Critique Jurassic World

Jurassic World
Jurassic World évite la fameuse réflexion du « c’était mieux avant ». Colin Trevorrow pose ainsi la dernière pierre à un édifice rentrant de plein fouet dans une ère 2.0 qui réunira autant les fans de la première heure que les petits nouveaux.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

22 ans ! Il y a 22 ans que nous assistions à la renaissance des dinosaures sur la toile sous la houlette de Steven Spielberg. Jurassic Park ou la posture indétrônable du film culte sur lequel il est impossible de taper, et d’une manière globale sa trilogie entière. Impossible également de ne pas partir conquérant à l’assaut de nos salles obscures afin d’en découdre fièrement avec ce quatrième opus. Jurassic World réalise enfin le rêve de John Hammond. Après le rachat de sa société par un jeune milliardaire, le gigantesque parc jurassique accueille un nombre considérable de spectateurs par jour. Les dinosaures fascinent, mais se considèrent comme acquis. Si la surprise des premiers jours s’estompe au fil des années, les scientifiques mettent au point une nouvelle attraction censée relancer l’attractivité du parc. Ils créent ainsi l’Indominus Rex, une nouvelle espèce de dinosaure façonnée entièrement par la main de l’homme. Mais comme toute création, la créature se montre vite incontrôlable et prend d’assaut le parc, menaçant ainsi la vie de milliers de spectateurs.

Jurassic World ravive fièrement la flamme qui nous habitait à l’époque.

Il appartient au spectateur d’entreprendre la vision de ce Jurassic World en considérant toutes les données nécessaires au bon fonctionnement de ce dernier. À l’heure où les remakes et autres reboots font légions, il faut appuyer l’effort de nous proposer une véritable suite, en dépit de ses saveurs proustiennes évidentes. De plus, Colin Trevorrow fait partie de cette génération qui fut émerveillée à l’adolescence par le film de Spielberg. Jurassic World n’est ni plus, ni moins, que la réponse du jeune poulain au mastodonte. Et quelle réponse ! Oui, Jurassic World ravive fièrement la flamme qui nous habitait à l’époque. À commencer par l’amour indéniable du réalisateur pour son modèle. On n’aura pas fini de remarquer la cavalcade de clins d’yeux aux films précédents. Ces références nous plaçant ainsi en tant qu’acteur intrinsèque de l’histoire, tels les spectateurs émerveillés visitant le parc, en montrant fièrement du doigt tout ce qui nous émerveille et nous parle. Mais le film va bien plus loin qu’un regard nostalgique sur le passé. En effet, il est le reflet de la génération actuelle. À une époque où nous sommes conditionnés par une société mercantile qui nous oblige à toujours être à la pointe de la technologie ou à consommer en grosse quantité des produits uniformes et fades, Jurassic World explore la métaphore jusqu’au fond des choses. Le microcosme sociétal formé par le parc pourra vite être à rapprocher avec l’industrie cinématographique actuelle, et, par extension, à cette course au leadership que nous subissons de la part de toutes les industries. Ode castratrice à la consommation de masse, Jurassic World devient, à l’image du film de Spielberg, un plaidoyer pour l’éveil des consciences…jusqu’à ce que la mort nous sépare et que la nature reprenne ses droits.

Assurément LE divertissement familial à vivre actuellement.

Osant aller au fond des choses, le réalisateur assouvit les fantasmes qui habitaient chacun d’entre nous à l’époque de Jurassic Park. Ainsi, retrouver Chris Pratt à la tête d’une armée de Vélociraptors n’a rien de gênant en soi, au contraire même ! Irrémédiablement les dinosaures les plus charismatiques de toute la saga, qui n’a jamais rêvé posséder son propre raptor ? Trevorrow réalise le souhait des gamins que nous étions auparavant. Mais du rêve au cauchemar, la frontière est mince et, une fois encore, Jurassic World saura se montrer intelligent. Là où nos chers collègues pointent du doigt une catastrophe certaine, n’en déplaise à l’ami MLB et sa critique cinéma piquante, nous y avons vu un message fort et, au moins, aussi poignant que Jurassic Park premier du nom. En effet, Jurassic World met en scène de tristes situations qui ne manqueront pas de donner leurs lots de frissons, osant flirter de près le film d’horreur. Constater la condition des animaux dans ce parc à thème fut vraiment d’une douleur extrême. Ainsi, le film de Colin Trevorrow, à l’instar d’un credo similaire cher à Steven Spielberg, pose un regard qui demande réflexion. Et même si nous n’avons pas retrouvé une morale aussi puissante qu’en 1993, Jurassic World sensibilise suffisamment à la cause animale pour éveiller les consciences des petits d’aujourd’hui. D’ailleurs, on se congratulera de constater que le message initié par Spielberg il y a 22 ans est toujours d’actualité dans l’œuvre de Trevorrow : « S’il y a une chose que l’histoire de l’évolution nous a enseignée, c’est que la vie ne peut pas être retenue. La vie se libère. » Et voilà pourquoi Jurassic World se doit d’être vécu avec autant de ferveur que ses pères. S’il manque, quand même, un casting aussi emblématique que précédemment, l’ombre du professeur Malcolm plane généreusement au-dessus du film. Nul besoin de le croiser, sa voix résonne tellement fort dans les actions perpétrées à l’écran. La théorie du chaos se produira dans un final surprenant, tel que le prophète Malcolm l’avait annoncé.

Jurassic World évite la fameuse réflexion du « c’était mieux avant ». Il joue de malice en incorporant cette constatation (facile ?) au sein même de sa propre structure. Colin Trevorrow pose ainsi la dernière pierre à un édifice rentrant de plein fouet dans une ère 2.0 qui réunira autant les fans de la première heure que les petits nouveaux découvrant ces sublimes créatures pour la première fois sur grand écran. On en sort comblé et charmé, Jurassic World mettra tout le monde d’accord, ou presque (on entend encore les collègues mettre la rédaction à feu et à sang). Assurément LE divertissement familial à vivre actuellement…et si c’est en IMAX 3D, c’est encore mieux, larmichette à l’appui, parole de Tonyo !

Informations

Détails du Film Jurassic World
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Fantastique
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 10/06/2015 Reprise -
Réalisateur Colin Trevorrow Compositeur Michael Giacchino
Casting Vincent D'Onofrio - Bryce Dallas Howard - Omar Sy - Chris Pratt - Irrfan Khan - Jake Johnson - B.D. Wong
Synopsis 22 ans après les événements au Jurassic Park, un nouveau parc ouvre ses portes sur Isla Nubar.

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