Critique Jurassic World

Jurassic World
Le parc est ouvert. Le futur onirique de John Hammond en 1993...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Quatorze ans après le dernier périple dans les ruines du Jurassic Park imaginé par John Hammond, l’univers imaginé littéralement par Michael Crichton se laisse emporter par une nouvelle transposition, non pas sous forme d’un remake malvenu, mais par une suite presque logique. Jurassic Park brise sa coquille pour laisser transparaître au public élevé à Harry Potter et aux Avengers un monde perdu fantastique où les dinosaures reprennent vie grâce à la magie de la génétique.

Le futur onirique de John Hammond en 1993 prend enfin vie sous les coups de milliards du magnat indien, Simon Masrani. Presque 24 ans après avoir échappé de peu à la catastrophe, les dinosaures réinvestissent Isla Nublar au large des côtes du Costa Rica. Tel un parc moderne aux attractions les plus folles les unes des autres, Jurassic World se découvre sous nos yeux ébahis. Le public débarque en masse pour découvrir les monstres préhistoriques. En dépit des risques prévisibles, l’homme a succombé à l’appat du gain.

Le parc est ouvert laissant augurer un spectacle fantastique. Colin Trevorrow s’efface pour laisser l’univers reprendre ses droits, jouant opportunément de la fibre nostalgique avec la réutilisation grossière du thème de John Williams par le maladroit Michael Giacchino. De cette diégèse installée depuis 20 ans, le parallèle est pertinemment trouvé pour une critique acerbe de la consommation de masse oubliant le risque des attractions. Sous réserve des dinosaures inoffensifs, variations du poney pour moins de cinq ans, le délire de l’endroit, photographie critique des DisneyWorld et Universal Studios, jette au public une chèvre vivante se faisant manger par le T-Rex, ou un monstre marin dévorant un requin.

Jurassic World vulgarise son héritage pour devenir un produit de masse bête et méchant.

Mais le délire de ce monde jurassique emmène le spectateur vers l’horreur. Pour plus d’attractivité, le divertissement de masse a poussé la création génétique de nouvelles bêtes. Le parc cède sous l’aliénation opportuniste humaine. À l’image de la situation mise en perspective d’un divertissement de masse, Jurassic World se marie idéalement à son concept de base. Avec son scénario lissé et dégénéré par 30 versions ultérieures réfléchies par des patrons de studios ignorants, Jurassic World enfile le pas d’une saga allant de mal en pis. Ce quatrième opus brise le chaînon par la vulgarisation du mythe Spielberg. Sur la base d’une suite attendue, la folie prend le pas sur la pertinence du propos de base. Le long-métrage exécuté par Colin Trevorrow amoncelle les péripéties extraordinaires sublimées par des SFX au diapason. Mais là où l’extraordinaire créé l’illumination de la forme, le fond frise les poncifs bêtes voire méchants. Jurassic World ou le reflet de notre cinéma moderne ?

Un monumental raté dû en partie à des idées nourricières inconvenantes et improbables.

Ces impératifs se projettent vers cette norme empathique idéale à tout spectateur, à travers notamment deux enfants seuls pris dans les mailles de parents déchirés et d’un parcours d’infortune sauvés par un cowboy moite et suant. Chris Pratt se mue alors en un hilarant et pathétique héros dont le costume lui sied si mal que son cabotinage enrobe les grosses ficelles d’une posture héroïque ringarde. L’homme est un militaire/chasseur, mâle alpha du produit cinéma Jurassic World, mais surtout d’un troupeau de Raptors bien élevé l’aidant dans sa tâche à vaincre le grand méchant Indominus Rex, dinosaure mutant au nom synonyme de dollars faciles.

Au côté de cette image sans aspérité d'un Allan Grant bodybuildé, on retrouve la plantureuse et sexy Bryce Dallas Howard. Incarnant Claire Dearing, directrice ambitieuse des opérations du parc, elle s’évertuera à faire la chasse aux dinosaures en talons hauts. Incongrue et totalement dénuée de chair en dépit de ses formes généreusement mises en valeur, Bryce Dallas Howard peut retourner à un anonymat total tant sa prestation s’agrippera dans les racines malades d’un divertissement commercial anémique.

Jurassic World ou l’exposé central d’un divertissement placeur de produit pivot entre Starbucks, Mercedes Benz ou Coca Cola. Cet héritage d’un cinéma monumental, celui nous agrippant à notre siège par des tensions épiques et une émotion lyrique dont seul Steven Spielberg avait le don de conjuguer, disparaît sous l’apparat nostalgique et allégorique. Jurassic Park ou le pourfendeur d’une consommation de masse privilégiant la quantité et la forme, tout en soumettant le fond à une vulgarité impalpable par un public dense et aveugle. Jurassic World ou la première victime de l’effet Marvel sur notre cinéma.

Informations

Détails du Film Jurassic World
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Fantastique
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 10/06/2015 Reprise -
Réalisateur Colin Trevorrow Compositeur Michael Giacchino
Casting Vincent D'Onofrio - Bryce Dallas Howard - Omar Sy - Chris Pratt - Irrfan Khan - Jake Johnson - B.D. Wong
Synopsis 22 ans après les événements au Jurassic Park, un nouveau parc ouvre ses portes sur Isla Nubar.

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