Critique Le Cercle Rouge

Le Cercle Rouge
Glacial et d'une mécanique implacable, Le Cercle Rouge mérite sa place au panthéon des polars, bénéficiant d'un casting parfait.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Bénéficiant d'une ressortie en salles aux côtés d'autres films de son réalisateur, Le Cercle Rouge mérite certainement que l'on s'attarde de nouveau dessus. Classique du polar français, chef-d’œuvre à ranger aux côtés du Deuxième Souffle et du Samouraï, Le Cercle Rouge est l'avant-dernier film de Jean-Pierre Melville mais il est certainement le plus représentatif de son style, atteignant ici son apothéose. S'ouvrant sur une citation de Bouddha donnant son titre au film (''Quand les hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge.''), voilà une œuvre glaçante à la mécanique implacable.

Mettant en application la citation ouvrant le film, Le Cercle Rouge nous fait suivre la trajectoire de quatre personnages différents qui finiront par se retrouver dans de tragiques circonstances. Il y a Corey, tout juste sorti de prison ; Vogel, criminel en fuite ; Jansen, ancien policier hanté par ses démons et il y a le commissaire Mattei, traquant Vogel. Quand les trois premiers hommes vont s'embarquer dans un casse, ils se mettront forcément à dos Mattei, policier tenace.

Glacial et d'une mécanique implacable, Le Cercle Rouge mérite sa place au panthéon des polars, bénéficiant d'un casting parfait.

Jouant avant tout sur des archétypes du genre, Melville ne s'encombre guère de psychologie fouillée. Pas besoin d'une masse de dialogues non plus, seulement le strict minimum. En même temps, pas besoin de dialogues quand on filme des gueules comme Alain Delon ou Gian Maria Volonte. Il suffit de laisser faire le charisme naturel des acteurs, la précision froide de la mise en scène fera le reste. La scène de cambriolage est d'ailleurs la plus représentative du talent de Melville. D'une durée de 25 minutes sans dialogues, il faudra seulement compter sur le souci de réalisme du scénario et sur la mise en scène pour être totalement embarqué dedans.

On pourra d'ailleurs reprocher au film son souci du détail s'affirmant sur certaines choses plutôt que d'autres. Ainsi la fin où tout se précipite brutalement aura beau illustrer le propos de son auteur, elle n'en arrive pas moins comme un cheveu sur la soupe, expédiant en quelques minutes une histoire qui avait pris son temps pour se mettre en place. Mais ne nions pas la qualité de l'ensemble, se hissant facilement au rang de classique du genre, nous plongeant dans un univers froid (la photographie est d'une triste grisaille) où tous les hommes qui y naissent innocents finissent vite par devenir coupables, corrompus par le monde qui les entoure.

Déprimant et glacial, Le Cercle Rouge a également atteint son statut de film culte grâce à son casting. Outre le charisme fou d'Alain Delon et de Gian Maria Volonte et la prestation torturée d'Yves Montand, c'est Bourvil qui retient une bonne partie de l'attention. Ne serait-ce que parce qu'il s'agit là de son avant-dernier film qu'il a tourné alors déjà atteint de la maladie de Kahler mais surtout parce qu'il y tient un rôle dramatique, loin des personnages un peu niais et joyeux qui ont fait sa célébrité. Si l'on avait déjà pu voir l'immense talent de Bourvil auparavant (notamment dans la version des Misérables de Jean-Paul Le Chanois où il incarnait un Thénardier tout à fait mesquin), il ne fait nul doute que sa prestation dans Le Cercle Rouge est la plus sombre de sa carrière, contribuant ainsi à la renommée d'un film qui n'a pas fini d'influencer de nombreux réalisateurs.

Informations

Détails du Film Le Cercle Rouge
Origine France - Italie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Policier
Version Cinéma Durée 150 '
Sortie 20/10/1970 Reprise 13/05/2015
Réalisateur Jean-Pierre Melville Compositeur Eric Demarsan
Casting Alain Delon - Bourvil - Yves Montand - Gian Maria Volonte - François Périer
Synopsis Un truand marseillais, un détenu en cavale et un ancien policier mettent au point le hold-up du siècle. Le commissaire Mattei, de la brigade criminelle, leur tend une souricière.

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