800 de Terminator 2. Il ne manquait plus qu’il nous sorte un « hasta la vista baby » de derrière les fagots pour nous achever ! On comprend la démarche d’Alan Taylor de replacer l’amour au centre de son intrigue, c’est d’ailleurs louable et le couple Clarke / Courtney arrivera à nous en convaincre en fin de parcours, mais grand Dieu que la forme est maladroite. On en sortira dépité, sonné et déçu d’avoir assisté à ce suicide artistique réfutant tout le beau potentiel de son postulat de départ.

Terminator Genisys est un film qui ne remplit que la moitié de son contrat. Si Alan Taylor assure un fan service de qualité dans sa première partie, il omet de nous préparer au douloureux mal de crâne qu’il nous concédera dans la seconde moitié.

Informations

Détails du Film Terminator : Genisys
Origine Etats Unis Signalétique Sensibilité Spectateurs
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Fantastique
Version Cinéma Durée 126 '
Sortie 01/07/2015 Reprise -
Réalisateur Alan Taylor Compositeur Lorne Balfe
Casting Arnold Schwarzenegger - J.K. Simmons - Lee Byung-Hun - Jason Clarke - Jai Courtney - Emilia Clarke - Matt Smith
Synopsis Le leader de la résistance John Connor (Jason Clarke) envoie le sergent Kyle Reese (Jai Courtney) dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor (Emilia Clarke) et préserver l'avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Ils y découvrent un allié inattendu : le Guardian (Arnold Schwarzenegger). Ensemble, ils doivent faire face à un nouvel ennemi. La menace a changé de visage.

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